Prenons un peu de recul et suivons le fil de l'histoire
Nous étions des primates naturels.
Nous sommes des hommes-constructeurs.
Nous allons vers l'humain accompli.
Autrement dit, sans en avoir encore conscience, nous construisons — depuis le premier silex taillé jusqu'aux technologies d'aujourd'hui et aprés — quelque chose qui ressemble à un paradis pour nos descendants les plus lointains.
D'après mon analyse, ce n'est qu'une question de temps.
Jusqu'à preuve du contraire, nous sommes les seuls êtres vivants dans l'univers à disposer d'une conscience, d'un cortex, d'une intelligence, d'une capacité d'analyse et d'évolution rapide. Nous sommes donc, pour l'instant, les seuls capables de rendre compte de la création — et il semble que nous ne puissions pas faire autrement. L'humanité ne s'arrêtera pas tant qu'elle n'aura pas tenté de répondre aux grandes questions qui la traversent depuis toujours : D'où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ?
La Mécanique Universelle est une tentative modeste et naïve de répondre à la troisième.
Selon notre analyse, l'humanité semble se diriger — progressivement, à son rythme, portée par sa propre logique — vers l'extase. Vers l'éveil. Vers ce que les grandes traditions spirituelles ont toujours pressenti sous des noms différents : l'amour absolu, la paix profonde, l'harmonie avec l'ensemble des choses. Un état qui implique, à terme, la fin des frontières, la mise en commun de tout, la disparition de la violence et de la compétition.
Cet état, l'homme-constructeur d'aujourd'hui le ressent souvent comme quelque chose d'inquiétant — voire de morbide. Et c'est tout à fait compréhensible. L'homme-constructeur aime la vie comme un défi, il aime se dépasser, compétir, conquérir. Ce sont des forces magnifiques qui nous ont menés jusqu'ici. Simplement, selon notre théorie, les humains futurs n'en auront plus besoin. Non pas parce qu'ils auront perdu quelque chose — mais parce qu'ils auront trouvé quelque chose de plus grand encore.
Pourquoi l'extase ? Parce que, selon notre théorie, elle est peut-être la véritable façon d'abolir la mort — non pas en supprimant le fait biologique, mais en faisant disparaître la peur. Depuis l'aube de l'humanité, nous luttons contre la mort par tous les moyens imaginables — la médecine, la religion, la philosophie, et aujourd'hui le transhumanisme. Les grandes spiritualités ont toutes, à leur façon, apporté des clés extraordinaires à cette question. Elles n'ont simplement pas été entendues — ni par la société civile, ni parfois par leur propre dogme.
Et si l'extase est effectivement la direction de l'évolution humaine, il y a sans doute un lien profond avec ce qui était là avant tout — avant la matière, avant le vivant, avant l'univers lui-même. En remontant ce fil — de l'extase à l'humanité, du vivant à la matière, de l'univers jusqu'au mur de Planck et au-delà — nous tentons, humblement, une chose un peu folle : démontrer que les grandes intuitions spirituelles de l'humanité avaient raison. Que ce que nous appelons Dieu pourrait bien être le sens même de l'amour.
Ce n'est qu'une hypothèse. Mais une hypothèse qui mérite, nous semble-t-il, d'être explorée sérieusement.
« L'humanité est destinée à atteindre son ultime perfection. »— Jean-Marc Tonizzo, Mécanique Universelle
→ Lire les introductions — pourquoi "ultime perfection" ?
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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