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    la télévision (suite)

Stresser pour mieux destresser

Une perversion à l'oeuvre

susanne middelbergUn système média / marché, pervers.

“The further a society drifts from truth the more it will hate those who speak it.” - George Orwell

En ce tout début du 21e siècle, la plus grande partie des heures diffusées par les télévisions de masse, sont vouées aux jeux et au téléachat. Pour justifier cet excès, les animateurs* utilisent souvent un argument que l'on peut qualifier de pervers. La vie est stressantes, disent-ils, et la télé est là pour destresser. Après une journée harassante et encombrée de soucis quotidien, le public a besoin de se vider la tête ! Il aspire à ne pas réfléchir ! Il veut se laisser guider et détendre par des divertissements télévisés ! Voila un exemple de la haute perversité des mass médias et du marché qui les monopolise.**

* animateurs d'émissions que l'on peut qualifier d'abrutissantes et de stressantes.
* * En effet depuis les années 80, le marché à remplacé le politique comme dominant des médias

Ne cherchons pas dans cette conduite, de calculs sophistiqués ou de plan déterminé de la part du marché et de la télévision. Ils obéissent tous simplement au mécanisme instinctif que leur dicte leur état d’esprit particulier. Ils ont juste hissé au niveau mondial la méthode du camelot de foire. Divertir, agiter, empêcher de réfléchir, pour contraindre les individus à acquérir ce qu’ils n’étaient pas venu acheter.

Par ses répercussions sur la santé publique (épidémie d’obésité), cette simple conduite du marché pourrait (et devrait) être jugée criminelle. Mais les deux complices ne se contentent pas de distraire la société, ils la stressent également pour pouvoir mieux la dominer. Et en cela, ces complices se comportent comme de simples déalers ou proxénètes. Ils créent des manques pour pouvoir ensuite les combler .. Ils engendre du stress pour procurer ensuite les moyens de se destresser.

Une conduite de proxénète.

En effet, aujourd'hui nous pouvons considérer que la télévision et le marché manipulent le peuple comme le proxénète sa "protégée".

Comment se comporte en effet le souteneur avec sa victime ? Il extrait une fille d'un milieu relativement sécurisé pour la plonger dans un milieu chaotique. Un milieu violent et stressant qui l'empêche de réfléchir a sa propre condition. Et en même temps il lui dit qu'il va la protéger, qu'il est un protecteur. Nous avons tout simplement affaire là à un des grands artifices de la perversion narcissique.

Le marché fait la même chose. Il stresse le monde, augmente la précarité, la violence et l'injustice et propose les produits pour oublier ce qu'il fait endurer.

Le peuple aimerait se voir, comme tout le monde !

Une autre manoeuvre du marché consiste à détourner le regard que le peuple devrait se porter à lui-même. En l'éloignant de son image, il le contraint à le regarder lui, le marché et ses objets. Les citoyens dignes de ce nom sont tout simplement exclus d'un petit écran. Cet espace est réservé aux star, aux célébrités et à la partie naïve du peuple qui accepte les règles du jeu. C'est tout simplement une autre des grandes manoeuvres instinctives de la perversion narcissique.

La dégradation de l'image de l'autre

En effet, les pervers narcissiques réussissent progressivement à ravir le regard de leur victime (l'amour normal de soi) pour se faire adorer. Ils dégradent l'image de leur proie en l'infantilisant, en l'humiliant, en rabaissant son travail, ses idées, ses qualités. En même temps ils survalorisent les leurs, fabriquant peu à peu un ou une adoratrice. C'est exactement ce que fait le système marchand envers les consommateurs qu'il fascine. Et il y parvient en s'appuyant notamment sur les animateurs vedettes des mass médias. A travers des jeux paraissant anodins, le marché présente au peuple une image de lui même puérile et vénale. L'image d'un groupe manipulable et obéissant au doigt et à l'oeil d'un système se présentant comme supérieur

L'intelligence et la beauté du peuple, pervertis

En réalité, le peuple est beaucoup plus intelligent que ne nous le laisse croire la télévision de masse. Il est subtil profond et pertinent. Seulement, il est également vulnérable à la perversion narcissique car dépourvu des outils pour la reconnaître. C'est pourquoi en quelques décennies seulement, il s'est laissé subtilisé son image sans rien dire. Car comme tout le monde, le peuple aimeraient également voir une représentation positive de lui-même à la télévision. Nous en avons d'ailleurs une petite preuve devant la montée en flèche des émissions ou le peuple peut s'exprimer*

*strip-tease, c'est mon choix, loft story, vis ma vie.

Ces émissions génèrent de fortes audiences*

* et ce malgré certains concepts dégradants imaginé par l'élite comme l'éliminations des concurrents entre eux, la stimulation des bas instincts et de la méchanceté du peuple envers le peuple, etc..

Dégrader l'image du peuple, un choix du marché

Car le marché s'arrange encore pour élitiser et abîmer ces embryons de tentatives «démocratique». En effet, les concepteurs de ces « divertissements » pourraient tout aussi bien choisir des concepts de jeux basés sur la solidarité et les valeurs humaines. Les maisons de production auraient les moyens, s'ils le désiraient, d'entraîner leurs concurrents vers des valeurs bien connues du peuple comme l'entraide et l'universalisme. Il pourrait se priver De choisir «l'élimination», la «compétition féroce» (et les jalousies qui vont avec) «valeurs» des dominants par excellence.

La télévision pourrait très bien éviter de transformer le peuple en « stars » à des fins commerciales. Elle pourrait remplacer les règles stimulant la vénalité, l'élitisme, ou l'exclusion, sans perdre la moindre part d'audience.

Le peuple préfère le bien ou mal

Le peuple aime les valeurs généreuses et repousse les notions égoïstes et la télévision nous fait croire l'inverse. Elle fait passer le monde ordinaire pour un groupe puéril et vénal rêvant d'élitisme et de gains sans sueurs. Elle n'hésite pas à placer les participants de ses jeux dans des situations paradoxales et sous des règles impitoyables. Soumis à de telles situations il émerge obligatoirement l'égoïsme, l'imbécillité, la jalousie, la méchanceté et les coups bas. Mais si le peuple préférait le sordide, nous ne retrouverions pas, en tête des sondages de popularité, des personnages comme l'Abbé Pierre, soeur Emmanuelle ou mère Therésa*

* il élirait à la place des Bernard Tapie, où des champions de potins et de fait divers..

Une mauvaise vision

La télé ne perdrait pas d'audience à utiliser les belles valeurs de l'humanité. Au contraire, elle gagnerait en crédibilité et en image d'elle-même. Nous pouvons donc estimer qu'elle fait le choix délibéré de dégrader l'image du peuple en le plongeant dans les valeurs négatives.

Stimulation mutuelle de l'ego dans l'élite élitiste

En ces début de XXI eme siècle, quelques envies de démocratie semblent émerger aux sein des médias. Des émissions intelligentes donnant la paroles aux citoyens voudraient éclore au sein du magma abrutissant des programmes insensés. Pourtant, un rapide zapping montre à quel point une infime minorité narcissique thésaurise le petit écran. A quel point elle «s'égocentrise» mutuellement et impose ses points de vues réactionnaires en étant persuadé qu'ils peuvent servir de modèle à l'ensemble. Les raisons de cette dérive enclenché dés le début des années 80, sont simples : soumission des médias au marché et à son narcissisme.
2001


soumission des médias

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jean guehenno

Il y a deux catégories de télévision : la télévision intelligente qui fait des citoyens difficiles à gouverner et la télévision imbécile qui fait des citoyens faciles à gouverner. Jean Guéhenno

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