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Judaïsme, christianisme, Islam
La mère et ses fille

Judaïsme, christianisme, Islam

La mère et ses fille

 

La clef est dans la réconciliation.

En mettant de côté l’esprit férocement critique de Friedrich Nietzsche envers la religion et les monothéismes, le regard surplombant qu’il portait à celles-ci, me semble parfois d’une grande clairvoyance. Et même si la conclusion qu'il tire de l'évolution vers le spirituel, s'oppose à la mienne, sa vision est très utile à ceux qui veulent réfléchir au devenir de notre humanité. Certains aspect des blâmes qu’il portait aux religions, à l’époque où il vivait, était certainement justifiés.  Ces reproches ont également aidé les nécessaires controverses à discuter des points importants et permis aux religions de s’interroger sur elles-mêmes et d'adapter l'ouverture de leur esprit aux progrès de notre espèce.

Considéré comme penseur antisystème, Nietzsche me semble au contraire un des philosophes les plus importants pour les philosophies à système, pour la téléologie, l’histoire de la philosophie et les philosophies de l'histoire. Il a à mon sens, compris la direction imprimée à l’humanité par les religions. Il a déchiffré notre montée progressive vers l’amour, la compassion, la paix. Il l'appréhende et s'en méfie. Avait-il raison ou tord, seul l'avenir final pourrait nous le dire, nous pensons ici, qu'il se trompe et s’égare, lorsqu’à travers son prophète, il nous demande de redouter la fin vers laquelle nous entraîne cette évolution vers le sensible.

Mais il n’existait pas encore les moyens conceptuels et les instruments capables de projeter l'esprit magique de l'hypersensible philosophe, suffisamment loin dans le futur, pour qu'il puisse imaginer une vie possible parfaitement bien intégré dans les valeurs ou les religions disent vouloir nous mener.

Prenons quelques passages du Zarathoustra, pour tâcher d’éclairer ce que nous voulons dire.

« Pour parler entre trois yeuxdit le vieux pape rasséréné (car il était aveugle d’un œil), sur les choses de Dieu je suis plus éclairé que Zarathoustra lui-même  et j’ai le droit de l’être.
Mon amour a servi Dieu pendant de longues annéesma volonté suivait partout sa volontéMais un bon serviteur sait tout et aussi certaines choses que son maître se cache à lui-même.
C’était un Dieu cachéplein de mystèresEn véritéson fils lui-même ne lui est venu que par des chemins détournésÀ la porte de sa croyance il y a l’adultère.

 celui qui le loue comme un dieu d’amour n’a pas placé l’amour assez haut. Est-ce que ce Dieu ne voulait pas être aussi un juge ? mais celui qui aime vraiment aime par-delà la récompense et la punition. Quand ce dieu était jeune, dans ses pays d’ Orient, il était dur, il aimait à se venger il se construisit un enfer pour amuser ses favoris. A la fin, cependant, il devint vieil et mou, il devint tendre et compatissant, un grand-père plutôt qu’un père, mais surtout une vieille grand-mère branlante. Il était assis, ridé, au coin de son feu ; ses jambes faibles lui donnait du souci. Il était fatigué du monde, fatigué de vouloir et, un jour, sa trop grande compassion, la étouffée.»
Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903)

Bien sûr qu'il faut à l'homme qui aiment Dieu et le loue, le voir bien au delà des caractères utilitaires imaginés par notre espèce pour réduire progressivement ses pulsions. Bien sur qui faut, à ses adorateurs universels, écarter le Dieu jugeant, le Dieu vengeur, le Dieu guerrier, pour ne garder que son essence, amour.

Mais il faut comprendre aussi, la nécessité de tous ces attributs primaires. Comprendre l'intelligence de nos ancêtres en attribuant à ce pouvoir omnipotent, ce pouvoir supérieur à tous les pouvoirs temporels, ce Dieu face auquel les rois même devaient s'agenouiller, les règles nouvelles pour une nouvelle conduite. Les religions mères ont dû s’imposer tout d’abord comme juges, apporter aux hommes leurs lois, leurs interdits, et les règles pour vivre le mieux possible et évoluer vers l'harmonie. Bien sûr que la fondatrice à dû produire pour cet humanité un dieu jeune, élémentaire, dur, vengeur, capable d’impressionner des hommes pas encore affiné, encore trop versé sur la domination, la violence et la brutalité.

Mais il y avait déjà et aussi, en germe, les aspects doux dans cette religion initiatrice. Il y avait l’amour, l’universalité, et les moyens de lui permettre d'évoluer.

Zarathoustra dit à ses disciples : « vous ne vous êtes pas encore cherché et vous m’avez trouvé. Ainsi font tous les croyants ; c’est pourquoi il n’y a pas grand cas à faire de toutes les croyances. Aujourd’hui, je vous ordonne de me perdre et de vous trouver. Et lorsque vous m’aurez renier, alors seulement je reviendrai vers vous »

 jeudi 6 mai 2021

 




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