"L'être n'est pas une chose, n'est pas dans le temps."— Martin Heidegger

Il faut beaucoup de naïveté pour faire de grandes choses. René Crevel
Le nazismevoulait supprimer la partie sensible, émotionnelle, artistique, originale, énigmatique, révolutionnaire, de sa nation (c'est pourquoi il à voulu faire disparaitre sa communauté juive et tsigane, ses homosexuels, ses communistes, ses artistes, ses handicapés).
Les peuples traditionnels et fortement spiritualisés (que ce régime dictatorial méprisait), vénéraient au contraire, leurs chamans, leurs artistes, leurs simples d'esprits, leurs différents. Bref, ils respectaient leur part de sensibilité.
L'aventure nazi doit servir de leçon. Un régime qui exclus, maltraite ou pire, élimine sa part sensible, est voué à la disparition.
Par certains côté (mais sans comparaison), le libéralisme actuel se comporte mal aujourd'hui envers ses fragiles, ses sensibles. Ses valeurs durcissent la société. Elles idolâtrent les compétiteurs et abandonnent les "inadaptés". Pour cette idéologie, le faible doit apprendre à se défendre du fort, on doit enseigner à la partie paisible et naïve de la population, comment se défendre dans un monde de sauvages.
Au lieu de moraliser le marché, les médias proposent des programmes pour endurcir la partie douce et candide de la population. Pourtant, la logique de notre évolution vers le mieux, voudrait au contraire qu'on éduque les premiers pour qu'ils apprennent à ne plus abuser de la population vulnérable. C'est la seule façon de permettre à l'humanité de tendre vers toujours plus d'humanité. Pour évoluer vers une société de plus en plus humaine, il s'agirait de travailler sur le dominant (comme la démocratie le suggère d'ailleurs) et non pas d'élever l'humanité à l'état d'esprit agressif et régressif des dominants.
Il ne s'agit pas d'apprendre à l'homme comment survivre dans un monde de sauvages, mais de rendre plus humains les "sauvages" de l'humanité.
Plus la population fragile souffre, plus le monde est aux mains des dominants .. voilà le baromètre de notre niveau d'intelligence chaude.
Le degré de souffrance de la population vulnérablepeut servir d'échelle dévolution. Il peut permettre de savoir quelle distance nous avons mis entre l'humain et l'ordre sauvage. Dans la nature, les animaux fragiles, les faibles et les petits, sont les proies toutes désignées des prédateurs (ce principe est d'ailleurs un des arguments utilisées par la perversion narcissique et le racisme pour justifier leurs archaïsmes). Le principe démocratique inverse cet état de chose. Il accorde la souveraineté au peuple, par essence plus fragile.
Aujourd'hui, sous le règne du libéralisme et du marché, le peuple sert de proie et d'ustensile aux dominants. Il prouve en cela, qu'il est devenu un système fondamentalement anti-démocratique.
Les états sont de moins en moins capables de protéger la population sensible des prédateurs. Nous pouvons interpréter cela comme un retour de l'espèce humaine vers les lois de la nature.

Si l'homme a justement quitté le monde animal, c'est avant tout pour remplacer les lois injustes de la nature par les justes lois de la culture.
Ces lois doivent nous permettre de comprendre le sens de l'humanité. Un sens qui fait de nous des êtres de plus en plus humains. Nous devons donc obéir à cette évolution vers toujours plus d'humanité.
La capacité à protéger le vulnérable de ses prédateurs, différencie notre psychisme de celui de l'animal. Ce n'est pas une mince qualité. N'oublions pas que c'est grâce à cette population sensible (les chamans, les prophètes, les artistes ...) que l'humanité a développé sa conscience, son humanité et son contact avec le divin.
Chez les lions, un tiers des lionceaux sont tués par leurs propres dominants pour asseoir leur domination et s'accoupler aux femelles. Que dire alors de la guerre, de la violence, des meurtres par personnes interposées générés par nos propres dominants ? Ne sont-ils pas, à cause de la force de leurs pulsions, les assassins de leur propres enfants ? Ne sont-ils pas responsables de la mort d'une quantité énorme de leurs congénères ?
Nous sommes bien loin du comportement des baleines, des dauphins, des éléphants. Des mammifères supérieurs dépourvus de violence envers les individus de leur espèce.
La loi à elle seule, ne peut donc pas résoudre le problème de la négation d'autrui. C'est une question de changement de valeurs et d'ouverture de conscience. Pour cela, il nous faudra faire passer la morale universelle, les valeurs humaines et l'amour d'autrui, avant la loi du marché.
Texte datant du début des années 2000
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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