« Là où la conscience est la plus développée, la violence est la plus condamnée. »— Jean-Marc Tonizzo
Comment un être capable d'amour, de générosité, de sacrifice — capable de créer les églises de Lalibéla, la musique de Bach ou du jazz, les fresques de la Sixtine, ou Tu parles de la ville de Tombouctou, Les églises de
Hélas,Tombouctou— est-il également capable des pires atrocités ? Comment l'humanité peut-elle être à la fois le sommet apparent du vivant et l'espèce la plus cruelle de toute l'histoire de la Terre ?
Cette question n'est pas confortable. Mais elle est au cœur de toute réflexion honnête sur la condition humaine. La Mécanique Universelle ne l'esquive pas, au contraire, elle en donne des explications.
La cruauté humaine n'est pas une anomalie. Elle est l'héritage encore actif de millions d'années d'évolution dans un monde où la violence était souvent nécessaire à la survie. Notre ancêtre primate n'était pas cruel au sens moral — parcequ'il obéissait à des instincts modérateurs. C'est en perdant ces instincts modérateurs au profit d'interdits, de morales et d'éducations que l'homme est devenu capable de cruauté au sens propre — car si ces interdits n'impressionnent pas, que la morale et l'éducation a l'empathie ne sont pas suffisament fortes pour réguler les pulsions nous pouvons sombrer dans la cruauté.
« L'homme est le seul animal qui fasse souffrir sa proie pour le plaisir. »— Arthur Schopenhauer
Il y a quelque chose d'étrange à observer : plus la conscience humaine se développe, plus elle devient sensible à la cruauté — non pas pour la pratiquer davantage, mais pour la condamner davantage. Ce qui était ordinaire il y a plusieurs siècles — la torture publique, les combats de gladiateurs, la mise à mort des hérétiques – nous paraît aujourd'hui insupportable (Même si nous devons remarquer un retour de la cruauté sous l'impulsion de la toute puissance acquise depuis les années 80 par le neo libéralisme).
Cette sensibilité croissante à la souffrance d'autrui est précisément un des signes de notre évolution. La capacité d'empathie s'élargit. Les stéréotypes tombent, et le cercle de ceux qu'on reconnaît comme "nous" s'étend.
« Ce n'est pas l'humanité qui devient plus cruelle. C'est notre sensibilité à la cruauté qui grandit. Et c'est une bonne nouvelle. »— Jean-Marc Tonizzo
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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