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    histoire du deuil

La mort à l'ère de la science

Le deuil nihiliste et matérialiste.

image tirée de second lifeLe monde, la science et la mort

Mais il faut apprendre à vivre tout au long de sa vie, et, ce qui t'étonnera davantage, il faut, sa vie durant, apprendre à mourir. Sénèque.

Entre le primate naturel que nous étions et l'homme constructeur actuel, notre rapport à la mort a évolué*.

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Contre un courant actuel paradoxal, je pense que le progrès est une des constantes de l'humanité. Il supervise le phénomène humain depuis que celui-ci est sorti de la nature. Longtemps soumis au spirituel, il s'est progressivement imposé à une partie de l'humanité. Depuis cette prise de pouvoir (à partir du XIXème siècle), le scientifique a remplacé le religieux dans l'explication du vivant. Cette conquête légitime, orienta le monde industrialisé vers une vision matérialiste de l'existence. Une optique basée sur le prouvable et conduisant naturellement à un certain nihilisme. Sous cet angle « phénoménologique », l'au-delà est impossible à penser. Seulement la mort est là ! et privé d'au-delà, elle renvoie illico au néant. Un néant qui, dans la tradition monothéiste implique l'anéantissement total du corps et de l'esprit. La mort devient alors, un pur générateur d'angoisse.

Le deuil total négatif

La période scientifique peut donc être qualifiée « d'âge du deuil total ». Mais il s'agit d'une totalité en « négatif » en quelques sorte. L'idée d'au-delà y est occultée (où détournée) et ce n'est pas une position confortable. Nous consacrerons le prochain chapitre au deuil total réalisé. Celui ci viendra après cette étape scientiste*. Il s'agit d'un palier supplémentaire. Une étape dans laquelle nos descendants vivront entièrement libre. Entièrement libéré de la présence de la mort au sein de leur esprit.

*c'est du moins ce que nous croyons et espérons ici.

Nous y verrons que la mort existe uniquement par l'idée que l'on s'en fait. Autrement dit si l'on ne s'en fait aucune idée négative (ou pas d' idée du tout), elle disparaît. Tel est notre point de vue sur la mecaniqueuniverselle.

Histoire de l'évolution de la mort

le deuil total réalisé

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Christine de Pisan, O dure Mort

Christine De Pisan
(1363-1430)

O Dure Mort...

O dure Mort, tu m'as déshéritée,
Et tout osté mon doulz mondain usage;
Tant m'as grevée et su bas boutée,
Que mais prisier puis pou ton seignorage.
Plus ne me pues en riens porter domage,
Fors tant plus de moyen laisser trop vivre.
Car je désir de résout mon cordage
Que mes griefs maux soient par tôt délivre.

Il a cinq ans que je t'y regrettée
Sou ventes fois, a très pleur eux visage,
Depuis le jour que me feu joyeux postée,
Et que je ch eus de franchise en servage. 
Quant tu m'os tas le bel et bon et sage,
Laquelle mort a tel tourment me livre
Que moût souvent souhait, pleine de rage,
Que mes griefs maux soient par tôt délivre.

Se très donc tu m'eus ses emportée,
Trop m'eus ses fait certes gérant avantage,
Car depuis lors j'a lesté si heurtée
De grands anis, et tant reçu d'outrage, 
Et tous les jours recto au fleur remplacé,
Que riens ne vue il, ne n'a désir de suivre,
Fors seulement tôt palier tel trucage
Que mes griefs maux soient par tôt délivre.

Princes, noyés en pitié mon langage,
Et tôt Mort, péri, escroc moyen en ton livre,
Et fa que toast je voyez tel message,
Que mes griefs maux soient par tôt délivre.

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