philosophie naïve du devenir humain

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La télévision est l'outil idéal pour développer les valeurs humaines, la conscience d'autrui, l'universalisme, le goût de la justice , la sensibilité et la fraternité. Jean marc tonizzo

La mission des médias


La télévision deviendra majeure lorsque l'on établira les programmes en fonction des idées et non des moyens. A. BrincourtLa télévision est le meilleur instrument quand elle est au service des peuples, le pire au service de la propagande.

Si l'immigration, le tourisme, le commerce, participent physiquement au rapprochement intercommunautaire, la TÉLÉVISION, en démantelant les stéréotypes, les à priori, les préjugés, et les racismes, participent à cette tâche intellectuellement.

Elle a, entre autres pour mission, d'éveiller notre curiosité d''autrui, de nous donner envie d'aller à sa rencontre.

En regardant «L'ÉTRANGER» dans son quotidien, sa tradition, en l'écoutant parler de ses difficultés, ses aspirations, ses souffrances, elle nous incite à le comprendre, à l'aider et à l'aimer.

La télévision à également pour tâche, de protéger le monde vulnérable des dérives agressives des dominants.

Elle a en effet les moyens et le DEVOIR de dénoncer chaque violence subie par la population silencieuse et fragile du monde. Elle les moyens et le DEVOIR de mettre à jour la maltraitance et la précarité, dont les gens ordinaires sont victimes.

Seule une mise en lumière médiatique persistante, peut révolter suffisamment l'opinion publique pour obliger les responsables politiques à prendre des mesures pour lutter efficacement contre la malveillance des dominants mafieux, et des états mafieux. (par mafieux, j'englobe tous les dominants capables d'abuser de la naïveté populaire, de maltraiter ou de faire maltraiter les gens sans défense ... cette définition peut donc s'appliquer à des patrons de la mafia, comme à des chefs d'entreprise ou à des gouvernements)

Nous sommes dans le principe des vases communicants. Si les médias délaissent leur mission pour s'occuper du futile, le système mafieux prend de l'ampleur, gagne en puissance et les populations vulnérables sont de plus en plus maltraitées.

Une de ses missions du journalisme est donc d'aider à corriger les dysfonctionnements et les abus du système.

Symboliquement, la télévision et le cinéma ont pris la place du sermon dans la diffusion des principales valeurs

Pour une grande partie de la population mondiale, la télévision est devenu le premier diffuseur de valeur humaines (autrement dit, le climat mondial, est le reflet de l'état d'esprit global de la télévision).

Ce « changement d'éducateur », ce passage du religieux ou laïc, devrait permettre d'élaguer la partie obsolète des morales religieuses, tout en conservant les valeurs universelles de celles-ci, déjà passé dans le monde profane (dans la justice, l'éthique, l'idée d' égalité, de fraternité, de partage et de solidarité ...).

La réalité des médias

La télévision c'est le monde qui s'effondre sur le monde, une brute geignarde et avinée, incapable de donner une seule nouvelle claire et compréhensible Ch. Bobin

L'idéal médiatique est une chose, la réalité des médias en est une autre ... et cette réalité est d'autant plus catastrophique que le marché a pris le contrôle des médias.

Nous l'avons dit plus haut, en faisant l'autopsie de la société, il est possible de définir l'état d'esprit des médias et plus haut encore, l'état d'esprit de leur patron : le marché.

A quoi ressemble le monde sous la toute-puissance du marché et des médias depuis une trentaine d'années ?

C'est UN MONDE, violent, affolé, tendu, ultra vénal, vénérant de plus en plus la force et le pouvoir. Un monde de plus en plus communautarisé, faisant de plus en plus appel à l'autorité et à l'état policier. Un monde de plus en plus élitiste, de plus en plus autoritaire et intransigeant envers le peuple et de plus en plus laxiste envers les puissants. Un monde de plus en plus borné, superficiel, stupide et insensible, incapable de réfléchir aux causes ... et violent dans son traitement des effets. Un monde incapable de compassion envers les faibles. Un monde dont les écarts de traitement se creusent de plus en plus. un monde de plus en plus occidentalocentrisme. Un monde narcissique et sourd à autrui, incapable d'établir des relations horizontales, donc d'évoluer vers la paix. Un monde, à l'image de la télé, fanatique de la violence et de la guerre.

La violence à la télévision ça donne envie de tout casser sorte malheureusement la télévision GeluckDans tous les nouveaux conflits, les médias mettent à l'honneur le Militaire, l'Armement, la Stratégie, et oublient les populations civiles devenues pourtant les principales victimes.

Les valeurs humaines et universelles enseigné depuis des millénaires par les sermons religieux, ont été remplacées par les valeurs du marché autrement dit par les pulsions du marché - la vénalité, l’égoïsme, le pouvoir, la soumission aux tendances, l'égocentrisme, l'esprit de clan, la supériorité de l'Occident, la compétition féroce etc.

Là où le sermon s'adressait à l’élite thésaurisante pour l'engager à s'ouvrir au monde pauvre et à la détresse humaine, la télévision, non seulement ne moralise plus les « riches » oublieux du monde maltraité, mais elle pousse le peuple à enrichir cette élite, à adopter ses codes, à la vénérer et à rêver d'atteindre ce statut égoïste.

Là où le sermon engageait l'être à devenir meilleur, à se détacher des valeurs superficielles et matérielles, à gérer ses pulsions, à avoir une vision universelle et fraternelle ... le discours médiatique prêche la vénération des biens matériels, la consommation, l’obéissance aux pulsions et aux tendances, l'individualité, et marque de plus en plus les appartenances communautaires, claniques, sociales etc.

Aujourd'hui la télévision soutient indirectement le bellicisme, le racisme, l'égocentrisme, le nationalisme, le communautarisme, ce qui est incohérent avec sa vocation première et notre évolution vers l'universalité.

 

Télévision et démocratie

Je trouve que la télévision est très favorable à la culture. Chaque fois que quelqu'un l'allume chez moi, je vais dans la pièce à côté et je lis.Groucho Marx

Quels symboles démocratiques à la télé ?

Les journalistes ne cessent de montrer l'Occident comme un symbole de démocratie, comme si nous étions effectivement dans un régime accordant la souveraineté au peuple.

Seulement, si nous étions véritablement dans un tel régime, les médias, puisqu'ils sont devenus un des fondements de la démocratie, appartiendraient à l'ensemble des citoyens, en aucun cas au marché, ils se rangeraient du côté des consommateurs et non pas du côté de celui des marchands. Ils seraient accessibles à tous et au service de tous, un intermédiaire neutre entre les puissants et le peuple.

Dans un véritable système démocratique, le temps d'expression accordé aux citoyens devrait être au moins équivalent à l'espace accordé aux élites.

Quelques tentatives de débat « ouvert » ont été faites par-ci par-là.

On y voyait des hommes politiques de toutes tendances, confrontés aux questions du peuple présent face à eux.

Evidemment, cette réalité et cette spontanéité était déstabilisante pour un monde habitué à des débats réglés d'avance.

Pourtant la discussiont avait gagnée en efficacité et en esprit critique.

Il est évident que les hommes POLITIQUES, comme les JOURNALISTES, ont intérêt à développer ce type de débat, même s'il est instable et incertain. A ce prix seulement, ces deux vocations redoreront leur image aux yeux du public.

Aujourd'hui, grosso modo, le peuple peut être considéré comme exclu du débat démocratique.

C'est la même chose au niveau du peuple consommateur, ses organismes de défense, sont sous représentés face à la formidable machine à vendre du marché.

Si les médias avaient offert suffisament d'espace aux mouvements de défense des consommateurs et aux associations militant pour un commerce équitable, le marché international aurait gagné en éthique.

 

Télévision et valorisation humaine

Depuis que nous avons la télévision à la maison, nous prenons nos repas tous du même côté de la table, comme dans la Cène de Léonard de Vinci.Marcel Pagnol

Le peuple est absent de tout les débats télévisuels.

Il suffit de zapper les chaînes de grande audience pour voir à quel point le peuple y est exclu ou relégué au rôle de consommateur passif et de spectateur-décor à qui l'on commande d'applaudir.

Depuis 25 ans, un nombre infime de professions sont valorisés à la télévision.

La majorité d'entre elles appartiennent à ce que nous nommons l'élite - chanteur, acteur , milliardaire, écrivain, journaliste, homme politique, grands patrons ... Dés lors, il est inutile de se demander pourquoi il y a un tel désintérêt envers les autres professions et pourquoi certains métiers ne font plus réver comme avant, et accusent de terribles pénuries (les infirmières par exemple).

Présentateurs et animateurs utilisent des qualificatifs survalorisants lorsqu'ils décrivent les stars, leurs amis journalistes ou présentateurs, les grands patrons, et ils négligent totalement de parler de l'ensemble humain qui règle quotidiennement le fonctionnement du monde et sans lequel aucune société ne peut exister.

Quant aux arguments selon lesquels le peuple, après une journée de travail, refuserait d'être confronté aux problèmes du monde, qu'il aurait tout simplement besoin de se vider la tête, envie de se détendre et de rêver sur la vie des élites, il s'agit tout simplement d'une imposture pour justifier cette disparité antidémocratique.

Nous en avons d'ailleurs progressivement la preuve en observant la montée en flèche de toutes les émissions ou le peuple voit le peuple (steap-tease, c'est mon choix, loft Story, vis ma vie ... ).

Et le marché s'arrange encore pour élitiser et abimer ces premières tentatives « embryonnairement démocratique » car il pourrait très bien choisir des concepts basés sur la solidarité et les valeurs humaines, au lieu de choisir l'élimination et la compétition féroce.

La télé ne perdrait pas d'audience à utiliser les belles valeurs humaines, au contraire.

Elles pourraient très bien éviter de transformer le peuple en « stars » à des fins commerciales, ou d'imposer des règles stimulant le goût de la vénalité, de la compétition, de l'élitisme, ou de l'exclusion, sans perdre la moindre part d'audience. Les valeurs sordides n'attirent pas plus le peuple que les valeurs généreuses (Sinon en tête des sondages de popularité nous ne trouverions pas l'Abbé Pierre et Mère Teresa).

Même si la tendance démocratisante est en train de s'améliorer, un zapping permet de comprendre à quel point un nombre infime d'individus thésaurisent le petit écran, s'égocentrisent entre eux, manipulent et influencent la pensée, convaincus de détenir un point de vue pouvant servir de modèle à l'ensemble.

Les raisons de cette dérive enclenché dés le début des années 80, sont simples : soumission des médias au marché, à l'égocentrisme et au narcissisme.

 

Philosophie des médias >> soumission

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