
On peut dire du monde occidental qu'il est plutôt posé sur le volontarisme. La baisse actuelle de l'influence religieuse y est sans doute pour beaucoup. La réussite sociale et technique, basée en grande partie sur cette volonté ont fait de l'occident un exemple. L'esprit agressif et la suractivité qui en découle s'est donc naturellement imposée à la planète toute entière.
Mais le volontarisme, comme le fatalisme (son opposé), ont des cotés positifs et négatifs. Cette réflexion conduit donc à une des grandes dualités de la philosophie et du monde contemporain.
Chacune à leur échelle, les deux conceptions sont également justes.
Si l'on observe l'évolution de notre espèce entre l'époque où elle se confondait encore avec les primates naturels et l'époque actuelle, nous pouvons distinguer une orientation constante de l'humanité vers des valeurs morales et éthiques bien précises et cela sans intervention véritable consciente et lucide de l'homme. Ce n'est pas la volonté déterminée et réfléchie de l'homme qui a fait progresser peu à peu l'humanité vers le bien. Pourtant notre espèce s'est progressivement hissée vers la morale comme si elle suivait un plan déterminé. C'est donc en réalité la volonté du principe créateur qui a poussé notre humanité dans ce sens.
En suivant cette logique, ceux qui remettent leurs actions et leur destin entre les mains de Dieu (inshAllah) ont parfaitement raison.
D'un autre côté, l'homme d'aujourd'hui (à la différence de notre ancêtre Croc-Magnon), bénéficie d'une somme de connaissances et d'un niveau de conscience le rendant apte à comprendre la finalité de tout son parcours de progrès. En effet, l'évolution de la justice, de la morale, du droit, de l'éthique, de l'universalisme, de la fraternité, de la liberté, et de l'égalité, travaillent à installer ce dont la plupart des hommes sur terre rêvent c'est-à-dire : la paix, la sécurité, l'amitié, le partage, la fraternité, la liberté, la justice etc.
Sachant cela, il est tout à fait normal aussi, de ne pas accepter la lenteur de l'évolution humaine, d'être pressé de voir s'installer un monde de paix, de refuser la fatalité et de vouloir ainsi agir sur ce monde pour le changer.
Ces deux états d'esprit, au lieu d'être antagonistes et ennemis, (le contemplatif trouvant absurde l'agitation pathologique de l'hyperactif, et l'hyperactif incapable de comprendre le contemplatif, le traitant d'inutile et voulant à tout prix le convaincre à sa pathologie hyperactive), devraient être alliés puisqu'agissant pour la même cause, c'est-à-dire construire progressivement l'humanité.
Si la fatalité et la contemplation sont les enfants naturels de l'éveil absolu, l'insatisfaction et la résistance, sont les mères naturelles du progrès.
an 2001
Pèlerin Russe
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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