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Une philosophie de la volonté

De l'acte machinal à l'acte volontaire

Schopenhauer_Arthur, philosophe allemand L'intellect est tout à fait étranger aux résolutions de la volonté. Il faut qu'il la prenne en flagrant délit pour deviner ses intentions véritables. Arthur Schopenhauer

L'être humain est un organisme vivant en perpétuelle activité. À la base de cette activité, une énergie subatomique, sert de « carburant » (en dessous de l'atome, autrement dit à un niveau inférieur à la matière). Cette énergie immatérielle alimente l'organisme biologique et psychique. Lorsque cette énergie se retire de l'être, il cesse d'être en vie. La majeure partie de l'activité globale fournie par le corps humain ne se hisse pas à la conscience, nous n'en sommes pas conscients. C'est le cas de toutes les fonctions biologiques, cellulaires, organiques, et d'une partie de l'activité cérébrale comme par exemple le sommeil. Une autre partie de nos activités monte avec plus ou moins d'acuité à notre conscience.

Les actions mi conscientes mi inconscientes

Dans les actions conscientes, certaines le sont « brumeusement ».

Par exemple, je suis « fou » amoureux. J'ai bien conscience d'être dans cet état mais cet état gouverne ma conscience et ma raison ne parvient pas à analyser froidement cette condition et à m'en soustraire.

La plus grande partie de nos actions conscientes sont commandées par nos pulsions, nos passions, nos besoins ou nos habitudes.

Par exemple, cela fait 3 heures que je planche sur ce problème de volonté et en 3 heures j'ai eu plusieurs fois besoin d'étanché ma soif, de grignoter, de me dégourdir les jambes, d'aller voir par la fenêtre, de prendre un livre, d'aller consulter mes messages, de téléphoner à un ami etc.

Tout ces besoins se sont immiscés en moi par delà ma volonté consciente en quelques sorte. Si j'ai été témoin de tous ces actes parallèles à mon travail, c'est de manière passive, lointaine.

Les actions conscientes

D'autres actions sont clairement conscientes, c'est le cas lorsque je maintiens mon attention sur une chose précise ou lorsque je décide de m'opposer à une habitude ou à une tendance (si je décide d'arrêter de fumer par exemple). C'est le cas également si je rencontre un imprévu dans une série d'actes routiniers. Nous nous sentons alors plus profondément conscients et de manière active et volontaire.

Pour nous opposer à nos passions, à nos pulsions, à nos habitudes, nous devons avoir de « bonnes raisons » de le faire.

Cela peut être notre morale qui l'exige, ou bien le jugement négatif porté par la société ou nos proches sur nos actes inconscientes, (si je suis soumis par exemple à des pulsions agressives, mon propre remords peut m'obliger à modifier ce comportement, ou bien le jugement de mon entourage sur ma conduite, ou encore la peur du gendarme...

Toutes ces pressions vont me pousser à faire preuve de volonté pour dominer cette tendance agressive)

Le plaisir d'utiliser sa volonté

La volonté de combattre les pulsions

S'opposer à ses propres tendances naturelles obéit donc à un impératif moral, social et à notre raison.

La lutte interne que nous menons contre nos pulsions, nos passions ou nos habitudes jugées négatives, exige bien souvent un effort de volonté, une vigilance et une puissante clairvoyance sur nous-mêmes, sur notre propre comportement.

Mais lorsque nous nous opposons avec énergie à une pulsion, a une habitude ou à une dépendance (par exemple, s'opposer au désir de fumer, au désir de manger entre les repas...) nous en retirerons des fruits positifs. Ce bénéfice fait alors pencher la balance dans le sens du changement.

Nous avons tous fait l'expérience de la joie et de l'exaltation vécue en parvenant à maîtriser une tendance négative ou une « mauvaise habitude » (réussir à arrêter de fumer ou de manger des sucreries).

Lorsque nous dominons une pulsions notre conscience semble plus pointue. Nous avons l'impression d'être "plus en vie" qu'en acceptant classiquement d'y succomber. Lors de cette maîtrise, une sorte de bonheur, une acuité particulière, un amour de soi monte en nous.

La plus ou moins grande acuité de notre conscience, dépend donc pour une part de notre volonté à nous opposer à nos actes automatiques jugés négatifs.

Le bonheur de l'ascèse, ou la maîtrise parfaite de la volonté

Nous savons d'autre part et d'après les expériences de certains sages, que la volonté et la conscience humaine ont acquis au cours des temps la capacité de vaincre la totalité de nos pulsions, de nos tendances, de nos désirs et de nos habitudes.

Certains êtres humains sont parvenu par l'ascèse a un contrôle total du corps, de l'esprit, de l'énergie sexuelle, de l'agressivité, de la volonté de puissance...

Même si cela représente une difficulté encore insurmontable pour le commun des mortels (et cette difficulté à un sens) ces ascètes nous montrent que cela est possible. En théorie donc, chacun pourrait devenir maître de l'ensemble de ses actions.

Nous avons vu que dans l'action de dompter une pulsion jugée « négative », nous gagnons en acuité, en joie, en amour de soi.
Même si l'expérience semble prouvé qu'une fois cette pulsion ou cette habitude dominé, la volonté diminue alors d'intensité ainsi que les sensations positives qui l'accompagnaient (cela fait 4 ans que j'ai cessé de fumer et je ne ressens plus la fierté et la joie de mes premiers mois de sevrage).

Mais même si l'exaltation des débuts perd de son intensité, se stabilise et s'équilibre elle ne disparaît pas mais se transforme, par cette expérience nous avons acquis une nouvelle force de caractère, un nouvel optimisme, et une nouvelle acuité du monde.

Pour l'homme commun que nous sommes, les moment de combat avec soi même sont relativement rare, la plupart du temps nous nous laissons porter par nos tendances, nos désirs et nos envies. Sont donc rares aussi les moments de joies que ces victoires sur soi même, procurent naturellement.

Pour l'ascète, c'est l'inverse.

Sa raison de vivre, c'est le combat sur ses pulsions, ses tendances, ses actions négatives. Son énergie et sa volonté il l'a place justement à tenter de dominer méthodiquement et progressivement chaque assaut de ses tendances, de ses désirs, de ses craintes, et à ne pas laisser son esprit s'assoupir dans ses habitudes.

Et ainsi, les moments de joie, de satisfaction et d'acuité émis de temps en temps par notre esprit pour la victoire de notre volonté sur nos tendances, l'ascète les ressent en nombre plus fréquent, au prorata de ses victoires, et de plus en plus fréquemment puisque son challenge est de dominer de mieux en mieux ce qu'il ne maîtrise pas dans son existence.

Ainsi peu à peu, en rapprochant ses instants de joie jusqu'a n'en faire plus qu'un, permanent et durable, l'ascète parvient à l'extase.

Il s'agit là d'une explication mécanique et non d'une apologie de l'ascétisme, le site démontre à divers endroits, que ces expériences ne concernent qu'un petit nombre, ne sont à conseiller à personne, et conduirait, si tout le monde s'y aventurait, à l'arrêt de toute évolution pour l'humanité.

Il s'agit donc uniquement de montrer que la joie ascétique n'est pas une mystification (comment imaginer d'ailleurs que de siècles en siècles et sans se connaître les expérimentateurs de l'ascétisme aient pu mentir à l'humanité). Toutes tendances

Partant de là, en théorie, si nous nous entraînions de manière sérieuse, intensive et à long terme à maîtriser l'ensemble de nos pulsions et désirs (c'est la recherche de l'ascète) nous atteindrions à terme une conscience et une acuité absolue et parfaite, un éveil absolu, une joie constante est sublimée (c'est bien ce que les sages appelle la béatitude, l'extase ou le nirvana).

La volonté

A chaque niveau de l'activité humaine consciente et inconsciente, il y a, dans la plupart des cas, volonté de générer, de maintenir, de motiver la vie.

A la base, nous trouvons la volonté de créer et d'activer le monde et les choses qu'il contient.
La science l'appelle le vide quantique et semble dire qu'il s'agit d'une énergie subatomique. Les religions quant à elles, appellent ce moteur : la volonté divine.
Au-dessus au niveau cellulaire, nous trouvons la volonté biologique motivée par des buts déterminés.
Au-dessus encore la volonté de chacun de nos organes a faire vivre l'ensemble.
Au-dessus encore la volonté psychique non intentionnelle (les pulsions, les tendances, les désirs ; la volonté de puissance etc.).
Et enfin la volonté psychique intentionnelle (la volonté rationnelle, la volonté morale).

La « volonté » subatomique anime la « volonté » moléculaire, qui anime la « volonté » cellulaire, qui anime la « volonté » organique, qui anime la volonté psychique intentionnelle.

En principe, seule la volonté psychique intentionnelle, peut recevoir le nom de volonté.

Dans un premier temps, cette notion de volonté psychique humaine intentionnelle semble facile à analyser.

J'ai un choix à faire, j'hésite entre deux possibilités, je mesure les deux alternatives, j'en choisit une et écarte l'autre.

Ce choix semble motivé par ma volonté et non pas par des penchants, des tendances, des passions ou par des exigences extérieures, (des devoir des obligations...).

Phylogénétiquement, la volonté s'enracine dans les instincts de vie, ceux là même qui motivent biologiquement et instinctivement le monde animal (c'est la détermination de tout organisme vivant à croître et a persister)

A ce niveau, la volonté, bien qu'inconsciente, obéit à une force déterminée et dirigée vers des buts précis (durer, prospérer, évolué, s'améliorer, atteindre un certain équilibre, s'adapter le mieux possible au milieu).
Cette volonté instinctive est cadrée par une sorte de morale instinctive évitant par exemple, le règne animal de s'auto détruire ou stoppant l'agressivité du dominant dés que le dominé fait actes de soumission.
Cette volonté, ou force vitale, a évolué d'espèce en espèce, se complexifiant à mesure que le vivant se complexifie pour devenir volonté humaine.

Dans les premiers échelons de la volonté humaine, nous trouvons la volonté de puissance primaire, la tendance individualiste à parvenir à ses fins. Les motivations de ce type de volonté sont égoïstes et faiblement moralisés. Le bénéfice espéré est le plaisir vulgaire, la satisfaction égocentrique de soi.

Cette volonté se mélange à une forte dose de morale universelle et de raison. Elle devient alors volonté rationnelle et morale, capacité de s'opposer à la puissance de nos pulsions de nos habitudes et à la volonté de puissance primaire.
Par exemple l'apprenti écrivain qui doit d'abord apprendre à lutter contre sa tendance à abandonner devant la difficulté de se concentrer ou de corriger ses épreuves. Il a besoin de beaucoup de volonté pour rester à sa tâche le plus longtemps possible. Sa volonté contraint donc le désir de son esprit à voleter en toute liberté, mais après quelques années d'efforts son psychisme a acquis la capacité à se concentrer et permet à son travail créatif d'accéder peut-être à la dimension de l'oeuvre.

à ce niveau supérieur et conscient, un acte volontaire est nécessairement moral au sens universel du terme, et orienté dans le sens du bien, du mieux. La volonté n'obéit plus à la morale instinctive (celle qui fait cesser la violence du dominant dés les premiers signes de soumission du dominé), mais à une morale enseignée, à des normes idéales issues de notre l'éducation (morale conduisant à juger positivement l'homme qui sait obéir à sa raison et à l'éthique humaine et a discréditer celui qui se laisse mener sans réfléchir par ses penchants naturels, morale encore qui nous demande d'arrêter le combat lorsque notre adversaire le réclame).

Si l'homme prend conscience du caractère vain et non épanouissant de la quête égoïste,
du non-sens et des inconvénients a obéir à une volonté de puissance s'épanouissant au dépend d'autrui, il peut décider de diriger cette volonté de puissance non plus vers soi-même et au détriment des autres, mais pour les autres, pour leur bien (cette volonté motive un Gandhi, un Martin Luther King, un Abbé Pierre, une soeur Térésa... )
à ce stade, la récompense n'est plus le plaisir primaire comme dans la quête égoïste, mais la joie supérieure ; mélange de plaisir, de bonne conscience et de satisfaction spirituelle de soi.

Au niveau ultime du psychisme humain, la volonté annihile l'ensemble des tendances premières et secondaires, elle anéantie la volonté d'agir pour permettre l'accès à la contemplation.
à cette étape, le désir de créer et d'agir, disparaît pour laisser place à l'extase contemplative, à la béatitude, au nirvana.
Cette capacité de la volonté à hisser l'homme à la dimension du sublime, ne concerne que quelques individus, quelques éclaireurs que nous appelons-les ascètes.

Lorsque cette capacité sera accessible à tous nous serons rentré dans l'ère de l'humanité aboutit, du surhumain dont parle Nietzsche.

Dans notre théorie, nous avons schématisée l'histoire de l'humanité en trois parties ; le primate naturel de nos origines, l'homme constructeur intermédiaire, et l'humain aboutit à venir.
Dans la période de l'homme constructeur, la volonté a pour première vocation de contraindre la partie « inhumaine » de notre primatitude, c'est à dire celle qui tend à s'affirmer au détriment d'autrui.

Comprimées par la volonté, ces tendances « inhumaines », se transforment, ou plutôt se transcendent, en tendances supérieures humaines.

Volonté et télencéfalisation

Le monde visible n'est que le miroir de la volonté. Arthur Schopenhauer

Dans son livre sur la volonté, Paul Foulquié parle de télencéfalisation pour qualifier la maîtrise progressive de tout le psychisme par l'esprit, c'est-à-dire la prise de contrôle par la conscience de l'individu de l'ensemble de ces actes (nous pourrions aussi bien utiliser le terme de psychologisation).

L'évolution de l'humanité baigne dans ce processus de télencéfalisation.

Au début de l'aventure humaine, dans les limbes de nos origines primates, l'esprit n'a pas conscience de lui-même, il est incapable de se prendre pour objet.
Puis, progressivement, cette capacité émerge dans l'humanité, qui accède alors au cogito réflexif.
La conscience nous apparaît alors dans une perspective évolutionniste, elle se développe d'autant plus que s'accroît la séparation entre l'être et son univers.

L'esprit, après avoir pris connaissance de lui-même et à un niveau d'abord réduit, a ensuite placé ce projecteur au-dessus de lui afin d'éclairer pour le « je » l'ensemble des actes que l'être exécute ou pense.

Progressivement, l'humanité prend conscience d'elle-même et de ses comportements, ce qui lui permet de modifier ses attitudes au cours des temps. (par exemple nous pouvons considérer les arrivées du judaïsme, de l'hindouisme, du bouddhisme du christianisme, de l'islam, du communisme, comme des étapes fondamentales dans la telencephalisation ou la psychologisation de l'humanité).

Seulement, l'accession au cogito réflexif, à la connaissance intellectuelle de soi d'autrui et de l'univers dans son ensemble, n'est pas le plus haut degré de conscience que l'humanité doit atteindre, ce n'est pas le niveau le plus haut de télencéfalisation.

Par-dessus la conscience réflective, vient se placer la conscience absolue, que nous pourrions nommer à la suite de l'analyse sartrienne : « le cogito post réflexif ».
Comme le cogito pré-réflexif, le cogito post-réflectif est perception, l'être s'éprouve comme existant sans réfléchir à proprement parler sur son existence, il est alors conscience [de] soi.

La différence entre cogito pré et post réflexif, réside dans le fait que pour ce dernier, la volonté est parvenue à la maîtrise complète de l'activité inconsciente et pulsionnelle (tendances, désir, habitudes...) l'être post-réflectif s'éprouve toujours comme existant sans se penser, mais il n'est plus agitée par des forces pulsionnelles, des désirs d'actions, de réflexions constructives, des remords ou des projections, il est en état de contemplation, d'absolue sérénité.

Lorsque nous prétendons ici que l'humanité est en route vers la béatitude, nous voulons dire que l'évolution dirige l'humanité vers sa télencéfalisation complète, autrement dit vers la maîtrise complète du psychisme humain, par le psychisme humain, correspondant à l'état de béatitude ou d'éveil.

La télencéfalisation complète, ou si l'on préfère la réalisation complète de l'esprit humain ne se situe pas au niveau de la pensée ou de l'intelligence mais au niveau de l'intuition au sens ou Bergson l'entend. C'est une prise de conscience par le corps lui-même et sans aucune réflexion, de sa présence absolue au monde, de son harmonie et de sa vibration parfaite avec toutes les choses, avec l'univers.

Volonté humaine et volonté divine

Si la volonté humaine conduit l'esprit humain à prendre entièrement conscience et possession de lui-même, l'homme est destiné à accéder à un statut équivalent à celui du divin.

Seulement, nous ne devons pas oublier que la volonté humaine appartient à l'ensemble biologique humain, et cet ensemble est mû par un moteur extérieur, un moteur trans-humain (la volonté divine selon les uns; l'énergie subatomique selon les autres) et c'est bien cette volonté supérieure qui, en dernier ressort, à le pouvoir de vie ou de mort sur la volonté humaine, car lorsque l'activité subatomique cesse d'alimenter les cellules du cerveau humain, la volonté humaine disparaît.

La volonté, si elle est une valeur, appartient au plus haut niveau des facultés de l'homme constructeur, mais elle n'est qu'un matériel de construction destiné à céder sa place lorsque l'humanité aura atteint son ultime étage des facultés humaines, celui dans lequel brillera la béatitude et la contemplation.



le scandale de l'élevage intensif

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William Shakespeare

Mon corps est un jardin, ma volonté est son jardinier. William Shakespeare.

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