Se délivrer des peursNous troublons la vie par le soin de la mort ; l'une nous ennuie, l'autre nous effraye. Montaigne
Les chapitres précédents de notre philosophie, sont arrivés à quelques conclusions :
Triompher de la mort, est donc la destinée de l'humanité.

La pensée de la mort nous trompe, car elle nous fait oublier de vivre. Vauvenargues
Au cours des temps, l'homme a inventé de multiples méthodes pour dépasser la peur de la mort. Des millénaires de recherche profondes ont offert aux diverses civilisations de nombreuses techniques.
Aujourd'hui, on peut distinguer deux grandes postures face à la finitude.
D'un côté les sociétés fortement industrialisées. Elles ont un niveau de spiritualité faible et un nihilisme élevé.
Influencé par les concepts scientifiques, l'occident semble avoir du mal à penser posément la mort synonyme pour lui de néant négatif. Il vit un conflit de réalité et pratique le refoulement.
De l'autre, les sociétés encore fortement spiritualisées (comme l'inde ou l'islam).
Ce monde fortement spiritualisé quand à lui, vit au contact de la mort. Il enseigne à ses enfants dès leur plus jeune âge, l'acceptation, la fatalité, le détachement.
Pour oublier sa condition de mortel, l'homme industriel s'enrobe d'oubli.
Il s'enivre de divertissement, de compulsivité, d'hyper activité, de pulsion. Il travaille à l'accroissement de l'espérance de vie (ce qui est une bonne chose). L'être fuit la réalité et vit dans l'inconscient (qui, nous semble-t-il, se croit immortel).
Pour affronter la mort, l'homme traditionnel vise à en détruire les foyers d'angoisses.
Pour cela, il dévalue les attachements au temporel et cherche à atteindre le niveau de sagesse préconisé parles grandes religions et à travers lequel la mort est transcendée.
La première « technique » est relativement récente. Elle correspond à l'état d'esprit du monde industrialisé. La seconde, est préconisée par toutes les grandes philosophies et spiritualités du monde (de l'hindouisme au zen du bouddhisme au judaïsme, de l'islam au christianisme).
Toutes les grandes spiritualités proposent le détachement matériel comme art de vivre et apprentissage à mourir. Depuis quelques décennies en occident, la spiritualité est marginalisée. Les dernières populations encore fortement imprégnées de religieux sont l'hindouisme et l'islam. Mais un retour vers le spirituel semble se dérouler depuis quelques décennies.
Le matérialisme découle de l'expansion fulgurante du progrès et de la science. Il induit naturellement une forte dose de nihilisme. Le nihilisme fait de l'au-delà un néant. Le néant fait de la mort, une étape difficile à penser.
L'occident est donc contraint de développer des stratégies de fuite comme la compulsivité ou l'hyper activité (on peut en faire l'éloge d'ailleurs, pour rendre hommage au professeur Laborie).
Ce passage nihiliste a sa raison d'être. Il favorise la réforme des religions et la mise en route de la mondialisation. Et viendront ensuite d'autres temps, qui permettront le dépassement de la mort, comme nous le pensons sur la mecaniqueuniverselle.
2001
les diverses peurs
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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