Selon la mecaniqueuniverselle, il semble impossible que la société humaine (et sa façon de tendre sans cesse vers son unification), puisse dévier d'une sorte de but final, que nos décrivons sur ce site, qu'elle arrête sa marche inexorable avant son terme ; la perfection.
Tout, pourtant, dans l'observation du monde (guerres, réchauffement climatique, surconsommation, gaspillage, surdité des dominants etc.) semble alimenter le sentiment inverse. Tout semble accréditer l'idée d'une évolution offerte au hasard et qu'un rien peut interrompre, une évolution pour laquelle tous les scénarios sont possibles.
La science-fiction, la littérature prospective et les romans d'anticipations, enrichissent depuis 60 ans nos imaginaires de scénarios catastrophes en tous genres (mais qui, pour la S-F tout au moins semble la plupart du temps trouvé une heureuse fin). Dans les diverses conclusions négatives, certains imaginent l'extinction pure et simple de la civilisation humaine (il est tout de même remarquable que l'homme ne disparaît jamais tout à fait, il peut être asservi par toutes sortes d'extra terrestres, de machines ou d'animaux ou devoir repartir à zéro pour reconstruire l'humanité mais l'homme est toujours présent) et d'autres pré-voient la prise en main de l'humanité par une super dictature.
L'histoire humaine il est vrai, est jalonné de moment de grande dictature. L'idée de maîtriser le monde a fleuri dans bien des esprits dominants et cette propension animale, cette babouinerie selon Albert Cohen, dont les deux essences sont le désir de pouvoirs et la peur d'être asservi, ne semble malheureusement pas encore sur le point de disparaître.
Seulement, l'histoire nous apprend aussi qu'aucune réelle dictature n'a réussi à s'imposer universellement et surtout de façon permanente. Le goût viscéral pour la liberté, la propension à venir en aide de celui qu'on maltraite, l'envie de justice et d'évolution positive, sont universellement répandues et ont constamment fait échouer l'installation continue de systèmes oppressifs.
Si l'évolution est « positive » (comme c'est le cas pour la démocratie en principe toujours plus génitrice de liberté et d'égalité pour ses citoyens)
tout retour en arrière est difficilement supporter et au
bout d'un moment le peuple finit par exiger le retour aux réformes positives.
Si cette évolution est « négative » (comme pour les régimes autoritaires) le système évolue vers son excès négatif, son seuil d'intolérabilité et le régime finit par être renversé (c'est le cas du nazisme).
A l'image du cinéma d'anticipation américain où les « bons » sont invariablement vainqueurs des « méchants » (le happy end), l'histoire humaine a constamment vu vaincre les idées progressistes sur les idées réactionnaires (les progressistes imaginent le futur et les réactionnaires bâtissent son présent, à l'habitude de dire jean marc Tonizzo, le sourire crâneur), elle a également toujours vu les régimes les plus riches en liberté et en égalité, prendre le pas sur les régimes oppressifs et servir de guide à l'humanité (et lorsque deux démocraties sont en compétition pour le leadership dans le monde, c'est toujours la plus évolué humainement qui sert de référence… jusqu'à présent ce fut les USA mais leur penchant binaire et "ONUicide" commence à détourner le monde d'eux).
Invariablement et de plus en plus (grâce à l'expansion de la sensibilité) l'humanité prend fait et cause des dominés et des oppressés contre les dominants lorsque les premiers sont dans leur bon droit.
Et même si par quelques manipulations sur l'opinion publique un groupe dominant peut asservir quelque temps un groupe dominé, il finit toujours par céder.
Au final, l'humanité ne pourra pas ne pas aller vers son ultime perfection.
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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