Depuis la chute du communisme, le dernier contrepoids au pouvoir marchand a disparu. Les journalistes, alignés du côté du marché, influencent les politiques et les votes. Cet état de fait bloque depuis plus de vingt ans l'évolution démocratique.
Le résultat est une presse qui manipule plutôt qu'elle n'informe, qui divertit plutôt qu'elle ne questionne, qui sert les dominants plutôt que le peuple souverain. Ce sous-chapitre examine quatre dimensions de cette crise — et ce que serait un journalisme à la hauteur de la démocratie.
La démocratie est aujourd'hui entre les mains des médias. Rangés du côté du marché, les journalistes influencent les politiques et les votes. La disparition du communisme a supprimé le dernier contrepoids institutionnel — et avec lui, la dernière protection du peuple contre l'offensivité des dominants ultra-libéraux. Qui possède les mass médias possède le débat démocratique.
L'homme libre — le citoyen qui pense par lui-même, qui refuse d'être réduit à un consommateur — a été expulsé du paysage médiatique. Von Kleist l'avait noté : le journalisme français est l'art de faire croire au peuple ce que le gouvernement juge opportun de lui faire admettre. Sous contrôle marchand, les journalistes sont contraints de manipuler les êtres humains. L'être humain a été réduit à un rôle : celui de consommateur.
Depuis plus de deux millénaires, la société humaine condamnait les pulsions qui placent l'un au-dessus des autres. Ces tendances primaires — domination, égoïsme, goût du pouvoir — étaient dévaluées au profit des valeurs humaines. Puis, dans les années 80, le marché a inversé cette hiérarchie. Il a fait de ces pulsions son carburant commercial. Il les a diffusées comme des modèles. Et il a utilisé les médias comme son porte-voix.
Depuis deux décennies, les valeurs humaines — solidarité, empathie, bien commun — sont systématiquement sous-alimentées par les mass médias. À leur place, la télévision a encouragé les pulsions marchandes : égoïsme, clanicité, élitisme. On viole souvent les lois morales de l'humanité — mais on ne peut s'empêcher d'en ressentir la culpabilité. Un journalisme qui abandonne les valeurs humaines ne se contente pas d'informer mal. Il dégrade la société qu'il prétend servir.
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
☀️ Découvrir le fondement