philosophie naïve du devenir humain

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Révélée, la corruption financière peut être combattue et sanctionnée. La corruption des idées est plus insidieuse, plus subtile et, à ce titre, d'une dangerosité plus essentielle. Edwy Plenel

Corruption plus forte que censure

un bon journal, c'est une nation qui se parle à elle-même Arthur Miller

La corruption est supérieur à la censure pour anéantir l'esprit critique des journalistes.

Après des décennies d'assujettissement aux POUVOIRS politiques, les médias se sont laissés subordonner par les puissants du marché.

Dans les années 50 et 70, la plupart des journalistes bien qu’inféodés aux politiques, semblaient beaucoup moins prisonniers des pouvoirs et plus proches des populations opprimées. La plupart d'entre eux, ont résisté à toute les pressions pour mettre leurs talents à la lutte contre le colonialisme, la guerre du Vietnam, la pauvreté, les mauvaises conditions de travail, l'oppression des femmes, l'apartheid ...

Mais depuis la vente des médias au marché, les journalistes se sont littéralement rangés du coté des puissants et des élites ... leur potentiel critique s'est alors naturellement effondré.

Nous parlons ici d'une ambiance générale, en sachant bien qu'il existe des journalistes courageux, capables de mettre leur place et parfois leur vie en danger, au nom de la vérité.

Si le goût de la vérité et l'esprit critique des journalistes sous l'autorité du marché, est inférieur à celui qu'ils exerçaient sous l'autorité du politique, c'est en partie grâce à la puissance corruptrice de ce premier.

En effet, à une grande échelle, les moyens de pression utilisant la corruption, s'avèrent supérieur à la censure directe ... Les journalistes (comme la plupart des hommes), sont plus vulnérables à l'argent, au pouvoir, à l'égocentrisme qu'à la menace ... Si la corruption anéantie leur force combative, la menace stimule leur courage.

En choisissant les « élites » des médias, en les surpayant, en les attirant dans la cour des « puissants », en valorisant leur narcissisme, leur désir d'élitisme, de pouvoir, de secret, de passes-droit, de protecteur influent, le marché est parvenu à éteindre tout contestation journalistique.

Aprés avoir corrompu les élites, le système pyramidal a ensuite fait son travail.

Les directeurs de télé serviles se sont entourés de journalistes serviles, écartant les ÉTHIQUES et COURAGEUX.

Ce mécanisme à engendré une ambiance de corruption sourde et de mauvaise foi (autrement dit des consciences se mentant à elles-mêmes en prétextant des raisons qui l'arrangent).
L'ambiance de corruption régnante au sein des chaînes et des rédactions, a anéanti toute solidarité entre journalistes. Chacun pressent qu'en cas de « dérapages » il sera lâché par sa corporation. (dans l'état actuel des choses, si des journalistes voulaient aujourd'hui se révolter contre leurs « nouveaux maîtres » ou oser quelques vérités, il ne peut s'attendre à aucun soutien de la part de ses confrères. Au contraire, une quantité de prétendants est à l'affût pour prendre sa place).
Une sorte de résignation s'installe.

Les JOURNALISTES se disent :

- « de toute manière c'est comme ça, je ne pourrais pas changer le système ».
- « A quoi ça sert d'aller me faire lyncher dans l'indifférence générale ».

Cet abattement du courage éthique, sert au contraire de caution, à tous les dérivés de la corruption (népotisme, copinage, fermage de yeux ...).

Le NÉPOTISME diminue progressivement la qualité globale du journalisme (les meilleurs ne sont pas forcément choisit).

Naturellement, dans un monde ou l'éthique et le courage de résister aux tentations, ne sont pas montrée en exemple, il est facile de ne pas être un héros.

L'ambiance actuelle, faiblement spiritualisé, construit des hommes facilement corruptibles ... et les journalistes n'y font pas exception. Le système s'est bien auto ficelé.

En passant au statut de nantis, les journalistes, non seulement se sont coupés du peuples, mais ils courent le risque, en cas de courage intempestif, de perdre leur standing. Cela donne à réfléchir.

Après des années d'imbrication, les journalistes ont du mal à se libérer de l'emprise du marché car « l'oppresseur » n'est pas extérieur mais en eux-mêmes.

  • Lorsque les journalistes étaient censurés par le politique, la lutte contre cet oppresseur extérieur stimulait leurs valeurs héroïques, leur solidarité, leur goût pour la liberté, pour l'éthique et la déontologie.
  • Mais à présent, pour se libérer d'un marché qui a tout simplement utilisé leurs FAIBLESSES pour les dominer, ils doivent au préalable reconnaître leurs faiblesses et renoncer à leurs privilèges. Deux choses terriblement difficiles pour tout humain.

Devenus des nantis, les élites journalistiques ont du mal, comme la plupart des nantis, à abandonner les privilèges acquis.

 

Un cercle fermé

Dans une époque de corruption, l'absence et l'excès de la flatterie sont également dangereux. TaciteLe trio infernal, médias politique marché, en pleine collusion.

Les symboles sont légions de cette collusion entre le milieujournalistique et les puissants du marché, de la politique ou du star système (livres écrits en commun, amitiés, loisirs, appartenance aux mêmes clubs ...)

Depuis la prise de contrôle direct ou indirect des médias de fortes audiences par le marché, une pensée unique s'est imposée, alignée sur les thèses les plus conservatrices des grands patrons et des grands guerriers, aux commandes du monde.

Transformé en simple vassal, les directeurs des médias ont conduit la télé à être plus royaliste que le roi, plus élitiste que l'élite, plus langue de bois que les politiques, plus réactionnaire que la police, plus marchand que les marchands, plus insignifiant que ce qu'on leur demande.

La collusion journalistes, marchés, politiques, est préjudiciable à l'ensemble humain, y compris bien sûr au marché et au journalisme. Par exemple, dans la plupart des conflits actuels, le manque d'éthique et la partialité tellement voyante des médias occidentaux, ont rendu l'autre bord quasiment impossible d'accès aux journalistes de terrain, devenus même, des cibles potentielles.

Cette collusion anéantie également, tous les rêves et les idéaux grâce auxquels les journalistes se sont engagés dans cette vocation.

L'humanité future considèrera sans doute les quelques décennies autour de l'an 2000, comme un vaste retour à la propagande ... En tout cas, elle y lira sans doute de la non assistance journalistique envers les personnes vulnérables de l'humanité.

L'exemple de cette corruption s'est répandu dans l'ensemble de la profession.

La plupart des jeunes journalistes, au contact des anciens et choisi par eux, reproduisent les mêmes schémas (désir de se placer auprès des gens influents, copinage, jugement binaire et réactionnaire, vénération et obséquiosité devant la force, le pouvoir et l'élite, négligence du peuple et de ceux qui n'ont rien à leur offrir etc.). Tout cela contribue à faire passer l'ensemble du métier, comme l'écrit Kapuscinski : d'une vocation élevée, noble, à laquelle les intéressés se consacraient pleinement, pour la vie, à une sorte de hobby qu'ils peuvent abandonner, à tout moment, pour faire autre chose.

La faute n'incombe pas aux reporters, ils sont les premières victimes de l'arrogance de leurs patrons, des groupes médiatiques et des grands réseaux de télévision. Nul n'ignore que, dans les rédactions des journaux, dans les studios de radio et de télévision, il y a des journalistes sensibles et de grand talent, des gens qui ont de l'estime pour leurs contemporains, qui considèrent que notre planète est un lieu passionnant, qui vaut la peine d'être connue comprise et sauvée. La plupart du temps, ces journalistes travaillent en faisant preuve d'abnégation et de dévouement, avec enthousiasme et esprit de sacrifice, renonçant à la facilité, au bien-être, jusqu'à négliger leur sécurité personnelle. Avec pour unique objectif, de témoigner du monde qui nous entoure et de la multitude de dangers et d'espoirs qu'il recèle.

Cette décadence journalistique, est grave.

Elle laisse à l'abandon des pans entiers de l'humanité. On ne sait plus rien des gens vivant au milieu de la tourmente des guerres. L'afrique, l'enfance en danger, les travailleurs pauvres ... La vie des humain en véritables souffrance, est totalement oubliés, pour faire converger vers l'élite élitiste tous les regards.

Moins les journalistes braquent leur caméra vers les personnes vulnérables et plus les forces mafieuses assoient leurs dominantions. Des zones de non-droit se construisent peu à peu dans lesquelles les résistants, journalistes y compris, sont tout simplement éliminés sans grandes réactions dans les médias occidentaux (loin le temps des journalistes français soutenant quotidiennement leurs confrères otages).

 

Pour un nouveau journalisme

être bon dans les médias n'est pas le signé qu'on est un bon écrivain Jean d'Ormesson

Une prise de conscience des médias sur eux-mêmes, semble nécessaire et vital pour la bonne santé de la DÉMOCRATIE.

Le monde est en train de s'universaliser.

Les lois et le droit international ne sont pas encore suffisamment efficaces pour maîtriser les dérives du marché.

Seuls les MÉDIAS, parce qu'ils peuvent instruire et relayer les consommateurs et l'opinion publique, ont les moyens de remettre un peu d'éthique dans cette mondialisation.

Pour cela il faut qu'il se donne les moyens de critiquer toutes les dérives du marché et du politique - ce qui exige qu'ils deviennent eux-mêmes éthiques.

Devenir éthique, cela signifie, se désolidariser du marché pour se repositionner en tant qu'intermédiaire entre les puissants et le peuples.

Les journalistes doivent donc gagner en conscience et en éthique journalistique.

D'autre part, la gestion du média par le marché ne serait pas un problème si la cloison entre le monde industriel et le monde journalistique était étanche, si aucune collusion, aucune pression, aucun copinage n'était possible entre eux. Seulement ce n'est pas le cas.

Nous devons donc à mon sens réfléchir aux moyens de rendre cette cloison imperméable à toute offensive corruptrice pour protèger le monde journalistique.

 

Anticipation vers le passé

De l'influence majeure des médias dans la bonne marche de la mondialisation

Si on pouvait mettre Paris en bouteille et si les médias avait obéit à leur vocations, ils auraient permis à la MONDIALISATION d'être un bien pour le plus grand nombre.

Ils auraient évité aux marché et aux politiques les dérives dont ils ont fait preuves et le discrédit naturel qui s'en suit.

Si depuis 20 ans par exemple, la télévision etait devenu un véritable contre-pouvoir, si les chaînes de grande audience avaient accordé ne serait-ce qu'une heure par jour aux organismes de consommateurs, le marché occidental (dont le but est de séduire le consommateur), aurait réellement permis au monde pauvre de se dévellopper.

Les pays non démocratiques auraient déjà amorcé leur démocratisation. La corruption dans les pays pauvres aurait diminué au lieu d'augmenter, les pays occidentaux seraient devenus plus éthiques, plus juste envers le reste du monde, ils auraient alors pu servir de modèle aux pays en voie de développement, au lieu de soulever leur colère …

C'est parce que le marché ne rencontre plus, depuis quelques décénnies d'opposition ni de critique suffisante (pas faute d'esprit critique, mais d'espace accordé à ces esprits), qu'il maintient indirectement le monde pauvre en esclavage et tend à universaliser cet esclavage à l'Occident.

Et si une autre heure quotidienne avait été accordée aux valeurs inverses du vénal et de l'avoir, autrement dit aux valeurs de l'être (l'altruisme, la spiritualité, la philosophie, le bien-être, la fraternité, l'entraide, etc.), l'Occident aurait résolu une bonne partie des problèmes posés à la démocraties par les valeurs du marché (violence, ghéttoïsation, fracture sociale, communautarisme, non-sens, dépression, stress, défaillance éducative etc.)

Et ainsi, nos démocraties seraient devenues effectivement enviables pour l'ensemble humain spiritualisé.

L'Occident n'aurait pas besoin d'imposer par la force son idéologie démocratique, le désir populaire aurait suffi.

 

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