
L’autodidacte entretient en outre un rapport hétérodoxe à la culture et au savoir, puisque sa formation ne ressemble pas à celle des autres et a donc quelque chose de composite et d’unique. Là encore toutefois, il est possible de saisir une attitude générale, fondée à la fois sur un immense appétit de connaissances et sur l’aspect désordonné de celles-ci :
La « boulimie » culturelle de l’autodidacte est une caractéristique presque toujours associée par les autodidactes eux-mêmes à l’« anarchie » culturelle, qui ne saurait se confondre avec l’érudition du lettré qui a « appris à apprendre ». Elle est décrite comme une accumulation désordonnée de savoirs disparates et de lectures « ambitieuses ». (Poliak, p. 173, 174)
Cette rage de lire concerne au premier chef la culture générale, qui est hautement valorisée par le système scolaire face auquel l’autodidacte espère toujours réduire le décalage qu’il ressent comme une marque d’infériorité. La littérature, la philosophie ou les sciences humaines constituent son gibier le plus naturel (les lectures « scientifiques » n’étant pas à la portée de cet éternel amateur qu’est l’autodidacte).
Réciproquement, l’autodidacte constitue une figure de prédilection pour l’écrivain. Sa nature incertaine et hybride, son désir d’ascension sociale et son potentiel dramatique font de lui un personnage typique par lequel l’écrivain est amené à projeter un peu de lui-même — l’écrivain étant, par définition, un être qui a appris son métier et trouvé ses maîtres en dehors de l’école. Mais si tout écrivain est toujours à quelque degré un autodidacte, y compris lorsqu’il passe par les ateliers de création littéraire particulièrement en vogue en Amérique du Nord, il existe d’importantes nuances.
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L’Autodidacte n’a pas de nom propre, donc pas d’identité : c’est un type, comme l’atteste la majuscule au début du mot. Il rêve de se conformer à un idéal bourgeois et s’imagine, une fois sa « formation » terminée, une fois son ascension sociale complétée, faisant partie de l’élite et voyageant en compagnie de ses semblables. La culture qu’il n’a pas reçue en héritage, par sa famille ou par l’école, il veut l’obtenir par le travail et par la bonne volonté. Mais cette culture acquise à force de discipline individuelle ne suffit pas à lui donner une personnalité, car elle demeure une pâle copie de celle des autres.
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J’étais l’autodidacte exemplaire. J’aurai toujours une grande admiration pour les écrivains et les intellectuels autodidactes, et une certaine méfiance, fondée sur un sentiment d’insécurité, vis-à-vis des universitaires. Je ne serai jamais rassuré. Toujours il me semblera que mes bases sont fragiles et qu’un jour tous mes mécanismes intellectuels se dérégleront. Cela ira si loin que dès que je prendrai la plume pour écrire, je me sentirai quelque peu coupable. Je me demanderai souvent si tout mon travail n’est pas de l’imposture. Comme si j’avais volé, tel Prométhée, un feu secret qui ne m’était pas dû. Assurément qu’un jour je serais démasqué et que l’imposteur serait réduit au silence. C’est avec ce sentiment de ma propre fragilité que je devrai m’arracher chaque vers et chaque ligne d’écriture. (p. 27)
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Gaston Miron, par exemple, se décrit à son ami français Claude Haeffely en dressant la liste des auteurs classiques qu’il n’a pas lus :
Moi qui extérieurement parais avoir une culture littéraire, n’ai jamais lu de ma vie : aucun Grec, aucun latin, ni Rabelais, ni Montaigne, ni Montesquieu, pas un classique français, aucun Racine, sauf Athalie, aucun Corneille, sauf Polyeucte, pas du tout Pascal, La Bruyère, Buffon, Bossuet, Fénelon, ni Diderot ni les Encyclopédistes, pas Chateaubriand, ni Hugo, à quelques vers près, à l’école, jamais un Balzac, pas un seul Stendhal, Flaubert, Maupassant, Bloy, Zola, Gide, Bernanos, Sartre, Camus (sauf la Peste, par hasard), pas un seul livre de ces auteurs, ni des autres. (p. 129)
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Test de personnalité de psychologies
Êtes vous un vrai gentil ?
Vous êtes gentil par faiblesse
Sensible, empathique, vous vibrez à l’unisson avec votre entourage, que vous savez décrypter sans qu’un mot soit échangé. Vous êtes de ceux que l’on qualifie spontanément de gentils et de serviables, car toujours prêt à proposer vos services. Mais, revers de la médaille, votre hyper-empathie frôle parfois la soumission. Trop dépendant du regard d’autrui, vous avez tendance à fuir toutes les situations potentiellement conflictuelles. Si l’on forçait le trait, on pourrait dire que vous êtes gentil tant que cela ne vous engage pas trop. Prendre la défense de quelqu'un contre le groupe, très peu pour vous. Cette difficulté à incarner des convictions ou à résister aux influences dominantes peut trouver sa source dans une éducation autoritaire. Quand la parole de l’enfant n’est ni entendue ni respectée, l’estime de soi ne peut se construire. D’où la propension, plus tard, à faire le dos rond pour se protéger.
Développez votre sécurité intérieure. Une bonne estime de soi permet d’assurer une certaine sécurité intérieure. En distribuant, à tous et en abondance, vos services, attentions et compliments, vous bradez votre gentillesse et abîmez votre estime de soi. Pourquoi ne pas essayer plutôt d’être aimable avec tous et vraiment généreux avec ceux qui vous semblent le mériter le plus ? En sélectionnant, vous vous engagez, et votre générosité retrouve
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Pascal croyait-il? Il voulait croire. Et la volonté de croire, le will to believe, comme a dit William James, un autre probabiliste, est l’unique foi possible chez un homme qui a l’intelligence des mathématiques, une raison claire et le sens de l’objectivité.
Pascal se soulevait contre les preuves rationnelles, aristotéliques, de l’existence de Dieu (242), et faisait remarquer que « jamais auteur canonique ne s’est servi de la nature pour prouver Dieu » (243); quant aux trois moyens de croire qu’il signalait, la raison, la coutume et l’inspiration (245), il suffit de le lire en ayant l’esprit libre de préjugés pour sentir que lui, Pascal, n’a pas cru avec la raison, n’a jamais pu, quoique le voulant, arriver à croire avec la raison, ne s’est jamais convaincu de ce dont il était persuadé. Et ce fut là sa tragédie intime. Et il a cherché son salut dans un scepticisme qu’il aimait, contre un dogmatisme intime qu’il souffrait.
Dans les canons du Concile du Vatican, le premier texte qui fut dogmatiquement déclaré infaillible, l’anathème est lancé contre celui qui nie qu’on puisse démontrer rationnellement, scientifiquement (2) l’existence de Dieu, quand bien même celui qui le nie croit en Dieu. Cet anathème n’aurait-il pas atteint Pascal? On peut dire que Pascal, comme tant d’autres, ne croyait peut-être pas que Dieu ex-iste, mais qu’il in-siste, qu’il le cherchait dans le cœur, qu’il n’en eut pas besoin pour son expérience sur le vide, ni pour ses travaux scientifiques, et qu’il en avait besoin pour ne pas se sentir, faute de Lui, anéanti.
La vie intime de Pascal apparaît à nos yeux comme une tragédie. Tragédie qui peut se résumer dans ces mots de l’Évangile : « Je crois, aide mon incrédulité » (Marc, IX, 23). Ce qui, évidemment, n’est pas proprement croire, mais vouloir croire.
La vérité dont nous parle Pascal, quand il parle de « connaissance de cœur », ce n’est pas la vérité rationnelle, objective, ce n’est pas la réalité. Et il le savait. Tout son effort tendit à créer, sur le monde naturel, un autre monde, surnaturel; mais était-il convaincu de la réalité objective de cette surnature? Convaicu, non! Persuadé, peut-être. Et il se sermonnait lui-même.
Quelle différence y a-t-il entre cette position et celle des pyrrhoniens, de ces pyrrhoniens qu’il a tant combattus parce qu’il se sentait intimement pyrrhonien lui-même? Il y a celle-ci, que Pascal ne se résignait pas, ne se soumettait pas au doute, à la négation, à la scepsis, qu’il avait besoin du dogme et le cherchait en s’abêtissant. Et sa logique n’était pas une dialectique, mais une polémique; il ne cherchait pas une synthèse entre la thèse et l’antithèse; il restait, comme Proudhon, un autre pascalien à sa manière, dans la contradiction. « Rien ne nous plaît que le combat, mais non pas la victoire » (135). Il craignait la victoire, qui pouvait être celle de sa raison sur sa foi. « La plus cruelle guerre que Dieu puisse faire aux hommes en cette vie est de les laisser sans cette guerre qu’il est venu apporter » (498). Il craignait la paix, et pour cause! Il craignait de se rencontrer avec la nature, qui est la raison.
Mais en un homme, en un homme véritable et complet, en un être rationnel qui a conscience de sa raison, la foi existe-t-elle qui reconnaît la possibilité de démontrer rationnellement l’existence de Dieu? Le troisième degré de l’obéissance selon Ignace de Loyola est-il possible? On peut répondre : sans la grâce, non. Et qu’est-ce que la grâce? Une autre tragique échappatoire.
Quand Pascal s’agenouillait pour prier l’Être Suprême et sans parties (233), il lui demandait la soumission de sa propre raison. S’est-il soumis? Il a voulu se soumettre. Et il n’a trouvé le repos qu’avec la mort et dans la mort. Et aujourd’hui il vit en ceux qui, comme nous, ont touché son âme toute nue avec la nudité de leur âme.
Salamanque, février 1923.
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Platon lui, est plus précis encore. Indéfiniment, il s'en prend aux dangers moraux liés à l'enseignement de la rhétorique ou d'une prétendue vertu politique. Il s'en prend à Protagoras, à Gorgias, a Trasymaque. Discussions entre philosophes, dira-t-on ? Mais Platon ne discute pas avec la même obstination les autres philosophes, Héraclite ou Démocrite, Empédocle ou Diogène : il est clair qu'il réserve sa critique pour ceux qu'il juge responsables de la crise des valeurs morales et du rejet de toute transcendance. Jacqueline de Romilly les grands sophistes dans l'Athènes de Périclès
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Lu Xun a observé (dans un autre contexte) que chaque fois qu'un génie original se manifeste en ce monde, les gens s'efforcent aussitôt de s'en débarrasser. À cette fin, ils usent généralement de deux méthodes : la première, c'est la suppression pure et simple - on isole le personnage en question, on l'entoure d'un mur de silence, on l'enterre vivant. Si ces manoeuvres restent sans effet, on passe à la seconde méthode, bien plus radicale et redoutable, la glorification : on hisse les victimes sur un piédestal, on l'encense, et on en fait un dieu (Simon Leys). Nous pouvons ajouter à cela une troisième option : la décrédibilisation. On exhume d'infimes petites fautes placées sous une loupe pour faire diversion.
Aucune de ces trois stratégies ne tient avec le temps.
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Annah Arendt et Martin Heidegger, histoire d'un amour.
Martin Heidegger était entré dans des sphères ou presque personne ne pouvait le suivre et où il avait perçu des choses de la plus grande importance. Antonia Grunenberg.
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Maxence Van Der Meersch. La fille pauvre, le péché du monde.
Nous vivions comme tous les autres, dans la saleté et la brutalité. On n'a pas le temps, on est las. On casse ce qui résiste, on allume le poêle avec une lampe de pétrole, on enfonce les bouchons dans les bouteilles où l'on casse les goulots. Une boîte de sardines un peu dure, on la mettait en pièce à la tenaille, on l'arrachait. Et l'on épongeait l'huile tout autour, avec une croûte..
Chez nous mon père lisait son journal [...]. Ma mère et lui se battait quelquefois. Je pleurais, je les séparais en vain. [...]
(maman) nous piétinant dans des crises de fureur, avant que j'eusse compris pourquoi. Criarde ; elle se vantait volontiers, mais avait peur de mon père, sans l'avouer. Et il y a ainsi souvent, chez ceux qui frappent leurs enfants, plus de lâcheté qu'on ne le pense. Je me suis étonné parfois, plus tard, de voir cette femme, terrible pour nous, trembler devant d'autres, et se faire plus humble encore que moi.
Je ne compris jamais rien à l'école. J'arrivais là sachant tout juste lire, dans une classe où l'on parlait grammaire, où l'on appliquait la règle du participe, et les calculs de décimales. [...] je ne me suis jamais rendu compte qu'il put y avoir le moindre lien entre le langage que nous parlions et ses conjugaisons, ces règles d'accord que mes camarades débités. J'étais perdu tout à la queue, avec sept ou huit misérables de mon espèce, abandonné par une institutrice qui ne pouvait rien pour nous et qui devait se dire, au fond, que ça n'avait pas d'importance.
Et j'ai commencé là à me croire stupide, et accepter une existence inférieure et de soumission. Il en est resté quelque chose, une défiance, une crainte excessive de moi-même, un manque d'assurance et d'aisance qui ne s'effaceront jamais.
Hegel
Un grand homme condamne les humains à l’expliquer.
Holderlin
Lorsque j'étais un enfant,
Un dieu souvent m'a sauvé
Des cris et de la cravache des hommes,
Je jouais, alors, sûr et bon,
Avec les fleurs du bois,
Et les brises du ciel
Jouaient avec moi.
Benoist-Méchin, à propos de Rilke
En l'arrachant ainsi au silence, il me semblait que je lui faisais du tort, que je commettais envers lui une cruauté inutile. Je sentais qu'il souffrait de chacune de mes paroles, comme ces plantes dont la merveilleuse délicatesse épanouit ou rétracte les feuilles suivant les nuances les plus imperceptibles de la lumière ou de l'ombre.
Rainer Maria, Rilke
Car je ne connaissais pas encore la gloire, cette démolition publique d'un qui devient et dans le chantier duquel la foule fait irruption en déplaçant les pierres.
Jeune homme quelque part en qui monte je ne sais quoi qui te fait frémir, profite de ton obscurité. Et si te contredisent ceux qui font fi de toi, et si t’abandonnent tout à fait ceux avec qui tu fréquentais, et s’ils veulent t’extirper, à cause de ta chère pensée, qu’importe ce danger visible qui te concentre en toi-même auprès de la maligne hostilité, plus tard, de la gloire – qui te rend inoffensif en t’épandant.
Ne demande à personne de parler de toi, même pas avec dédain. Et si le temps passe et que tu t’aperçoives que ton nom circule parmi les hommes, n’en fais pas plus de cas que de tout ce que tu trouves dans leur bouche. Pense qu’il est devenu mauvais, et rejette-le. Prends-en un autre, n’importe lequel, pour que Dieu puisse t’appeler en pleine nuit. Et tiens-le secret à tous.
Les cahiers de M.L.Brigge.
La mairie du village ou je réside dorénavant vient de débaptiser l'impasse du croteil qui devient l'impasse des Bernardines. J'en suis ravi et je me suis penché un peu sur l'histoire de cette congrégation qui semble découler de Bernard de Clairvaux dont wikipedia nous dit qu'il fut relativement conservateur, vis à vis des arts par exemple, mais qu'il a lutté contre les violences anti juives, ce me procure une joie certaine d'habiter là.
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En Germanie, sa campagne pour la croisade lui donne l'occasion de combattre les discours du prédicateur populaire Raoul ou Rodolphe, un ancien moine cistercien de Clairvaux qui forçait les Juifs à choisir entre le baptême et la mort et provoqua contre eux une flambée de violences. Alerté par les évêques qui protégeaient traditionnellement les Juifs Bernard, qui est partisan du baptême forcé des païens, suit, au sujet des juifs, la doctrine traditionnelle de l'Église selon laquelle leur conversion doit être obtenue par la prière : « Serait-elle abolie cette prière universelle que l'Église élève du lever au coucher du soleil pour les Juifs incrédules - pro perfidis Iudaeis - pour que le Seigneur Dieu ôte le voile de leurs cœurs et qu'ils passent de leurs ténèbres à la lumière de la vérité ? ».
S'en prenant à Rodolphe, il affirme que celui-ci « n'a reçu de personne mission de prêcher ». « Ni les anges ni les apôtres n'approuvent le meurtre des Juifs. L'Église prie au contraire pour leur conversion et elle est assurée », affirme Bernard qui, paraphrasant l'apôtre Paul, affirme « qu'à la fin des temps tout Israël sera sauvé ». « La doctrine de Rodolphe ne procède pas de Dieu : elle vient du Démon, le père du mensonge qui est homicide depuis le commencement ». Lors de ses déplacements en Allemagne, Bernard ne cesse de répéter: « Ne touchez pas aux Juifs, ils sont la chair et les os du Seigneur. » Les sources juives révèlent une connaissance précise des faits mais aussi des motivations théologiques invoquées par Bernard pour la défense des Juifs. L'auteur du Sepher Zekhira [« Livre de souvenir »] parle avec reconnaissance du sauvetage des communautés allemandes grâce à l'intervention de Bernard : « Et Dieu envoya après cet homme de Bélial un digne prêtre, grand et maître de tous les prêtres... du nom de Bernard, abbé de Clairvaux... Il leur parla en ces termes : "Il est bon que vous marchiez contre les Ismaélites, mais celui qui touche à un juif pour le tuer, c'est comme s'il touchait à Jésus lui-même. Et mon disciple Rodolphe, qui a dit de les exterminer, n'a pas parlé justement, car il est écrit à leur propos dans les psaumes : « Ne le tue pas de peur que mon peur n'oublie... »" Et sans la miséricorde de cet abbé, il ne serait pas resté d'Israël un seul survivant ». Dans sa lettre aux habitants de l'Allemagne, Bernard écrivait : « Nous avons appris, et nous en sommes réjouis, que parmi vous brûlait l'ardeur de Dieu. Mais il convient que ne fasse pas défaut la compréhension. Il ne faut pas s'attaquer aux Juifs, ni les tuers, ni même les expulser. [...] Ils ont été dispersés et souffrent un dur exil sous des souverains chrétiens. Mais ils reviendront vers le soir et, au temps marqué, ils croiront. Et alors, selon les paroles de l'apôtre : jusqu'à ce soit entré la totalité des païens, c'est alors qu'Israël sera sauvé. » (Romains XI, 25-26). L'attitude de Bernard sur la question juive est celle de l'Église au XIIe siècle qui se fonde sur les Pères des Ve et VIe siècles : « Il est interdit de tuer les juifs, tout en les abaissant, parce qu'ils témoignent de la vérité de la foi chrétienne, incarnant comme ils le font le sort de ceux auxquels la foi fut donnée d'abord, et qui, dans leur aveuglement, l'ont repoussée, et se refusent à voir la lumière qui brille autour d'eux."
Mais ce ne fut pas pour autant un saint, son attitude envers les cathares en témoigne.
Pour en savoir un peu plus sur l'auteur, pour un petit historique de la pensée tonizzienne, et pour un survol rapide de la théorie
le sommet du tragique consiste sans nul doute à être mal compris. Soren Kierkegaard
Car le propre de la grandeur d'un homme, c'est d'être un instrument de choix dans la main de Dieu ; mais dès qu'il se flatte d'être l'auteur même de ses actes, de pouvoir lui-même voir dans l'avenir par ses intentions est à cet égard purifié ses moyens … Dès lors sa grandeur cesse. Kierkegaard
C'est alors que je ressentais d'un coup et ma grandeur et ma petitesse ; essai de grande puissance : l'orgueil, l'humilité, faisaient enfin en moi un souriant ménage. Kierkegaard
Les historiens ont eu beaucoup de peine à apprécier avec justesse ce long temps couvert d'ombre qui commence pour notre philosophe et qui durera autant que sa vie même : quarante encore. Confondant l'intérieur avec l'extérieur, le dehors avec l'intime, ils croiront à un attristement, voire à une diminution de l'homme. Dans la négociation qu'il va bientôt conduire pour la réunion des églises, ils verront une tache diplomatique exécuté sans foi, sur l'ordre de ses maîtres ; dans ses lettres à Charles XII, à Pierre Legrand, ils auront tendance à voir les symptômes d'une agitation, plutôt que d'une activité saine. Juger ainsi, c'est se tromper. L'extérieur seul est attristé ; l'homme restera jusqu'au dernier souffle ce même adolescent passionné que nous avons vu entrer dans la vie. Un des mérites de M. Jean Baruzi est d'avoir su, dans ses beaux livres, ranimer cette indéfectible jeunesse.
Il a fallu pour éclairer le jugement que les érudits explorent enfin les immenses archives laissées à Hanovre par l'archiviste même.
(...)
Du fond de ce fauteuil dont il ne se levait hier, refuge de ses nuits comme de séjour, Leibniz, méditant, rêvassant ouragan, chercher à faire sienne toute l'expérience humaine. Il correspondait avec des esprits de toutes sortes, diplomate, religieux, mathématicienne, médecin : voici les lettres reçues, les minutes des réponses. Toutes les pensées, tous les êtres, tous les peuples : voici la Chine dont les secrets passionnent le solitaire : d'obligeants missionnaires jésuites lui disent ce qu'ils trouvent dans les manuscrits qu'ils déchiffrent. Tout est là, nous tenons le butin de la planche à écrire que le philosophe tenait sur ses genoux. Son écriture est, par elle-même, un émouvant spectacle : les belles et changeantes volutes expriment tour à tour l'impatience, l'enthousiasme, la joie de vaincre un problème difficile, la joie de recevoir, de porter la lumière.
Georges Gurvitch n’a jamais été un philosophe installé, par choix personnel et parce qu’il fut étroitement associés aux grandes turbulences de ce siècle. Son refus de l’établissement dans une routine quotidienne, un système théorique, une dévotion politique annonce les Grands refus des jeunesses actuelles. Il a nourri une verve polémique, un dégoût du confort intellectuel et des compromissions, qui ont engendré des ressentiments encore vivant.
(...) Au même titre que la définition qu'il se donnait de lui-même : celle du militant d'une révolution (des consciences en ce qui me concerne) qui assurerait l'avènement de la liberté humaine.
Le bois du Hêtre, de couleur en général jaune clair à rosée, présente un aspect homogène sans duramen distinct.
C'est un bois dur
Le bois de hêtre dès l'abattage et avant le débit en scierie subit de manière constante une altération désignée sous les noms déchauffement. L'altération est due à un champignon et dégrade le bois très rapidement. Il convient par conséquent de le scier avant l'été suivant la coupe. Il existe des moyens de conservation du bois, en particulier par arrosage en saturant les grumes constamment d'eau.
La plupart des philosophes qui ont atteint la célébrité durant leur vie ont été oubliés peu de temps après leur mort.
[...]
Dans ce livre nous n’avons considéré que les philosophes dont les idées se sont révélées d’un intérêt et d’une importance durable. Paradoxalement, leur influence a été plus grande après leur mort que de leur vivant.
[…]
Ces faits nous conduisent naturellement à supposer que l’avenir proche de la philosophie se réfèrera probablement à des penseurs récemment disparu.
[…]
Qu'y aura-t-il de nouveau ? Vraisemblablement, des philosophes capables de modifier définitivement les termes d’un problème apparaîtront dans l’avenir, comme ils l’ont fait par le passé. Nous pensons à des philosophes semblables à Descartes et Kant, après lesquels rien en philosophie ne fut jamais semblable.
J’ai consacré ma vie au rapprochement entre les hommes. J’y ai taché entre les peuples de l’europe, et particulièrement entre les deux grands frères ennemis d’Occident. Je m’y efforce depuis dix années, entre l’Orient et l’Occident. Et je voudrais le tenter aussi entre les diverses formes de l’esprit, que l’Occident et l’Orient sont censés (à tort) représenter : la raison et la foi
Dans sa préface des dialogues entre Hilas et Philonous, Berkeley déclare que les conséquences immédiates des principes qu'il va développer, seront la ruine de l'athéisme et du septicisme.
De là le nom d'idéalisme donné au système de Berkeley, qui une fois admis comme vrai est inattaquable.
(auteur inconnu, dictionnaire de la conversation 1873 Firmin Didot)
On peut même, en se référant à Niezsche, déclarer, sans crainte d'abuser, que le surhomme est toujours un schizoïde combinant les dispositions agressive et mythomaniaque, ou encore agressive et paranoïaque. Lui seul possède à la fois les deux facultés indispensables à l'activité vraiment révolutionnaire : d'abord le don d'inventer, de promouvoir une doctrine nouvelle en philosophie, un nouveau système dexplication dans les sciences, ou encore de créer une école d'art brisant avec la tradition, ou, enfin de transformer la structure sociale au nom d'un idéal explosif.
Edgard-Maurice Wolff l'individualisme radical fondé sur la caractérologie
biographie symbolique 2
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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