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  • textes philosophiques

Lao tseu (Lao Zi)

Le Tao Te King

Lao Tseu. Sage chinois, un des fondateurs du taoïsmeLe TAO TE KING ( Livre de la Voie et de sa vertu) est sans contredit un des textes les plus importants de l'humanité, au même titre que La Bible, le Coran ou les Védas.

Il aurait été écrit par Lao Tseu au VIème siècle avant J.C. Il existe un bon nombre de traductions françaises du Tao Te King. Personnellement, j'en connais au moins cinq dont celle, entre autres, du Père Léon WIEGER S.J. dans son ouvrage les Pères du Système Taoïste, une autre présentée par ETIEMBLE (en collection de poche), et deux autres dont j'ai oublié les auteurs. Celle que je vous propose ici, publiée aux éditions DERVY, par un auteur anonyme, qui a eu la grande humilité cela mérite d'être remarqué de s'effacer derrière la haute personnalité de Lao Tseu. N'ayant personnellement pas la moindre notion de la langue chinoise, je ne suis pas apte à dire si cette traduction est la plus fidèle à l'original. Mais si je l'ai choisie c'est d'abord pour rendre hommage à la discrétion du traducteur et c'est aussi parce qu'elle s'accompagne d'une importante collection de notes et de commentaires où l'on trouve d'intéressants parallèles avec les traditions occidentales. Donc, si vous avez aimé le texte de la traduction, précipitez vous sur le livre ( espérons qu'il n'est pas épuisé) pour lire les commentaires.

Ayant réalisé ce travail pour mon plaisir personnel et aussi pour faire connaître ce texte important je n'entends pas en tirer un quelconque avantage pécuniaire. Si vous l'avez aimé et désirez m'en remercier, vous pouvez faire une offrande a l'Association Druk Toupten Tcheukhor Ling.

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Qui était LAO TSEU (ou Lao Zi)

On sait fort peu de chose de LAO TSEU. La courte biographie. que donne de lui Seu Ma Tsyeng dans ses mémoires historiques, est le document le plus ancien qui contienne sur sa vie quelques renseignements dont rien ne permet d'ailleurs d'affirmer la parfaite authenticité.. Il serait né au village de Haï dans le royaume de Tch'en. Il était de famille noble, celle des Lao Che, Che étant le nom de sa race. Son nom patronymique était LI, son prénom EUL. L'Empereur Tsing ordonna de lui rendre les mêmes honneurs qu'à BOUDDHA. On lui donna le nom de YUEN HOANG TI,»Maître souverain de l'obscurité». Mais il fut surtout connu sous le nom de LAO TSEU, c'est-à-dire»le vieux Maître»« le vieux Docteur»où vieux est pris dans le sens de vénérable. LAO TSEU fut archiviste de la cour des Tchéou. Voyant que leur puissance était sur son déclin, las du désordre de l'Empire, il prit la résolution de s'éloigner pour n'être pas témoin de leur chute. Nous ignorons quand et ou il mourut.»Ayant aimé l'obscurité pardessus tout, dit SE: MA TSHYENG, cet homme effaça délibérément la trace de sa vie. Mais qu'importe la trame de son existence ! Génie original, ne relevant que de la grande et antique tradition, LAO TSEU appartient à a lignée des missionnés, dont la pensée et la sagesse sont sur la terre un reflet de la lumière divine, et qui ont atteint l'immortalité Le même mystère, qui entoure sa personne et sa vie, et pour les mêmes raisons, enveloppe son œuvre condensée dans un seul livre. La plupart de ses biographes répètent, à ce sujet, à peu près dans les mêmes termes, une anecdote suivant laquelle, en quittant la Chine et sur le point de traverser la Grande Muraille, il aurait été prie, par l'officier gardien de la passe de l'Ouest, YIN HI, d'écrire pour lui un résumé de sa doctrine. C'est dans ces conditions que le TAO TE KING aurait vu le jour. Cette anecdote fait partie de la légende rédigée par KO HONG vers l'an après J.C. et incluse dans son ouvrage intitulé»Histoire des dieux et des immortels. Est-elle mieux fondée que les autres faits relatés dans ce récit fabuleux ? Nul ne peut le dire. Quoi qu'il en soit, la tradition affirme formellement que le TAO TE KING est de la main d LAO TSEU et, d'après le savant Père WIEGER tout porte à croire que la tradition a raison.

extrait

I Une voie qui peut être tracée, n'est pas la voie éternelle: le Tao. Le nom qui peut être prononcé,, n'est pas le nom éternel

I Sans nom, il est a l'origine du ciel et de la terre. Avec un nom, il est la Mère des dix mille êtres a ainsi, un Non-Dèsir éternel représente, son essence, et par un Désir éternel il manifeste une limite

I Ces deux états coexistent inséparables, et diffèrent seulement de nom. Pensés ensemble: mystère! le Mystère des mystères. C'est la Porte de toutes les essences

II Tous sous le Ciel, connaissant le beau comme le beau: voici le laid ! Tous connaissant le bien comme le bien: voici le mal ! C'est ainsi que l'être et le non-être naissent l'un de l'autre, que le difficile et le facile s'accomplissent l'un par l'autre, que mutuellement le long et le court se délimitent, le haut et le basse règlent, le ton et le son s'accordent, l'avant et l'après s'enchaînent.

II- C'est pourquoi le Saint-Homme s'en tient à la pratique du Non-agir. Il enseigne sans parler.
Tous les êtres agissent, et il ne leur refuse pas son aide. Il produit sans s'approprier, travaille sans rien attendre, accomplit des oeuvres méritoires sans s' attacher, et, justement parce qu'il ne s'y attache pas, elles subsistent.

III- Il ne faut pas glorifier les hommes de valeur, pour que le peuple ne dispute pas; ni estimer les biens difficiles à acquérir, pour qu'il ne vole pas; ni,étaler ce qui excite la convoitise, pour que son cœur ne soit pas troublé,.

III- C'est pourquoi le Saint-Homme a pour règle : faire le vide dans le cœur, emplir le ventre, affaiblir la volonté, fortifier les os, faire constamment en sorte que le peuple soit sans savoir et sans désirs, et que ceux qui savent n'osent pas agir. III- Il pratique le Non-agir et il n'est rien alors, qui ne soit bien dirigé, certes.

IV- Le Tao est vide mais il est inépuisable. Quel abîme IV- Il apparaît comme l'ancêtre des dix mille êtres. il émousse son activité, dénoue ses voiles, harmonie sa splendeur, s'unit à sa poussière; Oh! Qu'il est pur. IV- Il semble subsister de toute éternité. Je ne sais de qui il pourrait être le fils; il paraît antérieur au Souverain du Ciel;

V- Le Ciel et la Terre ne sont pas humains; pour eux, tous les êtres sont comme le chien de paille. Le Saint-Homme n'a pas de prédilection; pour lui les Cent Familles sont comme chien de paille.

V- Entre le Ciel et la Terre, il est semblable à un soufflet de forge vide, mais inépuisable, dont le mouvement produit un souffle croissant.

V- Parler beaucoup épuise sans cesse; mieux vaut garder le milieu.

VI- L'Esprit des profondeurs est impérissable; on l'appelle la Femelle mystérieuse.

VI- La porte de la femelle mystérieuse est nommée la Racine du Ciel et de la Terre. Elle dure perpétuellement, et se dépense sans s'user.

VII Le Ciel et la Terre durent toujours. S'ils durent toujours c'est parce qu'ils ne vivent pas pour eux-mêmes. Voilà ce qui leur permet de durer indéfiniment.

VII- C'est pourquoi se mettant à la dernière place, le Saint-Homme se trouve à la première; oubliant sa personne il la conserve. Parce qu'il ne poursuit pas des buts égoïstes, il réalise à la perfection ce qu'il entreprend.

VIII- La suprême Vertu est comme l'eau. L'eau et la Vertu sont bienfaisantes pour les dix mille êtres et ne luttent pas. Elles occupent les places que les hommes détestent. C'est pourquoi elles sont comparables au Tao.

VIII- Dans toute situation, la Vertu est humilité; dans le cœur elle est profondeur insondable; dans l'assistance elle est amour; dans la parole sincérité. Dans le gouvernement, elle est ordre et droiture; dans l'action elle est capacité, et elle se meut avec opportunité. VIII- mais elle ne lutte pas; c'est pourquoi elle est irréprochable.

Tao IX- Conserver plein ce qui va déborder, mieux vaut y renoncer. Un tranchant trop aiguisé ne peut rester longtemps affilé. Une salle remplie d'or ne peut être gardée.

Tao IX- S'enorgueillir parce que l'on est comblé de richesse et d'honneurs, attire sur soi l'infortune. Lorsque l'oeuvre utile est accomplie et que point la renommée, que la personne s'efface: c'est la Voie du Ciel.

X- Maintenir le corps et l'âme sensitive dans l'unité, pour qu'ils ne puissent se séparer; contenir la force vitale et la rendre docile, afin de devenir comme le nouveau-né; se purifier en s'abstenant de scruter les mystères, pour rester sain; aimer le peuple afin de pouvoir gouverner sans agir; que les Portes du Ciel s'ouvrent ou se ferment, pouvoir être comme la femelle; étant inondé de lumière de tous cotés, pouvoir être ignorant; donner la vie, l'entretenir, produire sans s'approprier; agir sans rien escompter; diriger sans asservir. Telle est la Vertu merveilleuse.

XI- Trente rayons convergents, réunis au moyeu, forment une roue; mais c'est son vide central qui permet l'utilisation du char. Les vases sont faits d'argile, mais c'est grâce à leur vide que l'on peut s'en servir. Une maison est percée de portes et de fenêtres, et c'est leur vide qui les rend habitable.

XI- Ainsi l'être produit l'utile; mais c'est le non-être qui le rend efficace

XII- Les cinq couleurs rendent les yeux de l'homme aveugle, les cinq sons rendent ses oreilles sourdes, les cinq saveur rendent sa bouche inapte à savourer. Les courses violentes et le galop des chasses déchaînent dans son cœur de furieuses passions. Les biens difficiles à acquérir font qu'il se heurte à de dangereux obstacles.

XII- C'est pourquoi le Saint-Homme s'occupe de l'intérieur et non des sens. Il rejette ceci et adopte cela.

XIII- Faveur et disgrâce vont avec la crainte. Honneur et tribulations vont avec la personne. Pourquoi dit-on que faveur et disgrâce vont avec la crainte? La faveur élève, la disgrâce abaisse. Obtient-on la faveur on est dans la crainte; la perd-on, on est encore dans la crainte. Tel est le sens de: faveur et disgrâce vont avec la crainte.

XIII- Pourquoi dit-on: honneurs et tribulations vont avec la personne? Le moi est ce par quoi on a des tribulations. C'est parce que nous avons une individualité quelles nous frappent. Si nous n'avions pas d'individualité, quels malheurs pourraient nous atteindre?

XIII- C'est pourquoi celui pour qui l'Empire est aussi précieux que sa propre personne peut l'obtenir; celui qui l'aime autant que lui-même est digne de le diriger.

XIV- Regardant, on ne le voit pas, on le nomme l'Invisible; écoutant, on ne l'entend pas, on le nomme l'Inaudible. Touchant, on ne le sent pas, on le nomme l'Impalpable. Ce que sont ces trois attributs, il est impossible de le préciser; c'est pourquoi on les confond, car il ne font qu'un.

XIV- En haut, il n'est pas éclairé; en bas il n'est pas obscure. Il est éternel. Il est sans non. Son origine est là où n'existe aucun être. On peut dire qu'il est forme sans forme, figure sans figure; c'est l'Indéterminé. Allant à sa rencontre on ne voit pas sa face; le suivant, on ne voit pas son dos.

XIV- C'est en observant l'antique Tao que l'on peut régler l'existence actuelle. Pouvoir connaître le commencement du passé, c'est tenir le fil du Tao.

XV- Les sages parfaits de l'Antiquité étaient insaisissables, surnaturels, mystérieux, pénétrants, si profonds qu'on ne pouvait les connaître. Comme on ne pouvait les connaître on ne peut tenter de les dépeindre.

XV- Ils étaient attentifs! comme celui qui traverse un cours d'eau en hiver; prudents! comme celui qui craint ses voisins; réservés! comme celui qui reçoit l'hospitalité; effacés! comme la glace fondante; vides! comme la vallée; troubles! comme l'eau limoneuse.

XV- Qui peut, par le calme, clarifier peu à peu ce qui est impur? Qui peut, peu à peu, naître au calme et s'y maintenir toujours? Celui qui garde le Tao. Il ne désir pas être plein, mais vide. C'est pourquoi il peut paraître méprisable et dépourvu de perfection temporelle.

XV Atteindre le Vide parfait, c'est se fixer fermement dans le repos.

XVI Les dix mille êtres paraissent ensemble et je les vois s'en retourner. Ils prolifèrent vigoureusement, puis chacun revient son origine. Le retour à l'origine, c'est le Repos. Le Repos, c'est le renouvellement de la destinée. Renouveler la destinée, c'est la loi éternelle. Connaître la loi éternelle, c'est être éclairé; l'ignorer est un aveuglement qui rend malheureux.

XVI Connaître la loi éternelle rend magnanime; celui qui est magnanime est roi; roi, il est comme le Ciel; semblable au Ciel, il est uni au Tao, il dure toujours. Que sa personne disparaisse, il n'y a plus de péril.

XVII Les Grands Souverains de jadis, le peuple savait qu'ils existaient. Ceux qui vinrent ensuite il les aima, les honora: puis il les craignit, et enfin les méprisa. Quand la confiances est limitée, il n'y a pas de confiance.

XVII Les premiers étaient graves, réservés dans leurs paroles. Les oeuvres méritoires se multipliaient, les entreprises prospéraient. Dans les Cents Familles, tous disaient: C'est grâce à nous qu'il en est ainsi.

XVIII Quand le grand Tao fut délaissé, il y eut l'humanité, la justice. Puis la Sagesse, la prudence parurent, et l'hypocrisie fut générale.

XVIII Dans la famille, les membres se méconnurent; il y eut l'affection des parents, la piété filiale.
XVIII Les Etats souffrirent de la corruption, du désordre; il y eut des fonctionnaires fidèles.

XIX Renoncez à la sagesse, abandonnez la prudence, ce sera cent fois plus profitable au peuple. Renoncez à l'humanité, rejetez la justice, et le peuple reviendra à l'amour filial et à l'affection paternelle. Renoncez à l'habileté, abandonnez le profit, et il n'y aura plus de voleurs ni de bandits.

XIX Ces qualités, étant des apparences, ne sauraient suffire. C'est pourquoi il faut tâcher de se montrer simple, rester naturel, réduire l'égoïsme, avoir peu de désirs.

XX Renoncer à l'étude délivre de l'inquiétude. Entre acquiescer et consentir la nuance est bien petite; mais combien diffèrent le bien et le mal

XX Ce que les hommes redoutent, on ne peut pas ne pas le craindre, mais pas au point d'en être troublé, anéanti.

XX Tous les hommes sont pleins d'ardeur, exaltés comme pour un festin, semblables à ceux qui font une ascension au printemps. Mois seul suis calme, sans réactions, comme le nouveau-né qui n'a pas encore souri, errant sans dessein, sans but!

XX - Les autres hommes ont tous du superflu; moi seul suis un déshérité, mon cœur est celui d'un simple d'esprit, trouble! confus! l'homme de la foule est éclairé; moi seul suis plongé dans la pénombre. l'homme de la foule est précis, perspicace; seul je suis replié sur moi-même, mouvant comme la mer, flottant sans arrêt. La multitude des hommes se rend utile; moi seul suis inapte, semblable un paria.

XX Moi seul diffère des autres hommes parce que je vénère la Mère nourricière.

XXI Ce qui contient la Grande Vertu procède du Tao. Quelle est la nature du Tao: il est confus, indiscernable. Oh! Qu'il est confus, qu'il est indiscernable En lui il y a des formes indistinctes, indéterminées. En lui, il y a des êtres. Quel abîme! quelle obscurité! en lui il y a une essence spirituelle: son essence, absolue vérité! En lui est son propre témoignage. Depuis l'antiquité jusqu'à présent, son nom n'a point passé. De lui sortent les propriétés de tout ce qui est.

XXI Comment sais je que telle est l'origine de tout ce qui est, Par cela.

XXII L'incomplet sera complété, le courbe redressé, le creux rempli, l'usé renouvelé, l'insuffisant augmenté, l'excès dissipé.

XXII C'est pourquoi le Saint-Homme, embrassant l'Unité est le modèle du Monde. Parce qu'il e se met pas en évidence, il brille; parce qu'il n'est pas personnel, il s'impose; parce qu'il ne se vante pas, il a du mérite; parce qu'il n'est pas orgueilleux, il ne cesse de croître; parce qu'il ne lutte pas, personne au monde ne peut s'opposer à lui. XXII Cette sentence des anciens: ce qui est incomplet sera complété, est-elle une parole vaine? XXII Tout retourne à la parfaite intégrité.

XXIII - Parler peu pour rester soi.

XXIII Un ouragan ne dure pas toute une matinée, ni une pluie torrentielle tout un jour. Or, qui fait cela, le ciel et la terre. Si le Ciel et la Terre ne peuvent faire durer ce qui est excessif, comment l'homme le pourrait-il?

XXIII C'est pourquoi celui qui en toutes choses suit le Tao, règle ses principes sur le Tao, identifie sa volonté et ses actions avec la volonté et l'action du Tao, conforme également ses non-interventions au Non-agir du Tao. E parce qu'il aspire à l'Union Suprême, le Tao l'accueille avec joie. Aussi sa conduite, ses projets, ses oeuvres ou ses abstentions ont-ils d'heureux résultats.

XXIII Quand la foi n'est pas totale, ce n'est pas la vraie foi.

XXIV Celui qui se dresse sur la pointe des pieds ne peut se tenir debout. Celui qui étend les jambes ne peut marcher. Celui qui se met en vue reste obscur; celui qui est satisfait de lui n'est pas estimé; celui qui se glorifie est sans mérite; celui qui est orgueilleux cesse de croître. Par rapport au Tao, ces façons d'agir sont comme des vomissures et des tumeurs qui répugnent aux êtres.

XXIV C'est pourquoi celui qui a le Tao ne suit pas cette voie.

XXV -. Il est un être indéterminé dans sa perfection, qui était avant le ciel et la terre, impassible, immatériel! Il subsiste, unique, immuable, omniprésent, impérissable. On peut le considérer comme étant la Mère de l'Univers. Ne connaissant pas son nom, je le désigne par le mot Tao. XXV En s'efforçant de le qualifier, on pourrait dire qu'il est grand, qu'étant grand il fuit, que fuyant il s'éloigne, qu'éloigné il revient. XXV Ainsi le Tao est grand, le ciel est grand, la terre est grande, le roussi est grand. Dans le monde il y a quatre grandes choses, et le roi n'en est-il pas une?

XXV l'homme se règle sur la terre, la terre se règle sur le ciel, le ciel se règle sur le Tao. Le Tao n'a d'autre loi que lui-même.

XXVI Le lourd est la racine du léger; le repos est le maître du mouvement. C'est pourquoi le prince sage va de l'aube au soir, sans se départir d'une sereine gravité. Bien qu'il possède gloire et honneur, il s'applique à s'en détacher.

XXVI Pourquoi, hélas! les maîtres aux dix mille chars attachent-ils plus d'importance à leur personne qu'à l'Empire? Insouciants, ils perdent leurs conseillers; violents, ils perdent leur trône.

XXVII Qui marche bien ne laisse pas de traces; qui parle bien ne commet pas de fautes; qui calcule bien n'a pas besoin de boulier; qui sait bien garder ferme sans verrou, et personne ne peut ouvrir; qui sait bien lier ne se sert pas de liens, et personne ne peut délier.

XXVII C'est pourquoi le Saint-Homme excelle constamment à secourir les hommes, et ne repousse personne. Il aide tous les êtres et n'en délaisse aucun.. En quoi il est doublement éclairé.

XXVIII Aussi l'homme vraiment vertueux est un maître pour celui qui n'est pas vertueux; par contre le vulgaire est utile au Sage. Ne pas vénérer son maître, ne pas aimer celui qui nous rend service, serait-on réputé, sage, est un grand égarement.

XXVII Voila une vérité essentielle et profonde.

XXVIII Celui qui connaît sa force et garde sa douceur est la vallée de l'Empire. Étant la vallée de l'empire, la vertu éternelle ne l'abandonne pas; il redevient comme un petit enfant.

XXVIII Celui qui connaît sa lumière et garde son obscurité est le modèle de l'Empire. Étant le modèle de l'Empire, la Vertu éternelle ne vacille pas en lui; il revient à l'Illimité.

XXVIII Celui qui connaît sa gloire et reste dans son opprobre devient la vallée du Monde. Étant la Vallée du Monde la Vertu éternelle le comble et il revient à la Simplicité originelle. C'est cette simplicité qui, en se divisant, a formé toutes choses.

XXVIII Le Saint-Homme ne fait rien sans elle. Modèle des maîtres, il dirige avec noblesse et ne lèse personne.

XXIX Celui qui voudrait obtenir l'Empire pour le façonner, je vois qu'il n'y réussirait pas. L'Empire étant une réalité spirituelle, on ne peut le modeler. Ceux qui veulent le façonner le ruinent; ceux qui veulent le saisir le perdent.

XXIX En effet, parmi les êtres, les un vont de l'avant, d'autres suivent; certains aspirent, d'autres soufflent; certains sont vigoureux d'autres débiles; les uns détruisent, les autres consolident.
XXIX C'est pourquoi le Saint-Homme proscrit seulement les excès dans la jouissance, l'ambition et le luxe.

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lao tseu sur un buffle

La perfection accomplie semble incomplête, mais elle sert sans s'user.

La grande plénitude paraît vide, mais elle donne sans s'épuiser.
La grande droiture semble courbe, la grande habileté paraît maladroite, la
grande éloquence semble bégayer.

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