
En ce sens, on pourrait dire raisonnablement que toute la politique, que toute la réussite, que toute forme d'action opportune dans le domaine public, sont directement rattaches au soucis du bien commun, à la droiture - bref, à la moralité.
Jacqueline de Romilly, la grandeur de l'homme au siècle de Périclès.
Toutes les démocraties ne se valent pas. Leurs qualités et leurs défauts évoluent en fonction des dominances du moment et des élus au pouvoir. Certains leaders ont une haute opinion des valeurs transcendantes de la démocratie et choient leur peuple qu'ils savent souverain. D'autres, manipulent leurs opinions publiques et privilégient outrancièrement les élites du moment, ce qui les rapprochent plus des oligarchies que des véritables démocraties.
Mais malgré ces défauts, on ne peut pas confondre démocratie et dictature (et il est toujours préférable de vivre dans une démocratie, même imparfaite, plutôt que dans une tyrannie). Les démocraties offrent toujours quelques espaces de liberté et de critiques. Dans les dictatures au contraires, les libertés sont inexistantes. Pour s'y opposer, il ne reste à l'homme que la résistance secrète (et au péril de sa vie).
Mais s'il n'y a aucune commune mesure entre une démocratie et une dictature, on ne peut pas non plus confondre une « véritable démocratie » avec une « démocratie corrompue ».
J'appelle « démocratie corrompue » tout système qui, tout en se proclamant démocratique, permet aux classes dominantes de s'affirmer aux dépens du peuple. Tout système qui avantage l'élite élitiste (différente de l'élite bienveillante et consciente de son rôle en démocratie), au détriment du bien commun.
L'intérêt premier d'une démocratie, est d'inverser les lois de la nature. Par cette idéologie, le bonheur de l'ensemble domine celui de quelques dominants. Cette configuration ultra intelligente, réclame de ses élites, qu'elle se placent au service du peuple devenu souverain. Autrement dit, une démocratie qui privilégie ses leaders, comme cela semble être le cas depuis les années 90, s'éloigne des valeurs démocratiques et se rapproche au contraire des oligarchies, des ploutocraties, des bourgeoisies ou des aristocraties.
L'histoire décidera si elle considère les démocraties actuelles comme telles. En tout cas, depuis la chute du communisme, nous observons une lente dégradation des valeurs démocratiques (mais d'autres pans progressent)
"L'occident est en démocratie", martèlent les médias et les hommes politiques. Si c'était vrai, la souveraineté du peuple serait perceptible.
Le meilleur système actuel malgré ses défaillances. Tous les méfaits de la démocratie sont remédiables par davantage de démocratie E.
Smith
A travers bien des tourments, notre espèce se détache progressivement des organisations naturelles. L'homme s'éloigne peu à peu des lois de la nature. Il devient de plus en plus humain. Par cette évolution, l'humanité s'avance vers sa véritable liberté.
En résumé. Transposé à la nature, l'idéologie démocratique correspond à la souveraineté des dominés sur les dominants. C'est donc le triomphe des lois de la culture sur les lois de la nature. La victoire de la conscience sur les instincts. En ce sens, la démocratie est une véritable œuvre d'art. En effet, elle parvient à inverser les lois de la nature tout en conservant son énergie (parce qu'elle sait utiliser tout le potentiel de ses dominants, à l'inverse du communisme d’où son échec).
En démocratie, comme chez notre cousin singe, quelques dominants se hissent au sommet des hiérarchies. Grâce à leurs qualités naturelles, ces leaders accèdent aux pouvoirs. Mais à la différence de la nature les dominants ne doivent pas thésauriser les privilèges (comme c'est le cas chez les primates naturels), mais servir le peuple (exit De Gaulle). Autrement dit, l'instinct, l'énergie et les qualités des dominants sont préservées mais pour le bien commun. ils servent prioritairement à l'établissement de la souveraineté du peuple (par essence plus paisible).
Partant de cet idéal démocratique, nous pouvons déterminer les obstacles qui ralentissent l'établissement d'une véritable démocratie.
Le népotisme tout d'abord.
Quand le favoritisme, le piston, le clientélisme, installe aux postes important des dominants inférieurs, cela affaiblit la démocratie (et dans un monde ouvert, ce mécanisme fait reculer les nations sur l'échiquier planétaire, d’où le recul de la France). A la longue, en thésaurisant toutes les places influentes, le népotisme rétablit l'antagonisme entre les classes sociales. L'ENA, le sénat, les médias, le parlement, etc., sont repassés dans les mains exclusives d'une nouvelle bourgeoisie et de son esprit typique. La classe ouvrière en à été mécaniquement exclue et ses valeurs aussi.
L'inconscience ensuite.
En négligeant d'apprendre aux élites leur véritable rôle démocratique, on a toute les chances de les voir se comporter comme des aristocrates démocraticides. C'est l'inconscience encore, qui nous empêche de comprendre les mécanismes de ces régressions. Si l'on n'oppose pas suffisamment de résistance aux dominants, ils ne cessent d'augmenter leur pouvoir en réduisant ceux du peuple. Instinctivement, ils augmentent leurs privilèges et font régresser les acquis sociaux des employés. Si un système dominant ne rencontre pas d'oppositions, il organise intuitivement la société de façon à reconstituer une nouvelle forme d'esclavage (c'est exactement ce qui s'est passé depuis la chute du communisme).
L'humanité n'est pas parvenue à la démocratie par hasard. Cette philosophie politique « sur-naturelle », résulte d'un long processus d'évolution. Cette organisation sociale décline du fonctionnement primate naturel (dans lequel triomphe l'autorité incontestable et agressive des dominants naturels).
Progressivement, l'autorité tyrannique du dominant primate, s'est transformé en pouvoir arbitraire humain (celui du chef de clan, puis des familles régnantes, des noblesses de sang, des empereurs, des dictateurs), et d'évolution en évolution, l'humanité est parvenue à cette merveilleuse invention humaine qu'est la démocratie.
Entre nos origines animales et l'époque actuelle, nous pouvons mesurer l'énorme évolution politique accomplie. Chacun leur tour, tous les groupes humains ont apporté leur pierre à l'édifice. Grâce aux qualités inventives de nos prédécesseurs, nous avons arraché peu à peu notre espèce aux lois de la nature. Et, certes encore très lentement (mais sûrement), nous avançons vers les lois de la culture et leur respect.
Dec 2001
apparence démocratique
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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