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Nature et Culture

En recherche de spécificité

Kanzi

Des vielles distinctions

Depuis qu'un regard nouveau sur nos "frères" animaux a commencé d'émerger sous la pression de la philosophie, de l'éthologie, mais aussi de nos nouvelles consciences morales et sensibilités, il est difficile de nous distinguer clairement du monde de a nature.

Nous partageons en effet avec d'autres mammifères, un grand nombres de ce que nous prenions avant pour des spécifiés, l'utilisation d'outils, du langage, la communication (les primates Washoe, Chantek, Koko, Sarah, Kanzi, ou Nim) l'individualité, la fraternité ou l'amour, en un mot, nous ne sommes plus les seuls à disposer d'une culture.

De l'obligation de nous distinguer

Cela n'aurait pas d'importance, si l'humanité n'avait besoin d'un sens à sa présence au monde. Si l'homme pouvait se contenter de vivre, jouir, se reproduire et mourir sans se poser d'autre question. "Malheureusement" ce n'est pas le cas. En rompant involontairement avec le monde de la nature (involontairement ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de sens à cette rupture), notre espèce s'est également déconnecté d'une sorte de vie immédiate pour adopter ces existences temporalisantes et prospectives que nous connaissons dans nos vies ordinaires.

En commençant à projeter nos esprits hors de nous, dans un avenir (et un passé) lointain, nous avons pu élaboré de multiples projets, mais également visualiser des évènements éloignés et incontournables comme notre vieillesse et notre mort.

D'autres animaux, certes, sont sans doutes capables d'imaginer la mort, conscient de la leur et peut-être, affectés par cet impératif, mais l'obligation qu'ils ont à coller à l'immédiat les empêche de ressentir l'angoisse et la peur qui peuvent atteindre les esprits prospectifs. Pour l'instant d'ailleurs, les expériences de communication avec les autres singes, n'ont pas permis de croire qu'ils peuvent se projeter bien au delà de l'avenir proche.

Cette seule aptitude à la projection lointaine, à contraint notre espèce à imaginer (diront certains), à découvrir (penseront d'autres), un au-delà.

De l'origine phylogénétique du langage

C'est pourquoi, dans le débat annexe qui occupe parfois violemment des linguistes actuels à propos de l'origine phylogénétique du langage humain et de sa relation avec le langage animal, même si l'origine mécanique de notre langage décline du répertoire simpliste des autres primates, sa richesse me semble essentiellement due à ce besoin essentiel de comprendre tout ce que l'esprit prospectif de nos lointains ancêtres imaginait, de se l'expliquer et d'en parler à ses congénères. Peut-être qu'une barrière physiologiques empêche nos cousins singes de sophistiquer leur langage, mais je pense qu'au delà, il s'agit surtout d'un manque d'intérêt, parce qu’ils ne peuvent pas se projeter dans l'avenir lointain et n'ont donc pas besoin d'élaborer leur monde, ni de stocker des connaissances compliquées, ni donc de faire référence à leur passer. Leur langage et donc en parfaite cohérence avec les besoins qu'ils en ont (encore une preuve si l'on veut, de l'intérêt de nous distinguer du monde spécifique de la nature).

Dans la controverse nous pourrions dire que si le langage est apparu comme une capacité soudaine, ce serait en suivant cette capacité soudaine à se projeter et donc a avoir un besoin impérieux de langage sophistiqué. Si au contraire, le langage décline d'un long et graduel processus, impliquant des changements anatomiques physiologiques et neurologiques, ce serait parce que la conscience prospective, l'idée de notre mort est venue à notre conscience de façon lente et graduelle, impliquant etc. etc.

Nous ne pouvons qu'être spirituel

Quelques uns d'entre nous, bien abrités dans le confort de la vie moderne, proclame haut et fort, leur faculté à accepter le néant comme finalité à leur existence. Mais nombreux d'entre-deux terrassé par la maladie ou simplement par la grande vieillesse et ses espoirs rétrécis, révisent alors leur copie. Ne reste alors plus qu'un petit nombre de résistants dont une grande partie tire leur courage et leur logique de la rigidité propre aux esprits cabochards.

Ceci n'est pas une critique, car je respecte ces résistants et leurs esprits téméraires et je pense même qu'ils sont peut être une sorte d'avant garde de ce que pourrait être l'esprit humain (en ce qui concerne son aptitude au néant) dans un avenir lointain, quand nos descendants n'auront plus besoin de se projeter dans le futur ni dans le passé, et que l'humanité parfaitement bien finalisée, laissera l'homme jouir en permanence de son présent immédiat, cet immédiat dont parlent les sages, les bouddhas, les béats, les extatiques. Il me semble simplement ni possible ni pertinent dans l'humanité en construction (donc nécessairement en projection) de supporter l'idée de néant, de pouvoir continuer à donner du sens à l'agir dans et pour l'humanité, ce que tout homme de sa naissance à sa mort et quoi qu'il fasse, ne peut que faire durant son existence.

Même détruire est un acte de construction (soit avec le désir de renouveler l'humanité soit avec celui d'achever l'humanité).

17 / 11 / 2016


Bonne lecture

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