
Certes, le droit, la loi, les interdits humains augmentent constamment dans la société des hommes.
Certes ces interdits rétrécissent peu à peu la capacité humaine à abuser ses congénères. Certes, ce mécanisme, si rien ne s'y oppose, conduit progressivement l'homme à devenir un agneau pour l'homme (le loup habitera avec l'agneau). Et certes, cette évolution vers la perfection donne tout son sens à la création.
Mais une chose obscurcit pourtant cette vision positiviste. C'est la présence du « mal impensable ». Du mal dans ses dimensions les plus extrêmes - la cruauté, la perversion, ou le sadisme.
Par sadisme, cruauté ou perversion, j'entends : toutes actions permettant à un être humain de faire souffrir un autre être humain de façon consciente. Toute action destinée à vampiriser l'existence d'autrui contre sa volonté. Tout acte destiné à transformer certains de ses semblables en esclaves. Toute torture d'autrui affectée à assouvir son plaisir, sa paranoïa, sa frustration, ou sa haine. Toute décision lucide (y compris les décisions lucides des gouvernants occidentaux dont la cruauté est protégée par leur position de leaders), de terroriser ou faire terroriser des êtres ou des peuples. Toute action déterminée à abuser autrui, un groupe ou une population tout en restant dans la légalité. Toute volonté de placer autrui sous sa dépendance sans qu'il s'en rende compte. Toute utilisation des voies légales (règles commerciales, lois, conseils de sécurité..) destinées à appauvrir autrui, piller des pays, manipuler des dirigeants, rendre esclaves des êtres humains sans se soucier de leur existence. Toute action destiné à corrompre ou pervertir un être vivant pour l'utiliser à ses dépens.
L'acte cruel peut donc émaner d'un individu, d'un groupe ou d'un pouvoir.
Autrement dit, un individu, un groupe ou un pouvoir de structure perverse, peut transgresser la morale humaine tout en restant dans le cadre de la loi. La cruauté a donc également court en démocratie comme c'est le cas actuellement sous la loi du marché.
Que ces cruautés soient faites au nom des dictatures ou au nom des démocraties, le résultat est le même. Elles obscurcissent le regard que l'homme porte sur lui-même et sur son espèce. Elles alimentent les visions pessimistes, nihilistes et absurdes du monde.
Selon notre philosophie, « l'évolution humaine se dirige vers sa perfection : L'amour ».
Pour poursuivre cette démonstration positiviste, nous devons à présent, tenter d'expliquer « l'inexplicable ».
Pourquoi le passage des mœurs naturelles aux mœurs culturelles, induit fatalement l'éruption de la cruauté ? Pourquoi l'évolution de l'animal à l'homme, comporte nécessairement ce que nous appelons le « mal » ?
La nature ne fait rien en vain ou pour des fins peu considérables. John Locke.
Les conduites extrêmes rencontrées chez l'homme - comme le désir de génocide par exemple - semblent inconnues de la nature. Pourtant, ces conduites déclinent indirectement d'elle.
Pour les comprendre, tenter de les soigner et apercevoir le côté positif de l'évolution, nous devons pratiquer un examen approfondi de ce que nous appelons "le mal". Comment en effet saisir l'intérêt de notre présence au sein du vivant devant les cruautés possibles de l'homme ? Face à la perversion, comment garder la foi en l'humain ? Comment ne pas crier avec certains que l'homme est un cancer de nature ?
Nous pensons ici que ces conduites monstrueuses sont avant tout des souffrances mentales. Elles sont en grandes partie construites par la société, la famille, le groupe ou les diffuseurs de valeurs. Elles sont l'œuvre d'une éducation de sa négligence ou de son absence. Autrement dit, elles sont d'ordre sociétale et sociopathologie.
D'autre part, si l'humanité a un sens (thèse défendue ici), la cruauté et la perversion en ont un également.
Il appartient alors aux philosophes s'intéressant à la téléologie, de mettre ce sens en lumière. Nous allons nous contenter dans ces quelques pages, d'un éclaircissement sommaire. Des réflexions plus profondes seront développées dans les chapitres concernant le mal et la perversion.
2001.
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
☀️ Découvrir le fondement