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Les mass médias

La télévision à l'ère du marché

benj HaischVendre au lieu d'ouvrir les esprits

Une œuvre critique ou philosophique qui ne sait pas entretenir un certain rapport essentiel avec la création, est condamné à tourner à vide, tout comme une œuvre d'art ou de poésie, qui ne renferme pas en soi une exigence critique, est destiné à l'oubli. Giorgio Agamben, nudité

On nomme "médias de masse" ou "mass média", les médias susceptibles de toucher un très vaste public* (TF1, A2...)

* et donc d'influencer la société.

Dans l'histoire de l'évolution humaine, la télévision fait partie des plus formidables instruments inventés. En démocratie, son influence est majeure. Elle a certes, mission de divertir, mais également d'éduquer. Dans ce régime extra-ordinaire, le peuple, en principe, est « souverain ». Les médias (représentant le contre-pouvoir par excellence) devrait donc appartenir au peuple, ou tout du moins être indépendants. En tout cas, cet instrument sensible ne devrait jamais être au service d'un groupe dominant, quel qu'il soit. Lorsque les médias se rangent du côté des puissants (et c'est le cas depuis les années 80) les valeurs démocratiques régressent.

L'épuisement de la vigilance.

Mais l'évolution est ainsi faite. Quand un nouveau contre-pouvoir apparaît, il vise à être le plus éthique possible. Ce fut le cas pour la télévision entre les années 1950 et 1980. Mais les dominants, par nature, supportent mal les contraintes et les critiques. Quand apparaît un nouveau contre-pouvoir, ils veulent instinctivement s'en emparer ou le bâillonner. Qu'ils utilisent la force (la censure politique) ou la corruption (c'est le cas avec le marché), la motivation est identique.

Censure et corruption

En démocratie, la corruption est toujours plus forte que la censure. Invisible, elle agit sur nos faiblesses ( naturellement vulnérables). Au contraire, la censure éveille chez la plupart d'entre nous un instinct de résistance.

À partir du moment où le marché a investit les médias il a imposé sa corruption. Peu à peu, sous la pression du népotisme, de l'élitisme, de la vénalité, la volonté des journalistes s'est corrompue. Cette corruption n'est pas passée inaperçue aux yeux du peuple. Il a naturellement exprimé son mécontentement. Mais les journalistes n'ont pas tenu compte de ces multiples avertissements.

Lorsque le degré de mécontentement dépasse la force de résistance de la corruption, il y a basculement ou renversement. Lorsqu'il y a basculage, le contre-pouvoir retourne à ses bases éthiques. Lorsqu'il y a renversement, un nouveau contre-pouvoir s'impose. Actuellement, nous assistons à l'émergence de la deuxième version. Devant l'incapacité qu'ont les médias traditionnels à se réformer, un nouvel instrument prend sa place : Internet.

Les rapprochements universalistes

L'immigration, le tourisme, le commerce, participent physiquement au rapprochement inter communautaire. La télévision peut aussi oeuvrer dans ce sens. Animée de bonnes intentions, elle peut contribuer à cette tâche. Elle a les moyens de démanteler les stéréotypes, les à priori, les préjugés, et les racismes. Les médias de masse ont la force d'éveiller nos meilleurs sentiments envers autrui. De stimuler notre curiosité à son encontre. Ils peuvent éclairer nos similitudes et notre fondamentale fraternité.

Mais la télévision peut également stimuler le contraire. Elle peut accentuer l'abêtissement du peuple. Elle peut exciter le racisme, l'arrogance, l'égoïsme, l'incompréhension des autres cultures. C'est malheureusement ce qu'elle fait depuis quelques décennies. Pourtant, sa mission est inverse. Pour développer nos qualités fraternelles, elle devrait nous aider à concevoir « l'étranger » comme nous-même. En montrant son quotidien, sa tradition, ses espoirs, ses difficultés, ses bonheurs, elle devrait nous permettre de le comprendre. De nous donner envie de le rencontrer, de l'aider, de l'aimer.

La protection et le soutien aux personnes vulnérables

La télévision deviendra majeure lorsque l'on établira les programmes en fonction des idées et non des moyens. A. Brincourt

La télévision à également pour tâche, de protéger le monde vulnérable. De le préserver des dérives agressives des dominants. De dénoncer chaque violence qui lui sont faites comme les guerre. De révéler toutes les injustices qu'il subit. Autrement dit, elle à pour mission de mettre à jour la maltraitance et la précarité touchant les gens ordinaires.

Parfois bien entendu, la télévision remplit son rôle. mais derrière ce « minimum syndical » se dissimule une certaine mauvaise foi. Car ce n'est pas en révélant 3 fois par an, les conditions des SDF que l'on viendra à bout de leurs souffrances. Ce n'est pas en comptant à chaque entrée d'hiver les morts de froid et de manière lapidaire, que les journalistes feront bouger les gouvernements.

Seule une médiatisation constante et révoltée des problèmes, peut forcer les états à les résoudre. Seule une médiatisation volontaire et consciente peut indigner suffisamment l'opinion publique. Du reste, les journalistes connaissent l'influence de la médiatisation en démocratie*. Ils savent très bien qu'en montrant la cruauté de la guerre, les médias américains ont fait cesser les tueries de la guerre du Vietnam. Autrement dit, la compromission actuelle des médias occidentaux face à tous les conflits mettant en jeu le monde arabe, devra un jour être jugé.

La télévision a les moyens de résoudre rapidement les indécences humaines comme elle peut nous les faire admettre à petit feu. C'est malheureusement ce dernier type de traitement qui a court depuis une trentaine d'années. Une télévision juste et républicaine permettrait au peuple d'utiliser son potentiel démocratique. Par la menace de leur vote, les citoyens obligeraient les représentants à agir dans le sens de l'humanité. Et par la menace du boycott le peuple obligerait le marché à plus d'éthique. A une éthique et à une responsabilité ici et partout dans le monde. Ces deux moyens de pression encadreraient les nouveaux dominants. La possibilité du boycott obligerait le marché à respecter les règles sacrées du libéralisme. Respect du principe de concurrence. Liberté totale de la critique. Espace conséquent réservé dans les médias aux organisations de consommateurs. Interdiction d'abuser des pays en voie de développement, etc.

Lutter contre le grossissement des dominants mafieux

Seuls, des médias responsables et courageux peuvent contraindre nos politiques à lutter efficacement contre l'expansionnisme mafieux. Par mafieux, j'englobe tous les dominants capables d'abuser de la naïveté populaire. Capable de maltraiter ou de faire maltraiter les gens sans défense... Cette définition s'applique donc aux mafias traditionnelles, comme aux chefs d'entreprises malveillants et aux gouvernements corrompus. Nous sommes dans le principe des vases communicants. Si les médias délaissent leur mission, le système mafieux prend de l'ampleur. Si le quatrième pouvoir dilapide son temps pour l'élite et le futile, les plus violents et les plus malhonnêtes gagneront en puissance. Les populations vulnérables seront alors de plus en plus maltraitées.

Une des missions du journalisme est d'aider à corriger les dysfonctionnements et les abus du système.
2001


les médias et la corruption

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tonizzo

La télévision est l'outil idéal pour développer les valeurs humaines, la conscience d'autrui, l'universalisme, le goût de la justice, la sensibilité et la fraternité. Mais c'est également l'outil idéal pour la propagande des valeurs inverses.
Jean marc tonizzo

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