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  • textes philosophiques

Platon, Les lois Livre X

L'athénien

PlatonAprès les mauvais traitements, portons sur tous les actes de violence la loi que voici. Il est interdit de prendre et d'emporter quoi que ce soit qui appartient à autrui, et de se servir d'aucun objet du voisin, sans en avoir obtenu la permission ; car c'est de là que proviennent tous les maux dont nous avons parlé, c'est là qu'ils ont pris, prennent et prendront toujours naissance.
A l'égard des autres désordres, les plus grands sont l'incontinence et les violences des jeunes gens ; ils sont de la plus grande conséquence, quand ils ont pour objet les choses sacrées, et spécialement quand l'état ou toute une tribu ou quelque autre communauté s'y trouve intéressée. En second lieu, il faut mettre les crimes contre le culte privé et les tombeaux ; en troisième lieu, les violences contre les pères et mères, en dehors de celles dont il a déjà été question ; en quatrième lieu, l'outrage fait aux magistrats, lorsqu'au mépris de leur dignité, on prend, on emporte, on emploie à son usage quelque chose qui leur appartient, sans avoir obtenu leur aveu ; en cinquième lieu, tout attentat aux droits de chaque citoyen qui appelle la répression de la justice. Il faut faire une loi commune à chacune de ces espèces de violence.
Nous avons parlé du pillage des temples en général, commis à force ouverte ou en cachette, et dit la peine qu'il méritait. Il faut maintenant, quand nous aurons préludé par une exhortation, déterminer la peine qui frappera tous les outrages faits aux dieux en paroles et en actions. Cette peine sera la suivante. Celui qui croit, comme l'enseigne la loi, qu'il y a des dieux, ne commettra jamais volontairement aucun acte impie et ne lâchera jamais un mot contre la religion. Si on le fait, c'est pour une des trois causes que voici : la première, c'est que comme je l'ai dit, on ne croit pas à l'existence des dieux, la seconde, qu'on pense qu'ils ne s'occupent pas des affaires humaines, et la troisième, qu'il est facile de les fléchir par des sacrifices et de les séduire par des prières.
CLINIAS Alors que faire et que dire à ces gens-là ?
L'ATHÉNIEN Commençons, mon bon ami, par écouter ce que je devine qu'ils nous diront d'un ton à la fois insultant et moqueur.
CLINIAS Que nous diront-ils donc ?
platonL'ATHÉNIEN Ils pourraient nous dire pour se jouer de nous : étrangers d'Athènes, de Lacédémone et de Cnossos, vous dites vrai. Il y en a parmi nous qui ne croient pas du tout à l'existence des dieux, d'autres qui se les figurent tels que vous dites. En conséquence, nous demandons qu'avant de nous menacer durement, vous essayiez d'abord, comme vous l'avez jugé bon à propos des lois, de nous persuader et de nous prouver par des raisons concluantes qu'il y a des dieux, et qu'ils sont d'une nature trop excellente pour se laisser enjôler et détourner de la justice par des présents. Comme nous entendons tenir ces propos et d'autres semblables à des gens qui passent pour être très capables, poètes, orateurs, devins, prêtres, sans parler d'une infinité d'autres personnes, la plupart d'entre nous ne se sentent pas portés à ne pas faire de mal, mais à y remédier, après qu'il est commis. Nous avons droit, d'attendre des législateurs qui prétendent préférer la douceur à la brutalité qu'ils commencent à user avec nous de la persuasion, et qu'ils nous tiennent sur l'existence des dieux des discours sinon meilleurs, du moins plus vrais que les discours des autres. Peut-être nous laisserons-nous persuader. Essayez, si notre demande est raisonnable, de nous dire ce que nous demandons.
CLINIAS Ne semble-t-il pas, étranger, qu'il est facile de démontrer véritablement l'existence des dieux ?
L'ATHÉNIEN Comment ?
CLINIAS D'abord la terre, le soleil, les astres et l'univers, le bel ordre des saisons, la répartition des années et des mois, et tous les Grecs et les barbares qui croient qu'il y a des dieux.
L'ATHÉNIEN J'ai peur, mon bienheureux ami, que les méchants ne nous méprisent, car de dire que j'en rougis pour vous, c'est ce que je ne ferai jamais. Vous ne connaissez pas la cause de leur désaccord avec nous; vous croyez que c'est uniquement parce qu'ils ne peuvent pas dominer les plaisirs et les passions qu'ils se jettent dans l'impiété.
CLINIAS A quelle autre cause faut-il donc l'attribuer ?
L'ATHÉNIEN A une cause que vous ignorez et qui vous reste cachée, à vous qui vivez en dehors de la Grèce.
CLINIAS Que veux-tu dire par là ?
L'ATHÉNIEN Je veux dire une affreuse ignorance qu'ils prennent pour la plus haute sagesse.
CLINIAS Comment dis-tu ?
II
L'ATHÉNIEN Il y a chez nous des discours, soit en vers, soit en prose, consignés dans des écrits qui n'existent pas chez vous, à cause, je crois, de l'excellence de votre constitution. Les plus anciens disent au sujet des Dieux que les premiers êtres furent le Ciel et les autres corps, puis peu de temps après leur naissance, ils placent celle des dieux, et racontent les traitements qu'ils se firent les uns aux autres. Que, sous certains rapports, ils soient utiles ou non à ceux qui les entendent, il n'est pas facile, vu leur antiquité, d'y trouver à redire ; mais en ce qui regarde les soins et les égards dus aux parents, je ne saurais pour ma part les approuver ni avouer qu'ils sont utiles, ni même qu'ils soient vrais. Laissons donc ces anciens écrits ; qu'il n'en soit plus question, et qu'on en dise ce qu'il plaira aux dieux. Tenons-nous en aux écrits des modernes et des sages, et montrons par où ils sont une source de mal. Voici l'effet que produisent leurs discours. Lorsque, pour prouver qu'il y a des dieux, nous alléguons ce que tu disais, le soleil, la lune, les astres et la terre comme autant de dieux et d'êtres divins, les disciples de ces sages répondent que tout cela n'est que de la terre et des pierres, incapables de s'intéresser en quelque façon que ce soit aux affaires humaines, et ils donnent à leurs arguments une forme brillante propre à persuader.
CLINIAS Le discours que tu leur prêtes, étranger, est difficile à réfuter, quand tu n'aurais affaire qu'à lui seul, mais comme tu as en tête une foule de gens, il devient encore plus embarrassant.
L'ATHÉNIEN Alors, que pouvons-nous dire et que faut-il que nous fassions ? Nous défendrons-nous, comme si l'un de ces hommes impies, attaqué par nos lois, nous accusait de tenter une entreprise inouïe, en basant notre législation sur l'existence des dieux, ou bien les envoyant promener, retournerons-nous à nos lois, de peur que le préambule ne devienne trop étendu. La discussion prendrait de grandes proportions, si nous voulions démontrer aux sectateurs de l'impiété la vérité des points sur lesquels ils nous demandent des explications, et si nous ne portions nos lois qu'après leur avoir inspiré de la crainte et donné de l'aversion pour tout ce qui en mérite.
CLINIAS étranger, nous avons dit souvent en peu de temps qu'il faut bien se garder dans le sujet que nous traitons de préférer la brièveté à la longueur ; car, comme on dit, personne ne nous presse et ne nous poursuit. Nous serions ridicules et méprisables, si nous préférions le plus court au meilleur. Il importe au plus haut point de mettre en quelque sorte dans nos discours une force de persuasion qui fasse croire qu'il y a des dieux, qu'ils sont bons et qu'ils honorent la justice infiniment plus que les hommes. Ce serait là pour toutes nos lois le plus beau et le plus excellent des préludes. Ainsi donc, sans nous impatienter ni nous presser, déployons dans cette discussion toute notre force de persuasion, sans rien omettre, et développons jusqu'au bout nos arguments aussi bien que nous le pourrons.
III
L'ATHÉNIEN J'interprète comme une prière le discours que tu viens de tenir, tant tu y as mis d'empressement et d'ardeur; il ne me permet plus d'hésiter à parler. Parlons donc ; mais comment garder son sang froid, quand on se voit réduit à prouver que les dieux existent ? On ne peut s'empêcher de voir de mauvais œil et de haïr ceux qui ont été et sont encore aujourd'hui cause de la discussion où nous allons entrer ; qui n'ont pas foi aux contes que, dès leur plus jeune âge, alors qu'ils étaient encore à la mamelle, ils ont entendu de la bouche de leur nourrice et de leur mère, lesquelles enchantaient leurs oreilles sur un ton tantôt badin, tantôt sérieux ; qui ont entendu leurs parents prier dans les sacrifices et ou les cérémonies dont ils sont accompagnées, toujours si agréables à voir et à entendre pratiquer, lorsqu'on est jeune ; qui ont vu leurs parents appliqués avec le plus grand zèle à offrir des sacrifices pour eux-mêmes et pour leurs enfants et s'adressant aux dieux dans leurs prières et leurs supplications, dans la persuasion la plus assurée qu'ils existent ; qui savent et voient de leurs yeux que tous les Grecs et tous les barbares se prosternent et adorent les dieux au lever et au coucher du soleil et de la lune, dans toutes les situations malheureuses ou heureuses de leur vie, parce que, loin de penser que les dieux n'existent pas, ils sont convaincus que leur existence est aussi réelle que possible et qu'il n'y a jamais lieu de soupçonner qu'il n'y a pas de dieux. Et maintenant, au mépris de toutes ces leçons, et sans aucune raison valable, comme le pensent tous ceux qui ont tant soit peu de sens, ils nous forcent à leur tenir le langage que nous leur tenons. Comment pourrait-on reprendre doucement ces gens-la et leur apprendre en même temps qu'il y a des dieux ? Il faut l'essayer pourtant ; car il ne faut pas que, parmi nous, les uns déraisonnent, parce qu'ils sont affamés de plaisirs, et les autres, parce qu'ils sont indignés contre eux.
Adressons-nous donc sans colère à ceux dont l'esprit est ainsi gâté, et réfrénant notre indignation, parlons-leur avec douceur, comme si nous conversions avec l'un d'eux : mon enfant, tu es jeune ; mais, en s'avançant, le temps changera bien des choses à tes sentiments actuels et t'en donnera de contraires. Attends jusqu'à ce moment pour juger des choses les plus importantes. Ce que tu tiens à présent pour une chose de nulle conséquence est une chose très importante, je veux dire l'opinion juste qu'on se fait des dieux, opinion d'où dépend la bonne ou la mauvaise conduite de la vie. Mais d'abord je ne crains pas qu'on m'accuse de mentir, si je te dis à ce sujet une chose digne de remarque, c'est que tu n'es pas le seul et que tes amis ne sont pas les premiers qui aient eu cette opinion au sujet des dieux, et qu'il y a toujours plus ou moins de personnes atteintes de cette maladie. Je puis t'assurer, pour avoir fréquenté beaucoup d'entre elles, qu'aucune de celles qui dans leur jeunesse ont embrassé cette opinion que les dieux n'existent pas n'a persisté dans ce sentiment jusqu'à la vieillesse, que cependant certaines d'entre elles, mais en petit nombre, ont persévéré dans les deux autres opinions, à savoir que les dieux existent, mais qu'ils ne s'inquiètent pas des affaires humaines ; en outre, qu'ils s'en inquiètent, mais qu'il est facile de les fléchir par des sacrifices et des prières. Pour éclaircir tes doutes autant que possible, tu attendras, si tu m'en crois, en examinant s'il en est ainsi ou autrement, et tu consulteras là-dessus les autres et surtout le législateur. Durant cet intervalle, ne sois point assez téméraire pour offenser les dieux. C'est à celui qui te donne des lois d'essayer maintenant et plus tard de t'enseigner ce qu'il en est des dieux mêmes.
CLINIAS Tout ce que tu as dit jusqu'ici, étranger, nous paraît admirable.
L'ATHÉNIEN J'en suis ravi, Mégillos et Clinias ; mais nous sommes tombés sans nous en apercevoir sur une doctrine étonnante.
CLINIAS De quelle doctrine parles-tu ?
L'ATHÉNIEN D'une doctrine que beaucoup de gens regardent comme la plus ingénieuse de toutes.
CLINIAS Explique-toi encore plus clairement.
IV
L'ATHÉNIEN Certains prétendent que toutes les choses qui existent, ont existé et existeront doivent leur origine, les unes à la nature, les autres à l'art, les autres au hasard.
CLINIAS N'est-ce pas exact ?
L'ATHÉNIEN Il est vraisemblable que cette prétention d'hommes sages est exacte. Suivons-les cependant à la trace et voyons ce que pensent en somme ceux qui partent de ce principe.
CLINIAS Voyons.
L'ATHÉNIEN Il semble, disent-ils, que les choses les plus grandes et les plus belles sont l'oeuvre de la nature et du hasard, et les plus petites de l'art, qui, recevant de la nature les plus grands et les premiers ouvrages, façonne et produit tous les ouvrages moins importants, que nous appelons artificiels.
CLINIAS Comment dis-tu ?
L'ATHÉNIEN Je vais m'expliquer encore plus clairement. Ils disent que le feu, l'eau, la terre et l'air sont tous produits par la nature et le hasard, et qu'aucun d'eux ne l'est par l'art, et que c'est de ces éléments entièrement privés de vie que les corps de la terre, du soleil, de la lune et des astres se sont formés par la suite. Ces premiers éléments, emportés au hasard par la force propre à chacun d'eux, s'étant rencontrés, se sont arrangés ensemble conformément à leur nature, le chaud avec le froid, le sec avec l'humide, le mou avec le dur, et tout ce que le hasard a forcément mêlé ensemble par l'union des contraires ; et le ciel entier avec tous les corps célestes, les animaux et toutes les plantes, avec toutes les saisons que cette combinaison a fait éclore, se sont trouvés formés de cette façon, non point, disent-ils, par une intelligence, ni par une divinité, ni par l'art, mais, comme nous le disons, par la nature et par le hasard. Dans la suite, l'art né de ces deux principes, inventé par les mortels et mortel lui-même, a donné naissance à ces jouets qui n'ont que peu de part à la vérité, mais qui sont des images parentes entre elles, telles que celles qu'enfantent la peinture, la musique et tous les arts qui les accompagnent. Les arts qui produisent quelque chose de sérieux sont ceux qui ajoutent leur propre vertu à la nature, comme la médecine, l'agriculture et la gymnastique. La politique aussi ne participe que faiblement de la nature et relève de l'art pour sa plus grande partie ; c'est pourquoi la législation tout entière n'est pas l'oeuvre de la nature, mais de l'art, et les lois qu'elle pose n'ont rien de vrai.
CLINIAS Comment cela ?
L'ATHÉNIEN Tout d'abord mon bienheureux ami, ils prétendent que les dieux n'existent point par nature, mais par art et en vertu de certaines lois, et que ces dieux diffèrent suivant que chaque peuple s'est entendu avec lui-même pour les imposer dans sa législation ; que la morale aussi est autre suivant la nature, et autre suivant la loi ; que la justice non plus n'existe pas du tout par nature, mais que les hommes sont toujours en contestation à son sujet et y font des changements continuels, et que les dispositions nouvelles qu'il ont adoptées s'imposent aussitôt avec l'autorité qu'elles tiennent de l'art et des lois, et non de la nature. Voilà, mes amis, ce que nos sages débitent à la jeunesse, soutenant que les prescriptions que le vainqueur impose par violence sont d'une justice parfaite. De là les impiétés qu'on voit chez les jeunes gens, quand ils pensent que les dieux ne sont pas tels qu'ils doivent se les représenter pour obéir à la loi ; de là les séditions, parce qu'ils sont attirés vers une vie conforme à la nature et qui consiste à dominer véritablement les autres et à ne point les servir conformément à la loi.
CLINIAS Quelle doctrine tu viens d'exposer, étranger, et quelle peste pour les états et pour les maisons particulières, quand la jeunesse est ainsi gâtée !
L'ATHÉNIEN Tu dis vrai, assurément, Clinias. Dès lors, que crois-tu que doit faire le législateur avec des gens si bien préparés de longue main ? Se contentera-t-il, debout dans la cité, de menacer ceux qui ne reconnaîtront pas qu'il y a des dieux et qui ne s'en feront pas la même idée que la loi, qui ne parleront pas comme elle de l'honnête, du juste et de tous les objets les plus importants, et, en tout ce qui a rapport à la vertu et au vice, ne penseront pas qu'il faut se conduire comme le législateur l'aura prescrit dans ses lois, ajoutant que ceux qui refuseront de se soumettre aux lois seront, les mis condamnés à mort, les autres punis du fouet et de la prison, ceux-ci privés de droits du citoyen, ceux-là réduits à l'indigence et à l'exil ? Et, tout en donnant ses lois, ne joindra-t-il pas à ses discours de quoi persuader les esprits et les adoucir autant que possible ?
CLINIAS Non, étranger, il ne se bornera pas aux menaces ; mais, s'il y a quelque moyen, si faible qu'il soit, de persuader ces vérités aux citoyens, le législateur, pour peu qu'il mérite ce nom, ne devra pas se rebuter. Il devra plutôt, comme on dit, n'épargner aucune parole pour appuyer la vieille loi et démontrer l'existence des dieux et tout ce que tu viens d'exposer ; il devra se porter au secours de la loi elle-même et de l'art, pour montrer qu'ils n'existent pas moins par nature que la nature elle-même, puisque ce sont des productions de l'intelligence, suivant la droite raison que tu me parais défendre et en laquelle j'ai foi comme toi.
L'ATHÉNIEN Ton zèle est admirable, Clinias ; mais c'est bien difficile à la foule de suivre ces discours, qui d'ailleurs ont une étendue sans fin !
CLINIAS Quoi donc, étranger ? Nous nous sommes patiemment étendus sur l'ivresse et la musique, et nous n'aurons pas la patience de nous étendre sur les dieux et les objets semblables ? Cela peut être aussi d'un très grand secours pour une législation sage, parce que, pouvant en tout temps rendre raison de ses prescriptions, elle demeure inébranlable. Aussi ne faut-il pas s'alarmer si la discussion est au commencement difficile à suivre, puisque, si lent d'esprit qu'on soit, on peut y revenir et y réfléchir ; et, si longue qu'elle soit, si elle est utile, il n'est pas du tout raisonnable ni permis à qui que ce soit de ne pas prêter main forte à ces discours clans la mesure où chacun le peut.
MéGILLOS A mon avis, étranger, Clinias a très bien parlé.
L'ATHÉNIEN Oui, certes, Mégillos, et il faut faire ce qu'il dit. Si ces doctrines n'étaient pas répandues chez presque tous les hommes, il ne serait pas besoin d'y remédier en prouvant l'existence des dieux ; mais on ne peut s'en dispenser. Et à qui plutôt qu'au législateur, convient-il de venir au secours des lois les plus importantes, que des hommes pervers s'efforcent de renverser ?
CLINIAS A personne.
V
L'ATHÉNIEN Mais réponds-moi encore, Clinias ; car il faut que tu prennes ta part de la discussion. Il semble bien que celui qui soutient une telle doctrine regarde le feu, l'eau, la terre et l'air comme les premiers de tous les êtres, que c'est à eux qu'il donne le nom de nature et que c'est d'eux que l'âme tire ensuite son origine. Mais que dis-je : il semble ? C'est bien réellement qu'ils le signifient dans leurs discours.
CLINIAS Cela est certain.
L'ATHÉNIEN Eh bien, au nom de Zeus, n'avons-nous pas trouvé pour ainsi dire la source de l'opinion insensée de tous ceux qui jusqu'à présent se sont occupés des recherches sur la nature ? Examine avec soin tout ce qu'ils disent. Ce ne serait pas pour nous un médiocre avantage, si nous d pouvions faire voir que ceux qui soutiennent ces opinions impies et qui en entraînent d'autres à leur suite ne raisonnent pas juste, mais d'une manière erronée. Or, je crois que c'est leur cas.
CLINIAS C'est bien dit, mais explique-nous comment.
L'ATHÉNIEN Je vois bien qu'il faut nous engager dans une discussion qui sort de l'ordinaire.
CLINIAS Il ne faut pas hésiter, étranger. Je comprends bien ta pensée : tu crois que nous allons sortir de notre sujet, la législation, si nous entamons cette discussion. Mais s'il n'y a pas d'autre moyen de nous mettre d'accord avec notre loi qui admet l'existence des dieux, il faut bien, mon admirable ami, en passer par là.
L'ATHÉNIEN Voici déjà, ce me semble, un propos peu ordinaire que je peux avancer: ce qui est la cause première de la génération et de la destruction de tous les êtres n'est pas la première en date, mais la seconde, si l'on s'en rapporte à ceux qui ont semé l'impiété dans les esprits. De là vient leur erreur sur la réelle existence des dieux.
CLINIAS Je ne te comprends pas encore.
L'ATHÉNIEN Il me semble, camarade, que ces gens-là ont ignoré la nature de l'âme et ses propriétés. Ils n'ont pas vu qu'en tout le reste et surtout quant à l'origine, elle est un des premiers êtres, qu'elle a existé avant les corps et qu'elle préside plus qu'aucune autre chose à leurs changements et à leur arrangement. S'il en est ainsi, n'est-il pas de toute nécessité que tout ce qui est parent, de l'âme ait existé avant ce qui appartient au corps, puisqu'elle est plus vieille que le corps ?
CLINIAS C'est forcé.
L'ATHÉNIEN Par conséquent, l'opinion, la prévoyance, l'intelligence, l'art et la loi sont antérieurs aux objets durs et mous, aux lourds et aux légers, comme aussi les grands et premiers ouvrages et les premières opérations appartiennent à l'art, puisqu'ils sont parmi les premiers objets qui aient existé ; mais les productions de la nature et la nature, ou plutôt ce qu'ils appellent faussement la nature, sont postérieures et viennent de l'art et de l'intelligence.
CLINIAS En quoi leur assertion est-elle fausse ?
L'ATHÉNIEN Ils entendent par nature la génération des premiers êtres. Mais, si c'est l'âme qui apparaît d'abord, si ce n'est ni le feu, ni l'air, mais l'âme qui a été créée parmi les premiers êtres, il est tout à fait logique de dire qu'elle existe plus que tout autre par nature. Il en est ainsi, si l'on prouve que l'âme est plus vieille que le corps ; autrement, non.
CLINIAS Tu dis très vrai.
L'ATHÉNIEN Dès lors apprêtons-nous à cette tâche.
CLINIAS Sans doute.
L'ATHÉNIEN Tenons-nous bien en garde contre un sophisme trompeur fait pour séduire la jeunesse ; craignons qu'il ne nous séduise, nous vieillards, et qu'après s'être échappé de nos mains, il ne nous couvre de ridicule et ne fasse dire aux gens que, nous chargea

nt de trop grandes entreprises, nous manquons même les petites. Voyons donc comment il faut, nous y prendre. Supposons que nous ayons tous les trois une rivière au courant rapide à traverser, et que moi, étant le plus jeune et ayant déjà passé plusieurs rivières, je vous dise qu'il faut, vous laissant en sûreté, que j'essaye le premier de m'assurer par moi-même si le courant est guéable pour vous qui êtes vieux, ou s'il en est autrement, et qu'après m'en être assuré, je vous appelle alors et vous aide à passer grâce à mon expérience ; qu'au contraire, si le courant est infranchissable pour vous, que je prenne sur moi le danger : ne trouverez-vous pas alors ma proposition raisonnable ? Eh bien, c'est à présent notre cas ; la discussion que nous allons engager est entraînante et peut-être n'est-elle pas guéable pour vos forces à tous deux. Aussi est-il à craindre qu'elle ne vous trouble la tête et ne vous donne le vertige, en vous emportant dans un torrent d'interrogations auxquelles vous n'êtes pas exercés à répondre et qu'elle ne vous jette dans une situation qui siérait mal à votre âge et ne vous plairait pas. Aussi je crois devoir à présent procéder ainsi : je m'interrogerai moi-même et vous m'écouterez en toute sûreté, puis je me répondrai, et je poursuivrai toute cette dispute jusqu'à ce que je l'aie menée à son terme et que j'aie démontré que l'âme a existé avant le corps.
CLINIAS Il nous semble qu'on ne saurait mieux dire. Fais donc comme tu dis.
VI
L'ATHÉNIEN Commençons donc. Si jamais nous avons eu besoin d'appeler les dieux à notre secours, c'est à ce moment qu'il faut le faire. Implorons-les donc avec instance pour démontrer leur existence, et nous attachant à eux comme à une ancre sûre, embarquons-nous dans la dispute présente. Si l'on me fait à ce sujet les questions que je vais dire, le plus sûr me paraît être d'y répondre comme il suit. Si l'on me pose cette question : est-ce que tout est immobile, étranger, et rien en repos, ou est-ce tout le contraire, ou enfin les choses sont-elles, les unes immobiles et les autres en mouvement ? Je répondrai : les unes sont en mouvement, les autres immobiles. - N'est-ce pas dans quelque espace que les choses immobiles sont en repos et les mobiles en mouvement ? - Sans doute. - Et les unes y sont dans un seul endroit, les autres en plusieurs ? - Tu veux dire, répondrai-je, que les corps qui ont en leur milieu la nature des corps immobiles se meuvent sans changer de place, de même que la circonférence des cercles qu'on dit immobiles, tourne sur elle-même. - Oui. - Nous comprenons que dans cette révolution circulaire le mouvement qui fait tourner à la fois le plus grand et le plus petit cercle se distribue proportionnellement au plus grand et au plus petit, étant lui même plus grand ou plus faible dans la même proportion. Aussi y a-t-il de quoi s'étonner de tout cela, en voyant que la force mouvante communique à la fois aux grands et aux petits cercles la lenteur et la vitesse proportionnée, phénomène qu'on pourrait croire impossible. - Rien de plus vrai. - Par les corps qui changent de place, il me paraît que tu entends ceux qui, emportés par le mouvement, passent sans cesse d'un lieu à un autre, et qui tantôt n'ont qu'un même centre comme base de leur mouvement, tantôt en ont plusieurs, parce qu'ils roulent dans l'espace. Tu dis aussi que, chaque fois qu'il se rencontrent, ils se divisent, s'ils heurtent des corps en repos ; qu'au contraire ceux qui, poussés l'un vers l'autre de points opposés, tendent au même point se combinent en corps Intermédiaires entre les deux. - Je conviens que les choses se passent comme tu le dis.- Tu conviens aussi qu'ils s'augmentent par la combinaison et diminuent par la division, quand leur forme constitutive persiste, et que, si elle ne persiste pas, ils périssent par l'une et l'autre. Quelle est donc la cause de la génération et quand se produit-elle ? C'est lorsque un élément, ayant reçu de l'accroissement passe à un second et de celui-ci à un autre voisin, et qu'arrivé au troisième, il devient sensible pour ce qui est capable de sensation. C'est en se transformant et se déplaçant ainsi que tout se fait. Chaque chose existe réellement quand elle est fixée, mais, quand elle passe à un autre état, elle est entièrement corrompue. N'avons nous pas énuméré tous les mouvements, y compris leurs espèces, excepté deux, mes amis ?
CLINIAS Lesquels ?
L'ATHÉNIEN Ceux qui font l'objet de notre présente dispute.
CLINIAS Parle plus clairement.
L'ATHÉNIEN N'est-ce pas l'âme qui en est l'objet ?
CLINIAS Sans doute.
L'ATHÉNIEN Distinguons donc deux espèces de mouvement : l'un qui peut mouvoir d'autres objets, tout en étant incapable de se mouvoir lui-même, l'autre qui peut toujours se mouvoir lui-même et d'autres choses par des combinaisons et des divisions, des augmentations et des diminutions, par des générations et des corruptions, et qui est seule de son espèce.
CLINIAS Soit.
L'ATHÉNIEN Nous compterons donc pour la neuvième espèce de mouvement celui qui meut d'autres objets et qui change par l'effet d'un autre ; quant à celui qui se meut lui-même et d'autres, qui s'accommode également de l'état actif et de l'état passif et qu'on appelle le changement et le mouvement réel de tous les êtres, celui-là nous dirons qu'il est le dixième.
CLINIAS Sans contredit.
L'ATHÉNIEN Des dix mouvements que nous avons reconnus, lequel convient-il particulièrement de préférer, comme étant incomparablement le plus fort et le plus agissant ?
CLINIAS Il faut bien reconnaître que celui qui peut se mouvoir lui-même est mille fois supérieur aux autres, et que ceux-ci viennent tous à sa suite.
L'ATHÉNIEN C'est bien dit. Mais de ces mouvements dont nous venons de parler peu exactement, ne faut-il pas en transposer un ou deux ?
CLINIAS Lesquels veux-tu dire ?
L'ATHÉNIEN Nous nous sommes mal exprimés en disant que c'est le dixième.
CLINIAS Comment cela ?
L'ATHÉNIEN Il est logique de le mettre le premier pour l'existence et la force. Après celui-là et au second rang vient celui que nous avons rangé mal à propos au neuvième.
CLINIAS Comment cela ?
VII
L'ATHÉNIEN Voici. Quand une chose produit du changement dans une autre et que celle-ci en meut successivement d'autres, y a-t-il jamais parmi ces choses un principe de changement, et comment, lorsqu'elle est mue par une autre, pourrait-elle être la première motrice ? Cela est impossible. Mais lorsqu'une chose qui s'est mise elle-même en mouvement cause du changement dans une autre, et celle-ci dans une troisième et qu'il y a ainsi des milliers et des milliers de choses mues, est-ce qu'il y a pour elles un autre principe de tous ces mouvements que le changement de celle qui s'est mue elle-même ?
CLINIAS C'est très bien dit, et l'on ne peut qu'y acquiescer.
L'ATHÉNIEN Disons encore ceci et répondons-nous encore à nous-même. Si toutes les choses existaient ensemble dans un complet repos, comme la plupart de ces gens-là osent le soutenir, dans laquelle devrait avoir lieu le premier mouvement ?
CLINIAS Dans celle qui se meut elle-même ; car jamais elle ne pourrait être mue par une autre, si auparavant les autres ne subissent aucun changement.
L'ATHÉNIEN Nous dirons donc que le principe de tous les mouvements, le premier qui se soit produit dans les choses en repos et dans celles qui sont actuellement en mouvement, le principe qui se meut lui-même est nécessairement la plus ancienne et la plus considérable de toutes les espèces de changement, et nous mettrons au second rang le changement qui est produit par un autre et qui meut d'autres choses.
CLINIAs rien de plus vrai.
L'ATHÉNIEN Puisque nous en sommes venus à ce point de notre dispute, répondons à une chose.
CLINIAS Laquelle ?
L'ATHÉNIEN Si nous voyons ce mouvement se produire dans une substance quelconque, terrestre, aqueuse, ignée, simple ou composée, dans quel état dirons-nous qu'est cette substance ?
CLINIAS Ne me demandes-tu pas si nous la dirons vivante, quand elle se meut d'elle-même ?
L'ATHÉNIEN Si.
CLINIAS Elle vit en effet ; il est impossible qu'il en soit autrement.
L'ATHÉNIEN Mais quoi ? Lorsque nous voyons une âme en certaines choses, ne faut-il pas reconnaître que c'est précisément par l'âme que cette chose est vivante ?
CLINIAS Ce ne peut être par autre chose.
L'ATHÉNIEN Mais dis-moi, au nom de Zeus : ne voudrais-tu pas concevoir dans chaque objet trois choses ?
CLINIAS Comment ?
L'ATHÉNIEN L'une est sa substance, l'autre la définition de sa substance, la troisième son nom. De plus il y a sur chaque être deux questions à faire.
CLINIAS Comment, deux questions ?
L'ATHÉNIEN Tantôt, proposant le nom seul, nous en demandons la définition, et tantôt, proposant la définition seule, nous demandons le nom. Vois si ce n'est point ceci que nous voulons dire maintenant.
CLINIAS Quoi ?
L'ATHÉNIEN Le nom et la définition sont distincts en bien des choses, en particulier dans le double : en tant que nombre, son nom est pair, et sa définition, un nombre divisible en deux parties égales.
CLINIAS Oui.
L'ATHÉNIEN C'est cela même que je veux dire. N'est-ce donc pas la même chose que nous désignons de deux façons, soit qu'on nous demande la définition et que nous répondions par le nom, soit qu'on nous demande le nom et que nous répondions par la définition, appelant le même nombre par son nom, qui est pair, et par sa définition, qui est un nombre divisible en deux parties égales ?
CLINIAS Sans contredit.
L'ATHÉNIEN Et maintenant quelle est la définition, qui correspond au nom d'âme ? Y en a-t-il une autre que celle que nous avons dite tout à l'heure, la substance qui est capable de se mouvoir d'elle-même ?
CLINIAS Tu dis que la définition de cette substance à laquelle nous donnons tous le nom d'âme est de se mouvoir d'elle- même ?
L'ATHÉNIEN C'est ce que j'affirme, et, s'il en est ainsi, pouvons-nous désirer encore une démonstration plus complète que l'âme est la même chose que le premier principe de la génération et du mouvement, comme aussi de la corruption et du repos, dans tous les êtres présents, passés et à venir, puisque nous avons vu qu'elle est la cause de tous les changements et dite tous les mouvements dans tout ce qui existe ?
CLINIAS Non ; il a été parfaitement démontré que l'âme est le plus ancien de tous les êtres, puisqu'elle est le principe du mouvement.
L'ATHÉNIEN Dès lors, n'est-il pas vrai que l'espèce de mouvement suscité dans une substance par une autre, mais dans une substance qui ne produit jamais elle-même aucun mouvement en elle-même, doit être mise au second degré, et même à autant de degrés que l'on voudra, puisqu'elle n'est autre chose que le changement d'un corps qui n'a réellement pas d'âme ?
CLINIAS C'est juste.
L'ATHÉNIEN Nous nous sommes donc exprimés d'une manière exacte, propre, très vraie et très parfaite, en disant que l'âme a existé avant le corps, et que le corps a existé le second et postérieurement à l'âme qui le commande, et à laquelle il est naturellement soumis.
CLINIAs rien n'est plus vrai.
VIII
L'ATHÉNIEN Or nous nous souvenons d'être tombés d'accord que, s'il était démontré que l'âme est plus ancienne que le corps, nous conclurions que ce qui appartient à l'âme est plus ancien que ce qui appartient au corps.
CLINIAS Certainement.
L'ATHÉNIEN Par conséquent les caractères, les moeurs, les volontés, les raisonnements, les opinions vraies, la prévoyance et la mémoire ont existé avant la longueur, la largeur, la profondeur et la force des corps, puisque l'âme elle-même a existé avant le corps.
CLINIAS C'est une conséquence nécessaire.
L'ATHÉNIEN Dès lors, n'est-ce pas aussi une nécessité d'avouer que l'âme est la cause des biens et des maux, des belles choses et des laides, du juste et de l'injuste et de tous les contraires, si nous admettons qu'elle est la cause de tout ?
CLINIAS Sans contredit.
L'ATHÉNIEN N'est-il pas aussi nécessaire de reconnaître que l'âme qui habite en tout ce qui se meut et le dirige, gouverne aussi le ciel ?
CLINIAS Sans doute.
L'ATHÉNIEN Cette âme est-elle unique, ou y en a-t-il plusieurs ? Je réponds pour vous deux qu'il y en a plusieurs. N'en mettons pas moins de deux, l'une qui fait du bien, l'autre qui a le pouvoir de faire le contraire.
CLINIAS C'est très bien dit.
L'ATHÉNIEN Soit. L'âme gouverne donc tout. ce qui est dans le ciel, sur la terre et dans la mer, par les mouvements qui lui sont propres et qu'on nomme volonté, examen, prévoyance, délibération, opinion vraie ou fausse, joie, chagrin, confiance, crainte, haine, affection, et par tous les mouvements parents de ceux-là, qui sont les premières causes efficientes et qui, s'adjoignant pour les seconder les mouvements des corps, produisent dans tous les êtres l'accroissement et le dépérissement, la division et la composition et les effets qui s'ensuivent, comme la chaleur et le refroidissement, la pesanteur et la légèreté, la dureté et la mollesse, le blanc et le noir, la rudesse et la douceur, et tous les mouvements qui sont au service de l'âme, qui, s'adjoignant toujours dans sa marche régulière l'intelligence qui est une déesse, gouverne avec sagesse et conduit tout au bonheur, au lieu que, si elle s'associe à l'imprudence, elle effectue tout le contraire. Admettons-nous que les choses se passent ainsi ou doutons-nous encore si elles se passent autrement ?
CLINIAS Pas du tout.

Platon, la suite des lois

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platon enseignant

Platon (en grec ancien Πλάτων / Plátôn, Athènes, 427 av. J.-C. / 348 av. J.-C.) est un philosophe grec, disciple de Socrate. Surnommé le « divin Platon », il est souvent considéré comme un des premiers grands philosophes de la philosophie occidentale. Selon une célèbre formule d'Alfred North Whitehead, « La plus sûre description d'ensemble de la tradition philosophique européenne est qu'elle consiste en une série d'annotations à Platon. »

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