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Le détachement, l'extase et l'extinction

Histoire d'attachements et détachement

Peut-être que sans la perspective de la mort nous n'achèverions pas ce que nous avons commencé de faire J. Ziegler

L'homme se distingue de l'animal par bien des aspects.

L'un des « moins sages », pourrait être son attachement aux choses matérielles. Cet attachement découlent pourtant de l'instinct de vie.

Selon John Bowlby, l'attachement est l'un des tout premiers besoins de l'enfant. Le bébé totalement vulnérable, doit s'attacher à sa mère pour se sentir protégé.

La plus ou moins grande force d'attachement de l'homme aux choses, pourrait donc décliné de cet attachement initial et vital. Il feraient parti d'une sorte de globalité instinctive déjà présente chez les primates naturels.

Mal rassuré par ses parents, éduqué au sein de société ultra matérialiste, l'être humain aurait alors besoin d'un attachement excessif aux êtres et aux choses, pour compenser son insécurité.

Au contraire, une bonne sécurisation infantile dans les premières heures, les premiers jours, les premières semaines, les premiers mois, et les premières années de l'enfant, faciliterait pour plus tard, sa facilité à se détacher des choses extérieures.

Après toutes les sagesses orientales (mais c'est également valable pour les sagesses occidentales aussi), le bonheur et la sérénité dépende du détachement aux choses matérielles. Autrement dit, faciliter le détachement de l'homme d'avec les objets et les sujets extérieurs, c'est lui faciliter l'accès global au bonheur.

D'autre part, lorsque l'on sait l'importance du détachement dans l'acceptation de la mort, on peut en conclure qu'une bonne formation au détachement dans les premiers temps de son existence, participe à l'apprentissage à mourir dont Montaigne nous dit qu'il s'agit du but essentiel de notre carrière.

Que philosopher c'est apprendre à mourir.
« Le but de notre carrière c'est la mort, c'est l'objet nécessaire de notre visée. Si elle nous effraye comment est-il possible d'aller en avant, sans fièvre ? Le remède du vulgaire c'est de ne pas y penser. Mais de quelle brutale stupidité lui peut venir un si grossier aveuglement ? Il lui faut faire brider l'âne par la queue. » Montaigne. Essais 1 chapitres 19

Il n'est évidemment pas question de préconiser une « apprentissage à mourir » à nos enfants alors qu'ils doivent surtout vivre pleinement et le plus longtemps possible toutes leurs belles années d'insouciance. Il me semble simplement intéressant si on peut le faire, de leur faciliter l'accès futur au détachement, par une excellente attention de départ et ne nécessitant pour eux aucune prise de conscience (juste beaucoup d'attention et de compréhension). Cela rentre à mon avis, dans le cadre de l'amour des parents pour leurs enfants.

Mais par-delà l'amour des parents, pour qu'ils puissent pleinement remplir leur mission, la société, autrement dit les gouvernants, doivent remplir le leur.

En effet, les parents doivent pouvoir bénéficier d'éducation et de temps nécessaires pour donner à leur bébé le meilleur sentiment de protection possible. Il est évident qu'un système comme le libéralisme actuel, est incapable de cela. Non seulement il stresse, mais il n'éduque pas.

 

 

 

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epictete

Ne sais-tu pas que la source de toutes les misères de l'homme, ce n'est pas la mort, mais la crainte de la mort ?
Epictète

 

 

 

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Mise à jour le 10/09/2010 - Paris
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