L'être humain à l'épreuve du néo-libéralisme.Depuis la séparation de l'église et de l'état, le marché semble avoir remplacé le spirituel (et le philosophe), au côté du politique. Ce nouveau conseillé dispense son système de valeurs à l'ensemble de la société occidentale et finalement, à la plus grande partie du monde.
Selon notre philosophie, l'évolution ne se trompe pas. Ce qui arrive devait arriver ainsi, autrement dit, ce changement de leadorat à son sens et sa logique. Le marché fournit donc à présent la nouvelle philosophie de l'humanité, le nouveau chemin de son évolution.
Si ce qui s'impose à l'humanité à sa raison d'être, la critique de ce qui s'impose fait également partie de la logique. Il est donc cohérent et nécessaire de critiquer cet ultra libéralisme, de s'opposer aux effets pervers de cette évolution qui découlent du fait que nous n'avons ni plan préétabli, ni maitrise totale sur nos comportements.
En effet, certaines incitations du marché, s'opposent clairement aux grandes valeurs humaines. Par nature le marché doit valoriser la compétition et la créativité bien-sur, mais également les tendances à la cupidité et à la compulsivité. De ce fait, il se pose en rival de la conscience, de la mesure, de la spiritualité et de la raison, valeurs supérieures, censées servir d'horizon à l'humanité.
De façon caricaturale nous pourrions faire découler des mœurs primates, le goût du pouvoir, de l'élitisme ségréguant, du luxe, de la compétition brutale, de la sexualité sans sentiment.
Voilà les grandes valeurs humaines apportées par notre espèce à la montée de l'esprit vers l'esprit supérieur (de la bactérie à l'éponge, au poisson, au mammifère, à l'homme).
La promotion des pulsions primaires s'impose donc aux dépens des valeurs promues depuis des millénaires. Nous pourrions l’interpréter comme une régression ponctuelle dans la mesure ou cela fait vaciller les bases de l'humanité qui reposent entièrement sur les « valeurs idéales » élaborées par nos grandes spiritualités.
Ces valeurs supérieures : vérité, justice, entraide, altruisme, amour d'autrui, charité, bonté, compassion, pardon, partage, forment le socle de nos lois, de notre droit, de notre éducation et de nos rapports humains... En forçant depuis 30 ans sur les moteurs primaires, le marché transforme progressivement l'ambiance de l'humanité, lui injecte de nouvelles formes de violence dont nous mesurons le résultat chaque jour.
L'industrie de l'armement, en favorisant de multiples conflits, a fermé de nombreux pays au tourisme (donc à la rencontre paisible). Des dominants occidentaux stimulent les injustices et la corruption dans leurs échanges commerciaux entre Occident et pays pauvres. En exportant leurs pulsions (goût du pouvoir, de la domination etc.), ils ont rendu invivable et dangereux une grande partie des pays émergeant.
Le marché, en poussant l'ensemble humain vers ces pulsions primaires, conduit la société à retrouver ses conditions primitives, la violence et la souffrance inhérentes à la vie primate. Nous retournons vers l'insécurité, l'élimination des fragiles, la crainte permanente d'un danger, la frustration du dominé, le sentiment de toute-puissance du dominant, la surdité à autrui, et la société se retrouve avec les mêmes réactions : État de qui-vive permanent, isolement, protection, indifférence ou abus envers les inférieurs hiérarchiques, camouflage, clanicité, abandon des vulnérables.
Pourtant, notre espèce est parvenu à s'éloigner des mœurs souvent violentes et injustes du monde naturel. Elle y est parvenue en ayant comme point de mire, les valeurs du sage et du spirituel. Depuis plus de 3000 ans, l'idéal auquel l'homme devait tendre était celui du divin. Les exemples sur lesquels la plus grande partie de l'humanité essayait de calquer ses conduites, étaient Yahvé, bouddha, brahman ou Allah. C'était les prophètes, les saints ou les grands philosophes, Socrate, Platon, Épicure, Sénèque.
En s'appuyant sur ces exemples spirituels, l'homme s'évertuait le plus possible, à maîtriser sa nature primaire. Il se rapprochait ainsi d'une vie de bonté, de justice, d'éveil et de pureté. A la clef, il y avait l'équilibre, la sagesse, la béatitude, l'extase, le nirvana. Ces exemples issus des grandes religions et philosophies, étaient remplis de justice de conscience et d'universalité. Ils remplaçaient les dieux et les héros antiques. Ces dieux antérieurs étaient bagarreurs, souvent pervers et injustes. Ils étaient capables du meilleur comme du pire, et pétris d'une religiosité matérialiste.
Curieusement d'ailleurs, les symboles remis en scène à la télévision, sont ceux de l'antiquité. Ce sont ceux des dieux et des héros du monde polythéiste et mythologique. Des dieux ou des héros téméraires et parfois inconscients.
Évidemment, cette régression à un sens et est ponctuelle. Elles permet d'unifier le monde (la mondialisation) sur des choses universelles. Des choses simples comme l'objet, la mode, les valeurs du marché.
Mais nous le pressentons tous, la majorité humaine souffre de ces nouvelles valeurs. L'humanité doit sortir peu à peu de ces conduites absurdes. Des conduites violentes et régressives.
an 2001
le marché démocraticide
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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