Pour un libéralisme humanisteIl n'y a d'heureux que ceux dont l'âme imprègne, illumine le corps et vit en symbiose avec lui. Pierre Charbonneau
Il est utopique d'imaginer qu'un système de libre-échange parfaitement juste et symbiotique puisse déjà s'imposer planétairement. Illusoire de penser qu'une pratique bienveillante, honnête et droite, respectueuse et possédant une vision humaniste, soit déjà réalisable. La puissance des pulsions humaines, la faiblesse de notre conscience, la mosaïque des intérêts et la tentation à la domination, en obscurcissent pour l'instant, même la vue. Pourtant l'humanité se dirige irrépressiblement vers ce type de fonctionnement symbiotique. C'est tout au moins la thèse défendue ici comme nous le verrons dans un prochain chapitre.
L'ultra libéralisme pratiqué depuis vingt ans, satisfait et réjouit un petit nombre d'individus. Il délecte les libéraux agressifs et bien adaptés à la compétition internationale. Des êtres humains plutôt inconscients et sourds à la souffrance que leur système dérégulé inflige à la population vulnérable. C'est pourquoi ce modèle ne satisfait pas (sous sa forme actuelle) le plus grand nombre. Il maltraite une majorité humaine aspirant, au contraire, à l'action consciente, à la sécurité matérielle, à la dignité et à la paisibilité.
D'un autre côté, le libéralisme ne s'est pas imposé par hasard. Il a ses raisons d'être. Il stimule la liberté d'expression et de critique, deux qualités autorisant justement, une bonne évolution de cette doctrine (qualités inexistantes dans le communisme, d'où son échec).
La compétition développe le progrès. Le progrès améliore l'objet, l'assainit, le rend à terme, sûr, judicieux et inoffensif. Ce n'est donc ni l'émulation ni l'objet qui pose un problème à l'humanité mais notre incompréhension de leur sens réel. Si la consommation représente un gain pour l'homme, la sur-consommation constitue un danger. Il semble donc nécessaire d'approfondir notre conscience pour saisir correctement cette phrase de Hegel : « l'homme est l'outil de quelque chose de plus élevé et de plus vaste qu'il réalise de façon inconsciente ».
Les choses et les actions de l'homme n'ont pas la signification vulgaire qu'on leur prête. L'égoïsme et l'égocentrisme sont des moteurs inconscients de la compétition. Mais le sens profond de la compétition, est de conduire progressivement l'humanité vers sa perfection.
En même temps, pour ne pas être, comme l'animal, soumis à la matière et à la nature, l'objet est nécessaire. Nous avons donc besoin de l'objet tout en oubliant sa présence. Nous pouvons et devons complexifier la technologie jusqu'à la rendre aussi parfaite et aussi intelligente qu'un organisme vivant. Seulement, elle doit rester notre alliée et non pas notre maître.
Si nous analysions le libéralisme en profondeur, nous verrions que certaines de ses obscénités et de ses crises ne sont pas seulement liées à un temps d'adaptation, mais à sa mécanique, à sa vision superficielle de l'existence, et aux « valeurs » qu'il est contraint d'exalter.
Par delà la nature spécifique de l'idéologie libérale, nous pouvons quand même limiter certains de ses effets négatifs. Il serait nécessaire pour cela, de maîtriser le marché. De le domestiquer à l'aide d'un système juridique, indépendant et incorruptible. De le faire surveiller par de puissantes organisations de consommateurs.
En regardant les choses de façon synthétique et humaine, la réflexion semble simple. La mondialisation est une nécessité et la compétition un des moteurs. Pour empêcher tout retour à un fonctionnement sauvage, les valeurs humaines sont notre seule sauvegarde. Nous n'avons donc, semble-t-il, le choix qu'entre deux idéologies :
Si nous laissions parler notre conscience et notre bon sens, le choix serait vite fait ... mais en sommes nous déjà capables ?
2002
symbiose
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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