Sois juste et irréprochable. Instruis-toi
et tu arriveras à connaître l’unité de
la nature, à savoir que partout dans l’univers la
matière et l’esprit sont des aspects différents
d’une même réalité. Fais triompher
ce qu’il y a de meilleur en toi, l’Esprit. Alors,
quand tu abandonneras ton corps mortel, tu revêtiras toi-même
la forme d’un dieu immortel (Pythagore)
Mourir Mort et extase
Lorsque
nous sommes là, la mort n'est pas, lorsque la mort est,
nous ne sommes plus, dit Epicure, autrement dit
:
Quand nous sommes en vie la mort existe seulement par l'imagination que l'on s'en fait.
Nous
voici donc arrivés au seuil de notre théorie.
Lorsqu'on observe le comportement pathétique d'une femelle
chimpanzé face à son enfant mort qu'elle tient
dans les bras, ou la curiosité inquiète d'une troupe
d'éléphants inspectant le crâne décharné d'un
de ses congénères, les interrogations et les sensations engendrées par
la mort, semblent évidemment déborder le phénomène strictement
humain
N'appartiendrait qu'à l'homme en revanche,
l'intérêt particulier
accordé par notre espèce à cet événement, le temps et l'analyse que nous lui
consacrons et son influence secrète sur l'ensemble des
activités
humaines.
Pour beaucoup de penseurs occidentaux actuels,
la mort paraît
représenter un horizon impensable, indéfinissable
et indépassable.
Dieu ne fit la mort que
pour des raisons de commodité. AvicenneSur elle, la philosophie n'aurait aucune prise véritable.
On peut douter que le problème de la mort soit à proprement
parler un problème philosophique écrit Jankélévitch (La mort), si on considère
ce problème objectivement et d'un point de vue général,
on ne voit guère ce que pourrait être une « métaphysique » de
la mort ; mais par contre on se représente fort bien une
physique de la mort.
Peut-être, Jankélévitch développe-t-il plus
loin une métaphysique de la mort (je n'ai encore rien lu, si ce n'est quelques extraits, de ce philosophe), nous allons simplement ici dire qu'il est envisageable d'en penser une.
Selon nous, une recherche rationnelle
sur les fondements de ce «principe dernier » est possible. Cette investigation
est même
indispensable pour dépasser
définitivement l'obstacle à toute sérénité qu'est
la mort.
Il y a deux façons d'aborder la question de notre
mort.
L'occulter à la manière de l'occident matérialiste, autrement dit se dérober à sa présence,
par quelques
stratégies de fuites (dissimulation, compulsivité,
divertissement, superficialité etc.)
Ou bien apprendre dès les plus jeunes âges à se
résigner et à l'accepter, comme le font les sociétés
encore fortement spiritualisées (hindouisme, islam, etc.)
Nous choisirons ici de tenter la réconciliation des deux.
Nous nous appuirons sur le pragmatisme, la logique et la métaphysique,
notions chères à l'occident, et sur les millénaires
d'expérience mystique qui font la richesse de l'orient.
Nous essayerons de décortiquer les mécanismes de la mort, d'en
éclairer certains processus pour en démanteler quelque mystère.
Mourir se déroule dans l'extase
L'extinction contre l'extinction
La mort est un événement dépassable destiné
un jour à être dépassé.
Posons tout d'abord les grandes lignes de notres réflexions.
Selon moi l'humanité
parviendra un jour à déchiffrer entièrement les mystères de la mort, le sens de sa présence, son intéret et les moyens de la dépasser. Nous parviendrons
à délivrer la vie de cette angoisse et à généraliser les moyens
de vivre cet ultime événement dans la plus grande sérénité.
Pour développer ce concepts, nous
partirons de quelques postulats :
La mort n'existe que par l'idée que
l'on en a.
Si l'on ne s'en fait aucune idée
ou seulement une idée positive ; la mort disparaît.
Le but est donc d'anéantir la peur engendrée par notre imaginaire, rendant l' évènement si anxiogène.
Ces peurs sont le résultat de nos attachements.
Toutes les grandes spiritualités asiatiques (hindouisme, bouddhisme, taoïsme,
zen etc.), ont offert à l'humanité des techniques pour se détacher de tous
ces attachements (les religions monothéistes aussi).
Toutes les grandes spiritualités l'affirment : le détachement complet
aux êtres et aux choses, permet d'atteindre un état d'extase
invariable et indépassable.
Un tel état subliminal, est appelé, suivant les communautés : béatitude, nirvana, extase, éveil, délivrance, ataraxie, etc.
Dans cet état extatique, toute peur de la mort disparait totalement.
Ainsi, une chose est supérieure à la mort :
c'est l'état d'extase,
de béatitude, de nirvana.
Donc, si nous parvenions à ne jamais penser à la mort, ni consciemment
ni inconsciemment, ou à ne jamais penser négativement à la mort,
mourir deviendrait aussi simple et innocent que s'endormir (aussi simple qu'un départ vers la sieste).
En résumé, l'humanité a les
moyens de dépasser la mort, de la transcender, de la rendre
tout à fait inoffensive .... Selon notre philosophie, l'avenir offrira cela à l'homme.
Toute culture est un dépassement de
la mort, non parce quelle la nie (la fuir, cest encore
y penser), mais parce que lhomme ne peut vivre sans lavoir
assumée, intégrée, sans lavoir interprétée.
La mort nest pas ce qui fait échec à la culture
; elle est ce qui fait surgir la culture comme échec à
léchec, comme affirmation de la vie malgré la
mort, contre la mort. On ne dira pourtant que la mort donne un sens à la
vie. La formule serait trop commode. Après tout, la
vie qui sangoisse, qui cherche à gagner du temps,
qui déplore
davoir à se perdre na pas la garantie que le
sens lemporte sur le non-sens -
UNIVERSalIS
Et c'est justement la victoire du sens sur
le non-sens que l'ensemble de ce travail va tenter de
démontrer.
Nous n'avons pas trop peu de temps, nous
en perdons beaucoup. La vie est assez longue et suffirait à l'accomplissement des plus grandes entreprises,
si tous les moments en étaient bien employés. Mais
quand elle s'est écoulée dans les plaisirs et dans
l'indolence, sans que rien d'utile en ait marqué l'emploi,
le dernier, l'inévitable moment vient enfin nous presser
: et cette vie que nous n'avions vue marcher, la voià passée.