« Ce n'est plus moi qui vit, c'est le Christ qui vit en moi »— Saint-Paul
Se croire libre est une nécessité pour l'homme constructeur. Le sentiment de liberté et de libre arbitre est un impératif pour la partie technique de l'évolution humaine et les siècles technologiques. Cette valeur dynamise nos énergies constructrices et nos créativités. Elle a chassé la résignation, mis en sourdite la fatalité et accéléré l'essor du droit, de la morale et du principe de responsabilité.
Mais cette liberté ordinaire, ce sentiment de disposer d'un libre-arbitre – illusion à laquelle on doit croire – liberté d'agir sans contrainte, liberté de pensée, absence de servitude — n'est pas la liberté absolue. En dehors de l'état d'extase, toutes les postures communes dans lesquelles nos vies ordinaires baignent ne nous permettent pas d'accéder à la liberté absolue, juste à son illusion.
« L'homme libre est celui qui ne veut rien, ne sait rien, n'a rien »— Maître eckhart
Seul le saint, l'extatique, le sage, le bienheureux parviennent à la liberté absolue. Nous sommes dans un système inversement proportionnel — plus l'ego s'allège, plus la liberté s'approfondit. Et quand l'ego devient transparent, la liberté n'est plus une conquête — elle est l'état naturel.
C'est la destination. Ce mouvement est lent, mais il existe.
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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