L'Anthropologie est l'une des dernières grandes oeuvres de Kant. Elle pose une question simple et radicale : qu'est-ce que l'homme ? Non pas l'homme comme objet d'étude théorique (physiologie, biologie), mais l'homme comme être qui peut et doit agir, choisir, se former lui-même.
La connaissance de l'homme, envisagée sous le rapport de sa destination comme citoyen du monde, s'appelle anthropologie.
Kant, Anthropologie du point de vue pragmatique, Préface
Pour Kant, l'homme est le seul être vivant qui doive s'éduquer lui-même. L'animal est guidé par l'instinct. L'homme, lui, doit se former, développer ses dispositions naturelles par la culture, l'éducation, la discipline. La perfectibilité humaine est une idée centrale que partage la Mécanique Universelle.
L'homme est la seule créature qui doive être éduquée. Par éducation, il faut entendre les soins et la discipline, ainsi que l'instruction, jointe à la culture. [...] L'homme ne peut devenir homme que par l'éducation. Il n'est que ce que l'éducation fait de lui.
Kant analyse les grandes facultés humaines : la raison, l'entendement, la mémoire, l'imagination, le jugement, le sens commun. Mais il s'intéresse aussi aux passions, aux sentiments, aux tendances — tout ce qui fait la richesse complexe de la vie intérieure. L'homme est un tout, et c'est ce tout que la Mécanique Universelle cherche à comprendre et à élever.
Avoir du caractère signifie que l'homme possède en lui-même la ferme résolution de réaliser ce qu'il veut, et aussi de vouloir ce qu'il doit. La dignité de l'homme consiste précisément dans cette capacité de se donner à lui-même une loi morale.
Kant, Anthropologie, §87
Ce n'est pas une utopie. C'est une trajectoire déjà visible, inscrite dans l'histoire depuis le premier primate. Lentement. Imparfaitement. Mais dans une direction.
☀️ Découvrir le fondement