Pour lui, pour nous, la vie est profonde dès que nous saisissons le sentiment de l'érosion du Temps, une érosion sans usure, qui unit éphémère et perpétuel. Jacques Bussy à propos de Bashô.
La nature, autrement dit Dieu (selon Spinoza), offre aux créatures qui la composent, une division du temps qui lui est propre et qui semble la plus parfaite, la plus sage pour l'ensemble des formes vivantes qui y vivent. Les animaux, les plantes vivent aux grés des jours, des nuits, des saisons et des différents rythmes et semblent y avoir trouvé leur meilleure harmonie. Nous sommes les seuls sans doute, dans la masse des espèces, à ne pas (plus) en accepter l'allure, à bousculer ce tempo, à le transgresser pour l'adapter à notre évolution. En somme, l'homme, et principalement l'homme industriel, est coupable d'assassinat, il assassine le temps (autrement dit il assassine l'organisation qu'offre Dieu pour vivre). L'homme a voulu apprivoiser la seule valeur universelle et indescriptible, en changeant ses règles.
« Le temps est l'image malhabile de l'éternité » Platon
Le concept du temps chronos dans les théogonies grecques semble n'apparaître qu'au 2e siècle après JC. La théogonie d'Eudème parait faire naître le monde de la NUIT qui produit un ŒUF d'où sort l'AMOUR EROS. C'est dans la théogonie Rhapsodique que CHRONOS devient élément primordial, principe originel associé à la NÉCESSITÉ. Il engendre l'ÉTHER et le CHAOS entièrement recouvert par la NUIT.
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
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