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La prison

Humaniser et faire grandir



S'il est légitime qu'une société prévoit l'enfermement pour ses délinquants, il est humainement vital qu'elle protège totalement l'intégrité morale et physique de ceux qu'elle choisit d'enfermer. Une société dont les conditions de détention dégraderaient les individus au lieu de les libérer, serait une société tortionnaire.

Bien des prisons à travers le monde sont indignes de l'être humain et du degré de conscience atteint aujourd'hui par l'humanité. La prison dépend entièrement de l'esprit des dominants. C'est eux qui choisissent le modèle, et les conditions réellement vécues par les prisonniers. Force est de constater, que l'esprit des dominants à l'aube du vingt et unième siècle est identique n'a guère évolué depuis le dix-neuvième. À l'esprit des dominants du dix-neuvième siècle globalement indifférent au sort des ouvriers.

Selon Marianela Sanchez de l’Observatoire vénézuélien des prisons, une ONG indépendante, le pire est la cohabitation entre détenus : « Tous les détenus sont mélangés. Les petits délinquants sont avec des multirécidivistes. Des jeunes de 17 ou 20 ans, peuvent se retrouver avec des détenus de 30, 40 ou 50 ans, qui n’ont rien à voir avec eux. Nos prisons sont de véritables écoles de la délinquances pour la jeunesse de notre pays. »

Aune population pénale en mutation radicale

1. Une hausse continue des effectifs de la population carcérale malgré une inflexion récente

Longtemps, la croissance de la population carcérale a été considérée comme inexorable. Pourtant, depuis quatre ans, cette population s'est réduite de quelque 2.500 détenus. Toutefois, cette baisse n'a pas permis d'enrayer le surpeuplement carcéral en raison d'un allongement sensible de la durée des peines

a) Un doublement de la population pénale en vingt ans

Jusqu'en 1996, la population pénale n'a cessé de croître. Selon une étude de M. Pierre Tournier, ingénieur de recherche au CNRS, la population carcérale en France a doublé de 1975 à 1995, pour atteindre quelque 54.000 détenus, tandis que, pour la même période, la population française n'augmentait que de 10 %. Le terme d'inflation carcérale a été utilisé pour caractériser cet accroissement du nombre de détenus, qui est sans commune mesure avec l'accroissement du nombre d'habitants.

L'année 1996 marque une rupture dans cette évolution, puisqu'à partir de cette date la population carcérale diminue : au 1er janvier 2000, elle s'élevait à près de 51.500 détenus, soit 6,6 % de moins qu'en 1996.

Toutefois, cette diminution ne concerne que la métropole. La population carcérale en outre-mer continue d'augmenter.

c) Les malades mentaux : vers la prison-asile

Les malades mentaux représentent aujourd'hui près de 30 % de la population carcérale : une telle proportion s'explique principalement par une réforme du code pénal et par une évolution inquiétante de la psychiatrie en France. (Il me semble urgent de réfléchir aux causes de cette évolution inquiétante !)

source senat.fr

En 2001 on recense 48 000 détenus, or au dernier comptage il y a 62 590 détenus et 1 000 personnes sont incarcérées chaque mois.
L'an dernier 120 prisonniers se sont donnés la mort, et d'après les études on se suicide six fois plus en prison que dehors et sept fois plus au mitard qu'en détention normale. L'entrée en prison et l'approche du procès sont sur ce point des moments à haut risque.

Selon le code pénal, la réinsertion et la garde des détenus sont dévolues à l'administration pénitentiaire. Sur ce point le constat est sans appel et relève une carence du système avec 39 surveillants et un travailleur social pour 100 détenus. Aussi pour Claude Lefèbvre la répression n'a pas d'effet sur la délinquance. Il est vrai que dans un contexte de surpopulation l'administration rencontre des difficultés. Mais pour Stéphane Scotto il ne faudrait pas nier les efforts des fonctionnaires pénitentiaires. On nous demande de faire de la réinsertion là où toutes les autres institutions ont échoué : la famille, l'école, la société... Si elle ne réussit pas toujours cette mission, la prison permet au moins de neutraliser les délinquants.

Gilles Straehli souligne le nombre limité de peines alternatives ou de modalités d'exécution de la peine et constate que plus on construit de prisons, plus on incarcère. Mais jamais la pression sécuritaire n'a été aussi forte. bien souvent quand on dit justice pour tous il faut entendre prison pour tous. Les juges sont aussi là pour entendre la demande pénale.

En matière de dignité de la personne, le président Straehli reconnaît que le tableau est contrasté, Maître Delphine Mercier rapporte, quant à elle, que le comité contre la torture de Conseil de l'Europe a visité inopinément les prisons de Loos, Clairvaux et Toulon, et a dénoncé dans son rapport des traitements inhumains et dégradants. Elle insiste sur les conditions matérielles et psychologiques de la détention en soulignant l'anormalité de nombreuses situations humaines concrètes.

En conclusion, après avoir rappelé quelques unes des réformes récentes, Bruno Py pose la question fondamentale : la prison est-elle vraiment une privation de liberté et rien d'autres?...!

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