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L'humanité, son sens, sa direction

Préface

De la nature à la culture : naissance de l’interrogation

Depuis plus d’un siècle, les grandes questions métaphysiques semblent avoir déserté les rives humides de la pensée occidentale. Dieu, l’âme, l’au-delà : ces figures tutélaires n’ont guère intéressé la philosophie contemporaine. Nietzsche avait pressenti ce retrait dans une prophétie foudroyante :

« Ce que je raconte est l’histoire des deux siècles prochains. Je décris ce qui vient : l’avènement du nihilisme. »
— Fragment pour la préface à La Volonté de puissance

Et en effet, l’Occident industrialisé a vécu son long crépuscule spirituel, absorbé par le progrès matériel, désenchanté par les violences du XXᵉ siècle. Mais cette plongée fulgurante dans le matérialisme et le progrès technique avait son sens et sa vocation. Malgré ses errements et ses excès, elle fait partie de la marche de l’humanité vers sa perfection spirituelle. D’un autre côté, nos grandes interrogations n’ont pas disparu. Elles se sont simplement retirées en nous, prêtes à resurgir dès que le tumulte se tait, dès que la vie nous arrache à l’agitation.

Pourquoi l’homme a-t-il quitté le règne animal ?
L’univers a-t-il un sens ?
Y a-t-il du divin dans le monde ?
Et que reste-t-il après la mort ?

Une soif de sens dans un monde désorienté

Hokusai-peintre-japonais-la-vagueÀ l’heure où la modernité célèbre le bruit, l’agitation, la vitesse, les questions fondamentales reprennent leur souffle dans nos silences. La chute du communisme a consacré le triomphe du libéralisme, mais ce triomphe est sans gloire. Il étouffe le désir de sens sous les strates de stress, de consommation, et de distractions planifiées.

« Ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort. »
— Antoine de Saint-Exupéry

Face à la saturation médiatique, face à la confusion entre information et savoir, une urgence nous étreint :
Retrouver le sens.
Retrouver un horizon.

Après Auschwitz : penser encore l’histoire ?

Peut-on encore parler de progrès après les abîmes du XXᵉ siècle ?
La conscience humaine, frappée d’effroi par Auschwitz, s’est tue. L’impensable s’est inscrit dans l’histoire. Il fallait d’abord se taire, panser la blessure, supporter l’insoutenable. Puis, lentement, est venue l’heure de la compréhension : non pour excuser, mais pour prévenir.

Mais ce travail reste inachevé.
Le mal persiste.
L’antisémitisme survit, indécrottable, au cÅ“ur même de la culture humaine.

La philosophie ne peut pas ignorer ce fait.
Elle doit affronter le mal. En comprendre la mécanique.
Et œuvrer à son dépassement.

La MecaniqueUniverselle inscrit cette tâche au cÅ“ur de sa démarche : comprendre le mal sans l’édulcorer, pour mieux reconstruire une vision du devenir humain.

Le paradoxe du mal : ombre nécessaire du progrès

Le mal n’est pas une aberration extérieure à l’histoire humaine. Il en est l’ombre portée.
Il faut oser affirmer ce paradoxe :

  • Le mal, en heurtant nos consciences, éveille le sens moral.

  • Il est intolérable, mais fécond.

  • Il est haï, mais formateur.

Prenons la torture, autrefois admise, pratiquée, légalisée.
Aujourd’hui, sa simple évocation suscite l’indignation mondiale.
Cela ne signifie pas que le mal a disparu, mais qu’il devient insupportable.

C’est cela, le progrès véritable :
non l’éradication brutale du mal, mais son intolérabilité croissante.

Le siècle du marché : interruption du sens

Le néolibéralisme, en triomphant, n’a pas apporté l’émancipation.
Il a substitué à la quête de sens une frénésie d’achats et d’écrans.
Il a transformé le citoyen en consommateur, le monde en marchandise, et le temps en flux de données.

L’Histoire, longtemps perçue comme orientée — chez Kant, Hegel, ou Marx — a vu son fil rompu.
Le devenir humain s’est trouvé livré au règne du court terme.
La finalité s’est effacée devant l’immédiateté.

Mais cette crise du sens, cette absence, est peut-être l’annonce d’un renouveau.

Vers une nouvelle conscience planétaire

La mondialisation, livrée au seul capital, a dévasté les solidarités.
Mais elle a aussi relié les peuples, mis les âmes en résonance.
Elle est une étape.
Elle est l'enveloppe matérielle d’un mouvement plus profond :
le chemin — encore obscur — vers une conscience universelle.

Le marché a été unificateur malgré lui.
Mais il ne peut suffire.
Il faut désormais que l’unification devienne spirituelle.

Un nouveau palier s’annonce :
celui d’une métamorphose des valeurs,
du passage de l’avoir à l’être,
de la quantité à la qualité,
de l’individu à la communauté d’âme.

Résister, pour ne pas se dissoudre

L’humanité doit résister à l’extinction de son intériorité.
Résister à la séduction molle, à la manipulation douce, à la privatisation du rêve.

Résister, non pour revenir en arrière,
mais pour préserver en avant la possibilité d’un monde habitable.
Résister, c’est déjà créer.
C’est maintenir vivant le feu de l’esprit dans les ruines du divertissement.

L’unité spirituelle comme horizon

La mondialisation véritable, celle qui reste à accomplir,
ne sera ni marchande ni technique.
Elle sera intérieure.

Elle signera la fusion des âmes, l’avènement d’une fraternité planétaire,
l’apparition d’une conscience collective capable de reconnaître dans l’autre un autre soi-même.

C’est à cette tâche que ce travail s’attelle :
non décrire le monde tel qu’il est,
mais éclairer le chemin qu’il pourrait emprunter.


En guise de conclusion : le pari du sens

Ce livre s’inscrit dans la longue tradition téléologique de la pensée humaine —
celle qui ose poser la question : vers où allons-nous ?

Deux mouvements le traversent :

  • Un mouvement spirituel, inspiré des grandes traditions religieuses, qui voient dans l’histoire humaine une ascension vers l’infini ;

  • Un mouvement critique, ancré dans l’analyse sociale, qui questionne les impasses du libéralisme sans céder à la résignation.

Ce travail ne cherche pas à imposer un itinéraire ou une vérité.
Il tente d’éclaircir notre chemin, de déchiffrer l’horizon vers lequel tout semble nous diriger.

Car oui, le monde a un sens.
Mais ce sens, inapparent et difficile à cerner,
demande aujourd’hui à être re-cherché, à nouveau repensé.

Page écrite en 2000.


téléologie.



Friedrich-Hegel-philosophe-allemand

L'expérience et l'histoire nous enseignent que peuples et gouvernements n'ont jamais rien appris de l'histoire, qu'ils n'ont jamais agi suivant les maximes qu'on aurait pu en tirer. Hegel la raison dans l'histoire

 

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Jean mar tonizzo "A mes adrénalines" 1990

 

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