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  • les médias

La télévision et l'argent

Une éthique maltraitée

pacbigTélé élitiste et pulsionnelle

Depuis la chute du communisme, le libéralisme a pris en main ce que nous appelons la mondialisation. Devenu tout puissance et sans opposition, la pensée libérale à appliqué son grand fer de lance ; la privatisation de ce qui appartenait à l'ensemble, (les biens publics).

A travers cette grande braderie libérale, le marché s'est accaparé la télévision et à travers elle, vend ses produits et exalte ses « valeurs ».

Sous son empire, le goût pour la compétition, la compulsivité, l'élitisme, la domination, sont valorisés. Ces valeurs, en réalité, n'en sont pas. Ce sont des pulsions primaires, des tendances actives déclinant de nos origines « primates naturels ». Ces forces naturelles, si elles sont nécessaires pour construire notre monde, s'opposent aux valeurs prônées depuis plus de 2000 ans par les spiritualités et les philosophies.

Bien évidemment, ces puisions ont un sens. Depuis son origine, l'humanité s'élabore, en grande partie, grâce à elles. Il s'agit simplement de ne pas les valoriser au dépens des vraies valeurs humaines.

Pour les précédents grands diffuseurs de valeurs (la religion, la philosophie), il s'agissait d'une fatalité. Conscients des mécanismes pulsionnels, ils les acceptaient sans en faire l'apologie. Au contraire, les dérivés de ces tendances (le pouvoir, le luxe, la richesse, l'élitisme, l'égocentrisme), étaient critiqués. Ces pulsions n'étaient pas donnés comme modèle au peuple... Libre à chacun d'y succomber, mais pas : ordre à tous de les apprécier.

L'empire des médias

Polythéisme et athéisme

Des arènes au juste prix

Les journalistes disent une chose qu'ils savent ne pas être vraie, dans l'espoir que, s'ils continuent de l'affirmer assez longtemps, elle deviendra vraie. Arnold Bennett

Entre l'Antiquité et aujourd'hui, la société humaine a évolué. La violence a diminué. La cruauté physique se transforme progressivement en perversion formelle et déguisée (des jeux du cirques sadiques aux jeux télévisés narcissiques.)

Il existe des similitudes entre la décadence romaine et l'occident actuel. Entre les « valeurs » de l'empire polythéiste et les symboles du marché. Les 2 périodes sur-valorisent les basses pulsions et exaltent l'élite, le corps, le pouvoir et déprécient le peuple.

Dans ces 2 moments, l'état d'esprit dominant rentre en contradiction avec les grandes valeurs spirituelles de l'humanité. En contradiction avec les grandes valeurs monothéistes et philosophiques de l'Occident.

L'arène médiatique

Les médias sont en même temps le reflet et le diffuseur de ce nouveau glissement vers « l'empire ». Les plateaux de télé sont clinquants et érigés en forme d'arène. La plupart du temps, les émissions sont présentées par des personnalités narcissiques et arrogantes. Nous sommes loin de ce que nous serions en droit d'attendre d'une télévision démocratique. De toute l'histoire du journalisme, la période actuelle pourrait bien s'avérer la plus fortement soumise aux dominants.

L'oubli du peuple

Un recul démocratique

Art_RupestreDes contre-pouvoirs au service du pouvoir

La libéralisation des médias les a offert au marché. Rapidement, les nouveaux patrons ont écarté les journalistes indépendants ou récalcitrants. A la place ils ont installé des directeurs dociles et des cadres obéissants. En quelques décennies, la plupart des acteurs influent de la télévision, se sont éloignés des causes du peuple.

l'absence systématique des citoyens dans les débats télévisés, en est la preuve vivante.

Bien souvent issus des classes aisées ou choisit pour leur coté narcissique et formaliste, les animateurs exaltent l'élitisme. Les seules émissions qui invitent le peuple, sont des émissions de jeux. Les citoyens choisis y sont infantilisés, sous-estimés, mis en concurrence et rabaissés. L'intimité des candidats y est très souvent donné en spectacle (mais pas celle des animateurs).

En quelques décennies, les points de vue et les problèmes du peuple, se sont retrouvés écartés des médias qui donnent à contempler les frivolités, les petits soucis et la vie de célébrités égocentrique (présentateurs, acteurs, chanteurs, jet setteur, comiques, sportifs, milliardaires, etc.).

Les points de vue du marché et des indéboulonables éditorialistes, économistes libéraux, universitaires conventionnels, penseurs réactionnaires, sont les seuls à pouvoir s'exprimer dans les mass médias, et la plupart, appartenant aux 1% des plus nantis, y commentent sans complexe, la vie des 30 % les plus pauvres.

La société humaine évoluant par mimétisme, ce sont les « valeurs" de cette petite élite, qui servent de standard et de modèle. Le narcissisme, le goût du pouvoir, du luxe etc., ces conduites dépréciés par toutes les spiritualités, sont données comme exemple à suivre à l'ensemble. En démocratie pourtant, ce sont les valeurs du peuple souverain qui devraient être données en exemple à l'élite narcissique.

Voici donc la base de ce chapitre. Il analysera les tendances et pulsions proposées au peuple par le marché comme valeur à suivre... Nous allons commencer par le goût du pouvoir et ce qu'il promet.

texte de 2002


la télévision et le pouvoir

 

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serge halimi

Et puis, des gens plus instruits sont devenus journalistes ; leur salaire a augmenté ; auparavant les reporters avaient un niveau de vie légèrement supérieur à celui de leurs voisins de quartier, les ouvriers.
Depuis les années 80, les reporters ont un niveau de vie légèrement inférieur à celui de leurs voisins de quartier, les avocats et les patrons. Or, les milliers de journalistes qui reçoivent des salaires annuels supérieurs à 100 000 dollars sculptent l'image que le public se fait du journalisme et leur vie quotidienne les rend effectivement beaucoup plus sensibles aux problèmes des privilégiés qu'au sort des travailleurs payés au salaire minimum. Extrait des « Nouveaux chiens de garde » Serge Halimi.