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  • textes philosophiques

Jean Jacques rousseau et l'Abbé de St Pierre

Projet pour rendre la paix perpétuelle en Europe

Jean Jacque RousseauEn 1713, Charles Irénée Castel de Saint-Pierre,  plus connu sous le nom d'abbé de Saint-Pierre, écrivait un projet pour rendre la paix perpétuelle en Europe.
Bien des commentateurs de l'époque, se sont moqué de lui, le considérant comme un utopiste, un doux rêveur.

Prêt de 300 ans plus tard, nous y sommes.

Son ouvrage influença Jean-Jacques rousseau, peut-être Emmanuel Kant (Ce dernier publie 80 ans plus tard son "projet de paix perpétuelle") et très certainement aussi, les fondateurs de la société des nations et de l'ONU.

En 1761, Jean-Jacques Rousseau écrivit un "extrait du projet de paix perpétuelle de M. Labbé de Saint-Pierre"

Voici la traduction de sa conclusion.

[...]

Nous venons de voir que tous les prétendus inconvénients de l'état de confédération bien pesés, se réduisent à rien. Nous demandons maintenant si quelqu'un dans le monde en oserait dire autant de ce qui résulte de la manière actuelle de vider les différents entre princes par le droit du plus fort, c'est-à-dire de l'État d'impolice et de guerre, qu'engendre nécessairement l'indépendance absolue et mutuelle de tous les souverains dans la société imparfaite qui règne entre eux dans l'Europe.

Abbé de Saint PierrePour qu'on soit mieux en état de peser ces inconvénients, je vais résumer en peu de mots le sommaire que je laisse examiner au lecteur.

1/ Nul droit assuré que celui du plus fort.

2/ Changements continuels et inévitables de relations entre les peuples, qui empêche aucun d'eux de pouvoir fixer en ses mains la force dont il jouit.

3/ point de sûreté parfaite, aussi longtemps que les voisins ne sont pas soumis ou anéantis.

4 impossibilité générale de les anéantir, attendu qu'en subjuguant les premiers, on n'en trouve d'autres.

5. Précaution effrénée immense pour se tenir sur ses gardes.

6. Défaut de forces et de défense dans les minorités et dans les révoltes ; car quand l'État se partage, qui peut soutenir un des partis contre l'autre ?

7. Défaut de sûreté dans les engagements mutuels.

8. Jamais de justice à espérer d'autrui, sans des frais et des pertes immenses qui ne l'obtiennent pas toujours, et dont l'objet disputé ne dédommage que rarement.

9. Risque inévitable de ces états, et quelquefois de sa vie, dans la poursuite de ces droits.

10. Nécessité de prendre part, malgré soi, aux querelles de ses voisins, et d'avoir la guerre quand on la voudrait le moins.

11. Interruption du commerce et des ressources publiques, au moment qu'elles sont le plus nécessaire.

12. Danger continuel de la part d'un voisin puissant, si l'on est faible ; et d'une ligue, si l'on est fort.

13. Enfin inutilité de la sagesse ou préside la fortune, désolation continuelle des peuples, affaiblissement de l'État dans les succès et dans les revers, impossibilité totale d'établir jamais un bon gouvernement, de compter sur son propre bien, et de rendre heureux ni soi ni les autres.


Récapitulons d'eux-mêmes les avantages de l'arbitrage européen pour les presses confédérées.

1. Sûreté entière, que leurs différents présents et futurs seront toujours terminés sans aucune guerre ; sûreté incomparable plus utile pour eux que ne serait pour les particuliers, celle de n'avoir jamais de procès.

2. Sujets de contestations, ôtés, ou réduit à très peu de choses par l'anéantissement de toute prétention antérieure, qui compensera les dénonciations, et affermira les possessions.

3. Sûreté entière et perpétuelle, et de la personne du prince, et de sa famille, et de ses états, et de l'ordre de succession fixée par les lois de chaque pays, tant contre l'ambition des prétendants injustes et ambitieux, que contre les révoltes des sujets rebelles.

4. Sûreté parfaite de l'exécution de tous les engagements réciproques entre princes, par la garantie de la république européenne.

5. Liberté et sûreté parfaite et perpétuelle à l'égard du commerce tant d'État à État que de chaque État dans les régions éloignées.

6. Suppression totale et perpétuelle de leurs dépenses militaires extraordinaires par air et par mer en temps de guerre, et considérable diminution de leurs dépenses ordinaires en temps de paix.

7. Progrès sensibles de l'agriculture et de la population, des richesses de l'État et des revenus du prince.

8. Facilité de tous les établissements qui peuvent augmenter la gloire et l'autorité du souverain, les ressources publiques et le bonheur des peuples.


Je laisse, comme je l'ai déjà dit, au jugement des lecteurs, l'examen De tous les articles et la comparaison de l'état de paix qui résulte de la confédération, avec l'état de guerre qui résulte de l'impolice  européenne.

Si nous avons bien raisonné dans l'exposition de ce projet, il est démontré ; premièrement, que l'établissement de la paix perpétuelle dépend uniquement du consentement des souverains, et n'offre pas à lever d'autres difficultés que leur résistance ; deuxièmement, que cet établissement leur serait utile de toute manière, et qu'il n'y a nulle comparaison à faire, même pour eux, entre les inconvénients et les avantages ; en troisième lieu, qu'il est raisonnable de supposer que leur volonté s'accorde avec leur intérêt ; enfin, que cet établissement une fois formée sur le plan proposé, serait solide et durable, et remplirait parfaitement son objet. Sans doute, ce n'est pas à dire que les souverains adopteront ce projet ; (qui peut répondre de la raison D'autrui ?) Mais seulement qu'il adopterait, si consulter leurs vrais intérêts : car on doit bien remarquer que nous n'avons pas supposé les hommes tels qu'ils devraient être : « bons, généreux, désintéressés, et aimant le bien public par humanité » ; mais tels qu'ils sont, « injustes, avides, et préférant leur intérêt à tout ».

La seule chose qu'on leur suppose, c'est assez de raisons pour voir ce qu'il leur est utile, et assez de courage pour faire leur propre bonheur. Si, malgré tout cela, ce projet demeure sans exécution, ce n'est donc pas qu'il soit chimérique, c'est que les hommes sont insensés, et que c'est une sorte de folie, d'être sage au milieu des fous.

 

Mon point de vue

Il y a 60 ans à peine, l'Europe n'était toujours pas sortie de ses guerres perpétuelles.

Régulièrement, tous les 20 ou 30 ans, pour assouvir leur sentiment de toute-puissance, ou leur paranoia, certains "princes" engendraient des conflits que les peuples devaient supporter.

Les choses n'ont guère changé au sujet de certains "princes sombres".. Leurs prétentions à disposer de la vie humaine et leur facilité à déclencher des guerres et à faire tuer les gens entre eux, est toujours bien présente dans les esprits.

 

C'est la réalité...Mais une réalité supérieure à cette triste réalité, existe, c'est la réalité de la paix universelle, qui s'imposera au monde par-dessus la criminalité de certains de ses dominants.

Évidemment, les grands de ce monde sont soumis à des pressions et des responsabilités énormes, qu'il est difficile d'imaginer sans être à leur place. Cela devrait suffire à avoir beaucoup plus de tolérance à leur sujet (et bien souvent aussi, les "poussent aux crimes" sont des marionnettistes, qui, dans l'ombre, manipulent ceux qui endossent, au final, les responsabilités.

Seulement, les conséquences de ces engagements guerriers, sur des centaines de milliers de vies innocentes, m'empêchent d'accepter ce niveau de clarté.

 

Ceci n'est que mon point de vue. Naïf sans doute et utopique. Conservez votre libre arbitre.

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rousseau

JEAN JACQUEs rOUSSEAU

1712 1778

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