Quand on pense à quel point la mort est familière, et combien totale est notre ignorance, et qu'il n'y a jamais eu aucune fuite, on doit avouer que le secret est bien gardé ! Vladimir Jankélévitch
De la béatitude à l'Amour absolu
La philosophie antique nous apprenait à accepter notre mort. La philosophie moderne, la mort des autres Michel Foucault
Comme nous venons de l'écrire en page précédente, la MORT, selon nous, est un événement dépassable par l'homme.
Depuis la naissance des grandes spiritualités, à toutes les époques un nombre restreint d'individus, parviennent volontairement à expérimenter ce dépassement.
Le futur, selon notre philosophie, permettra à l'humanité toute entière de vaincre cette cause majeure de TOURMENTS.
Nous voulons simplement dire qu'un jour, l'humanité saura VIVRE sans la crainte de la MORT, autrement dit, elle permettra à l'ensemble humain, de MOURIR dans la QUIETUDE la plus totale.
Pour cela, l'homme devra préalablement découvrir s'il y a un SENS à la présence de son espèce au monde (donc le but de l'humanité et plus loin, les raisons de la création), comprendre les mécanismes de la MORT elle-même, et homologuer toutes ces CONNAISSANCES.
Nous allons essayé d'expliquer tout cela en détail
a / La conscience du sens
Pour solutionner le problème de la MORT, l'humanité doit découvrir son sens, certitude), de ce qu'elle doit accomplir dans ce monde.
Un homme libre ne pense à aucune chose moins qu'à la mort, et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie. Spinoza En effet, si notre espèce parvient à comprendre ce qu'elle construit actuellement de façon INTUITIVE et INCONSCIENTE, chaque HOMME saisira alors le sens de sa présence au sein de cette humanité.
Si l'homme comprend toute l'importance de son EXISTENCE et de son action dans l'OEUVRE plus haute et plus vaste dont parle Hegel, alors il peut du coup l'a réaliser le mieux possible et quitter ensuite ce monde avec le sentiment de s'être pleinement réalisé.
Imaginons une humanité consciente de son but.Une humanité devenue sereine et paisible, capable d'éduquer ses enfants dans l'harmonie, le respect d'autrui et la gaîté. Une humanité qui ne redoute plus la mort et donc ne la donne pas à redouter à ses enfants (cela, par exemple, nous aurons à l'apprendre de l'hindouisme, de l'islam ...). Une humanité capable de donner à chaque enfant qui la compose les moyens d'épanouir son potentiel particulier jusqu'à ce qu'il devienne maître de son art pour en offrir le fruit à l'humanité. Imaginons une humanité qui permette à chaque être humain de transmettre à la fin de sa carrière, tout son savoir. Imaginons une humanité qui permette à ses êtres humains de profiter de sa retraite pour avancer vers la sagesse, vers le dépouillement, vers le détachement et vers l'extase (plutôt que vers le viagra, le casino ..). Et vous aurez alors une humanité capable d'offrir aux individus qui l'a composent, une vie sereine, pleinement épanouie et consciente. Si en plus, ces individus, savent dès leur plus jeune âge, que l'instant de la mort est un instant de béatitude, dans lequel justement l'idée même de la mort disparaît (ce que nous allons voir à présent), alors vous avez une humanité qui a résolu le problème de la mort, qui l'a transcendé.
b / Mourir est extase
Fatigue, lassitude ou raison, à un moment de la mort, l'esprit doit se résoudre à lâcher prise Yannick MOA L'état de NIRVANA ou d'EVEIL dont parle l'hindouisme, le taoïsme et le bouddhisme, l'état de BEATITUDE dont parle le christianisme et le judaïsme, l'état d'EXTASE dont parle l'islam, aboli l'idée même de la mort et donc la mort elle-même.
Depuis des millénaires et pour tous les grands SPIRITUELS ayant consacrés leur existence à la recherche de ces voies TRANSCENDANTALES, l'état d'EXTASE transcende la MORT ...
Sans faire l' expérience extatique, il est difficile de comprendre les propos des grands mystiques, lorsqu'ils affirment par exemple ; le nirvana aboli la peur de la mort, il conduit à la paix de l'extinction.
Pourquoi l'extase aboli la mort.
L'EXTASE aboli la mort, car cet état fixe l'ESPRIT dans le PUR IMMEDIAT, le rendant incapable d'aller visiter le passé et l'avenir (Et c'est c'est parce que l'oeil reste fixé sur l'immédiat, le présent absolu, que nous pouvons parler de contemplation). L'esprit ne peut donc plus redouter la mort, puisque la mort, tant que nous sommes vivant, est un événement futur.
A l'instant ou je parle, n'étant pas en état d'extase, mon ESPRIT peut s'échapper vers le PASSE et le FUTUR et c'est ce qu'il fait constamment. Je peux donc m'angoisser à l'idée de devoir quitter un jour MON existence, à l'idée de devoir quitter cette terre, MES enfants, MES amis, tous MES petits plaisirs de l'existence. Dans l'état d'extase, ces IDEES, ne montent plus à l'esprit car elles ont besoin de projections pour le faire.
D'autre part, l'EXTASE, c'est bien connu, conduit également à un parfait détachement aux choses de ce monde, pour préférer la CONTEMPLATION. Et ce sont bien tous nos attachements qui engendrent cette ANGOISSE de la MORT, puisqu'elle nous oblige à penser qu'il faudra un jour, tout perdre.
Mais il ne s'agit pas d'un détachement CYNIQUE, un détachement initié par le dégoût, la lassitude ou l'écoeurement.
Il s'agit d'un détachement par le haut. Un détachement par l'invariabilité de l'amour porté à son maximum. En effet, dans cet état, l'individu en contemplation, aime tout ce qu'il voit ce qu'il sent, et d'une façon maximale. C'est un état de parfait bien-être, et d'AMOUR ABSOLU (comme en témoignent la plupart des expériences de mort imminente). Dans cet état, il ne peut plus y avoir de distinction, donc de préférence, d'envie, de regrets .. Bref aucunes des sensations variables.
Pourquoi nous mourrons forcement dans l'extase
L'homme accède à
la béatitude lorsqu'il parvient à l'ABSOLU DETACHEMENT.
Toutes
les expériences mystiques n'ont d'autre sens que de renoncer
à tous nos attachements pour atteindre l'état de béatitude,
de nirvâna. Les spirituels et les philosophes ayant expérimenté
cet état transcendant pensent comme Aristote que le
bonheur parfait, la contemplation (synonyme
de béatitude) permet de s'immortaliser.
L'instant du passage de la vie à
la mort n'est autre qu'une étape dans laquelle l'esprit doit
se résoudre à abandonner sa subjectivité.
A un certain moment, le mourant ne peut qu'accepter
de lâcher prise, d'abandonner tous ses attachements.
Il s'agit donc de l'anéantissement total et forcé de
l'EGO. L'extinction égocentrique
nous plongeant, nous l'avons vu, dans la béatitude,
le nirvana, le passage de la vie à la mort correspond
donc forcément à une sorte de tombée ou d'élévation
dans cette sublime dimension extatique.
Cet état de béatitude,
de nirvana, nous l'avons déjà
vu dans les précédents chapitres, induit deux choses
caractéristiques :
- l'oubli de la mort, la disparition dans notre esprit de son
image, de ses angoisses, de son inquiétude
- et la montée en soi d'un sentiment d'amour et de quiétude absolu.
S'immortaliser ne veut pas dire vivre
éternellement. Cela signifie, dépasser les
angoisses qui font exister la mort dans notre esprit. Ces
angoisses découlent de nos attachements. Ces attachements
sont générées par l'égo. L'anéantissement de l'égo, supprime du coup la peur de la mort, donc la mort
elle-même.
Ainsi donc, la vie, dans sa grande
bonté à l'égard des ses êtres, nous fait
vraisemblablement traverser de là
à l'au-delà, sans l'image
de la mort, sans angoisses, dans un état d'amour, de joie,
de quiétude absolu.
Conclusion
Anéantir l’ego revient à
anéantir toutes les notions relatives à la personne.
Toutes les représentations subjectives en nous, celles qui distinguent les individus les uns des autres
(passions, pulsions, désirs, réactions, mémoire,
sentiments, personnalité, position sociale, caractère
etc.), l'esprit doit se résoudre à les oublier à
un moment ou à un autre.
Si la mort semble interdire à
l'égo de franchir la porte de l'au-delà, si cet ego
ne concerne que l'univers matériel sensible,
il serait plus vraisemblable de penser l'au-delà, pour ceux
qui l'envisage, dépourvu d’ego et de tout ce
qui le caractérise.
Par contre, si notre dernier état d'esprit, est effectivement
béatitude donc amour absolu, il
est en concordance avec la nature intime de ce que nous appelons
l'au-delà, puisque, nous l'avons vu, dans les débuts
de notre réflexion, la forme immatérielle
du tout (Dieu pour les religions) est
AMOUR ABSOLU.
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