philosophie naïve du devenir humain

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Mort
Introduction
Mort, action, extase
Mort et imagination
Mourir est béatitude
Généalogie de la mort
Victoire future sur la mort
Victoire future  [ ↗ ]
Mort et physique quantique
La mort d'Ivan Illitch
 

Ne sais-tu pas que la source de toutes les misères de l'homme, ce n'est pas la mort, mais la crainte de la mort ? Epictète

La mort : du singe à l'humain

La mort ne vous concerne ni mort ni vif : vif parce que vous êtes ; mort parce que vous n'êtes plus Montaigne

Au cours de son HISTOIRE, le rapport entretenu par l'humanité avec la MORT, a progressé.

Cette évolution semble aller de l'INCONSCIENCE à la pleine CONSCIENCE, de L'INSTINCT au DEUIL absolu et réalisé.

Essayons de faire une généalogie simpliste de cette évolution. Esquissons brièvement une HISTOIRE SCHÉMATIQUE des comportements de l'humanité face à la MORT.

Cette généalogie devrait pouvoir nous permettre d'imaginer le POSSIBLE AVENIR de la relation de l'homme face à la FINITUDE.

 

Époque pré-spirituelle (instinct)

Entre le PRIMATE NATUREL de nos origines, L'HOMME CONSTRUCTEUR et L'HUMAIN A VENIR, la façon d'appréhender la mort semble suivre une courbe ascendante. Elle à évolué de la CRAINTE irraisonnée au consentement libérateur du SAGE, de la peur viscérale à l'acceptation absolue ...

En nous appuyant sur les grands principes du DARWINISME, et sur les apports de la paléoanthropologie, nous pouvons situer les origines de l'humanité dans le monde des primates naturels.

Notre relation à la MORT semble donc avoir était, originairement, similaire à celle des autres grands primates vivant dans la nature (CHIMPANZÉS, GORILLES, ORANG-OUTAN ...)

Bien qu'il soit difficile, et d'une certaine manière injuste, d'imaginer ce que pensent les grands singes face la mort, nous devons risquait quelques interprétations pour notre explication.

A mon sens, au vu de certains reportages ou écrits relatant le comportement des grands primates devant la mort de certains de leurs congénères, il semble évident que nos cousins naturels, connaissent le CHAGRIN, le DEUIL, la SOUFFRANCE de la perte d'un être cher.

Comment expliquer qu'une maman chimpanzé porte son enfant mort pendant des jours? Que ressent-elle quand elle finit par comprendre et qu'elle abandonne le corps derrière elle? Comment continue-t-elle à vivre? Et pourquoi un jeune chimpanzé peut-il mourir lorsqu'il perd sa mère, même s'il est assez grand pour se débrouiller tout seul? Qu'éprouvent-ils? Comment s'expliquer qu'un autre petit puisse très bien survivre à sa mère? Ils sont comme nous, les humains, qui réagissons tous si différemment au deuil qu'il nous est parfois impossible d'exprimer la profondeur de notre chagrin, de notre désarroi, et du vide qui s'installe en nous lorsqu'un être aimé meurt. De même, lorsqu'un chimpanzé meurt, les autres réagissent chacun à sa manière à lire ce très beau texte faunafoundation)

Visiblement, comme les HOMMES, nos cousins singes, connaissent tous les tourments du deuil.

Il existe pourtant selon nous quelques différences d'approche entre les primates naturels et l'espèce humaine.

Tout d'abord, les GRANDS SINGES ne semble pas avoir constamment à l'esprit le concept de leur propre mort et de celle de leurs semblables, comme c'est le cas pour l'homme (même si cela reste dans une sorte d'arrière plan mental, faiblement éclairé).

Cette spécificité humaine, si elle éloigne l'homme de la naïveté primate et si elle est à l'origine de la plupart de nos problèmes existentiels, est également un des plus précieux carburants de notre CRÉATIVITÉ.

Les grands singes ne semble pas non plus avoir atteint l'aptitude que l'on pourrait dire : « SOCRATIQUE », face à leur propre fin. Autrement dit les grands singes ne semblent pas être capables de se donner la mort pour une cause supérieur.

Évidemment, Socrate fait partie des exceptions humaines. Mais en même temps, la plupart des êtres humains parviennent à transcender d'une certaine manière le fait de se savoir mortel, puisqu'ils acceptent de vivre malgré cette fatalité.

Sous un certain angle donc, nous pouvons dire de cette période originelle de l'humanité, qu'elle est :

L'âge de la mort incomprise.

Période préhistorique (début de la spiritualité)

Il est impossible, bien entendu, de déterminer de façon OBJECTIVE à quel moment l'humanité s'est radicalement distinguer des autres PRIMATES.

La bipédie, l'utilisation des OUTILS ou le LANGAGE existe déjà chez les autres primates, et déterminer à quel moment L'ESPÈCE HUMAINE à distancer clairement les GRANDS SINGES au niveau de la sophistication de sa position debout, de sa communication, et de son utilisation de l'outil, semble encore impossible.

A mon sens, la grande séparation entre notre espèce et les autres primates (dont nous savons qu'ils souffrent eux aussi face à la mort) s'est effectuée au moment ou l'homme à conçu ses premières SÉPULTURES, ses premiers RITES funéraires, donc, à mon sens, ses premières conceptions d'un AU-DELÀ et ses premières conceptions de DIEU. (les premières sépultures connues actuellement, datent de 100 000 ans).

Quand la CONSCIENCE humaine à pleinement émergé, quand l'homme a pris conscience qu'il était MORTEL, le choc à dût être rude.
Son esprit n'était pas encore protégé par L'INCONSCIENT et la RATIONALITÉ. Les CONNAISSANCES manquaient et les premiers hommes étaient démunis face à la grande énigme de la disparition.

Ils ont alors imaginé un au-delà, un monde double, (le ROYAUME DES ANCÊTRES), dans lequel le défunt, tout entier, CORPS ET ÂME, migre après sa disparition.

Dans la conception de l'homme d'alors, MOURIR équivalait à passer intégralement dans un autre monde.

L'âge du deuil impossible

Période religieuse (métaphysique)

Peu à peu, la PHILOSOPHIE et les RELIGIONS MONOTHÉISTES ont vu le jour.

Ces disciplines ont familiarisé l'homme avec sa condition de mortel, et ont hissé L'ESPRIT au niveau du CORPS, ou au-dessus.

L'individu a dû accepter l’idée d'un corps périssable. L'idée d'une séparation radicale entre les VIVANTS et les MORTS.

Le corps, simple enveloppe reste dans ce monde matériel.

Seuls l'esprit et l'âme migrent et perdurent dans l'au-delà. C'est :

L'age du deuil partiel

 

Période scientifique (nihilisme, matérialisme)

nervalA partir de la grande expansion du PROGRÈS, la SCIENCE a pris la place du RELIGIEUX dans l'explication du vivant.

Cette prise de pouvoir a conduit le monde industrialisé, vers une vision MATÉRIALISTE et NIHILISTE de l'existence.

Sous cette angle de vue « ultra-phénoménologique » ou « ultra-scientiste », toute idée d'AU-DELÀ paraît impossible à penser.

Sous cet état d'esprit donc, la MORT conduit à la disparition totale du CORPS et de L'ESPRIT (corps et ego).

nous pouvons donc parler de :

L'âge du deuil total

Seulement cette période doit être elle-même, distinguée en deux phases ;

  • La période du deuil total inacceptable.
  • Et la période du deuil total acceptée.

a/ Dans le premier temps (temps actuel), le MATÉRIALISME NIHILISTE, en supprimant tout espoir d'un DIVIN et d'un AU-DELÀ sans offrir les moyens de surmonter cette ANGOISSE, oblige l'esprit humain à la contourner (par la distraction, la compulsivité, la suractivité, la quête de pouvoir ...).

L'homme est alors obligé de nier la réalité même de sa mort.

b/ Dans un second temps (les temps à venir), l'humanité aura réussi à transcender la mort, à la comprendre et à la dépasser grâce à l'expérience EXTATIQUE.

La question de L'AU-DELÀ, insoluble pour la science, disparaîtra de l'ordre du jour pour être rapatrier dans le LÀ, dans le MONDE PHÉNOMÉNAL. Simplement, ce monde phénoménal, sera devenu pleinement SPIRITUEL.

L'HOMME, à travers la béatitude, le nirvana ou l'extase, fera l'expérience du divin sur terre. Il aura donc, comme nous l'expliquons dans le chapitre précédent, les moyens de transcender la mort.

Nous sommes dans la première phase, et orientés vers la seconde.


idée de la mort

 

 

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mort, esprit, âme

L'homme est partout identique à lui-même, car son inconscient se croit immortel.
Histoire des moeurs, la pléiade : L. V. Thomas

Vers dorés

Homme ! libre penseur - te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'Univers est absent.

Respecte dans la bête un esprit agissant...
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d'amour dans le métal repose :
Tout est sensible ; - et tout sur ton être est puissant !

Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épie :
A la matière même un verbe est attaché...
Ne la fais point servir à quelque usage impie.

Souvent, dans l'être obscur habite un Dieu caché ;
Et, comme un oeil naissant couvert par ses paupières
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres.

GERARD DE NERVAL

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