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Le cas Picasso

Un Minotaure adulé

Picasso et les minotaures

Des fragiles vénérant la force

Le XXeme siècle fut un siècle d'explosion de talents et de mouvements artistiques, et la place et le talent de Picasso y est incontestable. Sa créativité et son génie social, en ont fait un des plus célèbres peindre de son temps.

La volonté, la témérité, l'intelligence, l'adaptation, l'intuition, le narcissisme, etc., sont certaines des qualités essentielles, utiles pour se réaliser et réaliser de grandes choses et parfois ces qualités émergent de certaines dominances de caractères que l'ont peut ranger dans les pathologies.

Pour notre analyse de la perversion narcissique, nous avons choisit de nous pencher sur le cas Picasso. En effet, il nous semble emblématique du type de créativité que le narcissisme peut produire, des forces et des conséquences qu’entraînent cette pathologie sur l'entourage, et des relations que l'artiste entretenait avec la thérapeutique, du siècle précédent.

Une mise au point

Avant toute chose, il est nécessaire de préciser certains points, à propos de cette analyse de la vision négative que bien souvent nous y exprimons.

Dans notre théorie, nous sommes conscients que tous les types de caractères sont nécessaires à l'évolution humaine. Dans l'absolu donc, aucun n’est critiquable, puisqu'il rempli son rôle, directement ou indirectement, pour le progrès humain. Cet esprit critique cherche avant tout à comprendre les conséquences de l'excés narcissique sur l’humanité. D'une certaine façon, notre réflexion ne fait que prolonger celle des premiers mythes, révélés de façon orale, et qu’Hésiode et Homère nous ont transmis à travers la Théogonie, l’Iliade et L’Odyssée.

L'intelligence et la logique des mythologies anciennes, sont proprement stupéfiants. Le caractère de Narcisse ou celui du Minotaure, nous montre que les imaginatifs de tels mythes, possédaient des qualités d'observation psychologique, identiques à celles des Freud, Lacan ou Jung. Et leur proposition thérapeutique anticipe tout simplement ce que les psychologues commencent à faire : éclairer les labyrinthes mentaux, pour en neutraliser les effets pervers.

Prenons le cas du monstre, le Minotaure, que devait terrasser le héros Thésée pour libérer Athène de son emprise. Le Minotaure est un mangeur d'êtres humains qui exige chaque années qu'on lui offre en pâture, 7 jeunes hommes et 7 jeune filles. Les hommes font appel à ce héros (Thésée) pour s’en libérer. Grâce au fil d'Ariane, et donc grâce à l’amour, celui-ci parvient à s'orienter dans les circonvolutions du labyrinthe pour neutraliser définitivement le monstre et ressortir de ses méandres.

Écrivez pervers narcissique à la place de Minotaure, cheminement mental à la place de labyrinthe, psychologue à la place de celui de héros, et vous aurez un des grands travaux que la psychologie contemporaine à entrepris sur ce caractère humain.

Le cas Picasso

Il à fallut attendre la fin du XXeme siècle et le début de celui-ci, pour que la psychologie, s’intéresse d'un peu plus prés aux caractères narcissiques. Rien d'étonnant a cela. D'une part, on nous dit qu'ils sont des "malades" sans symptômes et qu'ils ne réclament pas de soin, et d'autre part, le principe même de l'évolution fait qu'avant l'heure ce n'est pas l'heure.

Le XXeme siècle et la perversion narcissique

Nous pouvons trouver un symbole du brouillage de conscience dont nous parlons dans le chapitre précédent, en observant la manipulation réussie par Picasso sur la psychiatrie et sur le psychanalyste Jacques Lacan. Grand amateur de femmes, Picasso par son comportement que nous qualifierions aujourd'hui de "pervers narcissisme" est parvenu à pousser l'esprit déjà fragile et sans doute préparé à cela de Dora Maar, pour un temps vers la folie.

Grand séducteur global, le révélateur du cubisme est arrivé à convaincre son ami psychothérapeute que c'était elle effectivement qui était à soigner (dans la mesure où elle était au bord du suicide, épuisé et vidé par les humiliations et les manipulations du peintre catalan).

Un psychothérapeute actuel, sans doute plus clairvoyant que ne l'était la psychanalyse du siècle dernier, dénoncerait sans doute les agissements du bourreau en même temps qu'il soignerait sa victime. Mais impressionné peut-être par la notoriété de Picasso, et prisonnier de son temps, Lacan ne s'est peut-être jamais posé de question sur la psychologie du peintre. C'est encore un des points forts des systèmes pervers de tendre le doigt vers ce qu'il faut regarder pour que personne en réalité ne les ausculte.

Voici quelques lignes extrait du livre de Nicole avril chez Plon :

La rupture signifiée (mais qui n'en sera pas véritablement une car le pervers ne libère jamais sa victime et c'est ce qui l'a rendu folle) Dora Maar refuse de prendre dans les salons la pose avantageuse de l'« ex-maîtresse de Picasso ». Elle se noie dans la jalousie, le chagrin, la colère. Lacan viendra l'arracher à l'enfermement et aux électrochocs de Sainte-Anne et la fera entrer dans un tolérable « après ». Tolérable, la vie le serait davantage si Picasso ne venait de temps à autre raviver les blessures en infligeant à l'abandonnée de perverses humiliations. Quelques années après leur séparation - elle ne l'a plus revu ni n'en a eu de nouvelles - on lui livre un énorme et très lourd colis. L'envoi est de la main du peintre. L'emballage est d'une complication extravagante pour mieux protéger le contenu qui se révélera, au bout de longs efforts, être une misérable chaise, lourde, massive, encombrante, sans valeur ni utilité. Colère et chagrin de la destinataire : elle comprend la perversité de l'expéditeur qui la fait rêver un instant d'un faux retour en grâce, et peut ensuite vérifier qu'elle reste trop dépendante de lui pour se débarrasser de l'horrible cadeau (qu'effectivement elle conservera). Dora Maar signale brièvement les cris de plaisir que lui arrachait Picasso dans leurs ébats, mais ce sont les cris de malheur qui résonnent le plus fort dans le roman de Nicole Avril. Comme pour signifier que, si Picasso était un génie, il avait aussi le génie du mal.

La perversion narcissique du marché

A grande échelle, le protocole est identique. Le marché pervers, maltraite des millions de victimes. Des victimes soignés ensuite par des thérapeutes sans condamner le marché. Le marché engendre d'innombrables épidémies (obésité, dépendances, transgressions). Dans le même temps, les psychothérapeutes font entrer les victimes dans un « tolérable après ». Ils démontrent ainsi qu'ils admettent le tribut de victimes innocentes réclamé perpétuellement par le Minotaure marché.

La Thésée attitude

Il est peut-être temps pour les psychanalystes, les psychologues et les psychiatres, de prendre l'attitude de Thésée. De choper le fil d'Ariane entre les mains de leur corporation pour aller combattre et terrasser le Minotaure. Le fil d'Ariane correspond aux mécanismes stéréotypés de la perversion narcissique que les thérapeutes connaissent bien. Il s'agit alors d'éclairer ces conduites pour rendre le "monstre" inoffensif (qu'il soit homme ou système - le marché aujourd'hui agi à l'échelon mondial, comme un pervers narcissique envers sa victime).

Si comme le soutient P. Recamier, le pervers est un psychotique sans symptômes, il n'est pas sans victimes. Et ce sont ses victimes potentielles et futures qu'il est du devoir du psychothérapeute de protéger (car tout pervers fini par conduire vers la mort ses victimes). La psychologie en a les moyens en mettant en lumière leurs incroyables stéréotypes mentaux (même s'ils émanent d'un artiste)...

Picasso et l'histoire de l'art

Picasso survivra-t-il a l'échelle du temps et de l'histoire de l'art ?

Probablement, mais dans un rôle décalé. Comme un commentateur de l'immédiat. Le cliché d'une partie de la psychologie du vingtième siècle. Son œuvre extrêmement attirante (spectatulairement parlant), n'a pas, me semble-t-il, les qualités des artistes visionnaires. Des artistes* ayant pleinement saisit l'irrésistible évolution du monde vers l'esprit.

* comme les conceptuels, les surréalistes, les minimalistes, Duchamps, Beuys, etc.

Prisonnier de ses pulsions, Picasso à du se contenter de représenter la société à travers celles-ci.

Pablo Picasso meurt à Mougins le 8 avril 1973. Des éclairs déchirent le ciel. Il a 92 ans. Comment a-t-il pu les quitter? S'interrogent ses proches, lui qui répétait : Dans la vie, il est beaucoup plus facile de commencer que de s'arrêter. Le matin de l'enterrement, Jacqueline, folle de douleur, interdit l'entrée du cimetière de Vauvenargues à la famille du peintre. Deux jours plus tard, Pablito, le fils de Paulo, fait une tentative de suicide. L'année suivante, c'est au tour de Paulo, devenu alcoolique, de mourir d'une cirrhose. En 1977, Marie-Thérèse Walter se pend dans son garage. Neuf ans plus tard, Jacqueline Roque travaille sur la rétrospective des œuvres de son mari, puis se tire une balle dans la tête. Voyageurs sans bagages, ombres fidèles, fantômes en sursis, ils ne pouvaient se résoudre à vivre un seul jour sans lui.

Rien n'est à exalter dans ce type de fin. Quelle gloire peut en tirer Picasso. Ce n'est que la conséquence de l'emprise redoutable du narcissisme pervers sur ses proches. L'effet dévastateur de la banale perversion incapable d'émanciper son entourage. De l'élever pour lui offrir les moyens de grandir avec et après elle.

Mais le narcissique n'est pas responsable d'un caractère qu'on lui a construit dans l'enfance, et s'il était responsable il le serait simplement de ne pas vouloir en comprendre les conséquences. Et enfin, si ce caractère existe dans l'humanité, c'est qu'il est nécessaire, ce sont seulement ses ravages qui sont à contredire

2003

politique-perversion



Nietzsche sur son lit de fin de vie

Le châtiment est fait pour améliorer celui qui châtie. Friedrich Nietzsche.