"Les institutions passent par trois périodes : celle des services, celle des privilèges, celle des abus."— Chateaubriand

La raison pure est pratique par elle seule et donne à l'homme une loi universelle que nous nommons la loi morale. Kant
Accepter la fatalité est la route de l'extase, y résister, est celle de l'évolution. La contemplation est à l'origine de l'éveil, l'action à celle du progrès. La contemplation et le « non jugement » d'un côté, l'insatisfaction et la prise de position de l'autre.
Selon notre philosophie, le monde est toujours parfait au présent, tout en étant perfectible. Autrement dit : au présent, l'humanité ne peut d'être plus évoluée que ce qu'elle est mais l'homme doit penser le contraire pour avoir le désir de la changer. Cette permanente insatisfaction est le plus puissant moteur de notre évolution.
La nature a prédestiné l'homme à la vie sociale, elle a voulu le travail commun. Bergson.
Grâce à cette insatisfaction, nous changeonsquotidiennement notre monde. Nous le hissons de sa condition animale (prédation, esprit de clan, agressivité), vers ses valeurs humaines. Mais passer du monde primaire et claniqued'aujourd'hui à un monde osmotique et universel, est une chose difficile. Quitter l'égoïsme et l'égocentrisme de nos origines primates pour la sagesse humaine, est avant tout une affaire de valeurs à privilégier. L'humanité aurait les moyens de le réaliser. Nous savons mondialiser le Coca-Cola, pourquoi ne parviendrions-nous pas à mondialiser les grandes valeurs humaines ? Les grandes valeurs comme l'universalité, le respect d'autrui et la solidarité ...

Aimer le monde tel qu'il est plutôt que de le désirer à notre convenance dit Spinoza
Aucune culture, aucune civilisation n'est meilleure ou inférieure à une autre. Toutes mérites des louanges et des reproches, et chacune d'elle offre également sa totalité à l'humanité.
L'attitude actuelle de l'occidental, face à l'injustice, est tout à fait anxiogène. A travers les médias, il l'encourage – L'acceptation, ou plus précisément "l'encouragement", à ce néolibéralisme dérégulé, n'est qu'un permis d'abuser déguisé – il laisse les puissants abuser légalement d'autrui et puni sévèrement les pauvres qui s'y perdent.
Depuis quelques décennies, le marchémarchandise l'humain. Il développe les tendances abusantes. Il stimule la soif de richesses matérielles, le goût du luxe, le désir de pouvoirs primaires. Il accroît donc notre tendance à prendre du plaisir au détriment d'autrui. L'expansion de ces tendances, augmente naturellement le mépris des "dominants" envers les "dominés". Elles obligent les quelques pauvres avides de domination, à transgresser pour accéder à ces nouveaux désirs.
Ce principe inique, ramène nos démocraties vers les vieux fonctionnements autocratiques. Il institue l'incarcération et l'abus d'autrui comme valeur première de la société. Les statistiques sociologiques de nos prisons, sont éloquentes à ce sujet. Et ce mécanisme est exponentiel malgré l'enfermement à outrance pratiqué. Ignorer les causes de l'expansion des transgressions, n'a que deux issues possibles :
Dans les deux cas, les peuples font les frais de cette démission de la critique. Démission des médias (car une grande partie de la responsabilité incombe aux connivences journalistiques) et des intellectuels face à la prédation des dominants

La loi à elle seule ne peut empêcher l'abus d'autrui. Nous le savons bien, il y a de plus en plus de lois censées protéger l'individu.
Et pourtant, depuis la prise en main des médias par le marché, l'abus d'autrui est en expansion dans le monde (même si cet abus passe progressivement de physique à intellectuel).
Un processus systématique
Prenons un exemple
A présent, la loi interdit à l'homme de faire d'autrui un esclave. Et effectivement, l'esclavagesous ses formes antiques est pratiquement aboli. Pourtant, nous le constatons tous les jours, le marché maintient planétairement, des individus dans un esclavage larvé (et de moins en moins larvé d'ailleurs, puisqu'il n'est pas suffisamment critiqué par les médias et intellectuels).
Etre employé pour des salaires de survie, dans des conditions de travail lamentables et sans respect de la personne.... est le quotidien pour des milliards d'individus. C'est la monnaie courante de ce système industriel dont les injustices sont de plus en plus protégées par la loi
L'homme mauvais est celui qui s'abuse sur ses intentions véritables et les tient pour justifiées parce que sa conduite extérieure ne contredit pas la loi morale).. Kant
Un autre exemple
L'indulgence des médias envers le marché, autorise ce dernier à abuser de plus en plus l'humanité. Certains pans du marché sans scrupules n'ont aucun complexe à sur-endetter la partie vulnérable de la population pour vendre ses produits. Et ces abus sont dans la légalité. Ces abuseurs parviennent à nier autrui en étouffant leur empathie naturelle ou en commanditant sans se salir les mains.
Originellement, l'empathie est une donnée innée, présente dans chaque être humain. Elle est ensuite enrichie par l'éducation. Aujourd'hui l'éducation à l'empathie est défaillante alors que la négation d'autrui est donnée en exemple. L'homme peut alors nier l'existence d'autrui sans remords (en utilisant quelques auto-arguments pervers du type : - si ce n'est pas moi qui l'abuse, un autre le ferait à ma place !).
Aujourd'hui, il existe même des écoles apprenant la manipulation d'autrui à des fins mercantiles. Dans ces cours, des "psychologues" enseignent comment vendre en violant tout simplement la volonté du consommateur, donc du sujet.
Texte écrit aux alentours de l'an 2000
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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