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  • Sages

De la sagesse

Dictionnaire de la conversation

Sagesse, oeuvre du moyen age

Sagesse 1875

Depuis que la philosophie n'est plus l'amour de la sagesse et la pratique persévérante de tout ce qui est sage, mais que, lancée dans le vide des abstractions, elle parcourt librement sa carrière sans limites qui l'arrêtent ni fanaux qui la dirigent, la sagesse est déchue de son antique dignité. On ordonne aux enfants d'être sage, et pour apprécier les hommes, à peine daigne-t-on leur tenir compte de ce qui mérite le nom de sagesse. On estime cependant cette qualité ; on consulte même quelquefois les personnes reconnues sages : mais ce caractère n'a rien d'imposants, on ne l'environne point d'une haute considération. Personne ne redoute un sage ; on ne le rencontre point sur la route qui mène aux faveurs ; son crédit, s'il en a, ne rassemble pas autour de lui la foule des solliciteurs ; sa vie s'écoule au sein de l'amitié et dans l'exercice des vertus paisibles. Aucune ambition de l'agitent ; si les lois de son pays remettent leurs pouvoirs entre ses mains, il se soumet avec regret, et, quelque pesant que soit le fardeau qu'on lui impose, il n'y voit q'un moyen d'acquitter sa dette envers la patrie. On ne vantera jamais son habileté, on ne reconnaît pas en lui la faculté de trouver, au besoin, des expédients et des ressources ; mais, s'il est sur un trône, il saura choisir des ministres habiles. En général, les hommes de ce caractère savent que la vie privée leur convient beaucoup mieux que les emplois publics, et ils se tiennent à l'écart; Lorsque l'autorité a besoin de leur coopération, il faut qu'elle les découvre, et qu'elle surmonte leur attachement à ce repos philosophiques dont ils connaissent seuls toutes les douceurs. On voit que la sagesse est un heureux assortiment de dispositions naturelles, de connaissances acquises et d'habitudes contractées : un discernement exquis, une modération constante, sentiments des convenances et de l'à-propos, et par conséquent la connaissance des hommes, enfin l'amour de ce qui est juste et bon, voilà ce qui constitue le caractère du sage. On y trouve pas cette grandeur qui étonne dans quelques vertus, de même que les édifices dans toutes les partis sont bien proportionnées n'offrent rien de gigantesques, quelles que soient leurs dimensions. La sagesse est une des limites de perfectionnement dont il est à désirer que le genre humain se rapproche de plus en plus. Si tous les hommes étaient sages, les vertus deviendraient parfaitement inutiles, et plutôt perturbatrices que profitables à la société.

Le mot latin sapiens, sapientia, ont précisément le même sens que ceux de sage, sagesse, que certains étymologistes en font dériver ; le mot de sapience, qui n'a pas subi une métamorphose aussi étrange, n'a pourtant pas conserver la signification originelle, car la subtilité proverbiale des Manceaux et des Normands n'est pas de la sagesse.
Sagesse se dit quelquefois en parlant des ouvrages d'esprit ou des ouvrages d'art ; et alors ce mot signifie le soin qu'on prend d'éviter ce qui est outré, extravagant, de se renfermer dans les bornes prescrites par la raison et par le goût : Son ouvrage manque d'imagination, de chaleur, mais il est composé, ordonné avec sagesse.
Le livre de la sagesse ou simplement la sagesse est un des livres de l'écriture sainte.
La sagesse éternelle, la sagesse incréée, c'est le Verbe ou la seconde personne de la trinité ; et la sagesse incarnée, c'est la vertu revêtus de notre humanité.

Ferry . Dictionnaire de la conversation 1875

 

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