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Père et fils, l'adolescence de l'humanité

De l'enfance à la maturité

accident de train, photo ancienneL'erreur humaine est utile

L'humanité sans en avoir conscience, évolue vers sa destinée (sa perfection). Nous ne pouvons faire autrement qu'obeir intuitivement à cet "ordre". Nous ne sommes pas libre mais nous devons pourtant avoir l'illusion d'être l'auteur de cette évolution (voir le chapitre sur la fatalité).

Chacune de nos chutes de bébé, chacune de nos erreurs de jeunesse, font de nous l'adulte que nous sommes. Le fils est voué à devenir père. Si l'acceptation de la fatalité est la fille naturelle de l'extase, la résistance à cette fatalité est la mère naturelle de l'évolution. Si la contemplation et le « non jugement » sont les géniteurs de l'éveil, l'insatisfaction et la prise de position, sont les créateurs du progrès humain.

Pour en revenir à notre exemple de la Joconde, le sentiment d'insatisfaction a vraisemblablement accompagné toutes les années d'apprentissage de Léonard de Vinci. Comme tout artiste, jusqu'à ce qu'il atteigne la pleine maîtrise de son art, le Génie de Florence fut sans doute très critique envers lui-même. Parce que nous appartenons encore à un temps utilisant la culpabilisation pour évoluer, nous devons être très critiques envers les « erreurs passées » de l'humanité. A cette condition seulement, nous pouvons améliorer le présent et l'avenir.

Mais évidemment, la conscience allant sans cesse en s'évasant,  une véritable prise de conscience de la fatalité et de la nécessité des choses passées, ne manquera pas d'arriver. Il montera alors dans l'humanité, une sorte de bienveillance envers nous-mêmes, envers ce que nous appelons des erreurs du passé. Nous ne verront plus alors le passé comme un tissu d'horreur dont l'humanité aurait pu s'exonérer, mais comme une fatalité d'évolution, une nécessité, un grand livre d'expérience offerte à l'homme pour lui permettre de ne plus reproduire ses mêmes drames, et trouver tous les moyens de les résorber.

Similitude entre homme et humanité

D'une certaine façon, l'évolution de l'humanité ressemble à celle d'un individu. Naissance, prime enfance, enfance, adolescence, âge adulte, maturité, et sagesse, semblent caractériser ses grandes étapes. A l'intérieur de ce processus me semble-t-il, on peut détecter d'autres similitudes avec l'évolution du vivant.

Des Égyptiens aux hébreux, aux grecs, aux romains

Du singe à l'humain abouti.. Illustration mecaniqueuniverselleEn effet, tout comme les jeunes dominants finissent toujours par remplacer les dominants en place, rénovant ainsi le système, les jeunes sociétés détrônent et modernisent les sociétés plus anciennes.

Ce fut le cas pour les égyptiens, les hébreux, les mésopotamiens, les Chinois, les perses, les grecs, les Macédoniens, les étrusques, les Romains, les Européens, les Américains etc. Ces principes rénovateurs utilisèrent l'hindouisme, le judaïsme, le bouddhisme, le taoïsme, le christianisme, l'islam, comme véhicule de progrès.

Si la transmission se fait correctement, le fils remplace le père, assimile toutes ses bonnes valeurs et apporte les siennes en nouveautés. C'est la même chose au niveau des sociétés et des civilisations (ou tout au moins cela devrait être la même chose). Les sociétés changent tout en conservant le meilleur des sociétés précédentes. C'est pourquoi, aujourd'hui, il nous reste le meilleur des sociétés égyptiennes (la géométrie, l'écriture, le début des lois, du monothéisme etc.) le meilleur du monde hébreu (les lois morales, les livres sacrés, l'idée d'un Dieu amour etc.) le meilleur du monde grec (la démocratie, la philosophie, l'histoire etc.) le meilleur des sociétés romaines etc. etc.

L'orgueil de la jeunesse

Si les nouvelles sociétés, en s'imposant sur les anciennes, permettent de transcender les vieilles structures, de rénover les systèmes, d'améliorer en quelque sorte l'humanité, elles ont également les défauts de leur jeunesse. Orgueil, égocentrisme, agressivité, goût pour la destruction, surdité à autrui, font partie de ces anomalies bien apparentes aujourd'hui avec l'hégémonie américaine.

A ce niveau, la comparaison entre la société humaine actuelle et le peintre toscan, perd de sa pertinence. En effet, si Leonardo Da Vinci à l'époque de la Joconde, avait atteint un niveau de conscience et de technique suffisant pour pré visualiser, en quelque sorte, le résultat de l'oeuvre qu'il était en train de réaliser, l'humanité n'en est pas encore arrivée à ce stade de compréhension. Globalement, notre espèce n'a pas encore pris clairement conscience de ce qu'elle élabore. En somme l'humanité ne sait pas encore où elle va.

L'adolescence de l'humanité

De manière métaphorique, nous pourrions imaginer la société humaine actuelle, en pleine crise d'adolescence. Elle n'a pas encore trouvé sa véritable raison de vivre. Ses parents (les sociétés traditionnelles) avaient conçu un sens un sens (la spiritualité) ils savaient à peu près où ils allaient (l'apocalypse, les cycles de création et de destruction). Mais ces « enfants occidentaux » (l'Europe et l'Amérique) ont rejeté ce savoir pour déployer leur propre discipline (la science) dont ils espéraient tous. Aujourd'hui, « ces enfants » réalisent les limites de leur nouveauté. Ils commencent à percevoir la sagesse de leurs ascendants. Après des années de mépris, ils commencent progressivement à réintégrer les connaissances du passé.

Cette phase est tout à fait normale. Avant de comprendre, nous ne comprenons pas ! Il s'agit là d'une étape normale de l'évolution de la conscience. Un niveau primaire sur la route de l'évolution vers la sagesse. Léonard de Vinci a connu évidemment une étape similaire. Il fut un temps où l'artiste toscan ignorait tout de sa vocation future. Un temps où il ignorait qu'il deviendrait l'artiste que l'on sait. Cette étape d'inconscience était également nécessaire à sa construction.

Page rédigée dans les années 2000


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le philosophe Gabriel Marcel

L'humain n'est authentiquement l'humain que là où il est soutenu par l'armature incorruptible du sacré.

G. Marcel,
Homo viator, 132

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