Il est encore plus difficile pour le singe moyen de croire qu'il descend de l'homme. Henry Louis Mencken.
Selon notre théorie, l'humanité prend sa source chez les primates naturels.
Elle a évolué pour devenir ce que nous sommes; des « hommes constructeurs » et elle se dirige (de façon encore inconsciente) vers l'humain accompli.
Nous voici donc raccord avec les perspectives de Darwin (que nous épouillons au passage en signe de respect).
Entre ces deux étapes, nous considérons qu'il y a « évolution », progrès - même si l'actualité tend à faire penser l'inverse - ce n'est pas le « mal » qui se développe dans l'humanité, mais notre sensibilité au « mal ».
De toutes les espèces en progression, l'humanité est celle dont les progrès sont les plus rapides et voyants.
Dans cette masse de progrès, nous distinguons trois grands thèmes dominants :
Le progrès a encore des progrès à faire. P. Meyer.
Comportement, environnement, questionnement, voilà sans doute les trois grands axes sur lesquels viennent aboutir toutes les actions humaines.
La maîtrise progressive du comportement humain engage la plupart des activités de l'humanité.
Les corporations qui la développe de la façon la plus évidente sont le droit, la justice, la répression, l'éducation, la morale, la psychologie, la sociologie, la politique - mais la pression sociale ou le développement technique, travaillent également dans ce sens.
La compression exercée sur nos « pulsions abusantes » - déjà en cours de façon instinctive lorsque nous étions des primates naturels - débute verbalement avec les premiers interdits, les tabous.
La religion puis la philosophie a renforcé cette maîtrise de nos tendances. Elle a fait de nous ce que nous sommes et se prolongera dans le futur. À terme, notre théorie pense que cette contrainte permanente sur nos pulsions négatives, éteindra dans l'esprit humain « le désir primate de s'affirmer aux dépens d'autrui » - ce n'est qu'une question de temps quelques siècles à mon sens.
En deuxième lieu, l'humanité s'acharne à vaincre progressivement tous les dangers liés à la nature - sous lesquels nos cousins primates sont soumis. Nous travaillons de siècles en siècles, à construire un monde sécurisé, et à présent propre et durable, un monde idéal dans lequel l'ensemble humain pourra vivre et circuler sans souci ni entrave.
De nombreuses activités agissent dans ce sens. Le bâtiment, l'ingénierie, l'architecture, la climatologie, la sismologie, le génie civil, le design en font partie et à présent, notre entrée dans l'ère de l'écologie viendra assainir toutes les erreurs que l'évolution inconsciente engendre et a engendré. La finalité de ce travail est d'adapter de mieux en mieux l'homme à son environnement. À terme, l'humanité parviendra à construire un monde parfaitement sécurisé, esthétique, à taille humaine, en totale harmonie et respect de l'écosystème dont nous aurons pleinement pris conscience que nous faisons parti.
La maîtrise progressive du questionnement emploie elle aussi un nombre considérable d'êtres humains. Toutes les recherches, qu'elles soient scientifiques, philosophiques, spirituelles, ésotériques, etc., travaillent dans ce but.
Motivé par un besoin permanent de réponses, l'homme cherche à découvrir son monde, à comprendre la composition de ce monde, son sens et le sens de notre présence dans un tel monde.
À terme, l'être humain parviendra à répondre à toutes ces questions. L'homme comprendra la logique et l'intention première de ce qui fait « qu'il y a quelque chose plutôt que rien ». Il déchiffrera notre rôle à l'intérieur de cette création. Notre espèce sera alors définitivement libérée de ses angoisses métaphysiques, de ses peurs, ses inquiétudes et son sentiment d'absurde.
Tout être humain, par le "bien" comme par le "mal", travaille à une de ces activités créatrices.
Tel est le point de vue de notre philosophie.

Qui peut savoir si le souffle des fils d'Adam monte en haut tandis que le souffle des animaux descend en bas, vers la terre. Le Roi Salomon. L'ecclésiaste.
Chaque action humaine vise (directement ou indirectement), à l'amélioration d'un de ces trois chantiers principaux.
Ce long travail de perfectionnement transforme peu à peu un primate naturel en humain abouti. Un animal soumis aux aléas de la nature, en un humain accompli et en harmonie avec son milieu. Un singe condamné à s'accroître aux dépens de ses congénères, en un humain parfaitement respectueux d'autrui. Un primate ignorant tout de sa condition, en un homme ayant déchiffré son monde et le sens de sa présence dans un tel monde.
Cette spectaculaire métamorphose s'insère dans l'évolution générale du vivant. Elle est inclue dans « la montée progressive du psychisme vers un psychisme supérieur».*
Aujourd'hui nous sommes à un point de cette évolution. Un point situé quelque part entre la naissance de l'humanité et la « perfection indépassable » vers laquelle elle se dirige.
2001.
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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