
Nous étions des primates naturels, nous sommes des hommes constructeurs et nous évoluons vers l'humain accompli.
L'évolution nous a extrait des lois de la nature. Non pas pour la nier, mais pour la comprendre, comprendre notre monde et nous y épanouir. Technologie, outils, scieces, connaissances, religions, philosophies, pensées, ne sont que des moyens pour atteindre notre ultime perfection: la paix universelle, l'unité, l'éveil .
Ce mouvement d'extraction de la nature pure est au cœur de notre réflexion sur la Mécanique Universelle. L'homme n'est plus un animal comme les autres. Notre rôle est différent, ça ne fait pas de nous des êtres supérieurs mais des êtres capables de rendre compte de ce qu'est la création, "pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien". Et surtout nous avons concu le concept de bien et de mal et l'art de choisir entre les deux formes de comportement. Et cette aptitude change tout.
"Le jour où un primate naturel a poser le concept d'interdit, de tabou, de bien et de mal, il est devenu un homme constructeur. — Jean-Marc Tonizzo
Les animaux dispose d'une sorte de morale instinctive qui empèche par exemple le dominant de prolonger sa violence quant le dominé a fait acte de soumission. La violence dans la nature est gérée par les instincts. Un lion qui tue une gazelle ne fait pas le mal — il survit. Un chimpanzé dominant qui écarte un rival ne fait pas le mal — il maintient sa position dans un système nécessitant la hiérarchie.
L'homme, lui, à partir de ces instincts naturels régulateurs, les a fait évoluer en culture – "on ne frappe pas un homme à terre" etc. – et surtout, il a élaboré les concepts de bien et de mal, de juste et d'injuste, de permis et d'interdit. Cette invention est fondamentale de l'humanité.
D'où vient-elle ? Du langage, de la conscience, et du développement de la capacité à se mettre à la place de l'autre (empathie). Et cette capacité crée la responsabilité morale.
Nos cousins primates vivent en groupes. Ils connaissent déjà la hiérarchie, l'entraide, la réconciliation, la protection des petits, la coopération et même certaines formes de justice. Rien de tout cela n'est apparu avec l'humanité.
Nous sommes, au fond, une extraordinaire sophistication de ces comportements sociaux primates.
Mais quelque chose a changé.
Chez les autres primates, la cohésion du groupe reste principalement régulée par les instincts, les liens personnels, les signaux corporels et la connaissance directe des individus. Chez l'homme, le groupe est devenu tellement vaste et complexe que l'instinct ne suffit plus.
Nous avons alors construit des règles.
Le langage, les coutumes, les interdits, les tabous, les lois, les institutions, les religions, les États, les contrats, les droits et les devoirs sont autant de prolongements conscients des mécanismes sociaux qui existaient déjà chez nos ancêtres.
La société humaine n'est donc pas l'opposé de la nature : elle est une construction de la nature elle-même, devenue capable de se réguler autrement que par l'instinct.
C'est ce qui permet une chose presque inimaginable à l'échelle du monde animal : des millions, parfois des dizaines de millions d'individus peuvent aujourd'hui vivre dans une même ville, partager les mêmes espaces, circuler, travailler, échanger et se côtoyer quotidiennement sans se connaître, avec relativement peu de violence au regard de ce que seraient de tels rassemblements si chacun devait régler ses relations uniquement par la force ou la domination.
Évidemment, les conflits existent. Les guerres, les crimes, les injustices et les violences sont encore nombreux. Mais leur existence même montre le changement : nous ne nous contentons plus de subir nos instincts ; nous avons appris à les juger.
C'est là que commence le véritable travail de civilisation.
Lorsque l'instinct ne suffit plus, il faut de la conscience. Lorsque la conscience ne suffit plus, il faut des règles. Et lorsque les règles deviennent insuffisantes, il faut sans cesse les faire évoluer.
La société humaine est donc un chantier permanent.
Nous sommes toujours des primates, mais des primates qui ont commencé à construire autour d'eux un immense système de règles destiné à rendre possible la coexistence d'un nombre toujours plus grand d'individus.
La civilisation pourrait ainsi être comprise comme le passage progressif d'une société régulée principalement par l'instinct à une société capable de se réguler consciemment.
Et cette construction n'est pas achevée et, selon nous, elle à un sens, une destinée : apprendre à faire cohabiter toujours davantage d'êtres humains, avec toujours moins de violence, et toujours davantage de coopération.
La Mécanique Universelle identifie trois grands axes de progression de l'humanité :
Ces trois chantiers ne sont pas finis, mais selon nous, leur direction est claire : ils conduisent l'humanité vers plus d'humanité, plus de conscience, et finalement plus d'amour.
"L'homme est un roseau pensant. Toute sa dignité consiste en la pensée." — Blaise Pascal
L'histoire humaine est remplie de violences, de guerres, d'injustices. C'est indéniable. Mais si on prend du recul — sur des siècles, sur des millénaires — une tendance se dessine : la violence recule (même si la techologie en augmente le danger) et la sensibilité morale de l'humanité augmente.
Ce qui était accepté il y a mille ans — l'esclavage, la torture publique, la guerre de conquête — ne l'est plus. Lentement et laborieusement, l'humanité avance.
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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