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  • Sages

Averroès 1126 1198 Cordoue

Commentant Aristote

Averroes, philosophe de Cordoue

Extrait du livre ; l'invention de la tolérance Ali Benmakhlouf

Même si le sage considère toutes les religions comme vraies, il lui est nécessaire de choisir la meilleure religion de son temps et de se convaincre que le meilleur est abrogé par ce qui lui est meilleur encore. C’est ainsi que les sages qui enseignaient à Alexandrie se sont convertis à l'Islam quand la loi de l'Islam leur parvint et les sages qui se trouvaient dans le pays des Romains se sont convertis au christianisme quand leur parvint la religion (chari'a) de Jésus.

(...)

"Il se trouve de nombreux versets, affirmant de manière générale que toute chose arrive d'après un décret (bi qadar) et que l'homme est contraint (majbûr) dans ses actes. Mais on y trouve aussi de nombreux versets indiquant que l'homme réalise une acquisition par son acte et qu'il n'est point contraint à ses actes" (...) nous disons : il apparait bien que l'intention de la révélation n'est pas de dissocier ces deux croyances, mais de les rassembler dans une position médiane qui constitue la vérité en la matière.
C'est ainsi que nous écrivons sur la mecaniqueuniverselle : Toutes les actions de l'homme sont déterminées et non libre, mais l'homme doit se penser libre (une sorte de ruse de la raison) pour agir sur le monde et induire la responsabilité de ses actes.

Notre volonté est tenue par les choses extérieures et liée a elle. Et c'est à cela que fait allusion l'énoncé divin : "des anges sont attachés aux pas de l'homme ; devant lui et derrière lui : ils le tiennent, sur ordre de Dieu

Ce qui distingue Averroès d'avec les théologiens, c'est que lui, en tant que philosophe, n'a pas la passion de l'ambiguïté; quand il fait face à une ambiguïté, à une ambivalence, à une homonymie, il cherche à la reconnaitre, non à l'amplifier. En la reconnaissant, il ne vise pas à éviter toutes les aspérités qu'elle propose ; et si lui-même à écrit un discours pour rendre connexe et harmonieux Aristote et le Coran, la philosophie et la religion en somme, il sait fort bien qu'une harmonie suppose une dualité, voire un contraste ; sans dissonance, il n'y à pas d'harmonie, disent les musiciens. (...) Il lui à semblé comme il semblera à Montaigne plus tard qu'il était plus prudent de distinguer la foi et l'opinion. Les opinions ont pour destin de s'opposer les unes aux autres, de se nier mutuellement, de se contredire et il est toujours bien dangereux de transposer cette nature dialectique des opinions dans le registre de la foi. La distinction de ces deux jeux de langage que sont l'opinion et la foi n'est pas le moindre enseignement de tolérance que nous laisse le philosophe cordouan.

Extrait du livre ; l'invention de la tolérance. Journées de la solidarité humaine. Intervention de Ali Benmakhlouf L'harmattan 2008

28 novembre 2016 BU St Etienne

Rûmî

Bonne lecture

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