La vie spontanée et la vie interrogative"La démocratie est avant tout inventive de questionnement. Elle pose en tout cas comme problème global celui du questionnement." Épicure
L'indifférence avec laquelle la plupart de nos contemporains contemplent la CRÉATION, a de quoi interroger. Pourtant, il suffit d'interroger l'immensité de l'univers pour se confronter aux grandes questions métaphysiques. Il suffit de se pencher sur l'origine et la réalité de la matière pour saisir la puissance des énigmes de ce monde. Devant ces grandes interrogations le nihilisme aurait de quoi se rétracter. Il se révèle alors être un simple défaut de réflexion, et croire, au contraire, devient une évidence.
Il y a, me semble-t-il, deux grandes façons d'aborder l'existence. Ou bien on s'interroge sur son étrangeté en accueillant les questions qui en dépendent, ou bien on vit sans trop s'en poser.
Aucune des deux options n'est supérieure à l'autre. Les deux sont nécessaires pour construire ce monde.
Nihil déo, le point de vue nihiliste affirme : « dieu n'existe pas », « l'humanité, n'a pas de sens ». Mais cette façon de penser n'est possible qu'en occultant les questions existentielles. Quand on s'interroge sérieusement sur le monde, on se heurte fatalement à la présence d'un principe créateur. Quand on se projette avant la création le concept de Dieu ou de son équivalent, apparaît.
Chez les primates naturels, la plupart des actions sont gérées par l'instinct. Vivre sans but supérieur ni soucis du sens, n'est pas pour eux, un problème. Cela ne perturbe en rien leur vie ni celle du groupe. Ce n'est plus le cas de l'humanité consciente. Les conduites humaines ne sont plus uniquement encadrées par les lois de la nature. Elles obéissent à des valeurs et ce sont celles de la culture. L'idée de Dieu et les notions* qu'elle véhicule, est fondamentale pour notre santé psychique. Cette présence permet d'éviter un grand nombre de conduites absurdes.
Le bon sens populaire se goure rarement. A choisir entre : "la vie a un sens" et "la vie n'a pas de sens", l'humanité préfère la première option. On peut y voir une preuve de notre besoin de nous améliorer et de tendre vers un but supérieur. Un besoin de comprendre, inverse de la fatalité. Tous les mécanismes de l'humanité nous poussent dans ce sens.
Jusqu'à ce que la science parvienne à nous offrir la certitude qu'il y a, ou qu'il n'y a pas de présence divine à l'origine de la création, l'esprit angoissé et curieux de l'homme, s'acharnera à résoudre ce puissant foyer d'inquiétude.
An 2001
philosophie et divin
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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