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L'inexistence du temps

La seule réalité est l'immédiat

ceramique d'iznik, détailJ'ai pas le temps !

« Le temps est l'image mobile de l'éternité immobile. » Platon, philosophe

Par principe, avons-nous dit dans les pages précédentes, la seule chose qui existe réellement, c'est le présent, l'immédiat.

Le passé n'existe plus concrètement, il ne peut se refaire ni se revivre.
Le futur n'existe pas concrètement, il ne peut jamais se vivre (quand il se vit il s'appelle à « présent»).

Mais même si nous considérons que le passé et le futur n'existent pas concrètement, ils ont pourtant un rôle majeur dans l'humanité. Grâce à eux, nous pouvons développer toutes sortes de progrès (technique, social, philosophique, progrès de la conscience etc.). Donc, tant que l'humanité a encore à progresser, l'esprit de l'homme doit naviguer en permanence entre le passé, le présent et le futur.

La création; plus subtile et plus belle que toute horloge

Comme nous l'avons déjà dit à plusieurs reprises, la création semble être une véritable merveille d'intelligence. Tant que nous avons besoin d'utiliser le passé et futur, ces deux notions se présentent à notre conscience en dépit de notre volonté.

  • Les imperfections de notre éducation, ses traumatismes inévitables, l'autocritique nécessaire de nos actes, nous maintiennent en permanence au contact de notre passé.
  • Notre besoin de progresser, d'évoluer, de construire, nous impose constamment à nous projeter vers l'avenir, autrement dit à injecter de l'avenir dans notre présent. Le temps court sans cesse vers l'avenir dit Plotin.

Le temps et l'effet de la course inachevée de l'âme qui anime le monde.
L'expérience de notre complétude, comme de l'incomplétude de toute chose dans ce monde visible, de la course de notre existence humaine, de la vie de tous les êtres vivants, des astres dans le ciel, comme pour tenter -en vain - de combler cette incomplétude, cette expérience et celle du temps. En revanche en détachant notre âme et notre intelligence (individuelle) du monde sensible, en l'élevant de l'âme du monde vers l'intelligence, nous nous éloignons de la « roue » du temps pour contempler les formes (unité) éternelle qui donnent à ce monde ce qu'il peut posséder de stabilité et d'ordre. Mieux en faisant en sorte qu'elles s'unissent à l'Un et s'abolissent dans l'Un, principe divin de toute chose dans la plénitude de l'union avec l'Un, délivré alors du mouvement inquiète de la vie, du souci de l'avenir ou du regret du passé, Délivré même de l'effort de l'intelligence et du discours qui se poursuit dans le temps, nous accédant à l'éternité, une, indivisible inéluctable.

C'est quand notre âme est séparée du principe unique originel de toute chose que, séparée par la même occasion d'elle-même, agité, inquiète, insatisfaite, occupé sans cesse par un nouvel objet, passant d'un état à un autre, elle est alors dans le temps.
« C'est donc la séparation de l'âme (diastasis en grec) qui occupe du temps » séparation d'avec l'Un (avec Dieu) éternel et ineffable. B. Piettre (philosophie et science du temps)

an 2002

Le temps et l'extase