Chacun dit du bien de son cœur, personne n'ose en dire de son esprit. La Rochefoucauld
Selon notre philosophie, le phénomène humain est en évolution. Il se dirige vers la sagesse et l'universalité. Au sein de cette évolution, notre conscience est également en expansion.
Elle progresse et en progressant, elle nous éloigne de plus en plus du primate naturel que nous étions. En s'élargissement, la conscience morale permet de mieux comprendre nos congénères. La lecture du monde et des événements devient plus subtile. s'appuyant sur les nouvelles disciplines de l'esprit*, elle nous conduit vers le cœur et l'âme des choses.
L'accroissement de la conscience développe la sensibilité humaine. Elle augmente notre sollicitude envers autrui et envers l'animal. Elle nous pousse à avoir du souci pour l'écosystème*.
L'énorme désir d'engagement dans l'humanitaire, témoigne de cette empathie grandissante. un adoucissement progressif qui inclue naturellement une régression de la dureté. L'égocentrisme, la violence physique, l'autoritarisme, le despotisme, déclinent en effet, de siècles en siècles*.
L'expansion de l'affectivité diminue également la violence guerrière. Plus l'homme accède à la sensibilité, au confort et à l'éducation et plus il refuse de perdre bêtement l'existence. De mourir pour des guerres injustes et iniques (comme la plupart des guerres sont).
Les lois en général sont des rapports nécessaires, l'universalité n'étant qu 'une conséquence de la nécessité :
car l'universalité
ne saurait s'expliquer et se justifier par elle-même. Hamelin
En s'adoucissant, le regard humain s'avance donc vers le cœur des choses. L'éducation, l'amélioration des conditions de vie, les médias, les voyages, les diverses migrations, les nouvelles technologies, Internet ou le développement des sciences humaines, participent à cet adoucissement.
Naturellement, le peuple est aux avant-postes de cette sensibilité. Il montre en permanence ses élans de cœur et son grand désir d'égalité et d'universalité. Seule une petite partie réactionnaire* freine cette évolution vers la fraternité universelle. Instinctivement, elle ralentit le grand fleuve humain en marche vers la paix et l'unification.
Cette arrière-garde est présente dans chaque pays et chaque communauté. Elle ne manque ni d'énergie ni d'agressivité, ni d'intelligence manipulatrice. Elle est puissamment narcissique, élitiste, égoïste, communautariste, et dotée d'un fort pouvoir de corruption. Elle est capable de tout pour imposer ses valeurs vénales et guerrières à la partie naïve de l'humanité.
Elle est d'une grande influence. Une influence capable d'imposer depuis 3 décennies, sa vision insensible et manichéenne à l'ensemble humain. Pour elle, les choses sont simples et basiques. Tout est affaire de pouvoir, de peur de hiérarchies verticales, de domination et soumission. La vie se limite à ce que l'on voit et ce que l'on possède. Au pouvoir que l'on détient.
Ce monde réactionnaire s'épanouit essentiellement au détriment des autres. Son narcissisme se nourrit de l'écart entre riches et pauvres. Plus celui-ci grandit et plus l'image exagéré qu'il a de lui-même, grossit. Voilà pourquoi lorsqu'il parvient aux pouvoirs, les écarts invariablement se creusent. Leur taux de plaisir est inversement proportionnel au taux de bonheur général. Il s'agit d'un état d'esprit foncièrement colonialiste. Plus l'autre est asservi et nié, moins il représente de danger d'insurrection.
Cette élite prédatrice ignore les plaisirs liés à la véritable spiritualité. Le bonheur du don, de l'altruisme, de la défense des faibles. Pour elle, la spiritualité est affaire de combat et d'appartenance. La philosophie et la psychologie, des armes utilisées à des fins mercantiles et rhétoriciennes*.
En s'achetant les médias de masse, cet état d'esprit minoritaire est parvenu à changer l'état d'esprit de la planète. En quelques décennies, il a détourné à son profit le contenu majoritaire de la télévision. Des ventes, des jeux, des VIP. Du sexe du bruit et du stress pour activer ces ventes.
La façon dont le journaux télévisés traitent le tiers et le quart monde, est tout simplement scandaleux. Elle est injuste, colonialiste, égoïste, élitiste, occidentalocentrique, bref,irrespectueuse envers l'humanité.
La plus grande partie du temps médiatique est offert à une toute petite partie de l'élite. La partie la moins critique et la plus légère. Les citoyens sans influence sont totalement oubliés. Le monde pauvre n'ayant plus la force de se manifester, il est ignoré par les médias.
L'Occident est sur valorisé au regard du reste du monde. Les conditions de vie et de mort dans les pays sous développés (et l'Afrique en particulier), sont négligées. sous-estimées par rapport à la vie et la mort occidentale en général. Le chien d'une vedette, bénéficie d'un meilleur traitement médiatique que les 9/10 de la population mondiale.
Sans oublier bien sûr,l'indispensable ennemi sur lequel le monde réactionnaire peut exprimer son agressivité. L'ennemi qui lui permet de vider son goût pour la domination en occultant les « dégâts collatéraux ».
Nous avons donc, d'un côté le cœur populaire mondial, aspirant à la paix et à la fraternité. Et de l'autre, une petite élite réactionnaire qui diffuse* des valeurs radicalement inverses : la peur de l'ennemi, la nécessité de guerre, les valeurs du communautariste, les visions manichéennes ...
La philosophie naît de la déception engendrée par l'attitude naturelle. Berger
Une sorte de longue faille, semble se creuser de plus en plus entre les aspirations des peuples et celles des dominants.
La conscience populaire à déjà étendu sont esprit vers la paix et l'universalité. Vers les désirs d'égalité, de fraternité et d'humilité... La conscience du marché semble suivre un chemin contraire. Via sa vitrine (les médias), elle continue d'imposer ses archaïsmes*.
Certains dirigeants (les plus influents) fonctionnent encore avec de vieux psychismes. Ils s'opposent par exemple aux aspirations universelles que la guerre révolte plus que jamais... Les guerres des malouines, d'Irak ou d'afganistan, en sont le parfait exemple. Elles sont en complet décalage avec les idéaux des peuples occidentaux...
D'ailleurs, si les dominants ne vendaient pas leurs "boucheries" avec des propagandes du genre « zéro mort* », ils n'auraient pas de soldats … L'homme occidental est devenu plus raisonné, moins passionnel et mieux informé... Voilà ce qui attend l'ensemble de l'humanité...
écrit en 2002
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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