De la nécessité de reflechir au sens
Le vide spirituel conduit à l'absurde
Si l'humanité n'a pas de sens, l'homme doit lui en construire un, comme dirait Jean-Paul Sartre.
Seulement, le phénomène humain a forcément un sens dans la mesure où elle est en évolution.
Il suffit de nous pencher un moment sur les progrès réalisés par notre espèce depuis qu'elle à quitter le royaume de la nature, pour confirmer la présence d'un sens de l'évolution.
Et il suffit d'observer les grands chantiers en évolution dans l'humanité, pour déterminer le sens de cette évolution.
En effet, depuis sa séparation d'avec les autres primates, l'homme n'a cessé d'améliorer les mécanismes destinés à gérer son comportement, d'améliorer sa gestion de l'environnement, et d'apporter des réponses de ses questionnements.
L'ensemble de ces perfectionnements ont un sens. Il suffit de les prolonger bien après nous, pour déterminer leur finalité, pour comprendre où ces améliorations nous conduisent.
La vérité par, et par-delà les phénomènes
La vérité se situe par-delà les phénomènes. Mais seuls les phénomènes peuvent nous permettre de comprendre cette vérité et surtout de l'entériner.
Le monde ne peut se réduire aux
phénomènes, à la
simplicité des apparences.
La science elle-même
en convient. Lorsqu'elle se confronte à la part « insaisissable» de la matière, aux limites impensables et à l'évanescence du concept
temps ...
elle est contrainte de laisser sa place
à d'autres formes de pensées. Au-delà d'une certaine frontière, la science est obligé de passer le relais à la philosophie métaphysique et à la religion.
En se cantonnant au monde phénomènal, science et
philosophie rationalistes, ne peuvent fournir de sens véritablement
« réconfortant » à l'humanité.
Ces deux façons d'aborder le monde, laissent donc l'homme démuni
face à ses
grandes interrogations :
Qu'y a-t-il après la vie ?
Qu'est ce qui à créé le monde ?
Pourquoi l'univers a-t-il été créé ?
À quoi sert l'existence humaine ?
A quoi sert de vivre si l'on doit mourir ?
Pourquoi
devrais-je agir moralement si le monde n'a pas de sens ?
Le nihilisme conduit encore à l'absurde
Les conséquences de la chute du religieux
Ce qui donne un sens à la vie donne
un sens à la mort. Antoine de Saint-Exupéry
Si à ce vide philosophique, s'ajoute
la décridibilisation
progressive des grandes religions par le matérialisme, et si
ces religions elles-mêmes (à cause de la lenteur
de leur réforme),
finissent par nous priver de leur réconfort,
alors il est normal de se retrouver avec une société livrée à l'absurde et une certaine faiblesse morale en découlant nécessairement.
En effet, dans un monde vide de sens, les grandes valeurs humaines n'ont plus de support pour s'accrocher à l'esprit humain. À quoi cela sert-il de me priver d'abuser de mes congénères, si le monde n'a pas de sens et si j'ai le pouvoir de le faire ? Si le monde est insensé, alors l'enseignement moral des sophistes a toute sa place.
L'homme ainsi dépouillé de ses freins moraux traditionnels, va laisser parler sa nature.
Les diverses façon de compenser le vide
Certains vont utiliser cet affaissement
moral pour
abuser sans complexe de leurs congénères. Voila pourquoi nous nous retrouvons depuis quelques décénnies devant une flambée
incroyable d'immoralité et de délinquance, venant des riches comme des pauvres, et se répandant sur l'ensemble
du monde.
D'autres vont aller chercher leur réconfort
dans de pseudos spiritualités initiées par des gourous bien souvent dépourvus eux aussi de tout sens moral.
Quelques uns vont résister aux tentations et s'engager dans la lutte contre ce système nihiliste et démoralisant.
Et la
majorité enfin, va accepter de noyer ses
questions existentielles comme le préconise le marché. Autrement dit, aujourd'hui, en succombant aux diverses addictions
( travail,
shopping, jeux, télévision).
Cette
majorité vulnérable va accepter « l'art
de vivre » abêtissant et écervelé imposé par le marché à travers
les programmes télévisés.
Le nihilisme à son sens, sa vocation
Cette période de nihilisme et d'absurdité dans laquelle nous sommes encore plus ou moins englués, a également son sens.
Il serait laborieux de faire l'inventaire des raisons ayant conduit un marché nihiliste et dealer, à prendre les rênes de l'évolution depuis l'effondrement du monde communiste. Nous dirons simplement pour résumer qu'aucune autre force n'était en mesure d'assumer l'une des grandes tâches incombant à notre génération, je veux parler de la mondialisation.
En effet, aucun système religieux, aucun système politique, aucun système moral, n'avait les moyens de proposer une idéologie, une utopie suffisamment universelle et derrière laquelle l'ensemble, plus ou moins gaiement, allait décider de s'engager. Seul le marché, et ses valeurs superficielles, (la mode, la consommation, la variété, le tourisme), pouvait donner l'impulsion de cet ultime stade d'unification qu'est la mondialisation (de la tribu à la cité, de la cité au pays, du pays à la nation, de la nation à la communauté des nations).
Il nous faut à présent, comprendre les raisons spirituelles de cette montée vers l'unification humaine, et c'est tout le travail de notre philosophie.
Martin Heidegger et le nazisme > |