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Pierre-Joseph Proudhon
De la propriété

Pierre-Joseph Proudhon

De la propriété

ProudhonSur l'introduction d'Edward Castleton

La pensée socialiste française du XIXe siècle s'organise autour de quelques figures tutélaires. Trois auteurs particulièrement en constituent des phares aujourd'hui trop peu fréquentés : Saint-Simon (1760-1825) Fourier (1772-1837) Proudhon (1809-1865). Ils sont enfouis sous des formules caricaturales (la "technocratie industrielle) pour Saint-Simon, le "désordre amoureux" pour Fourier, "la propriété c'est le vol" ou "Dieu, c'est le mal" pour Proudhon) qui discréditent leurs lectures.

(...)

La formation bousculée de Proudhon se développe dans une existence par ailleurs souvent brisée : accident mortel de son frère, mort de son meilleur ami, échec de son premier amour, suicide de son associé, faillite de ses entreprises, emprisonnements et exils .. Cette vie chaotique et insécurisée nous vaut de la part de ce déclassé par le haut, des interventions rageuses d'un style parfois heurté, dans tous les domaines, ce qui lui assure un succès journalistique de publiciste pamphlétaire et mépris des philosophes souvent offusquées de ses vitupérations.

(...)

Perclus de ressentiment et de jalousie envieuse* devant son génie méconnu, dirait le respectable Tocqueville, il se fâche avec tous, et prioritairement avec ses amis, pour finalement n'être aimé de personne et pas même de lui-même.

*il ne s'agit peut-être pas de "jalousie envieuse" mais d'une haute estime de l'importance de son œuvre pour la collectivité comme il me semble le percevoir dans son intention de faire évoluer les conditions de vie et l'état d'esprit du monde ouvrier (mais il s'agit d'un point de vue intuitif et non documenté n'ayant pas encore lu l’œuvre de Proudhon).

(...)

"je ne connais pas de spectacle plus affligeant qu'une plèbe menée par ses instincts" *

* mon analyse : la "plèbe" autrement dit le peuple, ou les citoyens, est toujours menée, non par un instinct qui serait propre à la foule, mais par les instincts de quelques leaders qui peuvent avoir des visages aussi opposés que ceux d'Hitler ou de Gandhi, ceux du pilleur et ceux du protecteur, ceux du vrai résistant qui engage à prendre les armes avec lui et ceux du faux résistant qui entraine la foule à lyncher ou a tondre ... C'est sur cette nature malléable de la foule que les pervers et les saints s'appuient pour des intérêts et des résultats contraires. L'instinct pervers de certains politiques l'a très bien compris lorsqu'ils utilisent des fauteurs de troubles pour entrainer une manifestation vers la violence pour ensuite la discréditer.

(...)

Anticlérical, Proudhon condamne l’Église protectrices des saintes inégalités providentielles, mais il est néanmoins théologien, lecteur passionné des textes bibliques et il en appelle à une religion sociale de la croyance : "L’humanité croyante voit des choses que l'humanité savante ne voit pas."

(...)

"toute inégalité de naissance, d'âge, de force ou de capacité s'anéantit devant le droit commun lequel n'est autre que l'égalité des conditions et des biens ; c'est que les différences d'aptitude ou d'habilité dans l'ouvrier, de quantité ou de qualité dans l'exécution, disparaissent dans l’œuvre sociale, lorsque tous les membres ont fait leur pouvoir, parce qu'ils ont fait leur devoir ; c'est que la disproportion de puissance entre les individus se neutralise par l'effort général*

* je partage ce point de vue et ajouterai que l'effort général, aujourd'hui négligé par les valeurs individualistes et égoïstes prônées par le néo libéralismes ont malgré tout première pour l'humanité et l'effort collectif que le réchauffement climatique ou n'importe quelle autre menace susceptible de menacer la survie de notre espèce pourrait demander, risque de le démontrer beaucoup plus rapidement que ne l'imaginent les grands dirigeants (s'ils pensaient l'inverse, leur volonté a résoudre les multiples problèmes de l'humanité serait sans doute toute autre.

 

C'est en reconnaissant que "le droit de vivre et de se développer entièrement est égal pour tous, et que l'inégalité des conditions est un obstacle à l’exercice de ce droit" que Proudhon aborde pour la première fois (en cherchant un moyen d'atteindre la parité des penchants et des facultés malgré les inégalités naturelles) la question épineuse de la propriété., dans son discours sur le Dimanche, il voit dans le régime agraire des Hébreux, une législation qui restreint la propriété et distribue le travail en fonction du dogme que "l'homme est passager sur terre : le même sol qui le nourrit, à nourrit son père et nourrira ses enfants". Selon la sagesse de Moise, "le domaine de l'homme, sur quoi que ce soit, n'est point absolu : "la jouissance des biens doit être réglée par la loi" . Ainsi chez les Hébreux, les terres ont été soumises à un partage égal, et il n'y avait ni grande exploitations, ni grands domaines. Moise a mit le droit familial, à la base du droit civil, la ou il devait être, et toute législation avait pour but d'encourager la conservation des patrimoines des familles Aucun bien immeuble ne pouvait être aliéné à perpétuité et les années jubilaires acquittaient les familles ruinées. Enfin, il y avait la prescription mosaïque, que "nul n'a droit de posséder plus que ce qui est permis par la loi : nul ne possède que du consentement de tous. tout contrevenant doit être traité comme usurpateur et aspirant à la tyrannie.

Chapitre 1

Idée d'une révolution

Que vous importe, lecteur, ma chétive individualité ? Je suis comme vous d'un siècle ou la raison ne se soumet qu'au fait et à la preuve ; mon nom, aussi bien que le votre, est CHERCHEUR DE VERITE ; ma mission est écrire dans ces paroles de la loi : Parle sans haine et sans crainte, dis ce que tu sais.

La propriété c'est le vol ! Voici le tocsin de 93 ! voici le branle bas des révolutions !...

(...)

Lecteur, rassurez vous : je ne suis point un agent de discorde, un boute-feu de sédition. J'anticipe de quelques jours sur l'histoire ; j'expose une vérité dont nous tachons en vain d’arrêter le dégagement ; j'écris le préambule de notre future constitution. (...)

La propriété c'est le vol !... Quel renversement des idées humaines ! Propriétaire et voleur furent de tout temps des expressions contradictoires autant que les êtres qu'elles désignent sont antipathiques; toutes les langues ont consacré cette antilogie. (...)

Du reste je ne fais pas de système : je demande la fin du privilège, l'abolition de l'esclavage, l'égalité des droits, le règne de la loi. Justice, rien que justice ; tel est le résumé de mon discours ; je laisse à d'autres le soin de discipliner le monde.

 

Maimonide

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L'humanité va vers l'éveil

Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.

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