L'humanité vers son ultime perfection.
Philosophie de l'avenir humain.
Philosophie de l'évolution de l'homme.
Nous étions des primates naturels,
nous sommes des hommes constructeurs,
nous allons vers l'humain accompli,
autrement-dit, l'humanité évolue vers son ultime perfection.
L'évolution humaine poursuit un but.
Pour la science physique et les physiciens : l'univers évolue.
Pour Darwin et le darwinisme : le vivant évolue.
Pour l'anthropologie et l'histoire : notre espèce évolue.
Pour nous sur la mecaniqueuniverselle: cette évolution a un sens, une orientation, un but.
Qui sommes nous, d’où venons nous, ou allons nous ?
3 grands types d'actions perfectionnent l'humanité continuellement :
Ces 3 grands types d'activités humaines : maîtrise du comportement, du questionnement et de l'environnement, conduisent l'humanité vers son ultime perfection.
Les grandes valeurs humaines - fraternité, égalité, liberté, partage, universalité - émergent du travail conjoint de ces 3 actions.
Ces valeurs supérieures progressent constamment et selon nous, vers leur summum. Celui-ci atteint, l'homme ne sera alors plus un « loup pour l'homme ». La paix universelle sera concrétisée. Ce n'est qu'une question de temps.
Le but est spirituel.
Selon notre analyse, cette ultime perfection est d'ordre spirituel.
S'unifier, dépasser nos pulsions, humaniser la technologie et résoudre nos questions profondes, conduisent l'humanité à atteindre la « sagesse » ... la sagesse ouvre les portes de l'extase également appelée - souverain bien, bonheur suprême, joie, nirvana, devekout, fânâ, baqa' béatitude, épochè, ataraxie, éveil, détachement, etc. - et l'extase conduit à la fusion de l'homme avec le divin.
Une philosophie de l'extase.
Cette théorie confirme d'une certaine façon, les écrits des grandes religions et spiritualités et les expériences rapportées par les spirituels et philosophes ayant vécu cet état sublime.
Selon eux en effet, l'extase relie directement l'homme avec le « principe créateur » (Dieu pour les religions du livre, l'âme universelle pour l'Asie, le vide quantique pour les physiciens). Atteindre l'extase signerait donc pour l'humanité sa fusion en Dieu
Dans le Un on trouve Dieu, et il faut que devienne Un celui qui doit trouver Dieu. Maître Eckhart "traités et poèmes".
Religion, science et philosophie.
Dieu, Darwin et Platon .
“L’idée de l’avenir est plus féconde que l’avenir lui-même.” Bergson.
Notre théorie se nourrira de la philosophie de l'histoire, de la science et de la religion.
La philosophie grecque et ses grands penseurs du "souverain bien" ; Platon, l'auteur du Banquet, Aristoteet l'éthique à Nicomaque, Épicure et sa philosophie du bonheur.
En effet, si, comme le pensaient ces philosophes : tout homme désire atteindre le « souverain bien » (le bonheur absolu, l'extase), par extension, c'est aussi le désir de l'ensemble humain. Autrement dit : toute l'humanité désire intuitivement atteindre le « souverain bien » (et y travaille constamment, mais sans le savoir). Et ainsi, ce désir intuitif oriente de siècles en siècles, le progrès dans le sens du souverain bien(même si l'actualité donne à penser l'inverse).
Bien que le malheur règne sur terre et que le bonheur ne semble pas fait pour l'homme ici-bas, le besoin instinctif de félicité, le concours simultané de tous les hommes pour la posséder individuellement et collectivement, nous sont les gages que Dieu nous l'accordera, car il serait injuste si les destinées n'étaient pas proportionnelles aux attractions. Jean Journet disciple de Fourier.
Ghazali, Maimonide, Spinoza, Kant, Hegel, à l'oeuvre.
Nous rencontrerons les écris des philosophes pour lesquels l'extase est au cœur de leur inspiration.
Les présocratiques Pythagore, Parménide, Empédocle etc. Les sages chinois comme Lao Tseu. Les grands maîtres arabes médiévaux comme Ibn Arabi, Al Alawi, Al Farâbî ou Al Ghazali. Le philosophe gréco-romain Plotin. Les philosophes du christianisme Augustin d’Hyppone ou Saint Thomas. Les philosophes du judaïsme; Maimonide , Baruch Spinoza ou Moses Mendelssohn. Le poète persan Rûmi. Les philosophes et théologiens italiens Nicolas de la Cues, Pic de la Mirandole. Les philosophes Hindous comme Sri Aurobindo, etc.
Ces grands penseurs ont offert leurs vies entières, leurs sublimes réflexions philosophiques et leurs belles intuitions poétiques et mystiques à l'humanité.
La philosophie des Lumières avec Gottfried Wilhelm Leibniz, Isaac Newton, John Locke, Emmanuel Kant, Jean Jacques Rousseau, et les philosophes de l'histoire comme Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Saint-Simon, Auguste Comte, Pierre Teilhard de Chardin, seront de la partie. Les philosophes de l'engagement comme Karl Marx, Pierre Joseph Proudhon et les philosophes de la psychologie comme Sigmund Freud ou Karl Gustav Jung, ensemenceront bien entendu, notre route.
Les sciences humaines et sociales (philosophie, sociologie, éthologie, psychologie), les sciences dites "exactes" (physique) et surtout, la théorie de l'évolution de Darwin, seront précieuses pour fortifier cette thèse.
Les grandes mystiques, hindouisme, judaïsme, christianisme, bouddhisme, zen, islam, etc.
La beauté profonde des livres sacrés des religions eschatologiques, le judaïsme, le christianisme et l'islam, abreuveront ce chemin. Kabbale, soufisme, monachisme, messianisme et le concept « d'apocalypse », fertiliseront cette pensée.
Et bien entendu, les grandes spiritualités de l'Asie participant à part égale à l'évolution humaine, ne seront pas oubliées. Hindouisme, jaïnisme, bouddhisme, taoïsme, shintoïsme, zen situent en effet l'éveil, le nirvana, au cœur de leur recherche. Leurs millénaires d'expériences seront un considérable appui.
Liberté de conscience & libre arbitre.
L'auteur, un électron libre.
La philosophie que nous vous proposons sur la mecaniqueuniverselle, est absolument libre de toutes appartenances. Elle est indépendante de tous groupes religieux, politiques, idéologiques, sectaires ou initiatiques ...
Conscient de ses lacunes théoriques, orthographiques, ergonomiques, mais aussi philosophiques et scientifiques, vos compétences et critiques sont les bienvenues.
Cette réflexion téléologique et eschatologie du monde, est une tentative d’apporter la preuve par la logique de la destinée de l'humanité. Un éclairage de son sens et de son but. Nous pensons qu'il s'agit d'une destinée en apothéose comme l'imaginent les religions monothéistes (l’apocalypse) mais également les philosophies asiatiques et leur vision cyclique ou circulaire.
Le but est d'éclairer les consciences sur cette possibilité, pas d'en accélérer le processus.
« L’humanité se dirige vers sa perfection ... mais à son rythme. » Toute tentative d'en précipiter l'évolution, engendrerait inévitablement une sorte de dictature (comme l'expérience communiste l'a démontré par le passé, en essayant d'imposer avant son temps, l'idée d'égalité).
Cette théorie est le fruit d'une intuition. Le caractère enthousiaste de son auteur, l'exprime bien souvent sous la forme d'une conviction. Mais il s'agit d'un point de vue qu'il faut accueillir avec esprit critique et libre arbitre.
« Ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort. » Antoine de Saint-Exupéry
Depuis plus d'un siècle, les grandes questions métaphysiques semblent avoir déserté les rives agitées de notre évolution et de la philosophie. Leurs emprises n'ont pas pour autant disparu de l'esprit humain. Quand la vie nous extrait un moment à l'agitation du monde, elles reprennent immédiatement du service.
L'univers a-t-il un sens ?
L'humanité a-t-elle un sens ?
Ma vie à t-elle un sens ?
Pourquoi suis-je au monde ?
Nos actions ont-elles un sens ?
Y a-t-il du divin dans le monde ?
Y a-t-il autre chose après la mort ?
etc..
Depuis la chute du communisme, le libéralisme et le marché ont pris les rênes de l'évolution. Pour s'épanouir, ces deux hyperactifs, dissimulent nos interrogations existentielles et spirituelles sous un grand voile d'agitation. Ils nous surchargent de stress, de compulsions, de travail forcé et de plaisir sans relâche. Ce temps de frivolité et de tension a un sens, mais les questions profondes n'en restent pas moins à l'affût de nos abandons et de nos silences.
En regardant le cortège de futilités et de peurs, diffusées par les télévisions d'information de masse du marché, on peut facilement sombrer dans une vision pessimiste de l'évolution humaine. Contraint depuis les années 80 à pâturer presque exclusivement dans les marécages insensés de l'ultra-consommation, abruti sous les sophismesnarcissiques d'une nouvelle oligarchie ayant tout oublié, ou presque, des valeurs démocratiques, il est aisé, au réceptacle qu'est devenu l'homme occidental, d'imaginer son espèce en plein déclin et vouée à son anéantissement.
Devant l'actualité proposée, il est difficile en effet de concevoir l'évolution de façon positive. Un sentiment de régression peut même être ressenti, lié à notre difficulté d'observer le monde dans sa totalité, au recul spirituel et au « rétrécissement mental » provoqués par le marché pour maintenir l'homme entièrement focalisé sur les produits qu'il met en vente..
Abandonnons un instant ces œillères virtuelles, qui, je le répète, ont un sens et une raison d'être que l'histoire expliquera, pour regarder le champ étendu de l'évolution humaine. Nous pouvons alors y distinguer une amélioration constante et globale de la condition de l'homme. Une montée régulière de l'humanité vers toujours plus de sociabilité, d'universalité, de sensibilité et de compréhension du monde. Ces progrès(si nous parvenons à en prouver la réalité) conduisent (à leur rythme), le phénomène humain vers son union paisible, et son ultime perfection.
Autrement dit, l'humanité ne va pas de plus en plus mal, c'est notre sensibilité au mal qui se développe.
D'une manière générale, le monde va de mieux en mieux, même s'il manque le recul nécessaire et les connaissances suffisantes pour le démontrer et donc, le prouver tout à fait.
Après Auschwitz quel dessein pour l'humanité ?
Le « mal » efface-t-il le sens ?
Retrouver le sens positif du progrès
Difficile de parler d'évolution positiveaprès les monstruosités vécues par le XXe siècle.
À la sortie des 2 guerres mondiales, achevées par les horreurs nazies, la réflexion sur l'avenir humain, s'est naturellement découragée. Nous devions d'abord nous extraire de la stupéfaction laissée par une telle cruauté, un tel scandale comme le nomme le philosophe Paul Ricoeur. Ensuite nous devions panser lentement et en silence, la faille morale qu'infligea Auschwitz à l'humanité. Et après ce temps nécessaire de soin, nous pouvions alors commencer à réfléchir aux causes de ces ignominies et y poser des verrous afin qu'elle ne puisse se reproduire.
Malheureusement, cette réflexion n'est pas encore allée à son terme puisque les génocides ont continué et l'antisémitisme n'a pas disparu.
Ainsi, depuis près de 60 ans, aucune véritable réflexion téléologiquesemble t-il, n'a pu refaire surface en Occident.
De l'antisémitisme récurrent
En parcourant le net, une constatation s'impose : nous n'en avons pas encore fini avec l'antisémitisme. Malgré Nuremberg, malgré le lourd tribu payé par la communauté juive pour que notre espèce s'impose enfin la définition de crime contre l'humanité, telle que le tribunal international du 8 août 1945 l'a fait figurer dans sa charte, nous n'avons pas encore atteint le centre névralgique de cette cruauté physique et mentale qu'est l'antisémitisme. Découvrir et comprendre ses mécanismes, me semble donc être une urgence. Dénouer cette discrimination pour rompre définitivement avec une maltraitance vieille de 2000 ans, fait également partie des chevaux de bataille de la mecaniqueuniverselle.
Le sens du monde
Les drames du XXe siècle freinent notre ré-engagement sur les voies de l'optimiste. La présence du « mal extrême » déprime et inhibe les études sur le sens de l'humanité. Et pourtant, nous devons reprendre cette exploration. Notre sortie de l'évolution par l'absurde en dépend.
Pour cela, il nous faut résoudre avant tout la question du mal. En faire une généalogie précise et lucide. Comprendre sa logique et sa place dans le phénomène humain. Nous devons le comprendre tout en agissant sans relâche pour éteindre sa réalité négative. C'est ce que nous allons essayer de faire sur la mécaniqueuniverselle.
Le mal nécessaire et nécessairement condamnable
Pour réussir ce tour de force, nous devrons considérer « le mal » comme un élément secondaire, un ouvrier au service du bien. Selon nous en effet, le mal est un simple accessoire négatif ayant pour rôle de faire évoluer son opposé, le bien. Nous devons considérer le mal comme une nécessité en régression constante au sein de l'humanité (malgré le sentiment inverse que nous en avons parfois).
Nous devons également accepter cet étrange paradoxe ; le « mal » est en même temps nécessaire tout en étant de trop. Il est nécessaire à la construction humaine, comme l'affirme la raison, et de trop, comme l'imagine l'émotion. Sans lui pas d'évolution du droit et de la loi, mais l'horreur qu'il soulève, engage nos sentiments à considérer sa présence comme inutile.
Cette ruse de la raison nous pousse à le faire régresser progressivement jusqu'à ce qu'il disparaisse tout à fait (ce qui ne manquera pas d'arriver, comme le pense la mecaniqueuniverselle).
Le mal, la torture, la barbarie
La nouveauté Amnesty international
Voilà donc une sacrée gymnastique mentale. Elle est difficile à accomplir mais pas impossible.
Prenons le cas de la torture par exemple. C'est une barbarie antique mais encore exercée de nos jours. La télévision et les rapports d'Amnesty International sont éloquents à ce sujet. Pour démontrer la progression positive de l'humanité malgré la présence de la torture, il faudrait dire :
Ainsi, même si la torture existe encore au XXIe siècle (éclairant notre véritable niveau d'évolution), même si certaines démocraties détournent les lois ou le droit international pour la pratiquer, la régression progressive de cette perversion est une réalité. Et c'est valable pour tous les domaines où se joue l'évolution de l'humanité.
Néo libéralisme et sens du progrès
La mondialisation détruire pour construire
Coup de frein sur la philosophie de l'histoire
De nombreuses raisons ont stoppé, au XXe siècle, les recherches prospectives sur l'avenir humain. Elles ont empêché les philosophes modernes et contemporains, d'approfondir les réflexions entreprises par Kant et Hegel à propos du devenir humain. Les folies nazies ont évidemment une place majeure, dans cette stagnation, comme nous venons de le voir, mais aujourd'hui, ce qui limite la réflexion prospective, ce sont les nouvelles "valeurs" qu'imposent l'ultra libéralisme et son représentant : le marché.
Un libéralisme d'immédiat et de court terme
Après les horreurs de la guerre, le libéralisme, bien gendarmé par le communisme alors florissant, à apporté à la société humaine, ce dont elle avait alors besoin : la liberté, le progrès social et technologique. Après la victoire des libéraux sur les communistes, le libéralisme s'est transformé en ultra-libéralisme, autrement-dit en un libéralisme tout puissant, narcissique, hyper-pragmatique et thésaurisateur. N'ayant plus que la vision du profit en tête, il maintient à présent sous l'eau, tout ce qui se rapporte au social, mais également au philosophique et à l'eschatologique. Le principe de la mondialisation (commencé dans les années 80) avait pourtant de quoi remettre en scène cette réflexion téléologique. Mais certaines de pratiques, inconscientes, nihilistes et inéquitables de ce nouveau libéralisme, ont assombri au contraire, l'idée d'une évolution positive. Les abus dont le marché s'est rendu coupable, les régressions morales, sociales, humaines et spirituelles dont il "enrichit" l'occident depuis plus de 20 ans, les risques qu'il fait courir à la planète par sa surdité, obscurcissent bien entendu, la pertinence de l'évolution.
Ce sentiment de régression n'est pas une chimère. Sur certains points, l'humanité occidentale à bel et bien régressé. Mais il s'agit d'une régression ponctuelle. Une régression locale, nécessaire (puisqu'elle a lieu) et concernant certains versants seulement de l'évolution. Dans sa globalité, l'humanité quant à elle, continue de progresser vers le « bien ».
L'optimisme né de la critique
Vision pessimiste, neutre et optimiste
Nous défendons ici la voie numéro 3.
Les monstruosités du XXe siècle, le nihilisme, la mise en quarantaine du spirituel et à présent, les affres de la mondialisation, ont éteint, chacun leur tour, les lumières de ce chemin positiviste. Chacun de ces événements détient une clef du problème. Le mauvais comportement du libéralisme, depuis les débuts de la mondialisation, en est une. Pour utiliser cette clef, nous devons comprendre pourquoi certains dominants, lorsque l'occasion s'y prêtes, sont amenés à abuser la société humaine.
La contestation nécessaire
Toute doctrine en place (communisme, libéralisme, mondialisation etc.) a besoin d'un contre-pouvoir suffisamment fort pour lui éviter de sombrer dans la « toute puissance ». Autrement dit, la plupart des systèmes leaders ont besoin d'opposants pour limiter leur volonté d'hégémonie.
La tendance à l'autocratie
Bien évidemment, certains caractères de dominants ne supportent aucune limite à leur expansion. Leur désir de puissance veut jouir en toute impunité des plaisirs apportés par cette toute-puissance. Ce type d'état d'esprit est un formidable moteur d'action pour l'humanité, mais il travaille aussi, instinctivement et sans relâche, à neutraliser les contestations et à démolir les oppositions. Ce trait de caractère se retrouve, bien entendu, chez tous les dictateurs mais également dans ce nouveau système libéral animé par le narcissisme.
De la dictature au narcissisme
Le narcissisme du marché
À mon sens, la mondialisation et son idéologie (le néo libéralisme) sont dans ce dernier cas de figure. A partir du moment où le capitalisme a gagné son combat contre le communisme (fin des années 80) son narcissisme s'est exacerbé. Il a engendré un désir d'omnipotence, une vision grandiose de lui-même, un manque d'empathie pour le peuple, une surestimation de ses capacités, un besoin d'être admiré, une exploitation des autres pour parvenir à ses propres fins, une agressivité, un machisme et un comportement sourd, hautain et arrogant et les télévisions de masse qui sont devenu le nouveau bras armé du marché, reflètent parfaitement cet état d'esprit.
L'orgueil de la victoire chez l'humain
Ivre de son triomphe sur le communisme, les ultralibéraux ont défoncé progressivement tous les contre-pouvoirs. Ils n'ont eu de cesse de les affaiblir (les syndicats) de les absorber (les médias) de les corrompre (les intellectuels) de les disqualifier (les communistes, les verts, les fonctionnaires) ou de les écarter du paf (les spirituels, les religieux, les citoyens maîtrisant l'art de la critique). Bref, depuis la fin de l'empire soviétique, le marché n'a cessé de réduire à néant toutes les forces d'oppositions possibles...
L'irrésistible évolution vers l'excès
Débarrassé de tous ses garde-fous, le marché a poussé son expansionnisme jusqu'à son comble. En l'espace de 20 ans, il a transformé la télévision populaire en simple supermarché, les journalistes en diffuseur de ses produits et de son idéologie et les spectateurs en vulgaires consommateurs compulsifs. En 20 ans, parce qu'ils ne rencontraient plus de critiques et qu'ils avaient une vision grandiose d'eux-mêmes, les dominants emblématiques du marché ont propulsé leurs salaires vers des sommets ahurissants et proprement honteux, sans se préoccuper de morale ni de l'effet que ça avait sur l'humanité. Pendant le même temps, toujours parce qu'il ne rencontrait pas d'oppositions conséquentes, le marché a augmenté les prix de ses produits et fait stagner ou régresser le salaire des employés.
Autrement dit, durant la période où les classes riches s'enrichissaient outrageusement, les classes pauvres s'appauvrissaient discrètement et les écarts se creusaient. Nous faisions tout simplement face et en sourdine, a une régression démocratique au profit d'une nouvelle forme d'aristocratie et tout cela bien dissimulé sous la tourmente et les trémoussement engendrés par le marché et les médias.
Un processus instinctif et inconscient
Toutes les grandes périodes d'abus sont ponctuelles. Un grain de sable où leurs propres excès viennent nécessairement les interrompre. Cela peut être un accident (une crise, une révolution, etc), le réveil des oppositions où l'apparition d'une nouvelle force critique (aujourd'hui, le net). Un retour vers l'éthique se met alors en place. Il restaure peu à peu une révolte contre les abus, écrase les désirs de toute-puissance et permet au système dominant de retrouver sa déontologie.
La rigidité des dominants
Évidemment, cela ne se fait pas sans mal ni sans résistance. En effet, lorsque les dominants narcissiques ont acquis des privilèges (même injustement gagnés), il leur est extrêmement difficile de faire machine arrière. Ce type d'état d'esprit qui anime l'ultra libéralisme actuel, est tout simplement incapable d'apercevoir l'intérêt général ni l'obscénité de sa conduite. La plupart du temps malheureusement, il ne plie qu'à l'épreuve de force. Mais avant de céder, il résiste énergiquement à toute tentative de rétablir un peu de justice et d'égalité, ce qui épuise tout le monde (loi, politique, organisations de citoyens, etc.).
Un mécanisme qui a du sens.
Les autocrates démocratiques sont un progrès
L'expérience du XXe siècle et la puissance du système démocratique, semblent nous avoir, fort heureusement, mis à l'abri à présent d'un retour des dictatures. Les démocraties sont capables à présent de s'organiser rapidement pour les combattre ou les neutraliser.
Mais bien évidemment, dans les sociétés démocratiques, la mentalité autocratique n'a pas disparu. Elle a tout simplement évolué pour s'adapter à ce nouveau monde démocrate. La domination dictatoriale a laissé sa place à la domination démocratique par la ruse et la manipulation.
Cette mutation est un progrès énorme pour l'humanité. C'est comme si nous étions passés d'une société de criminels à une société d'illusionnistes. La manipulation narcissique, en effet, utilise principalement les faiblesses de son adversaire, tout en restant dans la légalité (les systèmes dictatoriaux, au contraire, transgressent systématiquement la loi et utilisent sans état d'âme le crime pour assouvir leur désir de toute-puissance). Évidemment le monde n'est pas encore parfait. Ces nouveaux dominants narcissiques, lorsque la société les laisse faire, sont capables de manipuler les lois, le droit, les médias, la démocratie, pour se transformer eux aussi en criminel. Mais s'ils y parviennent, c'est uniquement à cause de la faiblesse des contre-pouvoirs.
La manipulation narcissique est un révélateur
Un système ne devient pas autocratique, manipulateur, corrupteur et tout-puissant par hasard. Son irruption dans L’aristocratisation se produit en général quand il n'y a pas d'opposition en face et ce mouvement obéit à une logique. Son émergence révèle toutes les faiblesses de la société. Elle sanctionne tous les manques de vigilance et de solidarité.
Par exemple, à la chute du communisme, le marché est tombé dans la toute-puissance. Ce n'est pas un hasard. Il a tout simplement profité de l'effondrement critique et physique d'une gauche stupéfaite (même si elle était au pouvoir). Les plus manipulateurs du marché n'ont alors eu qu'à appuyer sur le ressort de la culpabilisation et de l'humiliation pour écraser tout ce qu'il restait du potentiel critique initié par le communisme et le socialisme durant tant d'années.
En prenant le pouvoir, le marché a également éclairé la vulnérabilité des organismes chargés de protéger le peuple (médias, syndicats, intellectuels, partis de gauche, etc.). Il a mis à jour l'avidité, la corruptibilité, la lâcheté, la crédulité, bref, toutes les faiblesses humaines que partagent comme les autres, toutes les corporations dont on s'attend toujours à plus de rigueur mentale. Le marché, en ce sens, nous a révélé toute la force du narcissisme sur la faiblesse de l'esprit humain.
Pour combattre ce fonctionnement
Même si l'autocratie veloutée du marché à un sens, cela n'empêche pas qu'il faut la combattre. Même s'il est bien sûr, préférable d'être manipulé par un système narcissique plutôt qu’écrasé par un système dictatorial,l'humanité a la charge de lutter contre toute oppression.
Une bonne raison à cela. Quand il ne rencontre pas d'opposition, un système narcissique avance jusqu'à l'anéantissement de toute résistance. Sa limite, il ne la trouve pas en lui-même mais en celui qu'il abuse.
Autrement dit, si l'ultra libéralisme actuel ne rencontrait aucune résistance, il envahirait tout simplement l'ensemble des pans de la société. Du lieu de culte à l'école, de l'hôpital au tribunal, et nous serions alors submergés par son offensivité. Si ce procédé d'évolution narcissique (donc sans empathie) ne rencontrait aucune résistance, il ferait travailler ses ouvriers occidentaux au pas de course du dimanche au dimanche, en les maintenant à la limite du seuil de pauvreté comme il le fait dans ses entreprises délocalisées.
Il est donc essentiel aujourd'hui de combattre cette nouvelle forme de domination. La façon dont elle aliène l'être humain étant extrêmement subtile, il est nécessaire de comprendre ses techniques et ses procédés.
Stresser, solliciter les pulsions, les désirs, culpabiliser, discréditer, flatter, humilier, appâter, rendre dépendants, sont peut-être quelques pistes sur lesquelles nous devons nous pencher.
La mondialisation semble être le fruit d'un choix humain, mais elle est en réalité le résultat d'un mécanisme intrinsèque à la vie. Jean-marc Tonizzo.
La mondialisation (processus d'intégration planétaire par la libéralisation des échanges, de la concurrence des technologies, de l'information et de la communication), signe la montée du national vers l'universel. Elle s'inscrit dans la grande évolution de l'humanité vers son unification. Elle est un progrès dans le processus d'humanisation et comme tout progrès, cette nouvelle étape entraîne également des régressions ponctuelles. Ces régressions résultent de l'influence de la toute-puissance du marché sur les valeurs humaines. Elles découlent de la prise de contrôle des médias (plus grand « éducateur » du moment), par le marché. A travers ce diffuseur, le libéralisme planétaire, oriente les esprits vers son cœur : la consommation et ce processus, me semble t-il, affaiblit les grandes valeurs humaines. Il fane les vertus que sont la spiritualité, la solidarité, la conscience, la morale, la raison, la réflexion, etc..
La domination des « valeurs » marchandes, ne peut donc pas se prolonger indéfiniment. Son travail accompli, le marché devra réintégrer sa place naturelle dans la hiérarchie des corporations qui fournissent les valeurs de l'humanité (la plus basse, selon Confucius).
Mais évidemment, le marché ne s'est pas imposé comme leader de la mondialisation par hasard. Il n'y a pas d'erreur de casting en quelque sorte.
En effet, pour qu'un Latino-américain, un Chinois, un Russe, un Japonais, un Africain, un Européen, un Américain, un Oriental, puissent se réunir sur des points communs, ceux-ci devaient être neutres et trans nationaux. Ni la religion, ni l'idéologie politique, ne pouvait réunir la diversité du monde. Seuls les objets, le confort, la liberté, la mode, la musique, le cinéma, le tourisme, le savoir, technologie, bref ce qu'offre le marché, pouvaient poser les bases de l'unification humaine (la mondialisation). Seule la société de consommation pouvait ouvrir la voie à un fonctionnement mondial et universel. Seule la souplesse du marché pouvait dissoudre les règles nationales dans des règles universelles. L'état d'esprit actuel des religions, aurait été incapable de trouver un point commun pour servir de guide à l'humanité.
L'humanité s'unifie donc aujourd'hui à l'aide d'un allié de circonstance : le marché (et ses objets, sa mode, son art, ses valeurs). Mais ni le matériel ni les valeurs superficielles, ne sont suprêmes dans l'unification humaine. Ce ne sont que des étapes dans ce grand processus de rassemblement. Ces intérêts matérialistes devront céder leur place aux valeurs plus profondes. Elles devront laisser passer l'unification sociale, politique, spirituelle et fraternelle. En somme, la mondialisation actuelle, prépare la fusion des idéologies et des spiritualités, au sein d'une quintessence commune et universelle.
L'utopie et la théorie de l'évolution, sont une chose, mais la réalité humaine, en est une autre. La pôle position actuelle du marché au sein de la mondialisation, correspond à un moment précis de l'évolution. Cette place est logique mais nous devons tout de même la contester comme fournisseur de valeurs, et critiquer ses dérives.
L'esprit critique sert de garde-fou à la mondialisation. La liberté permet à celle-ci de se développer mais la réprobation de ses excès fait également parti du mécanisme. N’est-ce pas le rôle d’un intellectuel précisément d’interroger, d’interpeller, voire de harceler ? écrit Andrea Bajani écrivain romain, à propos de l'engagement critique d'Antonio Tabucchi contre la politique de Sylvio Berlusconi (et Antonio Soler de conclure : « Méfiez-vous ! Isoler les individus pour les rendre encore plus vulnérable, c’est typique des dictatures…” ».
Lorsqu'un modèle d'évolution (l'ultra libéralisme actuel) a offert toute sa substance à la société (à la mondialisation), il finit par perdre de l'énergie. Il se corrompt jusqu'à devenir obsolète et réactionnaire. La critique permet alors soit de le réformer, soit d'en hisser un nouveau à la place en accord avec son temps. C'est le cas me semble-t-il, de ce qui commence à se profiler aujourd'hui.
En conclusion de cette préface.
Le monde à un sens, il nous faut l'éclairer ...
Nous avons fait le tour me semble-t-il des idées directrices de notrephilosophie.
Quel est le sens et la finalité de notre évolution ?
Quelles sont les valeurs en progression dans l'humanité ?
Pourquoi croyons nous que l'humanité régresse?
Voilà quelques-unes des questions qu'il semble fondamental de se poser aujourd'hui.
l'évolution du religieux au profane, au spirituel.
Vous l'avez compris, ce travail poursuit deux buts bien distincts.
Bien évidemment, le but de toutes ces critiques, est de permettre à ce libéralisme de se corriger.
En attendant, voyons pourquoi ce travail philosophique, peut s'inscrire dans la grande marche atemporelle des réflexions téléologiques.
Aujourd'hui les savants n'osent pas avouer qu'ils sont téléologistes parce que ce sont des choses qui ne se démontrent pas. Dans tous les cas, on n'a rien mis à la place, et la place reste vide. Cl. Bernard
Téléologie : science des causes finales (du grec telos finalité et logos science) action directrice que les fins exercent sur les moyens.
Selon nous, l'humanité a un sens, elle évolue vers son ultime perfection(mais à son rythme). Tel est notre point de vue sur ce site qui s'efforce de démontrer la pertinence de cette hypothèse.
De trois choses l'une :
1/ Dieu existe, il donne le sens de l'humanité.
2/ Dieu n'existe pas, l'humanité n'a pas de sens.
3/ Dieu existe mais laisse à l'homme le loisir de choisir le sens qu'il veut donner à son évolution.
1/ Pour le premier choix, le monde est soumis à Dieu. L'univers, la terre, le vivant, l'homme, obéissent à cette puissance créatrice consciente de son ouvrage et de sa finalité. L'évolution humaine comme le pense aussi Hegel est inclue dans cette finalité. Elle se déroule donc de la meilleure façon possible à l'intérieur de cette prédétermination.
2/ La deuxième option, propose un univers sans Dieu. Pour ce point de vue, la création est entièrement due au hasard. L'évolution n'a aucun sens en dehors de celui que chaque individu veut bien lui donner.
3/ Dans la dernière alternative, il existe bien un principe créateur mais celui-ci est vide d'intention. Dieu est à l'origine de la création, mais n'a aucun projet prédéterminé. L'univers et les créatures sont absolument libres de toute détermination. L'homme est donc libre de construire sa propre destinée. Il peut élaborer son propre destin.
Ici, nous défendons la première proposition.
Selon nous, en effet, il existe un principe créateur. Ce moteur est à l'origine de l'univers. Un univers dont l'espace et le temps sont en expansion. De cette expansion a émergé le vivant. Ce vivant est lui-même en évolution. De cette évolution est née l'humanité. L'humanité elle-même suit une progression. Elle élabore intuitivement sa perfection technique, sociale et psychique. Mais ces trois perfectionnements ne forment pas le but ultime de notre évolution. Notre finalité est d'ordre spirituelle. Il s'agit de l'accession « facile » à l'extase. L'extase est la mise en relation directe de l'homme avec son « principe créateur ». Selon ce principe, l'univers est donc inclus dans une destinée. Un destin initié par ce « principe créateur ». Et les créatures qu'il contient ne peuvent échapper à ce fatum. Voilà le postulat à partir duquel nous réfléchirons au sens de l'humanité et aux raisons qui poussent l'homme à atteindre une telle destination.
Il est beaucoup plus facile pour un philosophe d'expliquer un nouveau concept à un autre philosophe qu'à un enfant. Pourquoi ? Parce que l'enfant pose les vraies questions. Jean-Paul Sartre
Les interrogations à propos de la destinée humaine ne sont pas nouvelles. Depuis longtemps, cette question occupe l'esprit de la religion, de la science et de la philosophie. Dès leur naissance, ces disciplines ont cherché à résoudre cette énigme.
Les cinq ou six siècles précédant le christianisme, ont été les témoins d'un gigantesque foisonnement d'idées. Cette période a vu naître les grandes réflexions eschatologiques. Les valeurs du judaïsme, du bouddhisme, du taoïsme ou du zen s'y sont épanouies. Au sein de ce foisonnement culturel, les idées de Socrate, de Platon, d'Épicure, des stoïciens, ont pris naissance. Le principe de causalité (dans l'éthique à Nicomaque d’Aristote) affirmant la présence d'une finalité sous-jacente à toutes choses, en est également issue.. C'est au cœur de ces siècles prolifiques, qu'il faudrait chercher, à mon sens, l'origine des réflexions téléologiques d'un Kant ou d'un Hegel.
Le XVIIIe siècle européen, le grand siècle des lumières*, a posé les bases d'un déisme** scientifique. Selon le premier principe, l'architecte suprême (Dieu) a un plan déterminé pour sa création. Selon le second principe, il faut le démontrer rationnellement.
C'est ce que feront Kant et Hegel. Profitant de cette impulsion rationaliste, Emmanuel Kant (1724 - 1804) puis Georg Wilhem Friedrich Hegel (1770 - 1831) ont porté l'idéalisme *** et l'étude du sens de l'humanité à leur paroxysme. Pour l'un comme pour l'autre, l'humanité à un sens et se dirige vers une sorte de perfection.
Après Kant et Hegel, la réflexion sur le devenir humain a quitté les chemins de l'idéalisme optimiste. Elle a enfilé la tenue de combattant réaliste et laïcisé (Karl Marx) ou a choisi d'étudier et de soigner la psychologie de l'humain présent (Sigmund Freud). Seul Nietzsche, me semble-t-il, s'est intéressé en profondeur à la finalité humaine telle que l'a concevait les grandes religions eschatologiques (plus tard Kant etHegel). Le philosophe de Weimar à bien compris le sens de l'humanité, mais c'est pour en redouter l'issue spirituelle et lui préférer une fin plus aristocratique.
Le XXe siècle occidental, quant à lui, me semble avoir obéi aux dernières prévisions du père de Zarathoustra. Il a plongé corps et âme dans le plus radical des nihilismes d’où sont nées à mon sens, les plus grandes boucheries humaines. Sous l'impulsion de ses plus sadiques dominants, l'association du pragmatisme, du matérialisme absolu, de la technologie et du nihilisme, a conduit l'espèce humaine vers ses plus sombres folies meurtrières.
Après avoir quitté ses vêtements de dictature, le nihilisme occidental s'est vêtu comme il faut qu'on se vête sous l'autorité douce du marché. Bien au chaud dans le velours de la société marchande, le mépris, la cruauté et le narcissisme continuent ainsi leur jeu de massacre. Il serait alors peut-être temps d'établir une relation entre le nihilisme et la cruauté.
Le pragmatisme du XIXe siècle, les boucheries du XXe et la toxicomanie du marché ont éteint momentanément la réflexion téléologique. Cette interruption a un sens mais il me semble urgent d'en reprendre à nouveau la route.
* Les penseurs du « grand siècle des lumières » donnent la primeur à l'esprit scientifique, à l'esprit critique, à la laïcisation de la pensée. Ils placeront la science et la philosophie sur les rails du rationalisme.
** Selon le déisme, Tout ce qui n’est pas l’œuvre de l’homme est produit par une source originelle universelle et intelligente (nommée Dieu). Il n'est pas concevable que "rien" soit à l'origine de tout. Dieu n’est pas d’essence matérielle (Dieu est esprit). Pour certains, Dieu a une action permanente dans l'univers, pour d'autres il n’interagit pas avec le monde. Dieu se manifeste par ses œuvres (la nature, la vie, le cosmos, la conscience humaine …). Le sentiment de l’action de Dieu vient de l’étude de la création (en contemplant le tableau on peut comprendre le peintre). Pour certains déistes, la religion est souvent ramenée à la morale. La relation de l’homme à Dieu est directe (par la pensée) et sans intermédiaires, pour d'autres il n’interagit pas avec le monde et n'intervient pas dans la destinée des hommes.
Voltaire et Jean-Jacques rousseau se sont affirmés comme déistes. La plupart des philosophes du siècle des lumières étaient déistes, ils ont été qualifiés d'athées pour des raisons polémiques. Diderot, Helvétius, Jean le Rond D'Alembert, etc. étaient déistes. Source Wikipédia
*** L'idéalisme relativise la réalité et place un idéal au-dessus où par-delà le monde. Il s'oppose au réalisme.
"Définissez-moi d'abord ce que vous entendez par Dieu et je vous dirai si j'y crois" Albert Einstein
La philosophie semble être la première science à avoir réfléchi en profondeur à la finalité de l'humanité, à son sens, son but. Kant et Hegel font office de figures de proue dans ce domaine. Mais les véritables pionnières à ce sujet, sont les religions.
La première affirmation selon laquelle l'humanité évolue dans un sens linéaire, un sens finaliste et spirituel, une évolution vers Dieu, nous est fournie, semble-t-il, par le judaïsme. En effet, pour cette religion mère, l'humanité se réalisera avec l'arrivée du Messie. (Quand le messie viendra, l'authenticité de la Torah et l'existence de Dieu seront universellement reconnues. A partir de cette reconnaissance universelle, rayonnera la lumière de la vérité, de la justice, de la tolérance et de la paix sur le monde entier). Ce positivisme se prolonge et s'enrichit tout naturellement avec le christianisme et l'islam. Ces 2 filles du judaïsme promettent une fin heureuse après l'Apocalypse (l'ultime victoire des forces du « bien » sur les forces du « mal » et l'instauration finale du royaume de Dieu sur terre, autrement dit l'instauration du royaume de l'amour, puisque Dieu est amour).
L'idée de progression humaine vers la perfection, se retrouve dans les spiritualités asiatiques mais sous une autre forme. Hindouisme, bouddhisme et taoïsme envisagent la création de façon cyclique (c'était également la croyance de la Grèce ancienne). Un âge d'or décline vers le chaos puis repart vers un âge d'or... (voir ci-contre). Si cette vision est différente des monothéismes, le principe revient au même. Dans l'éternel recommencement (de l'âge d'or au chaos et du chaos à l'âge d'or) c'est bien l'âge d'or (autrement dit la perfection) qui fait office d'idéal à atteindre.
Linéaire ou circulaire, pour toutes les grandes spiritualités du monde, l'humanité évolue vers un point de perfection.
Quand l'eau courbe un bâton, ma raison le redresse : la raison décide en maîtresse. La Fontaine.
Si la raison du monde décidait en maîtresse, comme celle de Jean de La Fontaine, la paix universelleserait déjà notre réalité puisque raisonnablement tout le monde la souhaite. Ce n'est pas le cas. Instincts, pulsions, volontés aveugles, sont encore bien souvent aux commandes de notre évolution.
La persistance d'une vision aussi désastreuse du monde, aurait pu décourager l'être humain. Heureusement, l’espérance de progresser, d'évoluer vers le mieux et pour certain, vers une sorte de perfection (universelle pour les monothéismes, et individuelle pour les spiritualités asiatiques) nous a toujours servi d'éclairage.
En effet, les religions ont déjà pensé notre destiné en termes de paix, d'égalité, de fraternité et d'universalité. A la fin des temps, l'agneau se couchera aux côtés du lion…et les jeunes enfants joueront dans le nid du cobra. (Isaïe 11 : 6 ). Autrement dit, l'homme ne sera plus un loup pour l'homme. Il en sera fini de l'abus des dominés par les dominants et l'ensemble humain aura enfin réalisé son unité.
Pour celui qui apprécie les images élégantes des poésies mystiques, les métaphores religieuses sont une véritable bénédiction. Le buisson ardent, les 99 noms de Dieu, les fleurs aux milles couleurs, la délivrance, l’éveil, l'extase. Oui mais voilà, si la plupart des intuitifs religieux (toutes religions confondues) ont découvert les grandes énigmes de ce monde, leurs découvertes ne sont pas parvenus à faire l'unanimité. La forme métaphorique de leurs explications perdait de l'influence à mesure qu'émergeait le pragmatisme scientifique. Les intuitions spirituelles réclamaient donc, d'une certaine manière, d'être éclairées à la lumière de la raison et de la science. A mon sens, la philosophie est née de cette exigence.
Le désir d'expliquer rationnellement les intuitions mythologiques et religieuses est à l'origine du philosophe. L'intention de rationaliser l'irrationnel et le spirituel, est un des grands moteurs de la philosophie. Des milésiens jusqu'aux épicuriens, les philosophes grecs ont voulu expliquer rationnellement la cosmogonie, la mythologie et les expériences mystiques (Platon, le banquet, par exemple).
De la même façon, jusqu'au XVIIIe siècle, les philosophes juifs, chrétiens et musulmans ont éclairé les métaphores des livres sacrés. Ils tentaient alors d'expliquer Dieu de façon ontologique, c'est à dire en procédant de Dieu lui-même. A partir des lumières, les grands philosophes ont changé leur point de départ. Certains penseurs comme Kant, et plus tard Hegel, décidaient de démarrer des phénomènes matériels pour prouver l'existence de Dieu. Ces pères de la phénoménologie en bornant ainsi les limites du monde phénoménal obligeaient la pensée à voir au-delà et donc à réfléchir au divin. En éclairant le monde jusqu'aux limites des réalités connaissables, ces penseurs éclairaient ce qui était au-delà... La matière se mettait au service de l'immatériel, la physique au service de la métaphysique.
Parmi ces derniers philosophes, certains d'entre eux comme Kant ou bien encore Hegel ont véritablement offert leur existence à la question du devenir historique de l'homme.
En s'appuyant sur leur intelligence phénoménale, leurs capacités logiques et intuitives et les découvertes scientifiques de leur temps, ces génies sont parvenus à démontrer de la façon la plus rationnelle possible le sens de l'humanité.
Leurs conclusions sont identiques à celles des religions : L'humanité évolue vers une concrétisation positive et spirituelle. Seuls changent les termes employés pour désigner cette finalité. Ainsi donc, toute réflexion téléologique vise à établir un lien entre le monde des phénomènes (l'univers tel qu'il nous apparaît) et le principe à l'origine de cet univers.
Nous visons à découvrir le rapport entre la matière visible et la forme immatérielle de celle-ci (ondes, cordes ou particules élémentaires invisibles). Pour simplifier, il s'agit tout simplement de faire la jonction entre le principe créateur et sa création, entre dieu et ses créatures... Autrement dit, tout philosophe de l'histoire, tout métaphysicien, vise à prouver l'improuvable : l'existence de dieu. Sur cette entreprise que n'aurait pas renié Don Quichotte, des millions de penseurs et de mystiques (bien souvent dans la plus grande exaltation) s'y sont consumés sans jamais parvenir à résoudre tout à fait l'énigme, faisant ainsi par le don de leur existence, progresser cette réflexion.
Un système est nécessairement fatal à une chose aussi arbitraire que la mythologie écrit J. Burnet dans « l'aurore de la philosophie grecque ». La théorie de la mecaniqueuniverselle, est finalement un système, et désire justement démolir en quelque sorte, la nouvelle mythologie superficielle a-existentialiste, absurde et consumériste, imposée par le marché et l'ultra libéralisme depuis quelques décennies à l'ensemble du monde. Si ce moment d'agitation et d'inconscience était nécessaire puisqu'il a eu lieu, il est temps de le contester pour le remplacer par un fonctionnement beaucoup plus proche des valeurs fondamentales actuelles de l'humanité.
Dès son origine et sans le savoir, le travail de la MecaniqueUniverselles'est inscrit dans la grande lignée de la philosophie de l'histoire.
Parti d'une intuition initiale : « l'humanité est vouée à atteindre sa perfection », cet ouvrage veut démontrer (le plus concrètement possible), qu'il existe un sens à l'évolution humaine, une finalité attirant (intuitivement encore), notre espèce vers un but précis.
Selon notre philosophie, l'évolution humaine propulse inexorablement l'homme vers ses valeurs idéales. Nous progressons donc insensiblement vers la fraternité, l'amour et le respect du prochain, l'égalité ontologique et la paix universelle. Selon nous, cette évolution est spirituelle, elle pousse l'humanité vers sa rencontre avec Dieu.
Mais si la mecaniqueuniverselle éclaire une destination possible du phénomène humain, elle ne détient pas les secrets du monde ni les raisons de sa création. Les ultimes clefs de l'univers ne s'offriront pas à nous après s'être refusé aux plus grands penseurs et mystiques. Il n'y a pas ici de concepts irréfutables, pas de preuves incontestables de ou d'indices de la présence de Dieu ou du sens de l'humanité. Notre tentative nous conduira tout au mieux au dernier camp de base de cet Everest métaphysique. Elle nous amènera peut-être face à la lourde porte de l'authentique énigme.
Espérons simplement que notre théorie apportera quelques nouveautés aux travail déjà accomplit par de nombreux philosophes et spirituels et ce, depuis des millénaires (depuis les intuitions et les diffusions mystiques des penseurs de la Bhagavad-Gita et de la torah, jusqu'aux premiers et multiculturels fondateurs de la philosophie grecque).
Souhaitons que ce postulat offre quelques éléments pertinents supplémentaires à l'idée du sens, comme à celle de Dieu.
"La démocratie est avant tout inventive de questionnement. Elle pose en tout cas comme problème global celui du questionnement." Épicure
L'indifférence avec laquelle la plupart de nos contemporains contemplent la CRÉATION, a de quoi interroger. Pourtant, il suffit d'interroger l'immensité de l'univers pour se confronter aux grandes questions métaphysiques. Il suffit de se pencher sur l'origine et la réalité de la matière pour saisir la puissance des énigmes de ce monde. Devant ces grandes interrogations le nihilisme aurait de quoi se rétracter. Il se révèle alors être un simple défaut de réflexion, et croire, au contraire, devient une évidence.
Il y a, me semble-t-il, deux grandes façons d'aborder l'existence. Ou bien on s'interroge sur son étrangeté en accueillant les questions qui en dépendent, ou bien on vit sans trop s'en poser.
Aucune des deux options n'est supérieure à l'autre. Les deux sont nécessaires pour construire ce monde.
Nihil déo, le point de vue nihiliste affirme : « dieu n'existe pas », « l'humanité, n'a pas de sens ». Mais cette façon de penser n'est possible qu'en occultant les questions existentielles. Quand on s'interroge sérieusement sur le monde, on se heurte fatalement à la présence d'un principe créateur. Quand on se projette avant la création le concept de Dieu ou de son équivalent, apparaît.
Chez les primates naturels, la plupart des actions sont gérées par l'instinct. Vivre sans but supérieur ni soucis du sens, n'est pas pour eux, un problème. Cela ne perturbe en rien leur vie ni celle du groupe. Ce n'est plus le cas de l'humanité consciente. Les conduites humaines ne sont plus uniquement encadrées par les lois de la nature. Elles obéissent à des valeurs et ce sont celles de la culture. L'idée de Dieu et les notions* qu'elle véhicule, est fondamentale pour notre santé psychique. Cette présence permet d'éviter un grand nombre de conduites absurdes.
Le bon sens populaire se goure rarement. A choisir entre : "la vie a un sens" et "la vie n'a pas de sens", l'humanité préfère la première option. On peut y voir une preuve de notre besoin de nous améliorer et de tendre vers un but supérieur. Un besoin de comprendre, inverse de la fatalité. Tous les mécanismes de l'humanité nous poussent dans ce sens.
Jusqu'à ce que la science parvienne à nous offrir la certitude qu'il y a, ou qu'il n'y a pas de présence divine à l'origine de la création, l'esprit angoissé et curieux de l'homme, s'acharnera à résoudre ce puissant foyer d'inquiétude.
La philosophie et le divin
Kant, Anselme, Descartes, Spinoza.
La philosophie à la recherche du divin
C’est une absurdité de croire que la divinité ait des passions humaines, et l’une des plus basses des passions humaines, un incessant appétit d’applaudissements. Dialogues sur la religion naturelle. David Hume
Avec Platon puis Aristote, la philosophie s'est imposée comme une science à part entière. Depuis son origine sous le soleil de la Grèce, elle investit toutes les branches de la pensée humaine. Issue de la pleine mysticité, elle s'est peu à peu rationalisée pour tenter de conceptualiser et de démontrer la pertinence de ce qui antérieurement appartenait au magique et au poétique. L'étude rationnelle de ce que nous nommons le divin n'y fait pas exception. La philosophie post socratique, cette discipline extraordinaire, est alors progressivement devenue l'intermédiaire idéal entre le religieux et le scientifique. Comme la mystique, elle vise, à comprendre Dieu, mais, à la différence des extatiques, elle essaie de s'appuyer sur la raison.
La philosophie utilise alors deux grandes méthodes pour mettre en avant le plus logiquement possible, la probabilité de Dieu.
Emmanuel Kant est sans doute le premier philosophe à avoir séparé le monde phénoménal (Dieu, l'au-delà, tels que nous les concevons) du monde métaphysique (la réalité telle que nous la percevons).
Ne nous trompons pas sur la philosophie de Kant et sur la phénoménologie en général. La première motivation de ce courant philosophique n'est pas matérielle mais spirituelle. Si ces penseurs visent à nous expliquer les mécanismes visibles du monde phénoménal c'est avant tout pour marquer les limites du territoire au-delà duquel se situe l'énigmatique. L'énigmatique, autrement dit : Dieu (même si ce divin doit avoir pour nom le vide, ou le rien comme dans les cultures asiatiques).
Michel Henry. Dieu s'ouvrant à la chair
De Platon à Michel Henry
La chair et la raison
La souffrance forme le tissu de l'existence, elle est le lieu où la vie devient vivante, la réalité et l'effectivité phénoménologique de ce devenir. L'Essence de la manifestation, Michel Henry
La question de la présence ou non d'un divin, est une des interrogations les plus fondamentales pour l'humanité. L'homme devait, doit et devra, Irrépressiblement s'interroger à ce sujet. Il y sera contraint jusqu'à ce qu'il ait éclairé parfaitement l'illusion où la réalité de cette identité suprême.
Que l'on choisisse Dieu ou le monde phénoménal comme point de départ pour tenter de savoir si oui ou non, il y a Dieu, est relativement sans importance. Aucune des deux voies ne semblent capables d'éclairer clairement ce mystère. Le divin est inaccessible à la raison comme à l'expérience scientifique (il n'empêche que la science comme la philosophie doivent continuer à chercher).
A mon sens, la présence du divin, se donne à réaliser uniquement à travers la sensation. Le spectacle de la beauté qui s'incarne dans un être vivant est infiniment plus émouvant que celui de l'œuvre la plus grandiose. L'Amour les yeux fermés, Michel Henry. Le divin n'ouvre encore sa réalité qu'à l'expérience intime, charnelle et silencieuse.
L'homme parviendra sans doute à démontrer la réalité de Dieu. Ses sciences confirmeront qu'il « EXISTE » un principe créateur, comme l'écrit la bible - je suis celui qui est - mais ni la philosophie ni la sciencen'arriveront à rendre compte de sa véritable réalité.
L'extatique silencieux comme maître
Seul l'extatique, le béat, l'éveillé sont à même de comprendre en profondeur ce que nous appelons Dieu.
Certains atteignent cet état transcendantal par la foi (touchés par la grâce).
D'autres par le hasard (à travers une expérience de mort imminente par exemple). D'autres encore par la volonté (les ascètes, les moines zen, lessoufis). Et seuls ces êtres humains, ces éclaireurs, ces individus ayant atteint l'extase, parviennent à ressentir ce qu'est Dieu. Ils sont les seuls à pouvoir se connecter avec la nature profonde du principe créateur, autrement dit avec « l'amour absolu ».
Notre chair porte en elle le principe de sa manifestation, et cette manifestation n’est pas l’apparaître du monde. En son auto-impressionnalité pathétique, en sa chair même, donnée à soi en l’Archi-passibilité de la Vie absolue, elle révèle celle-ci qui la révèle à soi, elle est en son pathos l’Archi-révélation de la Vie, la Parousie de l’absolu. Au fond de sa Nuit, notre chair est Dieu. Incarnation. Une philosophie de la chair, Michel Henry
L'éveillé comprend les textes
En tout cas, qu'elles émanent du judaïsme, du christianisme ou de l'islam, de l'hindouisme, du bouddhisme ou du taoïsme, qu'elles viennent d'un Platon, d'un Plotin, d'un Saint Augustin, d'un Al-Ghazâlî, d'un Maimonide ou d'un Spinoza, d'un Kant, d'un Hegel, d'un Bergson ou d'un Michel Henry, toutes leurs explications de Dieu, deviennent claires et limpides à l'extatique.
A celui qui a éprouvé les ravissements de l'extase, la pertinence des textes sacrés (qu'ils soient offerts par le judaïsme, le christianisme, l'islam, l'hindouisme ou le bouddhisme) saute aux yeux. Au bien heureux que la béatitude envahi, la compréhension de dieu, du vide, de la substance, de l'Un, de l'être, devient une évidence.
Les limites de l'esprit
Toutes les explications de Dieu se retrouvent donc face à deux limites infranchissables :
Cette difficulté induit également l'impossibilité d'établir la preuve formelle et incontournable de Dieu. De cette « chose » concernant avant tout notre intimité, notre chair dont parle Michel Henry.
De la mecaniqueuniverselle
Rappelons-le une nouvelle fois :
Notre prétention ici est des plus modestes. Nous ne garantissons pas de prouver Dieu comme deux et deux font quatre. Nous voulons simplement poser quelques briques supplémentaires sur un édifice entrepris depuis déjà longtemps. Nous aimerions juste faire rouler quelques caillasses le long d'un gué vacillant, construit par l'homme sur le grand fleuve du temps. Rapprocher encore un peu l'humanité de cette autre drôle de rive d’où surgit l'étrange lueur des pleins mystères.
Enfin, plus radicalement, la troisième est que, dans sa révélation originaire, l'apparaître ne peut se donner dans l'extase. Ainsi, au terme de la mise entre parenthèses du monde et des facultés qui nous le donnent, demeure ce que Michel Henry appelle cette "auto-donation où la vie se donne d'emblée à elle-même, en totalité - omni-donation qui donne tout autant que tout se donne dans la vie, non seulement vie elle-même mais toute affection extatique aussi bien" Michel Henry: Pensée de la vie et culture contemporaine - Colloque - Publié par Jean François Lavigne
Renonçons à l'idée séduisante d'une évolution indéfinie. L'homme demeurera la suprême réussite de la vie. J Rostand.
Selon la mecaniqueuniverselle, l'humanité évolue dans un sens bien précis et se dirige vers son plein épanouissement ! telle est notre philosophie.
Devant tant de violence et d'esprit génocidaire, l'homme sensible à l'affect écorché, imagine son monde livré au chaos et à l'absurde, l'humanité irrésistiblement vouée à son propre désastre. Mais par delà l'agressivité puérile de nos sentiments primaires, ce travail cherche précisément à démontrer l'inverse. Il vise à éclairer l'irrésistible montée de notre espèce vers son seuil de perfectionnement.
Nous étions des primates naturels, nous sommes des hommes constructeurs, nous allons vers l'humain accompli, voilà le triptyque de notre théorie.
Certains considèrent l'existence des grands singes, gorilles, chimpanzés, Bonobos, orang-outan, plus enviable que l'existence humaine. Nous ne partageons pas ce point de vue. Certes, nos cousins primates ignorent la plupart de nos problèmes. Ils bénéficient d'une insouciance et d'une liberté que nous n'avons plus et sont bien plus respectueux de leur environnement que nous ne le sommes. De plus, les primates naturels semblent dénués de ces perversions et ces velléités guerrières qui encombrent l'humanité depuis longtemps.
Si l'homme se comporte parfois comme un saint, il sait également endosser l'habit de l'assassin et se montrer sauvage et bestial envers ses congénères et les autres espèces. Bien souvent, son comportement est très loin de celui de l'homo sapiens (l'homme sage et raisonnable), qu'il se dit être. C'est à cause de cet aspect détestable que certains considèrent le phénomène humain comme un « accident ». Comme une « erreur de la nature ».
L'effort des philosophes tend à comprendre ce que les contemporains se contentent de vivre. Nietzsche.
Selon nous, l'existence de nos cousins singes n'est pas forcément enviable. Ils vivent sous l'autocratie de leurs instincts et de quelques dominants. Il sont soumis aux prédateurs, à la quête incessante de nourriture et aux caprices du climat. Chaque jour, ils doivent supporter une quantité d'épreuves de force ou d'agressions. Ce qui n'est plus le cas de l'humanité.
Par la justice, l'éducation, la morale, notre espèce a réduit la somme de violences et de dangers dans son quotidien. Cette diminution des menaces nous autorise à vivre la plupart des jours de notre existence dans une relative paix.
La vie de nos cousins singes et moins facile qu'elle n'en a l'air, l’agressivité, la quête de nourriture, la rigidité des hiérarchies, agitent leur quotidien. Ils vivent dans une ambiance dangereuse. Cette lutte permanente, les empêche d'atteindre un degré de sérénité et de temps libre suffisant pour développer toutes leurs facultés cérébrales et leurs progression, certes effective reste tout de même embryonnaire.
L'homme au contraire, en quittant le royaume de la nature, dépasse ces limitations naturelle. Nous avons appris à maîtriser nos pulsions, a engranger la nourriture et nous avons créer une panoplie de règles et de lois pour gérer nos tendances. Grâce au temps gagné sur la survie, l'homme a développé ses capacités de réflexion et d'analyse. Il peut ainsi se poser des questions sur le monde et sur le sens de sa présence dans un tel monde.
Dans la grande chaîne de l'évolution du vivant, l'apparition humaine et donc un progrès.
Notre arrivée sur l'arbre de la vie, revêt ainsi un premier sens. Par nous, elle extrait le vivant des contraintes de la nature et permet à notre espèce de comprendre son sort.
Mais les nouveautés apportées par l'homme à l'extraordinaire aventure du vivant, ne s'arrêtent pas là. Elles incluent des apports beaucoup plus hauts, plus nobles et spirituels que ce que le monde moderne ne nous laisse croire. Elles contiennent des progrès éthiques et supérieurs que la mecaniqueuniverselle tâche de mettre à jour.
« Sur le plan spirituel, toute douleur est une chance ; sur le plan spirituel seulement. » Emil Michel Cioran
Selon notre philosophie, l'espèce humaine est en évolution. Elle améliore constamment son comportement. Elle maîtrise de mieux en mieux son environnement. Elle répond de plus en plus à ses questionnements. Selon nous, l'ensemble de ces progrès singuliers orientent l'humanité vers une finalité particulière. Ces perfectionnements dirigent le phénomène humain vers la sagesse suprême, la béatitude, l'extase, autrement dit vers l'amour absolu. Et une grande partie des philosophies et toutes les grandes religions, cheminent dans ou à côté de cette vision eschatologique.
Cette évolution vers l'amour absolu, est difficile à percevoir. Les chaos du monde et la présence du « mal », brouillent ses indices. La barbarie et la perversité dont l'humain se rend parfois coupable, en masquent l'itinéraire. Mais le mal est une nécessité. Pour évoluer vers l'amour absolu, l'être humain a besoin de cette force inverse. La lutte qu'elle nous oblige à mettre en œuvre contre elle, sert à construire le bien et le mal accompagnera notre route jusqu'à ce que l'humanité parvienne à sa perfection.
C'est pourquoi, l'humain en construction travaille sans relâche à diminuer cette valeur négative. De génération en génération, l'homme constructeur fait régresser « le mal » jusqu'à sa totale extinction et ainsi notre accession à la perfection...
« A force de mal, tout ira bien. » proverbe français
Si le mal n'existait pas, il faudrait l'inventer et c'est d'ailleurs, ce qu'a fait l'humanité.
Notre espèce a inventé ce concept grasse auquel, elle à amorcé sa sortie des mœurs de la nature. Notre espèce a dû s'imposer des interdits créer des censures, pour rompre avec certains fonctionnements primates. Tout ce que nous rangeons dans le « mal », résultent d'une transgression de ces interdits. Le « mal » correspond à la violation des tabous, des lois, de l'éthique ou de la morale, par nos instincts. Ce mécanisme autorise le combat entre le désirde s'affirmer au dépend d'autrui et la morale qui le condamne. Entre l'envie d'assouvir certaines pulsions (sexuelles, dominatrices, prédatrices etc.) et la loi qui les interdits.
A partir du moment où il s'est distingué des autres groupes de singes (par la sophistication de la bipédie, du langage etc.), l'homme a élaboré des valeurs et les a verbalisé.
Les interdits sont nés de ces valeurs spécifiques. Ces interdits ont engendrés les concepts de bien et de mal. Ces nouveaux concepts ont donné naissance à des règles de vie et le désir de s'approcher des « conduites idéales ».
Sous le regard des grandes valeurs humaines, certaines pulsions issues de nos origines animales, sont considérées comme positives. C'est le cas de l'amour, de l'amitié, de l'entraide, du partage, de l'égalité, de la fraternité, etc.
D'autres, au contraire, sont considérés comme négatives. Le désir de domination, l'agressivité incontrôlée, la prédation, le goût pour la thésaurisation des privilèges, etc.
Depuis son apparition, l'humanité n'a cessé de faire évoluer la densité et la précision de ses interdits. La prohibition du vol par exemple, englobe à présent la prédation intellectuelle.
Parallèlement, l'homme à sophistiqué ses conduites idéales. Le don de soi dont ont fait preuve M L King, Gandhi, Saint François, en est un échantillon. L'une des grandes responsabilités de l'humanité, est donc d'accroître le bien au détriment du mal. Il lui faut éteindre dans le cerveau humain, la zone occupée par les « pulsions négatives » (le désir de s'affirmer aux dépens d'autrui) pour la remplir de valeurs positives.
Nous étions des primates naturels, nous sommes des hommes constructeurs, nous évoluons vers l'humain accompli.
Pour accéder à sa pleine culture, l'humanité doit continuer à travailler sur certains problèmes liés à sa nature. Elle doit continuer à améliorer son comportement (en agissant sr ses pulsions négatives), elle doit s'affranchir des exigences de son environnement et dénouer ses questionnements. Le désir permanent de faire progresser ces 3 pôles fondamentaux, découle tout simplement de notre inclinaison au bonheur.
Cette aspiration anime chacun des hommes. Les premiers grands philosophes grecs, de Pythagore à Platon, Socrate ou Aristote, l'avaient déjà compris des les premiers temps de la philosophie.
Mais à l'époque, nos pères de la science philosophique, n'avaient pas les moyens d'imaginer le parcours de l'humanité dans sa globalité. Ils leurs manquaient certains éléments indispensables comme la théorie de Darwin par exemple. Leur vision universelle du monde étant incomplète et ne pouvait donc déduire l'issue global au fait que tout homme désire intuitivement atteindre le bonheur. Ils ne pouvaient saisir que cette quête individuelle du bonheur, formait par déduction, le désir de l'ensemble humain. Autrement dit, l'humanité toute entière désire atteindre le bonheur et s'active intuitivement à le construire. Tous nos progrès dans la maîtrise de l'environnement, du comportement et du questionnement, travaillent pour cela et impliquent l'ensemble humain.
En effet, imaginons simplement notre humanité ayant acquis la maîtrise parfaite de son comportement, de son environnement et de son questionnement. Il n'y a plus alors, ni pollution, ni destruction, ni crime, ni guerre, ni envie, ni conflit, ni peur, ni angoisse, ni racisme, ni abus, ni antagonisme. il ne reste à l'homme plus qu'a vivre dans l'état de bonheur et de sagesse.
La plus haut degré d'évolution de l'humanité auquel nous pensons lorsque nous écrivons : "l'humanité est destinée à atteindre sa perfection" , est donc un état de contemplation, de sérénité et d'éveil. C'est la sagesse absolu, l'extase le nirvana, dont parlent l'hindouisme, le bouddhisme, le judaïsme, le christianisme, L'islam et la plupart des philosophes.
L'évolution ne s'est jamais départie de son effort ; constamment, elle s'est élevée de degré en degré pour aboutir à l'homme. Sa marche passée est garante de l'avenir. A Vendel.
Circonscrite à la progression humaine, cette citation pourrait s'interpréter ainsi : l'évolution de l'homme ne s'est jamais départie de son effort. Constamment, elle s'élève. De degré en degré, elle se dirige vers sa perfection. L'histoire passée de l'humanité, prouve ce sens d'évolution. Lorsque nous étions des primates naturels notre esprit vivait hors du temps tel que nous le connaissons aujourd'hui. Il baignait dans une sorte d'insouciance et d'immédiateté. Une immédiateté identique à celle des primates naturels.
Progressivement, notre espèce a acquis la notion de temps. Elle utilise cette mesure pour construire son monde. Grâce à cette faculté, l'homme peut se projeter sciemment vers le passé et l'avenir. Il peut accumuler son savoir et le transmettre, juger ses actes afin de mieux les maîtriser. Toutes ces nouveautés bâtissent la culture humaine, la technique et ses objets, le progrès. Façonnés par ces outils culturels, certains traits rigides de notre primatitude comme l'agressivité, l'égocentrisme, la domination-soumission, l'esprit de clan, s'affaiblissent. Ils cèdent leur place à des conduites plus pacifiques, créatives, sociales et spirituelles. Notre philosophie (la mecaniqueuniverselle) pense qu'à terme ces facultés supérieures parviendront à libérer l'esprit humain des contingences de la nature.
L'homme quittera sa prison rudimentaire grâce à la culture, à la technique, à l'éducation. Par-delà les mauvais comportements encore présents, ces aptitudes nous libérerons de nos tendances primaires. Elles nous exonérero
nt de nos pulsions agressives et des angoisses liées aux questions sans réponses. Si l'humanité parvient à surmonter tous ses obstacles, elle atteindra forcément la paix, la sérénité et l'insouciance.
« La joie est notre évasion hors du temps. » Simone Weil
Les génies de l'esprit que sont les philosophes et les grands spirituels, l'appellent : Eveil, béatitude, nirvana, bonheur suprême, ataraxie, joie ou extase suivant leur culture... Ces grands penseurs et ces grands expérimentateurs, considèrent cet état comme un état de conscience absolue. Un état de pleine présence au monde et de plein immédiat. Pour la religion comme pour un grande partie des philosophes, cet état subliminal représente le plus haut degré de l'évolution De l'esprit.
Telle est l'épanouissement vers lequel se dirige, selon nous, l'humanité.
"Les détails font la perfection, et la perfection n'est pas un détail." Léonard de Vinci.
Comme il est écrit précédemment, la mécaniqueuniverselle défend un point de vue selon lequel « l’humanité est destinée à atteindre sa perfection ». Il s'agit donc d'une vision eschatologique du monde.
La perfection vers laquelle selon nous notre espèce se dirige, est la sagesse, la paix universelle, l'accès facile à l'extase (réunion avec le principe divin). Il s'agit d'un état d'immédiateté psychique absolu. Autrement dit, l'esprit de l'extatique est là en permanence, il baigne dans un présent absolu. Il est de ce fait, libéré du temps culturel, de l'horloge qu'utilise l'homme constructeurpour élaborer le monde (le temps découpé en siècles, années, mois, secondes).
Paradoxalement, cette évolution vers l'extase, semble nous ramener à nos origines primates. Une époque où nous vivions hors du temps scientifique, où l'individu obéissait principalement à son horloge biologique et ses instincts. Mais ce retour humain vers l'intemporel de l'extase, contient quelques grandes différences avec l'immédiat de nos cousins. Entre les deux formes d'immédiateté (celle de nos origines et celle de notre futur), s'intercale la grande œuvre de l'évolution humaine. Et cette œuvre a un sens, elle transforme un primate naturel en sage, en travaillant trois axes fondamentaux :
1/ Elle comprime nos instincts transgressants.
2/ Elle nous adapte de mieux en mieux au milieu.
3/ Elle répond de plus en plus à nos questionnements.
Dit autrement, l'évolution humaine, libère progressivement l'homme de ses pulsions agressives, construit son monde et résous ses questions existentielles. Pulsions agressives, dangers extérieurs et questionnements, limitent les autres primates et les empêchent selon nous, d'accéder à la béatitude, même s'ils sont plongés dans l'immédiat. C'est d'ailleurs parce que nous ne maîtrisons pas encore parfaitement ces 3 grandes barrières, qui rend difficile l'accès actuel à l'extase.
En résumé, l'espèce humaine travaille sans le savoir à son évolution vers l'état extatique.
AVANT PROPOS
Le philosophe Hegel écrit : en poursuivant leur propre intérêt, les hommes font l'histoire et sont en même temps les outils et les moyens de quelque chose de plus élevé et de plus vaste, qu'ils ignorent mais réalisent de façon inconsciente.
Nous sommes d'accord avec cette subtile analyse.
Mais que réalise donc l'humanité de façon inconsciente ?
Et bien c'est justement ce que vise à éclairer cette réflexion.
Avant d'avancer vers le cœur de notre philosophie, précisons ce que nous entendons par « perfection ».
Lorsque nous écrivons : « l'humanité va vers sa perfection » cela ne signifie pas que l'espèce humaine est imparfaite au présent ... mais simplement qu'elle n'a pas encore atteint son seuil ultime de perfection.
L'évolution de l'humanité est une chose paradoxale.
Elle est toujours parfaite au présent tout en étant perfectible.
Parfaite, puisqu'elle ne peut être autre chose que ce qu'elle est à l'instant (seuls nos désirs, nos imaginaires, nos regrets, donnent l'impression de l'inverse), mais elle est également perfectible puisqu'elle évolue en permanence.
Selon notre philosophie, malgré certaines régressions ponctuelles et géographique, l'humanité dans son ensemble, progresse de siècles en siècles.
L'humanité est donc toujours la meilleure possible au présent, tout en étant améliorable.
Autrement dit, l'espèce humaine est aujourd'hui plus parfaite qu'hier et bien moins que demain. Il est donc plus juste d'écrire : « l'humanité est vouée à atteindre son ULTIME perfection ».
Pour comprendre ce point de vue, nous allons comparer l'évolutionhumaine, à la lente élaboration d'une œuvre d'art. Nous utiliserons pour cela, une des œuvres les plus emblématiques de l'art occidental. La fameuse Joconde de Léonard de Vinci.
Transportons nous, par exemple à Florence en 1503 dans l'atelier du peintre déjà célèbre : Léonard de Vinci. Imaginons qu'un badaud toscan, ignorant tout de la peinture (c'est assez rare, il faut le reconnaître), pénètre dans le laboratoire de l'artiste et se retrouve seul en présence d'une toute première ébauche de la Joconde. Sur le bois de peuplier qui à servit de support au portrait, quelques traits au fusain décrivent les grandes lignes du futur chef-d’œuvre. Qu'aurait bien pu se dire ce béotien ? Comment aurait-il décrit ces quelques traits bizarres dispersés ça et là comme au hasard ? Un gribouillage sans importance ? quelques graffiti vides de sens et d'avenir ?
L'esquisse est une étape nécessaire.
Impossible en effet pour un profane, de concevoir la finalité de cette esquisse. Impossible de prévoir le résultat final de ces traits préliminaires ni, bien sur, d'en imaginer son extraordinaire destin pour l'humanité
Et bien, face à la finalité de l'humanité, nous sommes aujourd’hui dans la même position que ce profane face à la fin dernière du tableau de Léonardo.
Ces quelques marques éparses étaient pourtant fondamentales. Chaque coup de crayon, chaque repentir, chaque tâtonnement était nécessaire au chef-d’œuvre. La moindre erreur, la moindre rectification opéré par Léonard de Vinci, était vitale pour la création de la Joconde. Autrement dit : dans l'exécution d'une œuvre d'art, chaque étape est parfaite au présent, tout en étant perfectible.
Et l'évolution de l'humanité et sa finalité, est une œuvre d'art.
l'humanité tâtonne aussi.
Le portrait achevé écrit Bergson, s'explique par la physionomie du modèle, par la nature de l'artiste, par les couleurs délayées sur la palette ; mais, même avec la connaissance de ce qui l'explique, personne, pas même l'artiste, n'eût pu prévoir exactement ce que serait le portrait, car le prédire eut été le produire avant qu'il fût produit, hypothèse absurde qui se détruit elle-même. Ainsi pour les moments de notre vie, dont nous sommes les artisans. Chacun d'eux est une espèce de création. Et de même que le talent du peintre se forme ou se déforme, en tout cas se modifie, sous l'influence même des œuvres qu'il produit, ainsi chacun de nos états, en même temps qu'il sort de nous, modifie notre personne, étant la forme nouvelle que nous venons de nous donner.)
L’œuvre d'art achevée est le fruit d'une multitude d'étape de construction. La Joconde a nécessité une quantité de degrés pour devenir l’œuvre finale, suffisamment satisfaisante pour son créateur.
De la même façon, toutes les étapes de l'humanité était nécessaire pour devenir ce qu'elle est. Il fallait franchir de nombreux paliers pour transformer un primate naturel en l'homme actuel.
Toutes les phases historiques ont fait l'humanité telle qu'elle est. Préhistoire, histoire, langages, dextérité, inventions, formation des cités, des empires, des grandes religions et des républiques, naissance de la démocratie etc., toutes ces étapes furent fondamentales.
Aucune période ne peut être retranchée de ce qui a fait ce que nous sommes. Périodes de paix ou de guerres, de bonheur ou d'horreur, ont construit l'humanité actuelle.
Mais cette vision pragmatique de l'évolution humaine ne doit en aucun cas servir à justifier l'injustifiable. Il est fondamental de combattre les actes négatifs de l'humanité. Il est indispensable de juger certains événements passés comme s'ils étaient « inutiles » et « superflus ».Même si, dans la réalité, tout devait se réaliser puisque tout s'est réalisé. Les seuls drames que l'humanité peut infléchir, sont les drames à venir.
Les « erreurs » et rectifications du peintre toscan, étaient donc nécessaires.
Elles font parti des matériaux de construction du chef-d’œuvre du Louvre.
De la même manière, les « erreurs » de l'humanité appartiennent intégralement à son évolution.
Elles sont nécessaires à sa progression vers l'ultime perfection. Ainsi donc, chaque moment de la lente évolution humaine, est parfait tout en étant perfectible. Parfait puisqu'il ne peut être autre, et perfectible, puisqu'il est toujours suivi par une progression.
L'insatisfaction chronique
L'humanité ne peut être plus évolué que ce qu'elle est au présent, mais nous devons penser l'inverse pour être contraint de travailler à son évolution.
Nous sommes soumis à la violence de nos sociétés encore archaïques. Nous sommes les spectateurs stupéfaits d'un monde agressif et faiblement conscient. Nos esprits utopistes aimeraient, bien évidemment, une humanité déjà parvenue un peu plus loin sur la route de son évolution. Seulement, dans la réalité, comme nous venons de le dire, la société humaine ne peut pas être plus évolué que ce qu'elle est à l'instant présent. Et ce décalage entre espérance humaine, et réalité du monde,est un des plus puissants générateurs d'actions.
C'est la même chose pour l'univers, pour le vivant et pour chaque espèce. Le processus d'évolution ne peut pas être modifié. Globalement, le développement de l'univers, d'une planète, d'une espèce, ou d'un individu est identique. Il comporte une naissance, une enfance, une adolescence, un âge adulte, une vieillesse et la mort ».
On ne reproche pas à un bébé de n'être pas déjà un adulte ni à Léonard de Vinci d'avoir du passer par des esquisses préparatoires pour concrétiser sa Joconde. Donc en théorie, on devrait s'abstenir de reprocher à l'humanité la lenteur de son évolution ou les erreurs qu'elle fait.
Seulement nous ne sommes pas dans la théorie mais dans la pratique ou prédomine, la ruse de la raison. A travers elle, l'humanité est tenue d'examiner son passé (et le critiquer), même si celui-ci ne pouvait se produire autrement que comme il s'est produit. C'est une nécessité. Pour éviter de renouveler ses erreurs, l'homme doit forcement juger toutes les « mauvaises » actions antérieures. Il doit porter un jugement sur le monde. Le considérer imparfait pour avoir envie de le changer.
L'insatisfaction humaine est un moteur de progression. Elle nous oblige à réformer en permanence la société. Pour évoluer, l'homme doit juger ses « erreurs » passées et présentes.
C'est la même chose pour l'humanité. Pour progresser, elle doit juger en permanence ses « erreurs » anciennes et actuelles. Grâce à ce jugement, l'humanité baigne dans un progrès constant. Et grâce à ce progrès, le phénomène humain, évolue vers son ultime « perfection ».
L'humanité quitte peu à peu son adolescence pour devenir une adulte bienveillante, universelle et responsable. Parce qu'il s'agit d'une évolution, chaque étape lui est nécessaire. Nos erreurs sont fondamentales pour avancer vers notre perfection.
Toutes les chutes du bébé, toutes les erreurs de jeunesse, font de nous, l'adulte que nous sommes. De la même façon, chaque faux pas et chaque « chute », conduisent l'humanité à devenir adulte.
Mais revenons en au père de la Joconde.
Le sentiment d'insatisfaction, a vraisemblablement accompagné toutes les années d'apprentissage de Léonard de Vinci. Comme tout artiste, avant d'atteindre la pleine maîtrise de son art il lui a fallu apprendre. Et très certainement, lui-même et ses enseignants ont porté des jugements sur son travail. Et grâce à ce travail critique, l'artiste à atteint une sorte de perfection. Nous avons le même devoir envers l'humanité. L'homme doit critiquer la société pour la faire évoluer.
Nous appartenons encore à un temps utilisant bien souvent la culpabilisation pour évoluer. Cette technique fut très importante pour notre évolution, mais elle est progressivement remplacée par une compréhension plus subtile de la complexité des choses. Autrement dit par une compréhension plus profonde de l'homme et de l'humanité. Nous sommes donc devenu plus bienveillant mais pas encore apte à généraliser ce type de comportement. Et en attendant, nous nous devons d'être accusateur et incriminant envers nos « erreurs passées ». A cette condition seulement, nous pouvons améliorer le présent et l'avenir.
La conscience humaine s'active sans cesse en s'évasant. Une vraie compréhension du caractère fatal et nécessaire des erreurs passées, ne manquera donc pas d'arriver. S'élèvera alors dans l'humanité, une sorte d'amour envers nous-mêmes. Nous ne considérerons plus « nos erreurs » comme un tissu d'horreurs évitables mais comme un des rouages de notre évolution, une nécessité. Nous inclurons ces désespérantes tragédies dans le grand livre d'expérience qu'utilise l'homme pour s'empêcher de les reproduire. Nous les verrons comme un appui à partir duquel se bâtissent les moyens de les résorber.
Bien sur, cette vision naïve est assez simpliste.
Cette vision de Bisounours, vise simplement à ajouter quelques bougies sur notre long chemin d'évolution. Déposer quelques lucioles sur une route déjà bien éclairée par ceux que je considère définitivement comme mes pairs. Ces grands découvreurs de la philosophie, de la science et de la mystique.
Si nous parvenions simplement à éclairer leur travail et à déclencher quelques velléités eschatologiques, notre objectif aura atteint son but.
L'humanité est vouée à atteindre son ultime perfection, l'extase, la béatitude, la sagesse.
Voilà l'horizon vers lequel s'élance doucement notre théorie. Il s'agit donc d'un système philosophique, d'une philosophie de l'histoire, d'une téléologie, d'une réflexion sur la destinée de l'humanité, d'une méditation sur les causes finales de l'homme.
Ces trois principes : géocentrisme, anthropocentrisme et croyance, décrivent parfaitement notre orientation.
Selon notre théorie, « l'amour, l'esprit et la conscience » ou son essence, sont les bases de la création. Matière et univers sont de simples « outils » au service du spirituel. Évidemment, ces outils sont infiniment respectables, donc à respecter. Ils permettent à l'homme d'exister et d'évoluer.
Selon nous encore, l'espèce prédomine sur l'individu. Autrement-dit, le travail d'un homme est avant tout destiné à l'humanité.
Tout être humain est infiniment précieux, mais seul le phénomène humain dans son ensemble, donne du sens à ses actions. En se réalisant, l'homme, réalise les desseins du principe créateur. C'est notre rôle supérieur et inconscient.
Selon nous, la mission de l'humanité (bien qu'elle l'ignore encore), est de matérialiser sur terre l'esprit de dieu (autrement dit l'amour absolu). Notre espèce doit incarner la puissance créatrice, à l'aide de l'amour sous sa forme élevée.
Nous pensons ainsi que l'homme est avant tout l'instrument de la volonté divine. Bien sur, cette vision de l'individu en tant qu'objet du divin, réclame un monde parfaitement spiritualisé. Appartenant à Dieu, tout être humain requiert un respect absolu. Pour la spiritualité, aucun homme n'a le droit de maltraiter la création divine. Autrement dit, aucun homme n'a le droit de maltraiter un autre homme (ni les autres formes de vie).
Le premier chapitre s'intitule: De l'animal à l'homme. Il détaille le sens des activités humaines. Toutes nos actions, sans exception, travaillent directement ou indirectement à faire progresser un de ces 3 grands chantiers : maîtrise progressive du comportement, maîtrise progressive de l'environnement, solutionnement progressive des questionnements.
Le deuxième chapitre est consacré aux concepts du bien et du mal. Il vise à comprendre pourquoi cette dernière valeur existe. Le mal se révélera alors être un simple outil d'évolution. Un outil destiné à faire progresser le bien jusqu'à sa pleine émergence. Autrement dit, quand le bien aura atteint son summum, le mal aura disparu.
Le troisième chapitre : de l'homme à l'humainLe troisième chapitre cherche à expliquer le sens du travail humain. Pourquoi les maîtrises progressives du comportement, de l'environnement et du questionnement, sont destinés à atteindre leur propre perfection. Des perfections destinées elles-mêmes à un degré supérieur et spirituel : l'accession de l'humanité à la sagesse et à l'extase.
Le quatrième chapitre s'intitule : Bonheur. Il est dédié au bonheur absolu, autrement dit à l'extase. Nous essaierons de définir les grandes sensations de cet état extatique. Ici se réuniront les différentes dénominations de l'extase : souverain bien, béatitude, nirvana, ataraxie etc.
Nous rassemblerons ensuite le maximum d'écrits des grands mystiques, des réflexions philosophiques et religieuses à propos de l'extase, de la béatitude, du nirvana etc. Nous étudierons enfin la différence entre l'extase et le plaisir. La relation de cet état supérieur au temps, à la religion et à la téléologie.
Nous avons intitulé le cinquième chapitre : L'Amour est dans l'atome. Dans cet espace, nous essaierons de relier la matière et la sensation. Nous tâcherons de comprendre comment l'évolution de l'univers (à partir du big-bang) a pu engendrer l'être humain. Un être « sensible » et capable d'aimer de façon absolue. D'aimer et de sublimer la création. Aimer à un niveau permettant, selon les dires des mystiques, d'entrer en relation avec dieu.
Une conclusion s'imposera : le principe créateur EST la partie immatérielle de l'atome (Dieu, dans sa réalité matérielle, correspond aux quarks, aux cordes, aux bosons etc.).
Le sixième chapitre étudiera la conscience et les phénomènes de l'esprit. Il tâchera de découvrir le lieu de jonction entre Dieu et l'homme. Entre la partie immatérielle de l'atome, et l'extatique.
Nous étudierons également les différentes zones de conscience. La relation de cette faculté avec la morale et la négation d'autrui. Le lien entre la conscience et la cruauté, la science et la vérité.
Le septième chapitre s'intitule : Destinée où hasard. Selon nous, tout est destiné dans le monde. Il n'y a pas de hasard dans le déroulement des choses.
Chaque action produite par l'humanité a sa raison d'être, son sens. Chaque action - bonne ou mauvaise - participe à la montée de notre espèce vers sa perfection.
Le huitième chapitre : Le langage du vivant, s'intéressera aux relations inapparentes des choses. Il existe, selon nous, divers langages silencieux au sein de la vie. Autrement-dit, tout parle à qui veut l'entendre. Vivant, animal, symptôme, virus, nous disent des choses. Et l'homme doit apprendre à déchiffrer leurs messages.
Les neuvième et 10e chapitres sont respectivement intitulés « Humanité » et « Médias ». Ils marquent l'implication de cette théorie dans le domaine politique et social. Ces chapitres traitent des tendances primaires. Ils analysent l'élitisme, le narcissisme où l'égocentrisme et leurs conséquences pour la vie de l'homme constructeur. On y parle de démocratie, de libéralisme et de marché. De mondialisation et de société.On y propose également des alternatives au système libéral (comme la symbiose). On y critique aussi et, copieusement, la télévision et le journalisme.
Enfin, nous aborderons dans le dernier chapitre, le soucis de « La finitude ». Nous essaierons d'y démontrer pourquoi le passage de la vie à la mort, passe nécessairement par la béatitude. Autrement dit, pourquoi mourir revient à sombrer dans l'extase (donc dans l'amour absolu). Et pourquoi, dans cet état, la mort disparaît.
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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