"Il ne s'agit pas d'apprendre à l'homme comment survivre de mieux en mieux dans un monde de sauvages, mais de rendre de plus en plus humaine notre humanité."— Jean-Marc Tonizzo

Pour l'ultra libéralisme, l'abusé doit apprendre à se défendre de l'abuseur. La proposition parle d'elle-même. Les dominants sont donc incapables de modifier leur comportement. Ils essaient de contourner le problème en enseignant à la partie paisible et naïve de la population, comment se défendre dans un monde de sauvages.
Au lieu de faire des émissions pour moraliser le marché, les médias élaborent des programmes pour rendre maligne et combative la partie douce et candide de la population, pour lui faire perdre de sa naïveté. La logique voudrait au contraire qu'on éduque les premiers à ne plus abuser de la population vulnérable afin que l'humanité puisse tendre vers toujours plus d'humanité..
En effet, pour évoluer vers une société de plus en plus humaine, il s'agirait de travailler sur le dominant (comme la démocratie le suggère) et non pas d'élever l'humanité douce à leur état d'esprit agressif et régressif.
Il ne s'agit pas d'apprendre à l'homme comment survivre de mieux en mieux dans un monde de sauvages, mais de rendre de plus en plus humaine notre humanité.
Plus la population fragile souffre, plus le monde est aux mains des dominants Le degré de souffrance de la population vulnérable peut servir d'échelle pour savoir à quelle distance nous sommes de l'ordre sauvage. Dans la nature, les animaux fragiles, les faibles et les petits, servent de proies. Le principe démocratique inverse cet état de chose, il accorde la souveraineté au peuple par essence plus fragile.
Aujourd'hui, sous le règne du libéralisme et du marché, le peuple sert de proie ou d'ustensile aux dominants. Nous sommes donc dans un système totalement anti-démocratique.
Dans ce type d'évolution violente et inconsciente imposée par le libéralisme, la population sensible est tout simplement assassinée ou poussée au suicide.
Les états sont de moins en moins capables de protéger la population sensible des prédateurs. Nous pouvons interpréter cela comme un retour de l'espèce humaine vers les lois de la nature.
Si l'homme a justement quitté le monde animal, c'est avant tout pour rompre avec les lois injustes de la nature.
La capacité à protéger le vulnérable de ses prédateurs, différencie l'homme de l'animal. Ce n'est pas une mince qualité car n'oublions pas que c'est grâce à cette population sensible (les chamans, les prophètes, les artistes ...) que l'humanité a développé sa conscience, son humanité et son contact avec le divin.
Chez les lions, un tiers des lionceaux est exterminé par leurs propres dominants qui perpétuent ces meurtres pour s'accoupler avec les femelles.
Que dire alors de la guerre, de la violence, des meurtres par personnes interposées générés par nos propres dominants, responsables par leur psychisme bestial de la mort d'une quantité énorme de leurs congénères ?
Nous sommes bien loin du comportement des baleines, des dauphins, des éléphants, mammifères supérieurs qui ne portent plus aucune violence envers les individus de leur espèce.
La loi à elle seule, ne peut donc pas résoudre le problème de la négation d'autrui. C'est une question de changement de valeurs et d'ouverture de conscience. Pour cela, il nous faut faire passer la morale universelle, les valeurs humaines et l'amour d'autrui, avant la loi du marché.
écrit en 2000
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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