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Philon d'Alexandrie

Une biographie du XIXe

Philon d'Alexandrie, philosophe juifPhilosophe juif naquit vers l'an 30avant J-C.

Il était de race sacerdotale, et d'une des premières familles d'Alexandrie, où son frère, Lysimaque, occupait le rang d'arabarque, c'est à dire, premier magistrat des juifs. A la plus profonde instruction dans la philosophie grecque, Philon joignait une connaissance non moins vaste dans la doctrine de ses ancêtres. Quand il pu prendre part au mouvement du monde scientifique , l'école d'Alexandrie était déjà devenue une arène, dans laquelle les divers systèmes de philosophie combattaient afin d'obtenir la prééminence. Mais les champions des idées orientales se tenaient pour le moment à l'écart, et laissaient toute la place aux défenseurs du judaïsme et de la philosophie païennes. Un autre juif, Aristobule, avait engagé la lutte ; il s'était efforcé de confondre les spéculations d'Aristote avec les aspirations de Moïse, et de prouver que toute la science philosophique des grecs leur venait des Hébreux. À son tour, Philon voulut établir une conformité parfaite entre le platonisme et le pythagoricisme et les traditions juives. L'adresse qu'il y fit voir, l'ardeur qu'il déploya, furent telles qu'en l'entendant on disait dans Alexandrie : Philon platonise, ou Platon philonise, et après avoir lu ses écrits, l'historien Sozomène l'a surnommé Philon le pythagoricien.
Le dessein que Philon avait formé de concilier les Grecs et les Juifs par la commune origine de leurs systèmes ne fit que les aigrir au point d'occasionner entre les deux nations une guerre opiniâtre. Les grecs qu'appuyait le crédit d'Avilius Flaccus, préfet de l'Égypte, durent l'emporter sur leurs adversaires. Ce fut dans cette circonstance que les juifs d'Alexandrie députèrent Philon pour plaider leur cause auprès de Caligula, et lui demander la confirmation des droits de cité qu'ils tenaient de Ptolémée et des Césars, et qu'on leur avait ôtés, ainsi que la restitution de quelques synagogues, dont on venait de les déposséder. L'empereur l'accueillit, mais refusa de faire droit à ses réclamations, parce que le gouverneur, Avilius Flaccus, consulté sur cette affaire, s'était prononcé contre les juifs. Obligé de s'en retourner sans avoir réussi, Philon couru encore le danger de perdre la vie, et son frère Lysimaque fut mis en prison par l'ordre de Flaccus. Le ressentiment que l'illustre juif en conçut nous a valu de sa part deux écrits fort intéressants : l'un a pour titre contre Flaccus, et l'autre des vertus, où l'ambassade a Caius, titre ou la maligne ironie de l'ouvrage s'annonce si bien par l'accolade fort étrange du mot vertu avec le nom de Caius Caligula. Saint-jérôme, Eusèbe, Suidas, et quelques autres anciens, rapporte que Philon, âgé de cent ans environ, fit un second voyage à Rome, pour y voir saint Pierre, qui l'admit à la communion chrétienne ; et Photius ajoute qu'il adjugera peu de temps après, par suite de quelques mécontentements. Tous les critiques judicieux rejettent ces faits comme entièrement dénué de preuves. En effet on voit que, du moins pour la profession publique, Philon se montre avons toujours fidèle à la religion de ses pères. Du reste, le temps de sa mort est encore plus incertain que l'époque de sa naissance.
Philon avait composé un grand nombre d'ouvrages, dont la plupart sont perdus. Ceux que nous possédons, tous écrits en grec, étaient pour Origène l'objet d'une admiration sans borne, et Photius, bien moins partisan du figurisme, reconnaît pourtant qu'on n'en saurait assez louer la sublimité des pensées, l'éclat du style et la force de l'expression. Ses écrits peuvent se diviser en trois classes, selon qu’ils concernent la cosmogonie et la législation de Moïse où les événements consignés dans les annales judaïques. Les traités de la création du monde, l'Hexaméron, où les six jours, appartiennent à la première classe ; la vie d'un sage qui se perfectionne par ses études, où Abraham, la vie de Moïse, l'homme qui s'adonne à la vertu est libre, la vie contemplative, tiennent à la seconde ; les traités du décalogue, de la monarchie et de la circoncision, formant la troisième classe, développent, outre le sujet indiqué, une foule de questions et d'idées qui ne se rattachent que de loin aux prescriptions de Moïse. En général, quel que soit la matière dont s'occupe Philon, toujours ambitieux de plaire aux grecs, en leur rappelant Platon et Pythagore, il emprunte le style et même le fond du système de ces deux philosophes, lorsqu'il s'agirait d'expliquer le code sacré des juifs ou d'exposer les événements qui concernent cette nation.
Les ouvrages de philon sont pleins de raisonnement sur toutes sortes de nombres. Il donne à chacun sa vertu particulière, et fonde sur cette base presque toutes ses explications de l'ancien testament. Malgré le profond savoir que cet écrivain a montré dans les Saintes Écritures, de graves critiques, tels que Huet, Scaliger, Mangey, savant éditeur des oeuvre de Philon, pense qu'il ne savait point l'hébreu. Cette opinion déjà bien étonnante, devient tout à fait inadmissible si, comme l'assure Origène et saint Jérôme, Philon est l'auteur de l'interprétation des noms propres cités dans le pentateuque et dans les prophètes, traité qu'on a recueilli avec les oeuvres de saint Jérôme. Outre les ouvrages que nous avons mentionné, Anastase, dit sinaïte, parce qu'il était moine du mont sinaï, attribue à Philon une déclamation perdue, dit-il depuis longtemps et dirigée contre la divinité de jésus christ : tout porte à croire que cet écrit n'a jamais existé, du moins comme véritable ouvrage de Philon.

E Lavigne


Avicenne

Extraits de philosophes

Descartes lettre à Chanut, Descartes lettre à Giboeuf, Descartes discours méthode, Dostoievski, Du marsais, Einstein, Épictète manuel, Épicure ménécée, Épicure ataraxie, Fichte, Fontenelle, Freud

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