Ce texte éclaire notre théorie — l'humanité évolue vers la paix universelle, l'extase, l'amour absolu.→ Découvrir la Mécanique Universelle
Il est incontestable que la grande entreprise de la science moderne, qui donne à notre époque sa physionomie, a engendré une crise dont nous voyons partout les symptômes. La science positive a créé d'incomparables instruments de domination de la nature. Mais elle ne répond pas à la question du sens. Elle a mis entre parenthèses la question : que doit faire l'homme ? comment doit-il vivre ?
Cette exclusion du sens est la source profonde de la crise européenne. Les sciences positives ne reconnaissent comme réalité que ce qui peut être mesuré, calculé, prédit. Elles ont ainsi "découpé" l'homme — elles ont gardé le corps, mesuré le cerveau, cartographié les gènes, et jeté le reste. Ce "reste" — la conscience, le sens, la valeur, l'amour — est précisément ce qui fait l'humanité de l'homme.
Les sciences partent du monde de la vie — ce monde que nous habitons avant toute science, ce monde de la perception directe, de l'expérience vécue, des relations humaines. Ce monde-là est le fondement de toute connaissance scientifique. Et pourtant, la science l'a oublié. Elle a construit sur ce fondement une forteresse de concepts abstraits, et elle a oublié que ce fondement vivant la portait.
Revenir au Lebenswelt, au monde vécu, ce n'est pas abandonner la science. C'est lui rendre ses racines. C'est réapprendre que le monde dont parle la physique est d'abord le monde que nous vivons, que nous sentons, dans lequel nous souffrons et nous réjouissons. La science qui oublie cela n'est qu'une mécanique vide.
« L'humanité européenne porte en elle une idée absolue, non pas une idée empirique, mais une idée d'infini. »— Edmund Husserl, La crise des sciences européennes
La philosophie européenne a une téléologie — une direction, un sens. Depuis les Grecs, elle poursuit un idéal : la connaissance rationnelle universelle, la mise en lumière de tout ce qui est. Cet idéal n'est pas encore accompli — il ne le sera peut-être jamais. Mais il oriente. Il donne à l'histoire de la pensée sa direction.
La crise actuelle n'est pas la fin de cet idéal. Elle est une crise de croissance — douloureuse, dangereuse, mais nécessaire. Ce qui était implicite doit devenir explicite. Ce qui était obscur doit être clarifié. L'humanité ne peut pas vivre sans sens. Et le sens n'est pas donné — il est tâche.
Husserl dans cet ouvrage — écrit en 1936, au moment où l'Europe basculait vers la catastrophe — pose exactement la question de la Mécanique Universelle : qu'est-ce que le sens de l'humanité ? Sa réponse — "l'humanité européenne porte en elle une idée d'infini" — est notre réponse : l'humanité a une direction, et cette direction est vers plus de conscience, plus de fraternité, plus d'amour. Et son retour au Lebenswelt — au monde vécu, concret, charnel — rejoint notre insistance que l'extase n'est pas une abstraction : c'est une expérience humaine totale.
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
☀️ Découvrir le fondement