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L'humanité évolue vers l'éveil
La Mécanique Universelle
de l'atome à l'extase
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Henri Bergson, 1859 - 1941
Le rire — Essai sur la signification du comique — 1900
Ce texte éclaire notre théorie — l'humanité évolue vers la paix universelle, l'extase, l'amour absolu.
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Henri Bergson — Le rire

Henri Bergson, philosophe français

Introduction — Qu'est-ce qui fait rire ?

Voici trois observations dont nous demandons que l'on accepte les conclusions provisoirement. Pour qu'il y ait comique, il faut en premier lieu quelque chose d'humain. Un paysage peut être beau, gracieux, sublime, insignifiant ou laid ; il ne sera jamais risible. On rira d'un animal, mais parce qu'on aura surpris en lui une attitude d'homme ou une expression humaine.

Deuxième observation : le rire n'est pas une forme de sensibilité. Pour produire tout son effet, le comique demande en général quelque chose comme une anesthésie momentanée du cœur. Il s'adresse à l'intelligence pure. Le plus grand ennemi du rire, c'est l'émotion.

Troisième observation : notre rire est toujours le rire d'un groupe. Quelque franche que soit notre gaieté, elle n'irait pas sans une signification cachée. Aussi bien le rire doit-il répondre à certaines exigences de la vie en commun. Il doit avoir une signification sociale.

Le mécanique plaqué sur le vivant

Voici en effet la formule de Bergson, celle par laquelle toute l'analyse du comique peut se résumer : du mécanique plaqué sur du vivant. Attitudes, gestes et mouvements du corps humain sont risibles dans l'exacte mesure où ce corps nous fait penser à une simple mécanique.

Un homme qui court dans la rue et trébuche tombe ; les passants rient. On ne rirait pas de lui, je crois, si l'on pouvait supposer que la fantaisie lui avait pris tout à coup de s'asseoir par terre. On rit parce qu'il s'est assis par suite de sa rigidité, de son inattention, par inertie de corps ou d'esprit. Il ne s'est pas adapté assez vite à la situation. C'est la raideur qui est comique, et la vie demande une souplesse perpétuelle.

Est comique tout incident qui appelle notre attention sur le physique d'une personne alors que c'est le moral qui est en cause. Et tout ce qui est mécanique dans ce qui devrait être vivant. L'homme de distraction, le pédant enfermé dans sa formule, le personnage qui répète toujours la même chose — tous ces types comiques ont en commun une certaine rigidité d'esprit ou de caractère qui les empêche de s'adapter.

Le rire comme fonction sociale

Le rire doit être quelque chose du genre de la peur sociale. On a cherché à définir la situation comique par ce contraste entre le petit et le grand, entre l'inférieur et le supérieur. En réalité, le rire n'humilie pas le vrai grand homme. Il n'atteint que les vanités superficielles. Le personnage risible, c'est celui qui a des prétentions disproportionnées à ce qu'il est réellement. Le rire est là pour corriger l'excès de mécanisation, l'excès de raideur, l'excès d'inattention à la vie.

La société se venge par le rire des libertés que l'on prend avec elle. Le rire est une réaction sociale, un geste social, une réponse que la société adresse à ceux qui, par leur raideur, par leur distraction ou par leur automatisme, menacent de rompre le mouvement d'adaptation qui est la vie elle-même.

« Le comique est ce côté de la personne par lequel elle ressemble à une chose, cet aspect des événements humains qui imite, par sa raideur toute mécanique, le simple mécanisme, l'automatisme, le mouvement mort. »
— Henri Bergson, Le rire

La répétition, l'inversion, l'interférence

Parmi les procédés du comique, Bergson distingue trois lois fondamentales. La répétition : une situation se répète, et la répétition fait rire parce qu'elle est mécanique — la vie ne se répète pas, elle crée. L'inversion : un personnage reçoit ce qu'il voulait donner — le chasseur devenu gibier. L'interférence des séries : une situation appartient en même temps à deux séries d'événements absolument indépendantes, de sorte qu'elle peut s'interpréter à la fois dans deux sens tout différents.

Ces trois procédés ont en commun de révéler la mécanique sous le vivant. Et c'est là le fond de toute comique : partout où il y a de la raideur, de la monotonie, de l'automatisme, là est la source du rire.

En lien avec la Mécanique Universelle

Le rire de Bergson — réaction de la vie contre la mécanique — est une belle image de ce que la Mécanique Universelle appelle l'évolution. L'humanité rit de ses propres rigidités, de ses répétitions, de ses automatismes — et ce rire est une force vitale qui la pousse à se dépasser, à s'adapter, à évoluer. La raideur que Bergson décrit est exactement ce que nous appelons la résistance au changement — les pathologies humaines dans leur dimension la plus quotidienne.

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L'humanité va vers l'éveil

Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.

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