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  • textes philosophiques

Marc Aurèle.

Quelques extraits épars du philosophe Marc Aurèle

Extrait.

Marc Aurele, Portrait en marbre du philosophe et empereur romainSois semblable à un promontoire contre lequel les flots viennent sans cesse se briser ; le promontoire demeure immobile, et dompte la fureur de l'onde qui bouillonne autour de lui. — Que je suis malheureux que telle chose me soit arrivée ! — Ce n'est point cela : il faut dire : que je suis heureux, après ce qui m'est arrivé, de vivre exempt de douleur, insensible au coup qui me frappe aujourd'hui, inaccessible à la crainte de celui qui peut me frapper plus tard ! — En effet, la même chose pourrait arriver à tout autre qu'à moi : mais cet autre eût bien pu ne pas la supporter sans douleur. Pourquoi donc tel accident est-il appelé infortune, et tel autre plutôt bonheur ? Appelles-tu donc en général malheur de l'homme, ce qui n'est point un obstacle à l'accomplissement du but de la nature de l'homme ? Et y a-t-il un obstacle à l'accomplissement du but de la nature humaine, dans ce qui n'est point contre le voeu de cette nature ? Quoi ! tu sais quel est ce vœu : ce qui t'est arrivé t'empêchera-t-il donc d'être juste, magnanime, tempérant, sage, réservé, véridique, modeste, libre ; d'avoir toutes les vertus dont la présence est le caractère propre de la nature humaine ? Souviens-toi, Du reste, à chaque événement qui provoquerait ta tristesse, de recourir à cette vérité, que ce n'est point là un malheur, mais qu'il y a un réel bonheur à supporter cet accident avec courage.

Regarde au dedans de toi ; c'est au dedans de toi qu'est la source du bien, une source intarissable pourvu que tu fouilles toujours.

" Le même rapport d'union qu'ont entre eux les membres du corps, les êtres raisonnables, bien que séparés les uns des autres, l'ont aussi entre eux parce qu'ils sont faits pour coopérer ensemble à une même œuvre. Et cette pensée touchera ton âme bien plus vivement encore, si tu te dis souvent à toi-même : "je suis un membre du corps que composent les êtres raisonnables".
Si tu te dis seulement que tu en es une partie, c'est que tu n'aimes pas encore les hommes de tout ton cœur ; c'est que tu ne saisis pas encore la joie de l'acte de générosité, c'est que tu y appréhendes simplement une chose qui convient et que tu ne fais pas du bien aux hommes comme si tu faisais ton bien propre. "


« II faut vivre, en te conformant à ta nature, ce qui te reste encore de vie, comme si déjà tu étais mort, comme si ta vie ne devait pas dépasser cet instant. »


" Dusses-tu vivre trois mille ans et autant de fois dix mille ans, souviens-toi pourtant que personne ne perd une autre vie que celle qu’il vit, et qu’il n’en vit pas d’autre que celle qu’il perd. Donc le plus long et le plus court reviennent au même. Car le présent est égal pour tous ; est donc égal aussi ce qui périt ; et la perte apparaît ainsi comme instantanée ; car on ne peut perdre ni le passé ni l’avenir ; comment en effet pourrait-on vous enlever ce que vous ne possédez pas ? Il faut donc se souvenir de deux choses : l’une que toutes les choses sont éternellement semblables et recommencantes, et qu’il n’importe pas qu’on voie les mêmes choses pendant cent ou deux cents ans ou pendant un temps infini, l’autre qu’on perd autant, que l’on soit très âgé ou que l’on meurt de suite : le présent est en effet la seule chose dont on peut etre privé puisque c’est la seule qu’on possède, et que l’on ne perd pas ce que l’on n’a pas.

Aime uniquement ce qui t'arrive, le sort que t'a fait la destinée. Qu'y a-t-il en effet de plus convenable ?


marc aurele à cheval" Dusses-tu vivre trois mille ans et autant de fois dix mille ans, souviens-toi pourtant que personne ne perd une autre vie que celle qu'il vit, et qu'il n'en vit pas d'autre que celle qu'il perd. Donc le plus long et le plus court reviennent au même. Car le présent est égal pour tous, est donc égal aussi ce qui périt, et la perte apparaît ainsi comme instantanée, car on ne peut perdre ni le passé ni l'avenir, comment en effet pourrait-on vous enlever ce que vous ne possédez pas ? Il faut donc se souvenir de deux choses : l'une que toutes les choses sont éternellement semblables et recommencantes, et qu'il n'importe pas qu'on voie les mêmes choses pendant cent ou deux cents ans ou pendant un temps infini, l'autre qu'on perd autant, que l'on soit très âgé ou que l'on meurt de suite : le présent est en effet la seule chose dont on peut être privé puisque c'est la seule qu'on possède, et que l'on ne perd pas ce que l'on n'a pas. "


" Les hommes se cherchent des retraites, chaumières rustiques, rivages des mers, montagnes : toi aussi, tu te livres d'habitude à un vif désir de pareils biens. Or, c'est là le fait d'un homme ignorant et peu habile, puisqu'il t'est permis, à l'heure que tu veux, de te retirer dans toi-même. Nulle part l'homme n'a de retraite plus tranquille, moins troublée par les affaires, que celle qu'il trouve dans son âme, particulièrement si l'on a en soi-même de ces choses dont la contemplation suffit pour nous faire jouir à l'instant du calme parfait, lequel n'est pas autre, à mon sens, qu'une parfaite ordonnance de notre âme. Donne-toi donc sans cesse cette retraite, et, là, redeviens toi-même. Trouve-toi de ces maximes courtes, fondamentales, qui, au premier abord, suffiront à rendre la sérénité à ton âme et à te renvoyer en état de supporter avec résignation tout ce monde où tu feras retour.
Car enfin, qu'est-ce qui te fait peine ? La méchanceté des hommes? Mais porte la méditation sur ce principe que les êtres raisonnables sont nés les uns pour les autres; que se supporter mutuellement est une portion de la justice, et que c'est malgré nous que nous faisons le mal; enfin, qu'il n'a en rien servi à tant de gens d'avoir vécu dans les inimitiés, les soupçons, les haines, les querelles: ils sont morts, ils ne sont plus que cendre. Cesse donc enfin de te tourmenter.
Mais peut-être ce qui cause ta peine, c'est le lot d'événements qu'a créé l'ordre universel du monde ? Remets-toi en mémoire cette alternative : ou il y a une Providence, ou il n'y a que des atomes ; ou bien rappelle-toi la démonstration que le monde est comme une cité.
Mais les choses corporelles, même après cela, te feront encore sentir leur importunité ? Songe que notre pensée ne prend aucune part aux émotions douces ou rudes qui tourmentent nos esprits animaux, sitôt qu'il s'est recueilli en lui même et qu'il a bien reconnu son pouvoir propre, et toutes les autres leçons que tu as entendues sur la douleur et la volupté, et auxquelles tu as acquiescé sans résistance.
Serait-ce donc la vanité de la gloire qui viendrait agiter dans tous les sens ? Regarde alors avec quelle rapidité l'oubli enveloppe toutes choses, quel abîme infini de durée tu as devant toi comme derrière toi, combien est vain chose un bruit qui retentit, combien changeants, dénués de jugement, sont ceux qui semblent applaudir, enfin la petitesse du cercle qui délimite ta renommée. Car la terre tout entière n'est qu'un point; et ce que nous en habitons, quelle étroite partie n'en est-ce pas encore ? Et dans ce coin, combien y a-t-il d'hommes, et quels hommes ! Qui célébreront tes louanges ?
Il reste donc que tu te souviennes de te retirer dans ce petit domaine qui est toi-même. Et, avant tout, ne te laisse point emporter ça et là. Point d'opiniâtreté; mais sois libre, et regarde toutes choses d'un œil intrépide, en homme, en citoyen, en être destiné à la mort.
Puis, entre les vérités les plus usuelles, objets de ton attention, place les deux suivantes : l'une, que les choses extérieures ne sont point en contact avec notre âme, mais immobiles en dehors d'elle, et que le trouble naît en nous de la seule opinion que nous nous en sommes formés intérieurement ; l'autre, que tout ce que tu vois va changer dans un moment et ne sera plus. Remets-toi sans cesse en mémoire combien de changements se sont déjà accomplis sous tes yeux. Le monde, c'est transformation ; la vie, c'est opinion."

Pénètre dans l'âme de chacun ; mais permets aux autres de pénétrer aussi dans ton âme..

« Dès l'aurore, dis-toi par avance: "Je rencontrerai un indiscret, un ingrat, un insolent, un fourbe, un envieux, un insociable. Tous ces défauts sont arrivés à ces hommes par leur ignorance des biens et des maux. Pour moi, ayant jugé que la nature du bien est le beau, que celle du mal est le laid, et que la nature du coupable lui-même est d'être mon parent, non par la communauté du sang ou d'une même semence, mais par celle de l'intelligence et d'une même parcelle de la divinité, je ne puis éprouver du dommage de la part d'aucun D'eux, car aucun d'eux ne peut me couvrir de laideur. Je ne puis pas non plus m'irriter contre un parent, ni le prendre en haine, car nous sommes nés pour coopérer, comme les pieds, les mains, les paupières, les deux rangées de dents, celle d'en haut et celle d'en bas. Se comporter en adversaires les uns des autres est donc contre nature, et c'est agir en adversaire que de témoigner de l'animosité et de l'aversion. »
Marc-Aurèle

Les hommes sont faits les uns pour les autres : corrige-les donc, ou supporte-les.

" Ce qui est digne de notre estime, ce n'est pas de transpirer, comme font les plantes; ni de respirer comme font les animaux domestiques et les bêtes sauvages; ni de retenir imprimées en soi les images visibles des choses; ni d'être le jouet de ses désirs; ce n'est pas non plus de vivre en troupe ni de prendre sa nourriture: la nutrition n'est pas d'un autre ordre que l'acte qui excrète le superflu de l'alimentation. Que devons-nous donc estimer? les applaudissements? non, ni non plus les acclamations, car les louanges de la multitude ne sont qu'un vain bruit de langues. Laisse-là cette méprisable gloire. Que reste-t-il qui soit digne d'estime? C'est à mon avis, de savoir régler ses mouvements et son repos suivant les lois de notre organisation propre; c'est d'atteindre le même but que l'étude et les arts "


Sénèque

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marc aurele

Adopté par l'empereur romain Antonin le pieux, Marc-Aurèle naquit à Rome le 26 avril 121.

Il devint lui-même empereur en 161 et le resta jusqu'à sa mort en 180 de notre ère.

Marc-Aurèle est avant tout un stoïcien disciple d'Épictète.

On lui connaît un seul ouvrage : « pensées pour moi-même » dans lequel il développe ses conceptions de l'existence. Pour lui toutes les choses appartiennent à un tout qu'il nomme parfois l'Un ou Dieu.

Il engage l'homme à vivre selon les grandes règles de la nature en se pliant à la providence « tout ce qui arrive est nécessaire et utile au monde universel »

Selon lui, la mort est un des éléments de la nature : « partout, depuis l'éternité, semblablement ce produit et se reproduira sous d'autres formes semblables à l'infini ».

Autrement dit, l'important, « ce n'est ni le futur, ni le passé qui te sont à charge, mais toujours le présent »

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